Jean-Pierre Bel, né le à Lavaur (Tarn), est un homme politique français, membre du Parti socialiste (PS). Il est notamment président du Sénat entre et .

Après avoir commencé son parcours politique à l'extrême gauche, il obtient ses premiers mandats locaux dans l'Ariège dont il devient conseiller général, puis sénateur en .

Après avoir présidé le groupe socialiste de la chambre haute à partir de , il est élu président du Sénat à la suite de la victoire relative de la gauche aux élections sénatoriales de 2011. Il devient alors le premier président socialiste de la haute assemblée sous la .

À l’issue du renouvellement de 2014 qui voit la droite redevenir majoritaire au Sénat, il annonce son retrait de la vie politique pour assumer des missions diplomatiques en Amérique latine.

Situation personnelle

Jean-Pierre Bel naît dans une famille de résistants communistesJean-Pierre Bel : un apparatchik en pleine lumière. Son père est cadre commercial, sa mère une employée aux Postes, télégraphes et téléphones (PTT).

Après ses études secondaires au lycée Berthelot de Toulouse, il obtient une maîtrise puis un Diplôme d'études approfondies (DEA) de droit public à la Faculté de droit de Toulouse. Responsable, de 1977 à 1982, d'un centre de vacances à Font-Romeu, il dirige un office de tourisme, avant d'épouser la fille de Robert Naudi, président du conseil général de l'Ariège de 1985 à 2001 ; de ce mariage naissent deux filles.

Divorcé, Jean-Pierre Bel épouse en secondes noces une mannequin originaire de Cuba, avec laquelle il a une fille.

Parcours politique

Débuts dans le militantisme

Dans les années 1960-1970, Jean-Pierre Bel connaît son premier engagement au sein de réseaux de solidarité avec les mouvements espagnols en lutte contre la dictature franquiste, actifs dans le Sud de la France. Ces réseaux s'occupaient, en France, de l'accueil des réfugiés, assuraient la liaison entre les militants des deux côtés des Pyrénées et apportaient un soutien aux mouvements de lutte en Espagne en y acheminant agents et matériel. Arrêté lors d'une opération de convoyage, Jean-Pierre Bel est emprisonné quelque temps en Espagne.

Il milite à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), qu'il quitte en 1978, pour s'installer à Mijanès, le village natal de sa femme en Ariège.

Élu local en Ariège

C'est en 1983 que Jean-Pierre Bel entame sa carrière politique en rejoignant le Parti socialiste et en devenant maire de Mijanès, commune ariègeoise de 90 habitants. Neuf ans plus tard, en 1992, il est élu conseiller régional de Midi-Pyrénées.

Il intègre le conseil national du Parti socialiste en 1993, et siège au bureau national jusqu'en 2003. Il est secrétaire national aux fédérations de 1994 à 1997, puis secrétaire national chargé des élections jusqu'en 1998. Proche de François Hollande, il est secrétaire national auprès du premier secrétaire de 1997 à 2007. En 1997, Bel est nommé conseiller technique dans le cabinet du ministre des Relations avec le Parlement Daniel Vaillant, et ce jusqu'en 1998, année au cours de laquelle il est élu sénateur de l'Ariège sous l'étiquette socialiste.

En 1998, trois ans après avoir quitté ses fonctions de maire de Mijanès, il est élu au conseil général de l'Ariège dans le canton de Lavelanet, et siège jusqu'à son élection comme maire du chef-lieu, en 2001. Jean-Pierre Bel est également membre du conseil national de la montagne de 1998 à 2001. Il préside l'Association des maires et des élus de l'Ariège à partir de 2001, et appartient au bureau de l'Association des maires de France de 2001 à 2006. Lors des élections municipales de 2008, ne souhaitant pas se représenter comme maire de Lavelanet, il laisse la tête de liste à son premier adjoint, Marc Sanchez, qui lui succède à la mairie. Son travail d'élu en Ariège est marqué par sa collaboration avec Marc Carballido, qui entre au Conseil régional de Midi-Pyrénées, et devient son collaborateur..

Jean-Pierre Bel occupe les fonctions de secrétaire du Sénat de 2001 à 2004. À la suite des élections sénatoriales du 26 septembre 2004, il succède à Claude Estier à la présidence du groupe socialiste du Sénat. Il se présente à l'élection du président du Sénat face au président sortant, le sénateur RPR Christian Poncelet, qui est élu pour un troisième mandat. Le , Jean-Pierre Bel est réélu sénateur de l'Ariège, obtenant 76,21 % des suffrages au premier tour. Il présente à nouveau sa candidature pour le Petit Luxembourg, mais échoue une fois de plus, face, cette fois, à l'ancien ministre UMP, Gérard Larcher. Jean-Pierre Bel devient alors membre de la commission des affaires économiques et du plan. C'est à cette époque qu'il facilite l'embauche de sa compagne et future épouse comme assistante parlementaire d'un de ses amis sénateurs, Alain Fauconnierarticle (réservé aux abonnés) publié le 30/09/14 par le site d'information Mediapart..

Président du Sénat thumb|gauche|Jean-Pierre Bel avec le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, en 2012.

À l'issue de la victoire de la gauche aux élections sénatoriales du 25 septembre 2011, Jean-Pierre Bel est élu président du Sénat, le , avec 179 voix, contre 134 voix au président sortant, Gérard Larcher, et 29 voix à la candidate centriste Valérie Létard. Il devient ainsi le premier président socialiste de la Chambre haute du Parlement français sous la .

Sa présidence est marquée par des critiques quant à sa faible autorité et par la défiance des communistes, qui, votant comme l'opposition de droite sur certains textes, ont amené le Sénat à rejeter plusieurs textes présentés par le gouvernement socialiste, dont la réforme territorialeSophie Huet, « La droite déterminée à reprendre le Sénat », Le Figaro, 18 juillet 2014, page 4.Anne Rovan, « Jean-Pierre Bel, une étoile filante à la Haute Assemblée », Le Figaro, vendredi 18 juillet 2014, page 4.. Discret sur le plan médiatique, il se voit reprocher de n'être pas parvenu à incarner pleinement la fonction et d'avoir réduit l'influence du Sénat sur la scène politique.. Lui-même affirme avoir « beaucoup de regrets » concernant son mandat..

Retrait de la vie politique nationale Le , Jean-Pierre Bel annonce, dans une tribune parue dans le quotidien Le Monde, son intention de ne pas se présenter au scrutin sénatorial de 2014 ainsi qu'à aucune autre fonction élective.. La droite retrouve la majorité à la suite de ce renouvellement et le mandat de Jean-Pierre Bel se termine le . Son prédécesseur Gérard Larcher retrouve la présidence du Sénat le lendemain.

François Hollande le nomme, en , envoyé personnel du président de la République française pour l'Amérique latine et les Caraïbes.. Il œuvre en particulier pendant deux ans et demi au rapprochement avec Cuba, qu'il connaît bien.., et avec le Panama après le scandale des Panama Papers.. Ses fonctions prennent fin avec l'élection à l’Élysée d'Emmanuel Macron.

Dans un entretien accordé au journal régional La Dépêche du Midi du , il déclare envisager de sortir de sa retraite pour se présenter aux élections municipales de 2020 à Toulouse. Il y renonce finalement.. Lors des élections législatives de 2022 dans l'Ariège, il apporte son soutien au dissident socialiste Laurent Panifous, opposé à l'accord de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale., victorieux au second tour contre le sortant LFI Michel Larive.

Décorations

Française

Étrangère (Brésil) Le , Jean-Pierre Bel est nommé au grade de chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur, au titre de .

Synthèse des résultats électoraux Présidence du Sénat Année Parti Issue Voix % Rang . PS 116 37,66 Battu . 134 40,85 Battu . 179 52,34 Élu

Élections sénatoriales Année Parti Département Issue Voix % Rang1998.PSAriège 64,07 Élu2008. 76,21 Élu

Détails des mandats et fonctions Au Sénat – : sénateur de l'Ariège – : secrétaire du Sénat – : président du groupe socialiste du Sénat – : président du Sénat français

Au niveau local 1992-1998 : conseiller régional de Midi-Pyrénées 1998-2001 : conseiller général de l'Ariège 1983-1995 : maire de Mijanès 2001-2008 : maire de Lavelanet

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . Filmographie 2011 : La Conquête du Sénat, documentaire réalisé par Fabrice Cuney et Thomas Raguet, 28 min, diffusé sur Public Sénat.

Articles connexes Historique des présidents du Sénat français Élections sénatoriales de 1998 en Ariège Élections cantonales de 1998 dans l'Ariège

Liens externes

« Sénat : Bel, l'Ariégeois au pied du plateau », La Dépêche,

Catégorie:Naissance à Lavaur (Tarn) Catégorie:Naissance en décembre 1951 Catégorie:Personnalité de la Ligue communiste révolutionnaire Catégorie:Sénateur membre du Parti socialiste (France) Catégorie:Maire membre du Parti socialiste (France) Catégorie:Conseiller général de l'Ariège Catégorie:Conseiller régional de Midi-Pyrénées Catégorie:Maire de l'Ariège Catégorie:Président du Sénat (Cinquième République) Catégorie:Sénateur de l'Ariège Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 2015 Catégorie:Sénateur de la Cinquième République française Catégorie:Grand-croix de l'ordre national de la Croix du Sud Catégorie:Étudiant de l'École de droit de Toulouse