Saint-Victour est une commune française située dans le département de la Corrèze en région Nouvelle-Aquitaine.

Géographie Localisation

Située au sud-est du plateau de Millevaches, la commune de Saint-Victour se trouve sur un plateau qui s'abaisse vers la vallée de la Dordogne. Son altitude oscille entre au Puy de Chanoux et , dans la vallée de la Diège, au barrage des Chaumettes. Cette partie du bas Limousin entre Diège et Dordogne est caractérisée par des vallées profondes dont les pentes constituent des « costes ». Elles ont toujours représenté un obstacle à la pénétration humaine. La commune de Saint-Victour s'étend sur ; elle a la forme d'une aile d'oiseau ; elle mesure 6, d'ouest en est et 4, du nord au sud. Elle est bordée par 8 communes : Saint-Exupéry-les-Roches, Veyrières, Saint-Bonnet-près-Bort, Margerides, Roche-le-Peyroux, Sainte-Marie-Lapanouze, Saint-Étienne-la-Geneste et Chirac-Bellevue. Saint-Victour est bordée à l'ouest par la Diège qui rejoint la Dordogne à peu de distance. Elle naît dans le plateau de Millevaches, près de Saint-Setiers à d'altitude et mesure de long. Le principal affluent de la Diège dans la commune est l'Ozange (appelée aussi Gane), grossie par la Dozanne. La commune possède sept étangs et a eu jusqu’à cinq moulins à eau. Bois, friches et futaies couvrent les éminences et les bords de la Diège. Les essences anciennes, hêtre, chêne et châtaignier, sont de plus en plus remplacées par les résineux. La forêt s'accroît au détriment de l'agriculture qui se consacre à l'élevage bovin (surtout de race limousine) et ovin. Les bruyères, le seigle et le sarrazin ont quasiment disparu. Les prairies dominent. Le nombre d’exploitations agricoles a beaucoup diminué, de 42 en 1750, il est passé à 39 en 1930 et 8 au début du ..

Communes limitrophes

Villages de Saint-Victour

Comme dans la plupart des communes rurales de haute Corrèze, c'est l'habitat dispersé qui est de règle. De ce fait, la commune de Saint-Victour est composée de plusieurs hameaux : Barbazanges (origine du nom latine ou romane : nom d'homme latin Barbatius et suffixe -anicas) ; Bessoles (diminutif du latin populaire bettia, bois de bouleaux) ; Chabanat (nom provenant du bas-latin capanna, en ancien occitan, cabana, en limousin, chabana : cabane) ; Chaux (en ancien occitan, calm ; sous sa forme limousine, chalm : lande, plateau désert) ; Lamazière' (du latin maceria : mur de clôture en pierres sèches) ; La Vialatte (dérivé, avec le suffixe -atta, de villa qui vient du latin et désignait à l'époque gallo-romaine le centre d'exploitation d'un domaine rural, à partir du , villa désigne un village) ; Le mas Laporte (mas provient du bas-latin mansus - rester, séjourner, demeurer. Au cours du Moyen Âge, le mansus devenu mas s'est transformé en hameau lorsque la famille s'est scindée) ; Le Mas-Vieux ; Le Monteil (dérivé avec suffixe latin -ilium, du latin mons, montis, mont, hauteur) ; Le Verdier (origine latine, de viridarium, lieu planté d'arbres, d'où en ancien occitan, verdier : verger) ; Mialaret (bas latin melarius, pommier, et suffixe collectif -etum : pommeraie. Formation du haut Moyen Âge), le bourg de Saint-Victour (saint Victor en limousin) constitue le chef-lieu de la commune mais n'a rassemblé au cours de l'histoire que le château, l'église, le presbytère et une ou deux fermes ; la mairie-école achevée en 1887 est située à plus de du château.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Ouest et nord-ouest du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 900 à , maximale en automne et en hiver. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Ussel à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Saint-Victour est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Ussel, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (52,3 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (52,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (46,1 %), prairies (28,3 %), zones agricoles hétérogènes (24 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (1,6 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Risques majeurs Le territoire de la commune de Saint-Victour est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), feux de forêts et séisme (sismicité très faible). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses, et à un risque particulier : le risque de radon. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle.

Risques naturels vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Saint-Victour. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 32,8 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (26,8 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, sont en aléa moyen ou fort, soit 25 %, à comparer aux 36 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM.

Concernant les feux de forêt, aucun plan de prévention des risques incendie de forêt (PPRIF) n’a été établi en Corrèze, néanmoins le code de l’urbanisme impose la prise en compte des risques dans les documents d’urbanisme. Le périmètre des servitudes d'utilité publique et des zones d'obligation légale de débroussaillement pour les particuliers est quant à lui défini pour la commune dans une carte dédiée.

Risques technologiques Le risque de transport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur une telle infrastructure est susceptible d’avoir des effets graves sur les biens, les personnes ou l'environnement, selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence, chapitre Risque transport de matières dangereuses..

Risque particulier Dans plusieurs parties du territoire national, le radon, accumulé dans certains logements ou autres locaux, peut constituer une source significative d’exposition de la population aux rayonnements ionisants. Certaines communes du département sont concernées par le risque radon à un niveau plus ou moins élevé. Selon la classification de 2018, la commune de Saint-Victour est classée en zone 3, à savoir zone à potentiel radon significatif.

Histoire La plupart des villages composant la commune sont apparus à l’époque romaine, mais des noms de lieu rappellent l’occupation gauloise. La paroisse est née tardivement à l’époque carolingienne. Le premier château a été érigé vers le et occupé par une longue lignée de seigneurs. Les premiers connus ont porté le nom du lieu. En 1255, le seigneur de Saint-Victour rend hommage pour son château au doyen de Mauriac. On relève un Guillaume de Saint-Victour en 1298. L'héritage revient à une famille cousine, celle des d'Anglars, originaires de Sainte-Marie-Lapanouze. En 1331, Guillaume d’Anglars est qualifié du titre de seigneur de Saint-Victour. Le blason des d’Anglars de Saint-Victour était « d’argent à un lion passant de gueules armé et lampassé de même, soutenu de six fusées d’argent et de gueule ». La guerre de Cent ans a dévasté la région en laissant derrière elle la mort, la famine et l’incendie. Les châteaux voisins de Charlus-le-Pailloux et de Saint-Exupéry sont occupés par les Anglais et les soudards de Geoffroy-Tête-Noire en 1359.

Au , Jacques d'Anglars et son fils Bernard rallient le parti huguenot et, pendant quelque temps, le culte protestant est célébré au château de Saint-Victour, l’église paroissiale est transformée en temple. Mais Jacques et Bernard d’Anglars sont tués lors de la guerre de religion. La région est de nouveau pillée et incendiée, misère et famine épuisent les habitants. La famille d’Anglars, issue de la maison d’Ussel-Ventadour-Comborn, garde le château jusqu’en 1575, date à laquelle Françoise d’Anglars (1555-1617) épouse, au château de Saint-Victour, Jacques de Sennecterre, gentilhomme de la Chambre du roi, dont la famille est originaire d'Auvergne. La seigneurie de Saint-Victour change de mains.