Le Mouvement arabe de l’Azawad (en ) (MAA) est un mouvement politique et militaire arabe actif dans le nord du Mali et formé le pendant la rébellion touarègue de 2012. Il porte initialement le nom de Front de libération nationale de l'Azawad (FLNA) avant d'être rebaptisé vers la fin 2012. Il réclame
À partir de 2013 et surtout de 2014, le mouvement se sépare entre deux tendances : l'une alliée aux rebelles du MNLA et du HCUA, intègre la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), et une autre, appelée MAA loyaliste, fidèle à l'État malien, rejoint la Plateforme des mouvements du 14 juin 2014 d'Alger.
En 2024, la faction rebelle du MAA fusionne avec d'autres groupes pour former le Front de libération de l'Azawad (FLA).
Création Le Front de libération nationale de l'Azawad (FLNA) est créé le à Tombouctou. Selon Mohamed Lamine Sidad, secrétaire général du FLNA, le mouvement est opposé à l'indépendance de Azawad et à l'instauration de la charia, il réclame . Le FLNA parvient à rassembler environ 500 combattants et 800 véhicules selon ses déclarations et forme un état-major commandé par Housseine Ghoulam, un lieutenant-colonel ayant déserté l'armée malienne. Le , le FNLA prend le contrôle d'une partie de la ville de Tombouctou, mais sommé par Abou Zeid, d'AQMI de quitter les lieux, il se replie sans livrer de combat le .
Selon Mossa Ag Attaher, chargé de communication du MNLA, quelques jours après sa création le FLNA
À la fin de l'année 2012, le FNLA change de nom et devient le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA).
Organisation Le secrétaire général du mouvement est Ahmed Ould Sidi Mohamed.
En , l'organisation se compose d'un conseil exécutif, un conseil consultatif et un état-major. L'exécutif est dirigé par un secrétaire général. Chef d'état major : colonel Houssein Ghoulam (ancien de la garde nationale du Mali) Chef d'état-major adjoint : colonel Sidamar Ould Mohamed dit « Algour » et commandant Moulaye Abi (déserteurs de l'armée malienne) Secrétaire aux relations extérieures : Mohamed Elmaouloud Ramadane
Le mouvement déclare contrôler les communes de Tilemsi, à la frontière mauritanienne et Tinafareg, à côté de la frontière algérienne.
Vers l'été 2014, une partie du MAA fait dissidence. Le secrétaire général de cette faction alliée au MNLA est Sidi Ibrahim Ould Sidatt, ancien maire de la localité de Ber. Il est soutenu par le chargé des relations extérieures du Mouvement, Mohamed ould Ramadane, magistrat de fonction, et le chef d'état major militaire, le colonel Houssein Ould Almoctar dit Ghoulam.
Sidi Brahim Ould Sidatt est assassiné à Bamako le .
En , le colonel Houssein Ghoulam quitte le MAA et rallie le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmansDavid Baché, Mali: un chef militaire des rebelles du CSP rallie les jihadistes du Jnim, RFI, 13 mars 2024..
Le , la faction rebelle du MAA fusionne avec les autres groupes du CSP pour former le Front de libération de l'Azawad (FLA)Mali: frappes de drone à Tinzaouatène après la création d’une nouvelle coalition séparatiste, RFI, 2 décembre 2024..
Effectifs Début 2013, le MAA revendique 500 combattants.
En , un rapport de la MINUSMA estime que la branche du MAA intégrée dans la CMA dit « MAA Azawad » compte entre , tandis que le « MAA loyaliste », intégré dans la Plateforme, compterait , dont à Bourem et Tabankort et 500 à Lerneb.
Actions thumb|gauche|upright=1.3|Le lieutenant-colonel al-Husseini Ould al-Mockhtar, du MAA, et des combattants de la CMA lors d'une réunion avec des représentants de l'ONU à Ber, au Mali, en janvier 2017.
Début 2013, le MAA se revendique comme un groupe laïc, non-terroriste et ayant pour principal objectif de défendre l'intérêt des populations arabes du nord du Mali. Il se dit prêt à
Aux alentours du , Ansar Dine et AQMI désarment les combattants du MAA à In Farah et saisissent leurs véhicules, proclamant qu'aucun groupe non islamiste n'a désormais le droit de détenir une arme dans le nord du Mali.
En , à sa création, le MAA déclare avoir « de très bons rapports » avec le MNLA malgré « des petites divergences ». En cependant, la relation entre les deux mouvements autonomistes se dégrade fortement. Le , le MAA attaque le mouvement touareg du MLNA qui s'est emparé d'In Khalil, une localité sur la frontière algérienne stratégique pour les trafics. Le mouvement arabe reproche au MNLA d'avoir volé tous les véhicules des Arabes, pillé les commerces et violé des femmes.
Le MLNA accuse de son côté le MAA de s'être allié au MUJAO voire qu'il n'y a pas de réelle distinction entre les deux groupes. Cette accusation est rejetée par Salem Béghi, officier du MAA, lequel déclare en :
Cependant à la suite de l'intervention militaire au Mali, des Arabes du MUJAO comme Mahari Sid'Amar dit Yoro Ould Daha, chef de la brigade de sécurité du MUJAO à Gao, changent effectivement de camp pour passer au MAA. Les grands trafiquants de drogue arabes lemhars de Gao, comme Chérif Ould Taher, passent également au MAA après avoir été les bailleurs de fonds du MUJAO.
Le , le lendemain de la bataille d'In Khalil, In Farah, base du MAA, est bombardée en mesure de rétorsion par l'aviation française. Boubacar Ould Taleb, un de ses représentants dénonce cette intervention : qui a selon lui blessé 4 combattants et détruit cinq véhicules.
Le , le MAA s'empare de la petite ville de Ber, au nord de Tombouctou après un combat contre le MNLA. Il abandonne cependant la ville quatre jours plus tard. Le , ils attaquent Anéfif, également tenue par la MNLA, mais ils sont cette fois repoussés.
En juin, le MAA participe aux négociations de Ouagadougou. Le MNLA, le HCUA et le MAA tentent de se réconcilier. Le , les trois mouvements publient une déclaration commune où ils réclament l'autonomie des peuples de l'Azawad.
Cependant un combat éclate le à Bordj Badji Mokhtar, en Algérie opposant des Arabes Bérabiches et des Touaregs Idnanes. Des hommes du MAA et de MNLA prennent part à ces affrontements, la base du MAA à In Farah est notamment attaquée et quelques hommes sont tués. Le , le MNLA, le HCUA et le MAA condamnent officiellement les violences de Bordj Badji Mokhtar.
En , des combattants du MAA participent avec le MNLA et le HCUA à la prise de contrôle de la ville de Kidal contre l'armée malienne. Mais le , Ahmed Ould Sidi Mohamed, secrétaire général du MAA, publie un communiqué dans lequel il dément l'implication du mouvement dans les violences du à Kidal.
Le MAA se divise en deux tendances, l'une pro-gouvernementale menée par Ahmed Ould Sidi Mohamed, en grande partie composée de membres de la tribu arabe des Lemhars, l'autre proche des groupes indépendantistes menée par Sidi Brahim Ould Sidati. Le , des affrontements éclatent à Tabankort, dans la région de Gao. Les circonstances de ce combat sont peu connues. Dans un communiqué, le MNLA parle d'une embuscade tendue par des combattants MUJAO contre les « forces de l'Azawad ». Selon les sources de RFI, il s'agit plutôt de violences inter-communautaires entre deux fractions du MAA, l'une plus proche du pouvoir malien et l'autre alliée au MNLA qui lui aurait apporté son soutien pendant l'affrontement. Les affrontements se poursuivent en juillet dans les environs d'Anéfis et de Tabankort, faisant plusieurs dizaines ou plusieurs centaines de morts.
Selon RFI, cette division trouverait ses origines dans la bataille d'In Khalil : .
Une branche du MAA se sépare finalement du mouvement et le , elle annonce la création du Mouvement populaire pour le salut de l'Azawad (MPSA).
Liens externes Vidéo de combattants du FNLA en 2012 Vidéo de combattants du MAA en 2013
Notes et références
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