On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans est un double album de Léo Ferré, paru fin 1986. C'est la quatrième fois qu'il publie un double album d'enregistrements studio après Verlaine et Rimbaud en 1964, Léo Ferré chante Baudelaire en 1967 et Amour Anarchie en 1970.

Historique Léo Ferré entre en studio le , pour cinq jours d'enregistrement intense, peu de temps après avoir achevé la première phase d'une série de récitals consacrés exclusivement aux poètesAlain Raemackers, livret CD On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans, La Mémoire et la Mer, 2000.. Cette circonstance peut expliquer la forte présence de ses poètes de prédilection ici, qui constituent presque la moitié de l'album et pour la première fois mélangés tous ensemble ou presqueVillon manque à l'appel.. En réalité, pressé par le tempsAlain Raemackers, livret CD On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans, La Mémoire et la Mer, 2008., Ferré fait ici le choix - après avoir envisagé de sortir plusieurs albums aux contenus homogènes - d'opter pour le « tout-en-un » en regroupant des chansons tirées des différents projets qu'il a en chantier depuis plusieurs années. Il envisage dans un premier temps un triple album pour finalement se limiter à un double.

On y trouve donc un nouveau Rimbaud, que Ferré continue de mettre en musique dans les années 1980Outre « Le Bateau ivre » en 1981, Ferré compose des mélodies pour « Voyelles » et « Le Sonnet du trou du cul » et prévoit de s’attaquer aux Illuminations, tout en projetant de reprendre une ancienne maquette réalisée dans les années 1960 d'Une Saison en enfer (ce qu'il fera finalement en 1991 à l'occasion du centenaire Rimbaud), cf Alain Raemackers, op. cit.. Pour les mises en musiques tardives de Rimbaud par Ferré, voir l'album posthume Maudits soient-ils !, La Mémoire et la Mer, 2004.. Ferré dédie ce poème renommé d'après son incipit à son propre fils, qui va alors sur ses dix-sept ans et dont le portrait orne la pochette de l'album. On y trouve aussi deux Baudelaire puisés dans l'album Baudelaire maquetté mais jamais officialisé qu'il a réalisé à l'hiver 1976-77, deux Verlaine écrits entre 1959 et 1964Leurs versions primitives, interprétées au piano par Ferré, ont été publiées dans l’album Maudits soient-ils !, La Mémoire et la Mer, 2004. , date à laquelle il immortalise son double album Verlaine et Rimbaud, deux Apollinaire enfin, dont l'un est une reprise réarrangée de la face B du 45 tours « Je t'aimais bien, tu sais... » datant de 1973 (« Marie »La première version, devenue introuvable dans le commerce, est depuis 2003 incluse dans les rééditions de l'album L'Espoir.) et l'autre un collage de deux poèmes (« Les Cloches » et « La Tzigane ») tiré d'un projet d'album inédit dédié au poète (voir Liste des poètes chantés par Léo Ferré).

Ferré extrait aussi d'un projet d'album consacré aux mises en musique des poèmes de son recueil Poète... vos papiers ! (1956) quatre chansons ironiques ou grinçantes, voire ouvertement satiriques : « Les morts qui vivent », « Le Sommeil du juste », « Visa pour l'Amérique » et « Le Faux Poète » (ces deux dernières sur des musiques reprises de L'Opéra du pauvre).

Ferré continue en outre d'explorer sa veine symphonique à travers des offrandes amoureuses surréelles telles que « Personne », « Tout ce que tu veux » ou « Le Manque », ces deux dernières ayant été auparavant confiées à la chanteuse belge Ann Gaytan et créées au disque par elle en 1984 (voir Liste des interprètes de Léo Ferré).

Caractéristiques artistiques

Réception et postérité

En 2007, le quartet de jazz d'Yves Rousseau et les chanteuses Claudia Solal et Jeanne Added reprennent « Les morts qui vivent ». La même année, le chanteur Jean-Louis Murat donne sa version de « L'Examen de minuit & Dorothée », en dissociant les deux poèmes accolés par Ferré et en redonnant à « Dorothée » son titre d'origine.

En 2015, le chanteur lyrique Philippe Jaroussky reprend « Colloque sentimental » dans un album de mélodies françaises consacré au poète Verlaine.

Titres Toutes les musiques sont de Léo Ferré.

Léo Ferré change certains titres de poèmes. Les titres et incipits originaux sont donnés entre parenthèses quand il y a lieu.

Musiciens Orchestre symphonique de Milan Violon solo : Giuseppe Magnani Hautbois solo : Alberto Caroldi

Production Orchestrations et direction musicale : Léo Ferré Prise de son : Paolo Bocchi Coordination : Michel Larmand Crédits visuels : Hubert Grooteclaes (pochette), Évelyne Giabicani

Liens externes Présentation contextuelle de l'album

Notes et références Notes

Références

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