Le Buste de Juliette Récamier est une sculpture en marbre réalisée entre 1804 et 1806 par Joseph Chinard (1756-1813). Il représente Juliette Récamier (1777-1849), célèbre salonnière de la société du Directoire et du Consulat. Le buste original, dont il existe plusieurs copies, est conservé au musée des Beaux-Arts de Lyon.
Historique Le buste en marbre est sculpté entre 1804 et 1806, d'après une première version en plâtre patinée également conservée au musée des Beaux-Arts de Lyon. Joseph Chinard est alors à Carare pour un séjour de quatre ans, de 1804 à 1808 et ce buste est décrit par Jacques Boucher de Perthes dans l'atelier de Chinard en Italie en mars 1806Sous dix rois, souvenirs de 1791 à 1860, Paris, 1863, t.1, p. 254.. Lors de son séjour, Joseph Chinard réalise deux bustes identiques, l'un pour Juliette et l'autre pour son père.
Ce buste a été offert par Juliette Récamier à son père Jean Bernard. En 1828, ce dernier le lègue au fils de son ami Pierre Simonard, Jean François Marie Simonard. Celui-ci le transmet à sa fille Marie-Zoé Petit-Dossarisen 1867. Le fils de cette dernière le vend au musée des Beaux-arts de Lyon en 1909 pour 75.000 francs.
Le buste bénéficie d'un nettoyage par Lionel Lefèvre en 2008.
Description Après une ébauche en terre réalisée chez les Récamier où il loge à Paris, en en 1802, le sculpteur se rend à Carrare en 1804, pour tailler ce portrait dans du marbre blanc.
Le buste est nu, seulement couvert d'un voile qu'elle tient de ses mains croisées sur sa poitrine. Elle porte la tête légèrement inclinée, en gardant le regard baissé, une épaisse chevelure bouclée est maintenue par un bandeau enroulé autour de la tête. Chinard sculpte ce portrait à l'antique, imitant des bustes mythologiques classiques telles des Vénus. Son travail de la coiffure est particulièrement virtuose dans le traitement des détails, le jeu de la draperie et les effets de polissage du marbre.
Joseph Chinard parvient à rendre avec brio le pouvoir de séduction de cette salonnière célèbre. Chinard drape son modèle d'un voile léger qui laisse pleinement apparaître ses formes sensuelles, et qui réalise naturellement une transition avec le piédouche. Le tissu évoque des sculptures antiques telle Diane sortant du bain, mais Chinard y adjoint la sophistication des dames du directoire, en témoigne une coiffure très élaborée. Le travail du marbre laisse les chairs parfaitement lisses, tandis qu'il est conservé plus mat pour les accessoires.
Joseph Chinard utilise avec cette œuvre pour la première fois la composition à mi-corps avec les bras, qu'il exploite par la suite avec la statue de Fanny Perrin ou d'Henriette de Verninacsœur d'Eugène Delacroix et épouse du préfet du Rhône Raymond de Verninac, buste présenté au salon de 1808.
Modèle Juliette Récamier est célèbre dans l'Europe entière pour son rôle de mécène, son talent de salonnière te sa défense du néoclassicisme. D'origine lyonnaise, elle est la muse de nombreux peintres, sculpteurs et écrivains dont Chateaubriand. Revenant à Lyon lors de sa mise à l’écart par le pouvoir impérial, elle fait bénéficier sa cité natale de sa prodigalité en donnant au musée de la ville Corinne au cap Misène de François Gérard et les Trois grâces d'Antonio Canova. Contrôlant attentivement son image publique, elle a été portraiturée par de nombreux artistes dont David et Gérard
Le buste de Joseph Chinard connait un énorme succès, Juliette Récamier en diffusant elle-même de nombreux exemplaires de répliques et moulages.
Expositions Le buste fut exposé lors de multiples présentations, dont une exposition dédiée à Juliette Récamier en 2009 qui fut l'occasion de synthétiser les recherches sur cette œuvre.
Londres, 1932, Exhibition of French Art, Royal Academy, n°325, p. 157. Lyon, 1989-1990, Les Muses de Messidor, peintres et sculpteurs lyonnais de la Révolution à l'empire, Musée des Beaux-arts de Lyon, n°38, p. 86, 89. Paris/Londres, 2006-2007, Portraits publics, portraits privés, 1770-1830, Galeries nationales du Grand palais / Royal Academy, n°117. notice de G. Scherf, p. 312-313. Lyon, 2009, Juliette Récamier, muse et mécène, Musée des Beaux-arts de Lyon, n°I.6, notice de S. Picot-Bocquillon, p. 65-67.
Œuvres liées Il existe un grand nombre de versions de ce grand buste, ce qui rend son histoire particulièrement complexe.
Autres bustes de Juliette Récamier de Chinard
Première version redresse=0.5|vignette|gauche|Buste en platre de Juliette Récamier de 1798. Musée des beaux-arts de Lyon. Le buste en marbre succède à une première version en plâtre patiné réalisée en 1798 alors que Joseph Chinard fréquentait le salon parisien de Mme Récamier à l'occasion d'un de ses premiers séjours à la capitale.. Cette première version a été donné soit par Joseph Chinard soit par Mme Récamier à l'artiste Clémence Sophie de Sermézy, qui en fait une copie, et est ensuite resté dans sa famille. Le buste est offert en 1864 par M. de Beaufort au musée des beaux-arts de Lyon. Il existe des traces de copies issues de ce buste originel dont une copie verte donnée par Juliette Récamier à Jean Anthelme Brillat-Savarin présent actuellement dans une collection particulière. Une réduction avec une coiffure simplifiée est signalée dans la collection des duc de Luynes du Château de Dampierre. Une autre en bronze est indiquée dans la collection Penha-Longa. Ces deux derniers sont perdus.
Les descriptions fournissent l'image d'une jeune femme aux jours rondes, les yeux légèrement bridés et coiffée d'un simple fanchon orné d'une petite tresse nouée sur le devant de la tête. Lors d'un second séjour chez les Récamier en 1801, Chinard aurait moulé un second buste de Juliette aux dimensions plus conséquentes et de composition similaire. Madeleine Rocher-Jauneau s'appuie pour cela sur une lettre du baron Jean François de l'Orme disant : . Le buste de Jeanne de l'Orme étant daté de juillet 1802, celui de Juillet est antérieur.
Copie en marbre de Chinard Un second buste en marbre réalisé par Joseph Chinard est actuellement au musée Getty.
Copies
vignette|redresse=0.5|Juliette Récamier en 1805 par Clémence Sophie de Sermézy, musée des beaux-arts de Lyon. vignette|redresse=0.5|Madame Récamier par Joseph Chinard, Paris, musée Cognacq-JayNotice du musée. Il existe de nombreuses copies en marbre ou en terre cuite, certaines étant ornée du nom erroné de Houdon.
Copies directes Il existe trois copies directes en terre cuite connues. L'une se trouve au Bode-Museum de Berlin, une autre au J. Paul Getty Museum de Los Angeles et une troisième est identifiée lors d'une vente aux enchèresA Sotheby's de New York le 24 janvier 2002, lot n° 82.. Copie en marbre Il existe une copie en marbre d'auteur inconnu au Château de ValençayPlateforme ouverte du patrimoine.
Moulages et copies apocryphes Il existe des moulages et copies de taille et matériaux variables au sein des institutions suivantes :
Musée Napoléon Thurgovie, Arenenberg, Barber institute, Birmingham, , Bologne, Museum of art, Bristol, , Charlottesville, Maison de Chateaubriand, Châtenay-Malabry, Château de Coppet, Institute of art, Minneapolis, Ashmolean Museum, Oxford, Musée de l'Ermitage, Saint-Petersbourg, Musée des beaux-arts, Troyes, Château de Valençay, Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, Une terre cuite non localisée présentée lors de la centenale de l'Exposition universelle de 1900N° 1571..
Bibliographie
Ouvrages généraux
.
Ouvrages spécialisés
Articles
Catalogues d'exposition . .
Articles connexes Collection de sculptures du musée des Beaux-Arts de Lyon Joseph Chinard Juliette Récamier
Annexes
Liens externes
Plateforme ouverte du patrimoine Notice sur le site du MBA Lyon
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Sculpture française du XIXe siècle Catégorie:Sculpture néo-classique Catégorie:Sculpture en marbre Catégorie:Sculpture conservée au musée des Beaux-Arts de Lyon Catégorie:Sculpture (œuvre) en France Catégorie:Joseph Chinard