La Brigade hollandaise (en néerlandais : ) est une unité de l'Armée du royaume de Hollande envoyée en par le roi Louis Bonaparte à la demande de son frère l'empereur Napoléon, participer à la guerre d'indépendance espagnole aux côtés de l'armée française. La brigade, sous le commandement du generaal-majoor David Chassé, fait partie de la (qui comprenait également des unités de Nassau, Bade et d'autres alliés allemands de l'empire français) sous le commandement du général français Leval, elle-même incorporée au corps français sous le commandement du maréchal Lefebvre puis du général Sébastiani, et plus tard au Corps d'armée du maréchal Victor. La brigade se distingue dans un certain nombre de grandes batailles, mais elle est ensuite principalement employée dans des opérations de contre-guérilla. Après l'annexion du royaume de Hollande par l'empire français en 1810, la brigade est officiellement dissoute et son personnel (devenu sujets français) absorbé dans le d'infanterie de ligne français, qui continue à être employé en Espagne avant d'être transféré en Russie.

Formation Le , l'empereur Napoléon envoie une demande péremptoire à son frère, le roi Louis de Hollande, de lui fournir une brigade pour servir lors de la campagne d'Espagne. Cette brigade doit être composée d'un régiment de cavalerie de 600 chevaux, d'une compagnie d'artillerie avec 3 canons et 3 obusiers, de trois bataillons d'infanterie de au total, et d'un détachement de mineurs et sapeurs, pour un total de . Cette brigade, qui devrait être composée principalement de vétérans, doit être prête à marcher durant dix jours une fois la demande effectuée. Louis, qui élude généralement autant que possible les demandes de son frère et cherche à préserver les intérêts de son Royaume, accepte immédiatement la requête, bien que la petite armée hollandaise ait déjà envoyé en Allemagne. Le ministre de la Guerre, le général Janssens et le commandant en chef, le maréchal Dumonceau, recommandent le generaal-majoor David Chassé pour commander la nouvelle unité. Le colonel A. Lycklama à Nijeholt commande l'infanterie ; le commandant F.F.C. Steinmetz est placé en tant que commandant de l'artillerie et des sapeurs ; le colonel von Goes prend le commandement de la cavalerie (il est ensuite remplacé par le colonel Van Merlen) ; le capitaine H.R. Trip dirige la compagnie d'artillerie à cheval ; l'ambulance de campagne est sous le commandement du chirurgien G. Sebel ; le lieutenant-colonel Vermeulen sert en tant que chef d'état-major, assisté par le capitaine .

L'organisation de la brigade présente de nombreuses difficultés. Initialement, le premier bataillon du de Jagers, stationné dans la province de Zélande, est sélectionné pour la brigade, mais il s'avère que le régiment est si dévasté par la (probablement le paludismeQui aurait, en 1809, provoquer la fin prématurée de l'invasion britannique de Zélande, connu sous le nom de l'Expédition de Walcheren.) que la plupart des soldats sont inaptes au service militaire. Le commandement de l'armée remplace donc ce bataillon par le du de ligne, commandé par le lieutenant-colonel C.L. von Pfaffenrath. L'autre bataillon d'infanterie désigné pour la brigade, commandé par le lieutenant-colonel A.W. Storm de Grave, est formé à partir du de ligne en Groningue. Des problèmes avec l'équipement et le manque de fournitures de base, comme les chaussures, entravent aussi le déploiement rapide de la brigade. D'autre part, la cavalerie, quatre escadrons du de hussards est immédiatement disponible. Les troupes disponibles, des prévus, sont finalement concentrées près de Bergen op Zoom le pour marcher vers l'Espagne via la France (le reste, 800 hommes, suivra plus tard)Une question intéressante est celle des nationalités représentées dans la brigade. Du fait que la conscription n'avait pas encore été mis en place (cela se fera en 1811), il est probable qu'une partie non négligeable de soldats n'avait pas la nationalité hollandaise, parce que comme ses prédécesseurs, l' et l'armée de la République batave, l'armée du Royaume de Hollande a été contrainte d'utiliser en majorité des mercenaires étrangers. Malheureusement, les registres des régiments faisant défaut, dans les archives nationales hollandaises ainsi que dans les archives françaises du SHAT à Vincennes, ne nous en apprennent pas plus ; cf. De Moor et Vogel, . Le , une partie de l'infanterie se révolte en raison des arriérés de salaire. Le gouvernement organise en hâte une avance, qui rétablit le calme. Le , le maréchal Dumonceau en personne assiste au départ de la brigade.

Histoire Voyage en Espagne La brigade parcourt le trajet à pied jusqu'en Espagne, le transport par mer étant rendu impossible par le blocus de la Royal Navy. Elle se dirige vers Paris, via Anvers, Gand, Lille et Amiens. Alors que les autorités françaises ont promis leur soutien, il s'avère qu'aucune autorité locale n'a été prévenue de devoir fournir nourriture et abri à la troupe. Le quartier-maître général hollandaisRomar était en fait un civil du ministère de la guerre avec le titre officiel de "commissaire de guerre", mais ses tâches étaient comparables à celles d'un Quartier-maître général, cf. De Moor et Vogel, O.J. Romar essuie souvent une fin de non-recevoir de la part des commandants locaux français et doit organiser les approvisionnements lui-même, ce qui épuise son trésor de guerre prématurément. Les soldats doivent souvent acheter eux-mêmes la nourriture sur leur maigre salaire (un sou et demiLe salaire était trois stuivers hollandais par jour selon De Moor et Vogel, . Un stuiver était un vingtième d'un florin (comme un sou était un vingtième d'un franc français). L'échange était 2 florins pour un franc environ; Cf. par jour) qui est nettement insuffisant. La faim et la fatigue causent par conséquent un flux croissant de traînards. Les jeunes officiers, qui vivent dans des conditions plus luxueuses et qui voyagent en voiture, commencent à critiquer ouvertement le général Chassé.

La brigade arrive à Saint-Denis, près de Paris, le . À ce moment-là, ses effectifs s'élèvent à et 846 chevaux. Le général Chassé se plaint immédiatement au ministre Janssens à propos du manque de soutien qu'il avait reçu, et le ministre charge l'ambassadeur hollandais à Paris, l'amiral Verhuell, d'insister auprès des autorités françaises pour qu'elles remplissent leurs obligations. Le ministre fait aussi payer les avances promises (en utilisant les banquiers Audenet et Slingeland à Paris). Le la brigade défile devant la reine Hortense de Beauharnais, épouse séparée du roi Louis. Le lendemain, l'empereur Napoléon, accompagné par le maréchal Lefebvre, inspecte personnellement la brigade, ce qui impressionne fortement les soldats. Napoléon profite de l'occasion pour modifier l'organisation des bataillons d'infanterie faisant passer leurs effectifs de 9 compagnies à 6, renforçant ainsi la force de chacune de ces compagnies. Il décrète également que la brigade fera partie de la , composée de troupes d'un certain nombre d'États allemands alliés de l'Empire français, commandée par le général Leval. Cette division doit être incorporée au Corps d'Armée sous le commandement du maréchal Lefebvre. Enfin, Napoléon organise deux dépôts, l'un pour l'infanterie à Saint-Denis, et l'autre pour la cavalerie dans Versailles, où les traînards et le personnel malade (208 hommes, parmi eux le commandant Steinmetz) doivent être recueillis avant de rejoindre leurs unités en Espagne.

La brigade quitte Paris pour Bayonne, près de la frontière espagnole, le . Elle passe par Chartres, Le Mans, Saumur, Niort et Bordeaux. Cette fois, leur réception par la population locale est beaucoup plus agréable et les troupes sont traitées sur un pied d'égalité avec les troupes françaises. La brigade arrive à Bayonne le . La ville étant le point de départ de l'invasion française vers l'Espagne, elle est un point important de concentration des troupes. La brigade s'en sort bien dans le chaos consécutif à ce rassemblement de troupes, grâce aux efforts du quartier-maître Romar, qui persuade même les Français de fournir de nouveaux manteaux d'uniformes et des chaussures. À cette époque, l'effectif de la brigade est tombé à Cet effectif sera alimenté par des renforts ; le gouvernement hollandais envoie en novembre et décembre 1808 environ 800 hommes sous le commandement du colonel Alberti et le capitaine C. van Stapele ; cf. Moor et Vogel, . Mais ces survivants sont les hommes les plus résistants, la dure marche ayant éliminé les plus faibles. Les expériences communes ont forgé un sentiment de camaraderie parmi les troupes. Lorsque la brigade entre en Espagne le traitement relativement « favorisé » prend fin : la brigade doit se débrouiller par elle-même en concurrence avec les unités françaises et alliées pour la nourriture et l'abri. Une autre mauvaise surprise attend le commandement de la brigade lorsqu'il prend conscience des dangers posés par les guérilleros espagnols (généralement appelés par les Français) qui s'attaquent continuellement aux lignes d'approvisionnement françaises. La brigade marche vers Bilbao via Irun, Tolosa, Mondragón et Durango. Elle arrive à Bilbao vers la fin d' .

Durango (31 octobre 1808) Presque immédiatement après son arrivée sur le sol espagnol le maréchal Lefebvre prive le général Chassé de ses mineurs et sapeurs, de sa cavalerie et de son artillerie. Les protestations de Chassé restent vaines, et ceux, malgré le fait que le roi Louis lui ait ordonné de garder la brigade réunie. Les ingénieurs militaires disparaissent ; il s'avéra plus tard qu'ils avaient été chargés d'améliorer les défenses de la citadelle de Burgos, ce qu'ils ont fait consciencieusement, malgré le fait que leur commandant, le capitaine Lambert, payait ses hommes à partir de sa propre bourse. Finalement, ils détruisirent la citadelle dans une action d'arrière-garde courageuse, le , juste avant l'entrée des Britanniques.

Les hussards sont intégrés dans une brigade de cavalerie attachée à la division du général Sébastiani. Les bataillons d'infanterie, ossature de la brigade, sont affectés à la division Leval, formant à eux seuls l'unité combattante désignée par la suite comme la « brigade hollandaise ». Cette division comprenait, outre les troupes hollandaises, des fantassins du régiment de Nassau, le régiment de Bade, le régiment de Hesse-Darmstadt, un bataillon de Francfort, un bataillon des gardes nationaux parisiennes, et deux batteries d'artillerie. Avec la division Sébastiani et la division Villatte, la division Leval forme alors le Corps d'Armée français sous le commandement du maréchal Lefebvre. Ce corps est concentré autour de Durango avec l'objectif de marcher sur Bilbao et à partir de là, sur Madrid.

Cependant, pour ce faire, il faut d'abord battre l'armée espagnole du général Blake. Les armées espagnoles et françaises s'affrontent à la bataille de Durango le . La brigade hollandaise avait été inspectée par le maréchal Lefebvre le , et à cette occasion le maréchal avait prononcé un discours d'encouragement fort. Ainsi motivés les troupes hollandaises font face aux Espagnols parmi les autres troupes étrangères sous le commandement temporaire du général Villatte. Sur l'ordre de Villatte, ils attaquent les Espagnols et réussissent à les chasser du premier tertre de Bernagoitia puis de Nevera, malgré la difficulté du terrain. Les Hollandais allument alors un feu pour signaler au centre français (Sébastiani) et à l'aile droite (Leval) de démarrer leur avance. Le général Chassé mène la poursuite des Espagnols en fuite. Des voltigeurs hollandais tombent alors sur un troupeau de moutons, qui paissait dans un bois et ils apprécièrent particulièrement la viande après en avoir été privé si longtemps. À l'issue de la bataille, les troupes hollandaises reçoivent beaucoup d'éloges : le général Chassé est nommé chevalier de la Légion d'honneur et cinq autres officiers reçoivent une médaille pour Bonne Conduite et bravoure.