Ivoy-le-Pré est une commune française située dans le département du Cher en région Centre-Val de Loire. Elle est à de Paris par la route départementale 940 et l'A77 et à de Bourges. Ses habitants sont les Ivéopratains.

Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par la Petite Sauldre, la Nère, le Vernon, le Layon, le ruisseau de la Chapelotte, le ruisseau de la Fontaine Bidault et divers autres petits cours d'eau. La commune possède un patrimoine naturel remarquable composé d'un site Natura 2000 et cinq zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique. Les « massifs forestiers et rivières du Pays-Fort » sont une zone spéciale de conservation dont l'intérêt réside dans la qualité des hêtraies ainsi que dans les forêts alluviales.

Ivoy-le-Pré est une commune rurale qui compte en , après avoir connu un pic de population de en 1846.

Le patrimoine architectural de la commune comprend deux immeubles protégés au titre des monuments historiques. L'église Saint-Aignan, dont la nef et l'abside est sont édifiées au et les chapelles nord et sud entre 1520 et 1532, est inscrite en 1927. Une croix de cimetière en fonte de 1840 d’inspiration néogothique est inscrite en 1991 (croix du cimetière).

Géographie L'altitude moyenne du village est de , celle de son territoire varie entre et .

La commune fait partie du canton d'Aubigny-sur-NèreListe des maires du Cher et appartenance des communes aux cantons sur le site de la préfecture (consulté le 27 septembre 2014).Décret du 21 février 2014 portant délimitation des cantons dans le département du Cher.

Localisation

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Chapelle-d'Angillon à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Ivoy-le-Pré est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (66,3 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (66,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (45 %), forêts (33,3 %), prairies (17,1 %), zones agricoles hétérogènes (3,3 %), cultures permanentes (0,9 %), zones urbanisées (0,3 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Risques majeurs Le territoire de la commune d'Ivoy-le-Pré est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse) et séisme (sismicité très faible).. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..

vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux d'Ivoy-le-Pré. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 99,8 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (90 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 570 sont en aléa moyen ou fort, soit 100 %, à comparer aux 83 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...

Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par des mouvements de terrain en 1999.

Toponymie L’origine du nom « Ivoy » reste discutée. Il a traditionnellement été rapproché du gaulois *ivos ou *īvos, qui désigne l’if et qui constitue notamment l’étymon du français « if ». La forme Ivegio relevée sur une monnaie mérovingienne attribuée à Ivoy-le-Pré est également étudiée par les spécialistes de toponymie. Ces éléments permettent de rattacher le nom à une formation ancienne, mais ne suffisent pas à établir l’existence d’une agglomération à l’époque gauloise ou gallo-romaine.

Histoire

Les origines et les premières mentions d’Ivoy

Les premières mentions écrites connues d’Ivoy remontent au début du . Une forme Ecclesia de Iveto est attestée en 1030. Le nom apparaît ensuite sous différentes formes au cours du Moyen Âge : Iveium en 1163, Iviacum en 1178, Hivoe en 1211, Yveium en 1215, Yvoy en 1217, Ivaium en 1219, Yvei en 1232, Yvoi en 1354, Yvoium en 1372 et Yvoium super Sauldriam en 1418.

Une seigneurie de la famille de Sully au Moyen Âge

Au , Ivoy appartient à l’espace de domination des seigneurs de Sully, qui exercent leur influence sur plusieurs possessions du nord du Berry. Au début du , le réseau féodal et ecclésiastique de cette partie du Berry associe notamment les familles seigneuriales de Sully aux établissements religieux de Bourges.

En 1178, Gilon de Sully intervient dans un acte en faveur de l’abbaye de Loroy. Il y notifie la vente aux religieux d’un pré situé à Ivoy et de terres attenantes, pour 40 livres, ainsi que l’existence d’un cens annuel de 20 sous « de Iviaco ». Cet acte constitue l’un des témoignages les plus anciens et les mieux documentés de la présence de la seigneurie de Sully et de redevances attachées au territoire d’Ivoy.

Au début du , Ivoy est devenu un véritable bourg. En 1217, le bourg est décrit comme un ensemble bâti entouré de fortifications et organisé autour d’une église. Cette organisation témoigne de la constitution d’un centre villageois structuré avant même le développement ultérieur des activités industrielles.

L’église Saint-Aignan et le bourg médiéval

L’église Saint-Aignan constitue le principal témoignage architectural de cette période. Sa nef et son abside orientale ont été édifiées au . Le portail conserve des éléments de cette campagne de construction. L’église a été inscrite au titre des monuments historiques en 1927.

Selon la documentation de la DRAC Centre-Val de Loire, Simon de Sully, archevêque de Bourges, qui avait acquis la dîme d’Ivoy, est à l’origine de l’édification de l’église. Celle-ci s’inscrit ainsi dans les rapports étroits entre la seigneurie locale et les institutions ecclésiastiques du Berry.

La présence d’un bourg fortifié au début du est également attestée par les sources patrimoniales. Les fortifications ont aujourd’hui disparu, mais l’organisation ancienne du village autour de l’église conserve la trace de cette structure médiévale.

Une terre seigneuriale à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance

Le territoire d’Ivoy comprend plusieurs domaines seigneuriaux. Le site de Moison conserve notamment les traces d’un ancien établissement castral : la base de données de l’Inventaire général du patrimoine culturel date une première campagne de construction du château du troisième quart du , avant sa reconstruction au et son agrandissement au .

À Malvoisine, le patrimoine conserve également les traces d’un ancien établissement fortifié, dont la base de l’Inventaire général signale une motte et des fossés. Ces vestiges témoignent de la présence de plusieurs pôles seigneuriaux sur le territoire communal au Moyen Âge.

L’église Saint-Aignan témoigne encore de cette organisation seigneuriale à la Renaissance. Deux chapelles latérales sont édifiées entre 1520 et 1532 pour Claude Dumas et Adrien de Hangest. Ces aménagements, associés aux autres éléments du mobilier et de l’architecture de l’église, montrent la présence de familles seigneuriales disposant de droits et de lieux de mémoire dans l’édifice paroissial.

Des activités verrières et métallurgiques anciennes

Dès le Moyen Âge, Ivoy-le-Pré est lié à l’exploitation de ses ressources forestières, hydrauliques et minières. Des documents du début du attestent notamment la présence de forges sur la Petite Sauldre. Le territoire dispose en effet de minerai de fer, de cours d’eau fournissant une force motrice et de vastes forêts permettant la production de charbon de bois, trois conditions favorables au développement d’une activité métallurgique.

Une activité verrière est également attestée à Ivoy-le-Pré à la fin du , au lieu-dit qui prendra le nom de « La Verrerie ». La présence de sable propre à la vitrification, de bois et d’eau contribue au développement de cette activité.

Les forges d’Ivoy sous Louis XIII et leur développement aux

Sous le règne de Louis XIII, François Olier de Verneuil, lieutenant des mines de France et seigneur d’Ivoy, obtient en 1638 l’autorisation d’établir un établissement métallurgique. Un haut fourneau, une forge et une fenderie sont alors aménagés au lieu-dit La Forge. Le premier haut-fourneau fonctionne à partir de 1639 et la production métallurgique se développe au cours du .

Les installations sont plusieurs fois reconstruites et modernisées au cours des . Un nouveau haut-fourneau est notamment établi vers 1725. La production de fer prend alors une importance considérable : le fer d’Ivoy est vendu au-delà du Berry, jusqu’en Alsace. Une tuilerie, attestée dès 1721, fournit également les matériaux nécessaires aux établissements industriels.