La communauté LGBT au Québec regroupe les personnes homosexuelles (gaies ou lesbiennes), bisexuelles, transgenres et intersexes habitant le Québec, les organisations, institutions et créations qui en sont issues, de même que les espaces qu’elles occupent.

Histoire Dans les années 1920, les gays commencent à fréquenter des établissements regroupés au centre-ville de Montréal autour des rues Sainte-Catherine et Stanley, jusque vers la fin des années 1970. Les lesbiennes se retrouvent plutôt dans le secteur de la rue Saint-Denis alors qu'un pôle gay se développe dans le secteur du boulevard Saint-Laurent.

En 1969, l’homosexualité est retirée comme motif au Code criminel du Canada Le Guide gay 2012, .. En 1972, l'artiste Michel Girouard s'unit civilement avec le pianiste Réjean Tremblay lors d'une cérémonie de mariage fortement médiatisée.. La même année, une scène du téléroman Le Paradis terrestre de Jean Filiatrault, alors que deux hommes se tiennent discrètement par la main dans un ascenseur, déclenche un scandale et la société Radio-Canada retire abruptement l'émission de l'horairea. Pierre Hébert, Yves Lever, Kenneth Landry, Dictionnaire de la censure au Québec: Littérature et Cinéma, Montréal, Fides, 2006.b. .c. .d. .. En 1975, le gouvernement libéral n'inclut pas l'orientation sexuelle des motifs pouvant être protégés de la discrimination dans la Charte des droits et libertés de la personne.. L'orientation sexuelle est ajoutée à la Charte des droits et libertés de la personne comme motif interdit de discrimination le par l'adoption du projet de loi 88 par l'Assemblée nationale du Québec sous le gouvernement péquiste, deux mois après les descentes de police effectuées aux bars gais Le Truxx et Le Mystique où un grand nombre de personnes sont arrêtées, qui donne lieu à une vive réaction dans la communauté gaie et dans la population. La fin des années 1970 est intense en émergence de la prise de parole gaie avec le premier défilé d'homosexuels à Montréal en 1979. ainsi que la parution de Sortir et la publication de l’hebdomadaire Le Berdache (1979-1983) par l’Association pour les droits de la communauté gaie du Québec . Des années 1950 à 1990, les bars lesbiens se trouvent surtout au centre-ville de Montréal ou dans le quartier du Red Light puis sur la rue Saint-Denis, que ce soit le Lilith, le G-Spot, le K-2, le Louban, l'Exit, le Sisters, le Bilitis ou le Royal Phoenix.. À la suite de la fermeture de plusieurs bars et boîtes de nuit LGBT dans le sillage des Jeux olympiques d'été de 1976, les établissements gais se développent dans le quartier du Centre-Sud pour former le Village.. Au fil des années, différents établissements gais animent la vie sociale des hommes homosexuels de Montréal hors du Village, notamment le Royal, le California, le Garage, le Lézard, le Business. Cette offre en dehors du Village est maintenant disparue..

Au début des années 1980, Gaëtan Dugas, agent de bord québécois ayant de nombreux partenaires sexuels, est alors considéré comme l'un des premiers cas de contamination du sida aux États-Unis, ce qui a été infirmé par des études récentesIl a été considéré comme le « patient zéro » bien que des cas antérieurs aient été attestés. Sources : a. .b. ..

En 1996, la Table de concertation des lesbiennes et gais du Québec tient les 1 États généraux de la communauté LGBT québécoise sous le thème « De l’illégalité à la légalité ».

En 2002, l'Assemblée Nationale adopte à l'unanimité la loi instituant l'union civile permettant aux couples homosexuels de disposer des mêmes droits que les époux hétérosexuels (hormis le mariage, celui-ci étant de compétence fédérale) de même que des dispositions sur l'adoption et la procréation assistée.. La Cour d'appel du Québec statue, dans un jugement unanime rendu le dans la cause Ligue catholique pour les droits de l'homme c. Hendricks, que la définition traditionnelle du mariage restreinte à une union entre un homme et une femme est discriminatoire, injustifiée et anti-constitutionnellea. Cour d'appel du Québec, Ligue catholique pour les droits de l'homme c. Hendricks, 2004 CanLII 20538 (QC CA), 500-09-012719-027 (500-05-059656-007). Consulté le .b. .. La Société de développement commercial du Village est fondée en 2006. En 2006, du monde entier viennent à Montréal pour les 1ers Outgames mondiaux..

En 2011, le gouvernement du Québec met en place la Politique québécoise de lutte contre l'homophobie, après des discussions depuis 2004 et en deçà des attentes des représentants LGBT. En 2013, le Groupe LGBT pour la laïcité, soutenu par plusieurs personnalités, appuient le projet de Charte de la laïcité proposée par le gouvernement Pauline Marois, se montrant en faveur de l'affirmation de la laïcité de l'État, dénonçant l'inégalité des droits de la personne en faveur des religions, rappelant que « étant donné la prégnance de la morale religieuse, les personnes homosexuelles sont demeurées longtemps dans l’ombre, la doctrine religieuse servait alors de caution à leur stigmatisation » (...) et arguant que le port de signes religieux ostentatoires constitue une rupture avec le principe de nautralité religieuse et crée un obstacle à l'accès aux services gouvernementaux pour les personnes LGBT.. Par ailleurs, l'Association LGBT pour un Québec inclusif, regroupant une trentaine de personnes dont le cinéaste Xavier Dolan et Manon Massé, de Québec solidaire, craint que les droits des personnes LGBT peuvent être la cible d'un gouvernement attaque les droits des communautés et minoritésa. ..c. .. Pour certains, cette position s'appuie sur une vision communautariste de la société, exacerbant les différences entre citoyens, multipliant les accommodements à des groupes particuliers et nivelant les traits personnalistes. Cette vision, promue par des gens qui « vivent dans des quartiers ethniquement, socialement et culturellement à la fois homogènes et privilégiés », s'opposerait à une vision universaliste, au principe d'égalité des citoyens tout en se désolidarisant des homosexuels et lesbiennes qui subissent de graves préjudices dans les pays où la religion fait loi.. Dans les années 2010 la façon d'être des personnes gaies semble devenir conventionnelle et conservatrice, comme si on se projetait dans une image hétérosexuelle, contrastant avec la revendication d'une certaine forme de marginalité dans les années 1970 et 1980..

Histoire de la communauté LGBTQ2+ La majorité des écrits rédigés par des analystes et historiens sensibilisés à la cause des personnes en situation de minorité au niveau de l’orientation sexuelle s’entendent pour dire que la diversité sexuelle existe depuis pratiquement toujours. En effet, si nous nous fions uniquement aux Autochtones, nous pouvons constater que la croyance aux êtres partageant deux genres ou deux identités sexuelles était bien ancrée dans leurs pratiques avant même la colonisation de l’Amérique. Cependant, avec l’arrivée des Européens sur les terres de l’Amérique, les manifestations de diversité sexuelle ont été réprimées. Des lois assurent aussi un « contrôle » de l’orientation sexuelle de la population. C’est d’ailleurs seulement six ans après la fondation de la ville de Montréal, donc en 1648, que la première condamnation en lien avec l’homosexualité est recensée. Ainsi, les individus avec une orientation sexuelle différente de celle de la norme de la société vivaient dans le tabou ou la plupart du temps dans le déni. Ce n’est que bien plus tard, en 1969, que le Ministre de la Justice du Canada, Pierre-Elliott Trudeau, décriminalise l’homosexualité. Ce ministre deviendra par la suite le Premier ministre du Canada. Le tabou entourant les minorités sexuelles et de genre, notamment au sein de l’appareil fédéral, n’est toutefois pas levé pour autant et un travail de longue haleine s’amorce afin de faire taire les jugements et la discrimination. De nombreuses associations ainsi que de nombreuses politiques seront créées afin d’inclure ces individus dans la société moderne.

En 1983, les Archives gaies du Québec et les Archives lesbiennes du Québec sont fondées à Montréal afin de préserver ces histoires. En 1996, « discriminer ou harceler sur la base de l’orientation sexuelle est illégal, selon la Loi canadienne sur les droits de la personne ». Les organismes fédéraux ne peuvent donc pas discriminer un individu ayant une orientation sexuelle qui diffère de celle de la norme. Puisque la discrimination liée à l’orientation sexuelle ne va pas dans le même sens que la constitution du Canada, la Cour suprême du Canada donne le droit à l’égalité pour les personnes homosexuelles en 1998. Les conjoints de même sexe ont aussi le droit de demander une pension alimentaire pour conjoint lors de la séparation depuis 1999. Cette décision a été prise une fois de plus par la Cour suprême du Canada. Ladite décision a mené les autres provinces et territoires du pays à modifier et améliorer leurs lois pour mieux intégrer les couples de même sexe. C’est seulement depuis 2005 que « le mariage entre personnes de même sexe est légal partout au Canada ». En 2005, pour protéger les personnes transgenres contre la propagande haineuse, un projet de loi fédérale est déposé pour enrayer la discrimination basée sur l’identité et l’expression de genre. Ce projet de loi est adopté au Parlement canadien en 2017. Bien que la lutte pour les droits des personnes Lesbiennes, Gaies, Bisexuelles, Transgenres, Queer et autres ait bien évoluée, ce n’est que tout récemment, le , que le Premier ministre Justin Trudeau (fils du ministre de la Justice ayant décriminalisé l’homosexualité) présente les excuses officielles du gouvernement .

L’origine des défilés d’aujourd’hui Une arrestation de masse durant laquelle homosexuels sont arrêtés a lieu à Toronto en 1981. À la suite de ces événements, ce sont environ qui iront dans les rues afin de manifester contre le traitement réservé à ces personnes homosexuelles. Ces événements sont en quelque sorte « le point de départ des défilés de fierté que l’on connait aujourd’hui ».

Histoire de la répression des homosexuels au Québec La première période s'étend de 1670 à la Conquête britannique de 1760. Les comportements homoérotiques sont alors réprimés en référence à une conception religieuse de la sexualité qui s'appuie sur la représentation du sodomite pécheur .

Ce discours se poursuit, pendant la seconde période, jusqu'à la fin du , qui consolide le statut dominant des institutions religieuses.

Au cours de la troisième période, entre le et la fin des années soixante, les approches médicales et psychiatriques prennent le pas sur le discours religieux dans la construction de la déviance sexuelle autour de la figure de l'homosexuel qu'il faut médicaliser, corriger, réhabiliter.

La quatrième période, des années 1970 jusqu'aux années 2000, voit l'arrivée des transformations législatives qui dépénalisent l'homosexualité. Une protection légale pour les gais ainsi que l'obtention de certains droits civiques, qui les protège notamment contre la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle, incarnent les grands acquis de cette époque.

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