Marwan Muhammad, né le Voir notice d'autorité du catalogue général de la BnF. à Paris, est un militant associatif français.

Employé au middle-office pendant quatre ans au sein de la Société générale puis à HSBC, il a ensuite travaillé entre 2007 et 2013 pour Sungard (devenu FIS), une entreprise de logiciel opérant notamment dans le secteur financier. Marwan Muhammad rejoint en 2009 l'association Collectif contre l'islamophobie en France et en est le porte-parole entre 2010 et 2014. Il est ensuite conseiller spécial auprès du Bureau des institutions démocratiques et des droits humains de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe jusqu'en 2016. Le , il devient le directeur exécutif du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF).

Marwan Muhammad est une personnalité controversée.Florence Bergeaud-Blackler : . Certains observateurs soulignant sa relation avec des milieux radicaux islamistes, le soupçonnent de porter un islam politique proche des Frères musulmans., ce qu'il dément formellement.. L’appartenance du CCIF, qu’il a dirigé, à cette même mouvance, est pour sa part signalée par le chercheur Hugo Micheron.. Dans son arrêt au fond validant la dissolution du CCIF, le Conseil d'État le considère comme un tenant de l'islamisme radical invitant à se soustraire aux lois de la République.

Biographie Jeunesse et études Né d'un père commerçant égyptien et d'une mère sage-femme algérienne., Marwan Muhammad grandit dans le quartier de la Goutte-d'Or puis dans les Hauts-de-Seine à Gennevilliers..

Après avoir été scolarisé dans le public et un établissement catholique« L'insaisissable Marwan Muhammad, passé de "l'islamophobie" à "l'islam de France" », lexpress.fr, 26 mai 2018., il suit des études scientifiques et obtient en 2003 un diplôme en mathématiques financières et en statistiques. Pour la journaliste Yasmine Chouaki : Ancien DJ, il est passionné de rap« CCIF : l'étrange lobby musulman, Un reportage d'Anne-Charlotte Hinet, Annie Tribouard et Thomas Lhoste », Complément d’enquête, 6 octobre 2016..

Il est père de famille.

Carrière professionnelle dans la finance À partir de 2001, Marwan Muhammad travaille en tant que trader pendant cinq ans, avant de quitter le secteur bancaire pour s'investir dans le milieu associatif.

Marwan Muhammad quitte son poste à la Société générale en 2006, considérant que le système financier auquel il participe est générateur de « criantes injustices ». Son éthique personnelle était alors en contradiction avec son activité professionnelle.

Après avoir abandonné le secteur bancaire, il enseigne à l'École supérieure d'ingénieurs Léonard-de-Vinci les mathématiques financières, ainsi que l'éthique appliquée au monde de l'économie. Il intervient régulièrement lors des séminaires et conférences en France et à l'étranger traitant en particulier de la finance éthique.

En 2011, il fonde l’association FoulExpress« Si Valls veut supprimer les débordements, qu’il supprime la LDJ » Al-kanz.org, 31 juillet 2014 : Foul Express Mairie de Paris : Annuaire des associations, avec des lecteurs du livre éponyme qu'il a publié en 2009. L'association s'occupe d'un site internet de réflexion, de soutien scolaire et organise des conférences-débats..

Engagement contre l'islamophobie en France : porte-parole du CCIF

Actions et discours Il rejoint l'association Collectif contre l'islamophobie en France en 2009. Il en est le porte-parole de 2010 à .

Depuis 2011, il participe à des conférences, en France et à l'étranger, principalement sur l'objectivation des formes de racisme en Europe et multiplie les prises de position contre l'islamophobie. En 2011, dans une lettre ouverteMarwan Muhammad, « Réponse d'un « ami musulman » à la lettre de Jean-François Copé ». Rue89, nouvelobs.com, 31 mars 2011., il répond au débat sur l'islam que souhaite organiser Jean-François Copé.

En 2012, il est l'auteur d'un shadow report sur le racisme en FranceShadow report à propos du racisme en France, publié par ENAR., publié par European Network Against Racism (ENAR). Lors de la campagne du CCIF, Nous sommes la nation, Marwan Muhammad, commentant le refus d'affichage de la RATP, regrette que le . .

En 2013, il coordonne la rédaction, avec une quarantaine de Français, d'une tribune, « Pas de laïcité sans liberté ».

Il participe également à des débats radioDébat sur Europe 1 lors de la campagne « Nous sommes la Nation ». et télévisés. à propos de l'islamophobie et produit des articles, par le biais de médias de gauche ou sur son blog. Parlant couramment anglais, Marwan Muhammad intervient dans les médias anglo-saxons : débat sur la chaîne américaine CNN, traite l'actualité pour BBC World News, interviews à Al-Jazeera English. Il évoque le problème du port du voile, mais aussi sur des questions de politique générale, comme l'élection présidentielle de 2012 ou la crise économique en Grèce

En 2013, il dénonce un en France qui selon lui s'aggraverait au fil des mois, en précisant notamment que 94 % des agressions islamophobes touchent des femmes..

Pour le journaliste Claude Askolovitch, Marwan Muhammad reprend une campagne du site « oumma.com », qui critique le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, pour son hostilité à l'islam et sa proximité supposée avec la communauté juive ; campagne qui alimente

Durant le mois d', il entame une ascension du mont Blanc avec cinq autres hommes, dont le journaliste Nadir Dendoune, dans le but de sensibiliser l'opinion à l'islamophobie.« Au sommet du mont Blanc, contre l’islamophobie » - Al Kanz, 29 août 2013.Vidéo sur le site du Parisien, avec recueil des impressions à chaud des participants, dont Marwan Muhammad, porte-parole du CCIF..

En 2015, il soutient Rachid Eljay, alias Rachid Abou Houdeyfa, imam de Brest, dont Charlie Hebdo souligne qu'il est .. Charlie Hebdo relève également qu'il soutient le prédicateur Nader Abou Anas, .

En , il considère que Pour lui, Il réclame une plus grande diversité parmi les invités musulmans dans les médias, pour montrer le quotidien et les pratiques de chacun. Il estime par ailleurs qu'un travail antiterroriste doit s'effectuer dans et que des légitimeraient le Ramses Kefi (journaliste) « Islamophobie et Daech, deux idéologies qui se valident l’une l’autre » Rue89, 28 novembre 2015.

Dans le cadre de l’affaire Tariq Ramadan, il signe une tribune le sur le site Mediapart aux côtés d'une cinquantaine de personnalités pour Tariq Ramadan, mis en examen pour viols et placé en détention provisoire, et dans laquelle il est demandé de libérer immédiatement ce dernier en raison de son état de santé.. Le prédicateur l'avait adoubé en dans un message : . Le Figaro considère ainsi qu'il est l'héritier spirituel du prédicateur, dont il partage la même idéologie (opposition à la loi sur le port du voile à l'école, critique de Charlie Hebdo, défense du burkini, empruntant à la « rhétorique des droits de l'homme […] pour attaquer les principes de la République »). Mais alors que Tariq Ramadan était soutenu par le Qatar, Marwan Muhammad le serait de la Turquie, pays qui cherche à étendre son influence sur les musulmans de France.

Nouvelle ligne directrice : politique médiatique et liens avec l'islamisme Marwan Muhammad est à l'origine du développement du CCIF qui . Il commence à se faire connaître de plus en plus sur les réseaux sociaux et en partie grâce à des buzz, à l'origine d'articles. Il organise une distribution gratuite de pains au chocolat devant la gare Saint-Lazare en réponse à la polémique lancée par Jean-François Copé..

Certains observateurs, soulignant sa relation avec des milieux radicaux islamistes, le soupçonnent de porter un islam politique. Pour un journaliste du Canard enchaîné, le CCIF a et Marwan Muhammad se produit régulièrement en présence d'imams radicaux« Des islamistes qui avancent mosquée », Le Canard enchaîné, 17 août 2016.. Selon le politologue Haoues Seniguer, il arrive à Marwan Muhammad d'écrire sur le site confessionnel Ajib.fr de « tendance néo-salafiste »Haoues Seniguer : « L’impensé idéologique du Collectif contre l’islamophobie en France » La Croix, 25 août 2016. Haoues Seniguer le qualifie ainsi de . En 2013, à la mosquée du Bourget, Marwan Muhammad s'affiche ainsi avec Nader Abou Anas, prédicateur qui avait auparavant déclaré : . Soutien du CCIF, l'imam Hassan Iquioussen estime pour sa part que et oppose les aux . Le militant laïque Naëm Bestandji conclut : . En 2011, lors d'une conférence à la mosquée de Vigneux, il avait par ailleurs critiqué les modérés en déclarant : .

Estimant en 2010 que l’islam est , il déclare également que le du rapport entre les musulmans et la République vient d'. En 2011, il fait une comparaison entre les et les , affirmant qu'on y . et qu'on y Caroline Fourest, « Concours indécent d'étoiles jaunes », Marianne, semaine du 15 au 21 novembre 2019, ..

Par ailleurs, Caroline Fourest rapproche son discours de celui de l'organisation suprémaciste Nation of Islam, en citant ses propos : .

En 2013, dans son livre L'Islam, l'épreuve française, Élisabeth Schemla rapporte une déclaration attribuée à Marwan Muhammad, faite lors d'une conférence à la mosquée d’Orly, en (ou 2012, selon les sources.) :

En , il répond sur l'antenne de RMC :

La déclaration est cependant confirmée par Lydia Guirous, qui rapporte avoir consulté la vidéo en questionÇa n'a rien à voir avec l'Islam, Plon, 2017, .. En , Ludwig Gallet, de L'Express, note que sur . La est utilisée par le journaliste Mohamed Sifaoui pour tenter de discréditer le collectif. Ludwig Gallet rappelle que, pour l'intéressé, il s'agit d'un hoax (canular) lancé par des sites identitaires, et interroge Elisabeth Schemla qui avait également repris la citation dans son livre ; l'auteur explique avoir trouvé un document filmé, et déclare : , ajoute Ludwig Gallet.

Pour Michaël Prazan, auteur de Frères musulmans, enquête sur la dernière idéologie totalitaire, l'originalité de Marwan Muhammad est d'avoir réussi à allier les relations traditionnelles du CCIF à celles de militants de gauche indigénistes. Ainsi, en 2015, la présidente du PIR Houria Bouteldja est invitée d'honneur du gala du CCIF. En 2016, il participe au « camp d'été décolonial », dont certains ateliers sont interdits aux Blancs.

Haoues Seniguer précise qu'il représente . Pour sa part, Marwan Muhammad estime que . Le politologue ajoute que Marwan Muhammad .

Le militant laïque Naëm Bestandji qualifie Marwan Muhammad d', contrairement à Libération, pour qui il est un .

Le le Conseil d'État relève dans les griefs justifiant la dissolution du CCIF que Marwan Muhammd, ancien dirigeant de l'association, est l'un et a .

Diplomate à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe De 2014 à 2016, selon Abdellali Hajjat, il est auprès du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (ODIHR/BIDDH) ; un service de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui aide les gouvernements des pays membres à respecter leurs engagements dans les domaines des droits de l'homme, de la démocratie, de l'État de droit, de la non-discrimination et de la tolérancePrésentation de l'ODIHR sur le site officiel .

En , un journaliste (signature JC) du Canard enchaîné affirme qu'il a . Il y fustigeait notamment la laïcité française et demandait à la France de faire un « examen de conscience ». . Sur son site, le CCIF dément le tout lobbying de la part de Marwan Muhammad, et affirme que son départ a été considéré, par l'institution, comme une perte. Isabelle Kersimon note le , que ses propres enquêtes ne lui ont pas permis de déterminer ce qui a motivé son départ.. Le , Anne Vidalie de L'Express écrit : .

Directeur exécutif du CCIF Le , Marwan Muhammad prend les fonctions de directeur exécutif du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF).