Le Parti communiste français (PCF) est un parti politique français fondé en 1920. Il est issu du congrès de Tours de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) dont l'objet est l'adhésion à l'Internationale communiste ; la majorité du congrès étant en faveur de cette adhésion crée alors la Section française de l'Internationale communiste (SFIC), la minorité restant au sein de la SFIO. Le parti devient en 1921 le Parti communiste - SFIC, abrégé en PC-SFIC, puis le PCF en 1943 après la dissolution de l'Internationale communiste.
Dans l’immédiat après-Seconde Guerre mondiale, le parti constitue la première force de gauche en France. Son assise électorale diminue cependant de façon continue à partir des années 1970, notamment en raison de la concurrence du Parti socialiste (PS).
À la fin des , le PCF noue une alliance avec le Parti de gauche au sein du Front de gauche. À la suite de la fin de cette alliance, il privilégie une stratégie d'autonomie, avec l'élection de Fabien Roussel comme secrétaire national. En 2022, il participe à la formation de la coalition de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES) à l'occasion des élections législatives. En 2024, il est membre du Nouveau Front populaire (NFP) en vue des élections législatives anticipées.
Le PCF revendique quelque à jour de cotisation en 2026. L'organe officiel du parti est pendant longtemps le journal L'Humanité, qui en est désormais structurellement indépendant, tout en en restant proche.
Le PCF obtient traditionnellement ses meilleurs scores électoraux en banlieue parisienne, ainsi que dans plusieurs fiefs provinciaux comme le nord de l'Auvergne, le Limousin, les Cévennes, les Côtes-d'Armor, le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme (en particulier le Vimeu) et la Seine-Maritime.
Histoire
Fondation au congrès de Tours (1920) En , lors du congrès de Tours, la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) se divise en deux. Une majorité des militants socialistes s'affilient à l'Internationale communiste (également connue sous l'appellation Komintern ou Internationale), fondée par Lénine à la suite de la révolution russe. Majoritaires, ils créent un nouveau parti, la Section française de l'Internationale communiste (SFIC), qui deviendra par la suite le Parti communiste français.
Le nouveau parti adopte les « 21 conditions à l'adhésion à la Troisième Internationale », se présente comme révolutionnaire, internationaliste et n’exclut pas d’avoir recours à des actions illégales en cas de nécessité. En interne, il prône le centralisme démocratique : la ligne du parti et ses différents aspects sont débattus et soumis au vote, et doivent ensuite être suivis par l'ensemble des membres, y compris par ceux ayant exprimé leur désaccord.
Premières années (1921-1933) vignette|Candidats communistes aux élections législatives de 1928. Dans le sens horaire : Jacques Duclos, Marcel Cachin, Henri Barbé, Maurice Thorez, Robert Alloyer et Jacques Doriot. Rapidement, le parti est rebaptisé Parti communiste-Section française de l'Internationale communiste (PC-SFIC)L’Internationale Communiste, le Parti communiste et la question algérienne au début des années 1920 Le PCF et la Première Guerre mondialeLe Parti communiste français sous la Troisième République (1920-1939). Évolution de ses effectifs Le Parti communiste et la colonisation au début des années 1930Chronologie indicative de l’histoire du mouvement ouvrier français de 1914 à 1939, . Il est distinct du Parti communiste (PC), dissout en , qui est une formation d’inspiration libertaire et anti-parlementariste lancée en 1919, de laquelle émerge le soviétisme-libertaire, et liée aux anarchistes soutenant la révolution russe« Le mouvement anarchiste en France 1917-1945 », par David Berry, maître de conférences au Department of Politics, History & International Relations à l’université de Loughborough (Royaume-Uni), édition commune des éditions Noir & Rouge et des éditions libertaires.
Les premières années du PC-SFIC sont marquées par sa bolchévisation puis, à partir de de 1925, sa stalinisation., ainsi que par un activisme militant, en matière d’antimilitarisme. L'arrestation et l'incarcération de courte durée est très fréquente, tant pour les militants que pour les dirigeants. Aux élections législatives de 1924, le parti obtient 9,8 % des suffrages et . En 1925, les élections de femmes présentées par le PC-SFIC sont annulées, celles-ci ne pouvant voter et se présenter aux élections..
Alors que de nombreuses exclusions de membres fondateurs du parti ont lieuBoris Souvarine, Alfred Rosmer, Pierre Monatte, Albert Treint…, le PC-SFIC suit les directives de l’Internationale communiste en s'opposant à toute entente avec les partis , SFIO comprise. L'autoritarisme et la bureaucratie du parti ont des conséquences très négatives sur les effectifs des militants et provoquent une crise des cadres. Aux élections législatives de 1932, le parti obtient 8,3 % des suffrages, son plus mauvais résultat depuis sa création. Des organisations communistes dissidentes se créent pour défendre un communisme opposé au stalinismeLe Cercle communiste démocratique, la Ligue communiste et l'Union communiste. La revue La Révolution prolétarienne regroupe les principaux fondateurs du PC-SFIC exclus ou démissionnaires..
Le Parti communiste s’engage dans les luttes anticoloniales, une position alors isolée dans le paysage politique français. L’Union intercoloniale, créée en 1922, rassemble des militants originaires des colonies françaises autour de revendications d’égalité politique (droit de vote) et sociale (« À travail égal, salaire égal »). Les communistes appellent ainsi à la fraternisation avec les insurgés marocains lors de la guerre du Rif (1925-1926) et à l’évacuation du Maroc par l’armée française, s'engagent pour l’arrêt des combats et l'indépendance de la Syrie lors de la grande révolte de 1925-1927, et dénoncent les festivités du centenaire de la colonisation de l'Algérie, organisant par exemple une campagne de boycott de l'exposition coloniale (1931)..
En 1930, Maurice Thorez, qui se montre critique envers la direction sortante, prend la tête du PC-SFIC sur demande des autorités de Moscou. Certains membres du parti participent à des activités d'espionnage en France au profit de l'URSS, une stratégie qui culmine avec l'éclatement de l'affaire Fantômas...
Au début des années 1930, le Parti communiste décide de fonder une école pluridisciplinaire, gratuite, ouverte en particulier aux ouvriers et dont l'enseignement du marxisme formera l'ossature. Ce sera l'Université ouvrière de Paris (UO), créée par Paul Bouthonnier, Georges Cogniot et Georges Politzer, qui ouvre ses portes en 1932 à Paris. Par la suite, d'autres universités ouvrières voient le jour à Dijon, Marseille, Sedan et d'autres villes..
Front populaire et guerre d'Espagne (1934-1939) vignette|La Chambre des députés élue en 1936. Après la prise du pouvoir d'Adolf Hitler, l'Internationale communiste recommande une ligne moins sectaire. La lutte pour la direction du parti entre Jacques Doriot et Maurice Thorez aboutit à l'éviction du premier, qui évolue vers l’anticommunisme et crée en 1936 le Parti populaire français. Maurice Thorez s'entoure d'une équipe constituée de Jacques Duclos, Benoît Frachon et du représentant de l'Internationale communiste, Eugen Fried, qui exerce une influence considérable.... Les instances dirigeantes suivent la ligne de l'Internationale communiste alors dirigée par Georgi Dimitrov en URSS. Cette subordination pose peu de problèmes à l'intérieur du parti français, tant est grand le prestige de l'URSS, mais également celui de Dimitrov, dont la renommée devint internationale après avoir prouvé son innocence lors du procès de Leipzig. L'opposition à cette orientation pouvait entraîner l'exclusion (c'est le cas d'André Ferrat, ancien rédacteur en chef de L'Humanité qui rejoint la SFIO). L'équipe Thorez-Duclos-Frachon connaît une longévité exceptionnelle et dirige le parti français près de trois décennies.
Le parti s'organise autour de dirigeants majoritairement issus de la classe ouvrière, mettant en place des dispositifs de formation et de promotion de cadres d’origine populaire et favorisant la présentation aux élections de candidats ouvriers et paysans. Les dirigeants Thorez, Duclos et Frachon ont été respectivement mineur, métallurgiste et ouvrier pâtissier. Le cheminot Pierre Semard a été secrétaire général du parti de 1924 à 1929, avant que lui succède Maurice Thorez. Cependant, les ouvriers peu qualifiés sont cantonnés aux postes à faible responsabilité.
À la suite de la crise du en France, vue comme une tentative de coup d'État fasciste, le PC-SFIC change de stratégie, et forme avec la SFIO et les radicaux le Front populaire, qui remporte les élections législatives de 1936. Après avoir obtenu et 15 % des voix, le PC-SFIC soutient le gouvernement Blum, mais n’y participe pas sur ordre de MoscouStéphane Courtois, Le Bolchevisme à la française, Fayard, 2010, .. La direction du parti appelle ensuite à l'arrêt de la grève générale spontanée à l’issue des accords de Matignon, qui prévoient des mesures sociales ne figurant pas dans le programme électoral du Front populaire.. Sur le plan syndical, la CGTU et la CGT se réunifient..
De 1936 à 1939, le soutien aux républicains espagnols représente une part importante de l'activité du Parti communiste (SFIC), tant par l'envoi de volontaires dans les Brigades internationales que par la mise sur pied de moyens matériels.
Sur le plan social, le PC-SFIC suit le revirement politique stalinien de l'URSS des années 1930 : il rompt avec les avancées féministes post-révolution de 1917, condamne le divorce et l'avortement, et prône le natalisme, en réaction aux idées malthusiennes et eugénistes en vogue à cette épogue.. Dans ce contexte, Maurice Thorez tend la main aux catholiques.. En dépit de son conservatisme moral des années 1930-1960 et alors que les femmes ont peu de fonctions importantes en son sein, le Parti communiste est, tout au long du , le parti le plus féminisé de France : engagé en faveur du droit de vote des femmes à partir des années 1920, il fait élire en 1946 dix-sept des trente-trois premières femmes députées ; en 1956, on ne compte plus que dix-neuf femmes à l’Assemblée nationale, mais quinze sont communistes.
Attitude lors de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945)
Le , l'URSS signe le pacte germano-soviétique, un accord de non-agression et de partage de l'Europe centrale avec l'Allemagne nazie. Le PC français est ébranlé par ce pacte, préparé dans le plus grand secret à Moscou, mais en approuve officiellement la signature, ce qui entraîne le départ de certains militants. En septembre, dès l’invasion allemande de la Pologne, les députés communistes français votent les crédits de guerre, et les militants répondent à l’ordre de mobilisation générale. De son côté, l'Union soviétique reste neutre et achève même l'invasion de la Pologne telle que prévue par le pacte..
vignette|Réunion clandestine de la direction du PCF à Longjumeau en 1943, réunissant, de gauche à droite, Benoît Frachon, Auguste Lecœur, Jacques Duclos et Charles Tillon. vignette|Carte du Parti communiste français, « Parti des fusillés », pour l'année 1944. Six dirigeants sont mis en exergue : Pierre Semard, Gabriel Péri, Félix Cadras, Pierre Rebière, Georges Wodli, Jean Catelas.