Le système électrique de la Corse tient sa spécificité du fait que la Corse fait partie des zones insulaires non interconnectées au réseau électrique métropolitain français (ZNI) qui disposent d’une législation spécifique concernant la production et la distribution d’électricité.
Étant électriquement isolées, les zones insulaires doivent produire elles-mêmes l'intégralité de l’électricité qu’elles consomment à chaque instant. La situation de la Corse est différente puisqu’elle bénéficie d’une interconnexion partielle avec l’Italie (partie continentale) et la Sardaigne.
Durant les années 1998 à 2007, la consommation électrique en Corse a augmenté en moyenne de . Pour cette raison, le réseau doit être renouvelé afin de développer sa production. Par ailleurs, la consommation électrique en Corse est très saisonnière et étroitement liée au climat (chauffage (24 %) en hiver ou climatisation (13 %) en été).
En Corse, l’alimentation électrique provient essentiellement de : la production thermique, hydraulique et les interconnexions. À l’exception des 4 % d’énergies renouvelables (autres que l’hydroélectricité), l’ensemble de l’électricité produite en Corse est assuré par EDF.
Les différents modes de production Durant les années 1998 à 2007, la consommation électrique en Corse a augmenté en moyenne de , rendant nécessaire une augmentation de la production et des importations.
Pour l’année 2019, le coût moyen de production s’élevait à .
La production thermique En 2011, la moitié de l’électricité produite en Corse était issue de centrales électriques thermiques. L’île dispose de deux centrales installées à proximité des deux principaux centres de consommation, sur le site EDF-Corse consulté le 5 août 2013. : la centrale du Vazzio, proche d’Ajaccio, dispose d’une puissance de (Moteurs Diesel entraînant des alternateurs), qui devrait être remplacée par la centrale du Ricanto, au bioliquide, d'une puissance de , en 2027. la centrale de Lucciana, près de Bastia, dispose dans sa partie "B" d'une puissance de ( entraînant des alternateurs de chacun) et dans sa partie "A", plus ancienne, d'une puissance de (4 turbines à gaz) . Elle fonctionne au fioul mais pourra fonctionner au gaz naturel dès qu'il sera disponible dans l'île (raccordement de la Corse au futur gazoduc Galsi).
La production hydraulique thumb|Vue amont du Barrage de Calacuccia. En moyenne, l’énergie hydroélectrique représente de la production électrique corse. Cette production, gérée par EDF, est issue de et situés dans les vallées du Golu, du Fium’orbu et du Prunelli : l’aménagement du Golo, avec la centrale de Sovenzia (env. ) utilise l’eau du Tavignano ; le barrage de Calacuccia, fournit les centrales de Corscia () et de Castirla (env. ). l’aménagement du Fium’orbu, avec le barrage de Sampolo, fournit la centrale hydraulique de Lugo-di-Nazza (). l’aménagement du Prunelli, avec le barrage de Tolla, fournit successivement les centrales de Tolla (), d'Ocana () et du Pont de la Vanna ().
Afin de répondre à la consommation d'électricité en Corse, qui augmente d'environ 3 % par an, et en particulier pour faire face aux pointes de consommation (, et ), EDF a engagé la construction d'un nouveau barrage sur le Rizzanese, au sud de l'île, d'une puissance installée de , qui produira annuellement près de ; il a été inauguré le ; une première turbine avait déjà été raccordée au réseau en et la mise en service complète de l'ouvrage a été achevée fin 2013Rizzanese : EDF inaugure le plus puissant barrage de Corse, sur le site EDF-SEI consulté le 5 août 2013.. Le parc hydraulique d’EDF en Corse représente désormais , soit 25 % de la puissance de production installée, et la part des renouvelables atteint 30 %Le barrage du Rizzanese, sur le site EDF-Corse, consulté le 5 août 2013..
Éolien, photovoltaïque et biogaz Outre l’hydroélectricité, qui représente 90 % de la production renouvelable corse, d’autres sources d’énergie renouvelable sont exploitées sur l’île de beauté :
Le biogaz, avec la centrale de Sivu (). L’éolien, avec trois fermes éoliennes () en activité sur l’île. Le photovoltaïque, avec de panneaux photovoltaïques raccordés au réseau EDF à mi-2019, incluant par exemple le parc de Poggio di Venaco en bordure de la . L'énergie solaire a été promue sur le territoire insulaire dès les années 1970, notamment à Ajaccio en avec la Rencontre sur l'énergie solaireInstitut National de l'Audiovisuel, vidéo, Vita corsa, notamment à 3'00 : mention d'expérience à Belvedere et affiche sur installation solaire-gaz à Cuttoli-Corticchiato.
Réseau électrique La situation de la Corse est très différente de celle de la plupart des autres îles, puisqu’elle bénéficie d’une interconnexion partielle avec l’Italie (partie continentale) et la Sardaigne .
Réseau électrique de la Corse Le réseau électrique de la Corse est constitué à fin 2012 deLe réseau électrique en Corse, sur le site EDF Corse consulté le 25 août 2013. : de lignes haute tension (HTB) dont de réseau aérien , de réseau souterrain , de réseau sous-marin , de réseau aérien et de réseau souterrain ; de lignes moyenne tension (HTA : ) dont en souterrain, de lignes basse tension (BT : ) dont en souterrain.
Interconnexions thumb|Carte de la ligne HVDC "SACOI", de Suvereto sur la côte d'Italie, via la station de Lucciana en Corse, jusqu'à la station de conversion de Codrongianos en Sardaigne, février 2011. Ces interconnexions sont des liaisons par câbles, essentiellement sous-marins, aux réseaux électriques continentaux. La Corse bénéficie de deux interconnexions :
Un droit de prélèvement à hauteur de sur la liaison Sardaigne-Corse-Italie (SACOI), ligne italienne qui connecte le continent (Toscane) à la Sardaigne depuis 1987. L’électricité passe par la station de conversion « courant continu/courant alternatif » de Lucciana, afin d’être injectée dans le réseau corse.
L’interconnexion Sardaigne-Corse (Sarco), liaison en courant alternatif mise en service le reliant le réseau électrique sarde depuis Santa-Teresa au réseau corse au poste de Bonifacio. Sa puissance de à ses débuts a ensuite connu un accroissement de sa capacité de transit, atteignant les en , puis fin 2010.
Ces interconnexions avec l'Italie permettent d'utiliser indirectement l'électricité produite en France continentale, puisqu'en 2018, l'Italie a importé de FranceVoir : Italie page 117, sur rte-france.com, consulté le 11 mai 2019.
Projets en cours GALSI : la Corse souhaite être approvisionnée en gaz naturel à travers le futur gazoduc GALSI, qui doit relier l’Algérie à l’Italie en passant par la Sardaigne. Pour cela, EDF et GRTgaz ont financé des recherches de faisabilitéNon trouvé le 5 avril 2019, Les Echos..
Parallèlement, l’électricien s’est préparé à pouvoir modifier ses nouvelles centrales pour qu’elles puissent s’alimenter au gaz naturel lorsque ce sera possible, limitant ainsi leurs effets sur l’environnement et boostant leur productivité.
La Corse, qui s'est donné pour ambition d'accéder à l'indépendance énergétique d'ici à 2050, est le premier territoire français à être doté d'une « programmation pluriannuelle de l'énergie » (PPE) pour la période 2016-2023 avec une enveloppe budgétaire globale supérieure à . Ses principes ont été fixés en : doubler l'efficacité énergétique, porter la part des énergies renouvelables de et convertir les deux centrales thermiques au gaz naturel. Le PPE détaillé a été voté fin : développement des énergies renouvelables avec un objectif de (petites installations hydroélectriques, filière bois-énergie, parcs éoliens et photovoltaïques couplés à des batteries de stockage) ; programme de rénovation énergétique de l'habitat collectif et individuel au rythme de , contre quelques dizaines seulement en 2015 ; la centrale thermique de Lucciana, qui fonctionne actuellement au fioul léger, passerait au gaz naturel d'ici à 2023, le temps d'aménager un appontement avec barge au large de la Plaine orientale pour accueillir des méthaniers ; le gaz serait ensuite acheminé par gazoduc jusqu'à Ajaccio pour alimenter la centrale de Vazzio reconstruite pour fonctionner au gazLa Corse déploie son plan de transition énergétique, Les Échos, 29 juin 2016..
Le , près de dix ans après la décision politique de fermer la vieille centrale polluante au fioul du Vazzio, EDF pose la première pierre de la future centrale de production électrique du Ricanto (), près d'Ajaccio, qui devrait couvrir environ 15 % des besoins de la Corse à partir de 2028 en utilisant un carburant à base d'huile de colza. Selon Gilles Simeoni, la Corse va passer de 34 % d'énergies renouvelables à 74 % en 2028. La centrale au fioul léger de Lucciano, au nord de l'île, serait convertie à la biomasse liquide. Les émissions de de la centrale du Ricanto seront trois fois moindres que celle du Vazzio. Le coût de production de son électricité est estimé à , contre pour le Vazzio (fioul lourd) et pour Lucciana (fioul léger) . EDF compte investir dans la modernisation et l'augmentation de la capacité de la liaison par câble avec l'Italie SACOI3 (de ) et transformer la station hydroélectriques de Lugo di Nazza - Ghisoni en STEP (Station de Transfert d’Énergie par Pompage), aussi appelée centrale de pompage-turbinageAmélie Laurin, Comment la Corse passe à l'électricité verte à marche forcée, Les Échos, 24 novembre 2024..
Notes et références
Catégorie:Électricité en France