thumb | Une page folle (1926) par Teinosuke Kinugasa , est un film muet japonais en noir et blanc réalisé par Teinosuke Kinugasa, sorti en 1926..

Histoire du film Perdu pendant , le film est redécouvert par Kinugasa dans la cabane de son jardin en 1970 ; il l'y avait enterré durant la Seconde Guerre mondiale et l'avait oublié (Tessier évoque un bac à riz dans le grenier de Kinugasa).. Le film est la création d'un groupe d'artistes d'avant-garde japonais, connu sous le nom Shinkankaku-ha (ou « école des nouvelles perceptions »), qui essaye d'aller au-delà de la représentation naturaliste habituelle. Il fut considéré comme le premier film d'un courant « néo-sensationniste » mort-né, mais présente selon les spécialistes une évidente influence du cinéma expressionniste allemand.

Yasunari Kawabata, futur lauréat du prix Nobel de littérature en 1968, est crédité de l'idée originale dans le film. Il est souvent cité comme le scénariste du film, et une version du scénario est imprimée dans ses œuvres complètes. Cependant, on considère à présent que le scénario est le fruit d'une collaboration entre Kawabata, Kinugasa, Bankō Sawada, et Minoru Inuzuka.

Le film se déroule dans un asile. Bien que monté dans un maelström affolant, il raconte vaguement l'histoire du concierge de l'asile, un ancien marin. Sa femme est l'un des patients. Un jour, leur fille se présente à l'asile pour annoncer ses fiançailles à sa mère. Cela déclenche un certain nombre d'intrigues secondaires et de retours en arrière qui font découvrir l'histoire de la famille (par exemple, pourquoi la mère est malade et pourquoi la fille n'est pas au courant du travail de son père comme concierge).. On apprend ainsi qu'avant d'être internée, la mère a voulu se noyer avec son bébé et que seul ce dernier est mort. Son mari, devenu concierge, tente vainement de la faire sortir de l'asile, engendrant un grand chaos dans l'asile.. À travers cette histoire, Kinugasa met en scène l'univers carcéral qu'il dénonce à travers les gestuelles expressionnistes des aliénés (notamment la chorégraphie avant-gardiste de la jeune femme), dans un efficace jeu de lumière.

Le film ne contient pas d'intertitres, ce qui le rend difficile à suivre pour un public moderne. Dans la copie existant aujourd'hui, il manque près d'un tiers de ce qui a été projeté dans les cinémas en 1926. Les projections des années 1920 au Japon comprenaient une narration dans la salle, assurée par un raconteur d'histoires ou benshi , ainsi qu'une musique d'accompagnement. C'est Musei Tokugawa, le célèbre benshi, qui racontait le film au cinéma Shinjuku Musashinokan à Shinjuku, Tokyo.

Considérée de nos jours comme un chef-d’œuvre du cinéma muet mondial., cette expérience cinématographique ne reçut pas le succès escompté, amenant Kinugasa à poursuivre une voie plus traditionnelle au sein de la Shōchiku (松竹).

Selon Florence Tissot de la Cinémathèque française, le projet d'éditer le film en France n'a pas pu voir le jour., faute de temps. Le film fut néanmoins projeté à la Cinémathèque française en 1972 pour la première fois en Europe dans une version sonorisée en , puis en salles en . En , il est de nouveau projeté à Paris, dans le cadre de L'Étrange Festival. En , Lobster Films sort une édition DVD sous-titrée en français du film..

Fiche technique vignette|Scène du film avec Masao Inoue. Titre français : Une page folle Titre original : Titre international : Réalisateur : Teinosuke Kinugasa Scénario : Yasunari Kawabata, Teinosuke Kinugasa, Minoru Inuzuka et Bankō Sawada Adaptation : Yasunari Kawabata Photographie : Kōhei Sugiyama Conception du projet : Shigemasa Abe Sociétés de production : Kinugasa Productions, Shin Kankaku-ha Eiga Renmei Productions, National Film Art Producteur délégué : Teinosuke Kinugasa Directeurs artistiques : Kasaku Hayashi et Chiyo Ozaki Assistants réalisateurs : Eiichi Koishi et Masami Osugi Générique : Kiyoshi Takeda Musique : Vadim Sher et François Lasserre (lors d'un ciné-concert le ). Ventes internationales : George Eastman House Support de projection : Format : noir et blanc ; Format 1,37:1. Durée : Date de sortie : Empire du Japon : France :

Distribution Masao Inoue : le concierge de l'asile Yoshie Nakagawa : la femme du concierge : la fille du concierge Hiroshi Nemoto : le jeune homme Misao Seki : médecin Minoru Takase : homme fou A Kyosuke Takamatsu : homme fou B Tetsu Tsuboi : homme fou C : danseuse Shintarō Takiguchi : le garçon

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

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Articles connexes Liste de films redécouverts

Liens externes

BBC review feature

Une page folle, entrée de l'encyclopédie Larousse Une page folle, une page majeure du cinéma japonais (par Yann K., ), Cinémasie (consulté le ) Théâtre de Nîmes, Une page folle (L'expérience japonaise, du 24 au 28 avril 2007)

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