Lorganisation politique et administrative des Pays-Bas autrichiensLe terme autrichien tel qu'il était employé à l'époque fait référence à la maison d'Autriche à laquelle appartenaient les empereurs du Saint-Empire et non à un État ou à l'empire d'Autriche qui n'existera qu'à partir de 1804. La monarchie autrichienne régnait avec le titre impérial dans le cadre du Saint-Empire germanique. Comte de Neny, chef et président du Conseil Privé aux Pays-Bas : Mémoires historiques et politiques des Pays-Bas autrichiens Neuchatel (1784) par les empereurs de la maison d'Autriche s'inspire fortement de celle mise en place pendant la période espagnole. C'est l'empereur Charles Quint qui mit en place les premiers éléments en 1531.

Les souverains Cinq souverains de la maison d'Autriche se sont succédé entre 1713 et 1794. Les souverains suivants gouvernent les Pays-Bas pendant la période autrichienne :

1713-1740 : ; 1740-1780 : Marie-Thérèse d'Autriche ; 1780-1790 : ; 1790-1792 : ; 1793-1794 : ;

Tous ces souverains portent entre autres les titres suivants : Empereur des Romains - à l'exception de Marie-Thérèse ; Archiduc d'Autriche ; Roi de Hongrie ; Roi de Bohême ; Duc de Milan ; Roi de Sicile (de 1720 à 1734) ; Duc de Naples (de 1720 à 1734) ; comte et duc des diverses provinces des Pays-Bas méridionaux.

L'exécutif Le Gouverneur général

L'exécutif est délégué à un Gouverneur Général, un prince ou une princesse de sang royal nommé par l'archiduc d'AutricheVoir traité de réconciliation des provinces « Wallonnes », conclu à Arras le par .. Celui-ci est chargé de la direction supérieure de toutes les affaires du pays, du soin de maintenir la religion, de faire exécuter les lois et de veiller à l'administration de la justice par les tribunaux et juges. Il supervise la justice, la police et les finances.

Deux compagnies de gardes sont à son service, la Compagnie des archers garde-noble de Sa Majesté, avec pour capitaine un seigneur des Pays-Bas et la Compagnie des hallebardiers commandée par un seigneur de rang inférieur.

Les différents gouverneurs pendant la période autrichienne sont : Eugène de Savoie, prince de Savoie-Carignan, général des armées impériales, de 1716 à 1724 ; Marie-Élisabeth d'Autriche, sœur de et tante de Marie-Thérèse, de 1724 à 1741 ; Marie-Anne d'Autriche et Charles-Alexandre de Lorraine sœur et beau-frère de Marie-Thérèse, de 1741 à 1780 ; Marie-Christine d'Autriche et Albert de Saxe-TeschenLettres patentes du de l'empereur portant nomination de l'archiduchesse Marie-Christine et du duc Albert de Saxe-Teschen, son époux, come lieutenants, gouverneurs et capitaines généraux des Pays-Bas.Lettres patentes du de l'empereur par lesquelles l'empereur donne plein pouvoir au duc Albert de Saxe-Teschen, pour, en son nom, prêter aux états des Pays-Bas et recevoir d'eux les serments accoutumés., sœur et beau-frère de , de 1780 à 1794.

Le Ministre plénipotentiaire

Un Ministre plénipotentiaire, nommé par l'Archiduc, seconde le Gouverneur à partir de 1716. Il représente l'Archiduc et remplace le Gouverneur lors de ses absences.

Les différents ministres plénipotentiaires pendant la période autrichienne sont : le comte de Königsegg, en 1716 ; le marquis de Prié, de 1716 à 1724 ; le comte Wirich de Daun, de 1724 à 1725 ; le comte Giulio de Visconti, de 1726 à 1732 ; le comte de Harrach-Rohrau, de 1732 à 1743 ; le comte de Kaunitz-Rietberg, de 1744 à 1746 ; le comte Charles de Batthyany, de 1748 à 1749 ; le marquis de Botta, de 1748 à 1753 ; le comte Charles de Cobenzl, de 1753 à 1770 ; le comte de Starhemberg, de 1770 à 1783 ; le comte de Barbiano et BelgiojosoLettres patentes de l'Empereur du nommant le comte Louis de Barbiano et Belgiojoso son ministre plénipotentiaire aux Pays-Bas., de 1783 à 1787 ; Le comte Joseph de MurrayLettres patentes de l'Empereur du nommant Joseph, comte de Murray, baron de Melgum, lieutenant, guverneur et capitaine général des Pays-Bas par intérim, durant l'absence de l'archiduchesse Marie-Christine et du duc Albert de Saxe-Teschen, en 1787 ; Le comte de TrauttmansdorffLettres patentes de l'Empereur du nommant le comte Ferdinand de Trauttmansdorff-Weinsberg son ministre plénipotentiaire aux Pays-Bas et président du conseil dudit gouvernement., de 1787 à 1789 ; Le comte Philippe de CobenzlLettres patentes de l'Empereur du nommant comte Philippe de Cobenzl, vice-chancelier de cour et d'état son ministre plénipotentiaire pour rétablir dans les Pays-Bas la tranquillité, le bon ordre et la confiance réciproque., en 1789 ; Le comte de Mercy-ArgenteauLettres patentes de l'Empereur du nommant le comte Florimond de Mercy-Argenteau au poste de ministre plénipotentiaire aux Pays-Bas., de 1790 à 1791 ; Le comte de Metternich-WinnembourgLettres patentes de l'Empereur du nommant le comte Franz Georg von Metternich-Winnembourg au poste de ministre plénipotentiaire aux Pays-Bas., de 1791 à 1792 et de 1793 à 1794.

Le Secrétaire d'État à de Guerre Le Secrétaire d'État à de Guerre est chargé de la correspondance entre le Gouverneur avec l'Archiduc, les ministres ou les cours étrangères. Il dépend directement du Gouverneur ou du ministre plénipotentiaire.

Gouverneurs militaires de Bruxelles : le comte de Wrangel, général d'infanterie ; Charles, d’Ursel, lieutenantfeld-maréchal, chevalier de la Toison d'or.

Gouverneurs militaires de Gand : Joseph, comte Murray de Melgum, général-major.

Les trois conseils collatéraux Par lettres patentes du ., Charles Quint met en place trois conseils collatéraux pour la gestion des affaires politiques et économiques.

Le « conseil d'état. » est dirigé par le Gouverneur et composé d'un secrétaire particulier et de conseillers désignés par l'empereur, parmi lesquels se trouvent l'archevêque de Malines, des seigneurs de haute noblesse dont les chevaliers de la toison d'or, des conseillers de robe et des conseillers d'épéel'empereur a élargi le conseil d'état à des gentilshommes de second ordre en 1718. Le conseil d'état initialement destiné à traiter les grandes et principales affaires, et celles qui concernent l'état, conduite et gouvernement du pays est devenu progressivement un conseil d'honneur sans activités. La gestion des affaires d'État est ainsi passée au conseil privé.

Le « conseil privé. » est composé d'un président nommé, de dix conseillers et de deux secrétaires. Le conseil privé traite de la surintendance, de la direction, conduite et surveillance de la justice et de la police des Pays-Bas, mais aussi à titre consultatif la collation des dignités, des emplois en matières ecclésiastiques, politiques et civiles (article 6). Le président du conseil est tenu de faire un rapport régulier au gouverneur ().

Le « conseil des finances. » est initialement composé de trois seigneurs de l'ordre de la toison d'or, de deux conseillers, un receveur général, un audiencier et un greffier. Ce conseil est chargé de la direction générale des finances : son autorité s'étend sur les revenus tant ordinaires qu'extraordinaires, il règle les impôts et délivre l'argent pour les dépenses du gouvernement.

En 1702Diplôme du de donnant une nouvelle forme de gouvernement aux Pays-Bas, remplace les trois conseils collatéraux par un conseil royal, présidé par le lieutenant-gouverneur et capitaine général et composé de quatre ministres de robe, du comte de Bergeyck, nommé surintendant général des finances et ministre de la guerre, du procureur général du roi, Jean Remacle Thisquen, auquel est confiée l’administration de la justice, et du secrétaire général don Joseph de Arze. Les chambres des comptes de Flandre et de Brabant sont réunies en une seule, composée d'un président, de quatre maîtres, de deux auditeurs et d'un greffier.

En 1706, les alliés abolissent les mesures prises par les Français. Le conseil royal est remplacé par un conseil d'état chargé du gouvernement général des Pays-Bas, composé de quinze membres de la première noblesse et d'anciens membres des conseils collatéraux. Le conseil des finances est réorganisé tandis que les chambres des comtes de Flandre et de Brabant sont séparées.

En 1716, lors de la reprise en possession des Pays-Bas par le comte de Königsegg, seul le conseil des Finances est gardé en l'état.

Le marquis de Prié nomme provisoirement deux jointes pour remplir les fonctions de Conseil d'État et Conseil Privé. La jointe provisionnelle d'État, installée le 11 janvier était composée de l'archevêque de Malines, du maréchal comte de Vehlen, commandant en chef des troupes, de M de Grysperre, baron de Goyck, chancelier du Brabant, de M Vander Gote, président de la chambre des comptes de Flandre, du duc d'Ursel, du comte de Lannoy, du prince de Rubempré, du comte de MAldeghem, du comte d'Audenarde, du comte d'Elissem, président du conseil souverain de Hainaut, de M de Baillet, président du grand-conseil de Malines, et du conseiller Vander Haeghen.

En 1718Lettres patentes du , , et ., l'empereur décide de regrouper les trois conseils collatéraux en un seul Conseil d'État, présidé par le ministre plénipotentiaire, pour traiter des affaires de justice, de police et de finances des affaires du Brabant. Cependant, au vu de l'inefficacité de ce conseil unique, l'empereur rétablit les trois conseils collatéraux en 1725Diplôme du rétablissant, pour le gouvernement des Pays-Bas, les trois conseils collatéraux d'État, privé et des finances. Le conseil des finances, sous les ordres de l'archiduc ou du gouverneur, est composé depuis 1725Article de la constitution du d'un trésorier général, de quatre conseillers (parfois plus) et de deux greffiers.

Début 1787, l'empereur réunit à nouveau ces trois conseils en un seul, le Conseil du Gouvernement généralDiplôme du l'Empereur portant établissement d'une nouvelle forme pour le gouvernement général des Pays-Bas, présidé par le Ministre plénipotentiaire.

Fin 1790, lors de la reconquête des Pays-Bas, après l'éphémère république des États-Belgique-Unis, le comte de Mercy-Argenteau ordonne la formation de différents comitésDécret du , pour suppléer provisoirement le conseil d'état, le conseil privé, le conseil des finances et la chambre des comptes. Les trois conseils collatéraux sont rétablis en 1791 par l'empereurLettres patentes du de l'empereur rétablissant les trois conseils collatéraux d'état, privé et des finances..

Le conseil d'État Le Conseil d'État était composé en 1700 de : Albert de Coxie, chef et président du conseil privé ; Louis-Alexandre Schockaert, comte de Tirimont, trésorier général des finances ; Jean de Brouchoven, comte de Bergeyck ; Guillaume de Grysperre, baron de Goyck, chancelier de Brabant ; Pierre-Gaspar Vander Gote, président de la chambre des comptes de Flandre.

Le Conseil privé

Liste des présidents du Conseil privé : Albert de Coxie (en 1700) ; Christophe-Ernest, 1er comte de Baillet (président du Conseil privé 1725-1732) ; le comte de Neny, de 1758 à 1783.

Composition du conseil privé en 1700 : Albert de Coxie, chef et président ; Conrad Vander Brugghe ; Maximilien Voorspoel ; Jacques-François Caverson.

Le conseil des finances

Composition du Conseil des finances en 1700 : Louis-Alexandre Schockaert, compte de Tirimont, trésorier général des finances ; Urbain Vander Borght ; François de Camora ; Charles Gaillard ; François Vander Haghen ; Jacques-Horace Blondel ; Thomas Fraula.

Le conseil suprême des Pays-Bas

En 1717, l'empereur met en place à Vienne un Conseil suprême des Pays-Bas sur le modèle espagnol. Ce conseil est composé de quatre ministres, d'un secrétaire et de cinq officiels et dont le rôle consiste en la traduction en castillan des résolutions de la chancellerie impérialeLouis Prosper Gachard, "Recueil des ordonnances des Pays-Bas autrichiens" 1860..

Ce Conseil est supprimé en 1757 par Marie-Thérèse d'Autriche, ce qui met fin à l'utilisation du castillan comme langue officielle des Pays-Bas méridionaux.

Liste des présidents du conseil suprême des Pays-Bas à Vienne :