Cette page rassemble les noms et biographies de traductrices et traducteurs de l'allemand vers le français dans la première moitié du . Cet inventaire est destiné à se prolonger jusqu'aux traducteurs de la seconde moitié du . Pour une correspondance entre les écrivains de littérature germanique et leurs traducteurs, voir Écrivains de littérature germanique et leurs traducteurs vers le français
A Pierre Abraham (Bloch) (1892-1974) : écrivain et journaliste, Pierre Abraham traduisit en 1939 quelques poèmes de Bertolt Brecht ainsi que la pièce Furcht und Elend des Dritten Reiches (parue dans la revue Europe le ). P. Abraham joua en cette pièce avec sa troupe d'amateurs Les Comédiens d'Anjou. Arthur Adamov (1908-1970) Lou Albert-Lasard (1885-1969) Henri Albert (Niederbronn, 1869- Strasbourg, 1921) Maxime Alexandre Romana Altdorf (Altdorf, 1888 - Sordio, 1988)Source : Manfredini, Umberto, Bocconi di vita, Uni Service, 2011., pseudonyme de Sofia Augustina Methsieder, mariée au poète Jean-Raoul Darius. Originaire d'Altdorf, cette Bavaroise de naissance vécut à Paris dans les années 1920-1930, avec son mari, professeur d'anglais en lycée. Au cœur du Quartier latin où le couple habitait, la jeune femme mit à profit son bilinguisme en louant ses services de traductrice. Secondée par l'écrivain René Jouglet (sans doute responsable de la mise en forme des textes), Romana Altdorf donne la traduction française du récit Fuite sans fin de Joseph Roth (Gallimard, 1929) et de Karl et Anna, suivi de Le pont du destin (Rieder, 1929), du romancier expressionniste allemand Leonhard Frank. Elle traduit également un ouvrage d'Anna Seghers (La Révolte des pêcheurs, Rieder, 1931) et de Jakob Wassermann (Gaspar Hauser ou la paresse du cœur, Grasset, 1933). Traduction d'un ouvrage pour la collection "Combattants européens" de la Librairie Valois. Jean AmslerSources : Histoire universelle des explorations, de Louis-Henri Parias, Nouvelle Librairie de France, 1955 (Beaune, 1914 - 2005): professeur agrégé d'allemand (promotion de 1938), il exerça au lycée de Troyes ainsi que dans des lycées parisiens puis, grand sportif et passionné de football, fut détaché au Centre de Recherche et de Documentation de l'Institut National des Sports de Paris. Amsler appartient du côté paternel à une vieille famille suisse-allemande qui avait émigré d'Argovie en Bourgogne. Sa mère était originaire de Châlons-sur-Marne. Au gré des mutations du père, enseignant de mathématiques, Jean Amsler effectue des études au lycée Poincaré de Nancy, puis à Paris (lycées Montaigne et Henri-IV), lorsque son père obtient un poste dans la capitale, au lycée Louis-le-Grand. Il termine ses études secondaires à Joigny et obtient son baccalauréat en 1930-31. Devenu enseignant et titulaire d'une licence de Lettres en parallèle à ses études de germanistique ainsi que d'un diplôme de langues orientales, il se lance dans de nombreux voyages qui le portent aux quatre coins de l'Europe. Il devient dans les années 1960 le traducteur reconnu de Günter Grass, qui est importé aux éditions du Seuil par la directrice de collection Monique Nathan (1924-1970). Il publie dans les années 1990 des traductions de classiques de la littérature germanique: Les Aventures de Simplicissimus (1990), La Chanson des Nibelungen (1992), Faust (1995) et Les Contes de Grimm (1996). Il envisagea également de rédiger une thèse sur l'histoire du sport en Allemagne entre 1933 et 1945. Jeanne Ancelet-HustacheSources : Polet, Jean-Claude, Patrimoine littéraire européen, De Boeck Université ; Verneuil, Yves, Les Agrégés : Histoire d'une exception française, Belin, 2005 ; Camille-Paul Joignon, En plein cœur du Barrois, Saint-Paul, 1951 ; http://lejardindepierre.free.fr/wordpress/index.php/a-propos/enseignements/a-propos-du-cours-religions-et-civilisations/bibliographie-de-jeanne-ancelet-hustache/ (Toul, 1892-1983) : Fille d'un officier receveur des contributions indirectes, Jeanne Hustache fit sa scolarité à Montier-en-Der dans la Haute-Marne, puis, après avoir décroché son certificat d'études primaires, entra à (en 1905) au lycée de Dijon (période qu'elle immortalisa dans son livre Lycéenne en 1905). En 1912, elle est reçue première au certificat d'aptitude à l'enseignement de l'allemand et s'inscrit à la Sorbonne. En 1913, elle occupe un premier poste de professeur d'allemand au collège d'Orange : elle rencontre en 1914 son mari, un soldat alors hospitalisé. C'est à cette époque qu'elle milite dans le mouvement social-chrétien de la Ligue de la Jeune République de Marc Sangnier. En 1916, elle devient professeur au collège de Toul et est admissible à l'agrégation d'allemand, qu'elle décroche en 1917. Elle entreprend dans la lancée une thèse à la Faculté de lettres de Paris sur la moniale mystique du Mathilde de Magdebourg (elle la soutiendra en 1926, la même année que Geneviève Bianquis). Après avoir été nommée au lycée de jeunes filles de Saint-Quentin (1919), sur le poste de Geneviève Bianquis, elle intègre le lycée Fénelon à Paris en 1924 où elle fut professeur de lettres supérieures et première supérieure. Elle termina sa carrière au lycée Sévigné. En 1932, elle fut chargée de la chronique des livres catholiques aux Nouvelles littéraires. Spécialiste des mystiques allemands, suisses et alsaciens, elle consacra plusieurs études à Maître Eckhart et Henri Suso, ainsi qu'aux saints et congrégations religieuses. Cette inspiration mystique et religieuse se lit également dans son activité de traductrice : elle traduisit en particulier Maître Eckhart, Henri Suso et Romano Guardini. On lui doit également une version française des Années d'apprentissage de Wilhelm Meister de Goethe (Aubier). Auteure de plusieurs livres pour la jeunesse, elle signa également plusieurs textes autobiographiques ainsi qu'un roman. Joseph-François Angelloz (1893-1978) Jean-Jacques AnstettSource : Grandjonc, Jacques, notice biographique sur Jean-Jacques Anstett, in Internationales Germanisten-Lexikon : 1800-1950, De Gruyter, 2003 ; Espagne, Michel ; Werner, Michael, Histoire des études germaniques en France : 1900-1970, CNRS éditeurs, 1994 (Lyon, 1901 - Villeurbanne, 1986) : La tradition professorale était fortement ancrée chez les Anstett : le grand-père de Jean-Jacques Anstett, le protestant alsacien Jean Philippe Anstett (Strasbourg, 1831- Lyon, 1887), fils de boulanger, fit ses études dans les facultés de théologie protestante de Strasbourg et de Genève avant de rejoindre en 1854 la maison du comte Charles d'Almeida et de devenir le précepteur de ses enfants à Munich puis à Lisbonne, où il apprit le portugais (langue et culture auxquelles il consacra par la suite plusieurs essais). En 1872, Jean Philippe Anstett, qui ne rejoignit pas l'Alsace à la suite de son annexion, devint une personnalité éminente de la Société des Alsaciens-Lorrains à Lyon et professeur de langue allemande au lycée de Lyon. En 1876, il obtint sur le tard l'agrégation d'allemand et obtint le grade de maître de conférences lui permettant de dispenser des cours d'allemand à la Faculté de Lettres de Lyon. Il fut en ce sens une des figures fondatrices de la germanistique dans cette ville. Le père de Jean-Jacques Anstett fut quant à lui professeur d’École primaire supérieure, puis intégra l’École normale de Lyon. Après des études au lycée du Parc, Jean-Jacques Anstett entama des études d'allemand à la Faculté de lettres de Lyon (1920-1924), qui lui permirent de séjourner à Vienne (1922-23). En 1925, il fut agrégé d'allemand et enseigna dans divers lycées (à Mâcon, puis à Lyon), parallèlement à des recherches pour un travail de doctorat sur Friedrich Schlegel (inscription à la Faculté de lettres de Strasbourg, mais soutenance au début de la Seconde Guerre à Clermont-Ferrand). Après un séjour de recherches à l'Institut français de Berlin (1933-1934), Anstett entra en 1934 à la faculté de Lettres de Lyon, d'abord en qualité de suppléant (1934-1936), puis de chargé de cours (1938-1942). De 1942 à 1946, il fut maître de conférences puis professeur de langue et littérature allemandes à l'université de Grenoble, avant d'intégrer comme professeur l'université de Lyon en qualité de directeur de la section d'allemand (de 1946 à sa retraite en 1971, date à laquelle il devint professeur honoraire). Jean-Jacques Anstett participa à l'édition allemande des œuvres complètes de F. Schlegel et traduisit pour Aubier-Montaigne le roman Lucinde de ce même auteur (1943). Il traduisit aussi les œuvres philosophiques de Friedrich Heinrich Jacobi (Aubier, 1946) et plusieurs ouvrages du médecin et penseur suisse Max Picard (1888-1965). Alexandre Arnoux (1884-1973) Umm-El-Banine Assadoulaeff, dite Banine (1905-1992). René Aubenas (Vaison-la-Romaine, 1891 - Paris, 1977) : fils d'un professeur de collège de Privas, René Aubenas étudia les langues classiques à la faculté de lettres de Montpellier et tenta une première fois l'agrégation de lettres en 1912 (il la décrochera en 1921). Prisonnier de guerre au camp de Darmstadt durant la Première Guerre, il donna des cours d'allemand à ses compagnons de captivité, au point que l'éditeur Armand Colin lui fit parvenir en 1916 une série de manuels d'enseignement de l'allemand. Dans les années 1920, il enseigna au lycée de Sarreguemines en Moselle. Il devint par la suite inspecteur d'académie (Tulle, Avignon, Grenoble). Il signa en 1955 une traduction de L'habit fait le moine de Gottfried Keller. Marie-Louise Audiberti (1928-) Joseph Aynard (Charnay, 1875- Bierry les Belles Fontaines, 1946) : fils d'Édouard Aynard (1837-1913), notable lyonnais, banquier, député du Rhône et président de la Chambre de commerce de Lyon, Joseph Aynard eut pour frère le ministre plénipotentiaire et ambassadeur Raymond Aynard (1866-1915) et épousa Louise Saint-René-Taillandier, fille de l'ambassadeur Georges Saint-René-Taillandier et petite fille de Saint-René-Taillandier, membre de l'Académie Française et, notamment, exégète et promoteur de l’œuvre du poète Heinrich Heine. Joseph Aynard fit ses études à Lyon, intégra l’École Normale supérieure et obtint l'agrégation d'anglais vers le tournant du siècle. Il enseigna les littératures étrangères vers 1905 à l'université de Nancy. Polygraphe, il rédigea nombre d'ouvrages et articles (en particulier dans Le Journal des débats) sur l'histoire sociale, la littérature et la civilisation britanniques, la peinture, les poètes lyonnais, etc. Il accomplit des traductions de Shakespeare et Defoe pour les Belles Lettres et Aubier-Montaigne, ainsi qu'une traduction nouvelle des Souffrances du jeune Werther de Goethe (Payot, 1926). Roger Ayraut (1900-1985)
B André Babelon (Paris, 1897- Genève, 1952) : André Babelon fut un des fils d'Ernest Babelon, professeur au Collège de France, numismate, académicien et conservateur du département des Médailles et Antiques de la Bibliothèque Nationale. Son frère, Jean Babelon, dirigea lui aussi le Cabinet des médailles de la Bibliothèque Nationale. André Babelon fut lui-même stagiaire puis bibliothécaire à la Bibliothèque nationale, de 1920 à 1929. Il fut ensuite détaché au titre du Ministère des Affaires étrangères au Bureau commercial de la Chambre de Commerce française en Suède (Stockholm). Il finit sa carrière en qualité de consul de France, en Angola, puis en Sicile. Kierkegaardien, André Babelon traduisit en 1933 le récit In vino veritas du philosophe danois. Il traduisit également deux ouvrages de l'allemand : Les Romantiques allemands, de Ricarda Huch (Grasset, 1933), et La Mort d'Empédocle de Hölderlin (Gallimard, 1929). Durant son activité à la Bibliothèque nationale, Babelon fut également chargé par son père de mettre au jour la correspondance inédite de Diderot et édita en 1930 les lettres à Sophie Volland. Gilbert Badia (1916-2004)