Le château de Lanniron ( - ) est situé sur le territoire de la commune de Quimper dans le Finistère, en Bretagne. Ancienne résidence d'été des évêques de Cornouaille., il fait l'objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le et depuis le .

Un camp de prisonniers de guerre y était installé, de 1940 à 1946, et nommé « Frontstalag 135 » jusqu'en 1944.

Histoire La présence des évêques de Cornouaille à Lanniron est attestée depuis le .

Un premier corps de logis est créé par l'évêque de Cornouaille Bertrand de Rosmadec au ..

Nicolas Caussin, confesseur du roi Louis XIII, passa un temps en exil à Quimper et à Lanniron.

Monseigneur René du Louët témoigna son soutien à la mystique Marie-Amice Picard qui fut accusée de sorcellerie et attesta des faits extraordinaires qui lui étaient attribués par lettre du donnée à Lanniron..

Des jardins en terrasse sont construits entre 1668 et 1706 par Monseigneur François de Coëtlogon. Contemporains de ceux créés à Versailles, leur ancienneté en fait un rare exemple dans l'ouest de la France. En 1695, le docteur et poète vannetais Nicolas de Bonnecamp (1630-1704)Nicolas de Bonnecamp, né en 1630 à Vannes, décédé le à Brest en donne une description précise. en 432 alexandrinshttp://bibnum.enc.sorbonne.fr/gsdl/collect/tap/archives/HASH01d3/a8d47ea0.dir/0000005531448.pdf.

L'aile ouest est ajoutée par Monseigneur Auguste François Annibal de Farcy dans les années 1760. C'est à cette époque que Lanniron fut fréquenté par Elie Fréron..

Lanniron est confisqué comme bien national durant la révolution française sous l'épiscopat de Monseigneur Toussaint-François-Joseph Conen de Saint-Luc bien que ce ne soit pas un bien d'église mais la propriété personnelle de l'évêque en place qui était prié de la racheter à la famille de son prédécesseur.

Adjudication définitive de la terre de Lanniron, bien national, à M. Pierre Joseph André Malin, capitaine de Vaisseau demeurant à Brest.

(Ier Fructidor an XIII) Vente de Lanniron par M. Malin à M. François Marie Toussaint Léon de Treverret ex-payeur de la guerre à Quimper et son épouse Mme Caroline Raymonde Rosalie Perrin, demeurants à Quimper.

Vente de Lanniron par M. et Mme Léon de Treverret à M. Guillaume Kerbriand-Postic & Mme Thérèse Lavallée son épouse, négociants demeurants à Morlaix.

Vente par M. et Mme Kerbriand-Postic, demeurants à Paris à M. Emmanuel Calixte Harrington, gentilhomme britannique de mère française. Il a fait édifier par l'architecte Jean-Baptiste Bigot (père de l'architecte Joseph Bigot) la façade actuelle de style néo-classique, ressemblant à une villa palladienne avec son prostyle à 6 colonnes ioniques.

Vente par M. Harrington, demeurant à Ergué-Armel à MM. Hypolite Sire et Constant Chauveau-Sire, banquiers demeurants à Boulogne-sur-Mer.

Vente de Lanniron par MM. Hypolite Sire et Constant Chauveau-Sire à M. Charles Fidèle de Kerret et Mme Marie Marguerite Félicie Le Feuvre de la Faluère son épouse dont les descendants sont les actuels propriétaires.

Sa fille Hermine de Kerret épouse Georges Blanchet de La Sablière. Ils vivent à Lanniron. En 1860 il est le parrain de la cloche de l'église d'Ergué-Armel.

Né en 1863 à Lanniron, son petit-fils Georges Blanchet de la Sablière, féru de voyages comme son oncle René de Kerret qui voyagea avec l'escadre de l'amiral Auguste Febvrier Despointes, fera de nombreux voyages notamment en Alaska.. Ce sont ces voyages qui seront à l'origine de la collection botanique de Lanniron. vignette|gauche|Vitrail du couronnement, basilique du Folgoët. Mademoiselle Geneviève Blanchet de la Sablière, propriétaire de Lanniron entre 1896 et 1922 est représentée à genoux avec sa cousine Marthe du Homme debout à droite sur le vitrail du couronnement de la basilique du Folgoët.

Le camp de prisonniers entre 1940 à 1946 vignette|gauche|Entrée du camp « Frontstalag 135 » en 1940. La ville de Quimper abrita un camp de prisonniers de guerre à Lanniron, le « Frontstalag 135 », de 1940 à 1946L'essentiel des connaissances sur le camp de Lanniron est synthétisé dans l'article suivant, écrit par les Archives municipales de Quimper : . Voir aussi Henri Martin, Prisonnier au Frontstalag 135 de Quimper, 1940-1941.. Après avoir été dans les locaux de la caserne de La Tour-d’Auvergne (dans l'actuel collège du même nomVoir une image de 1940.) depuis le , le camp s'installa sur la rive gauche de l'Odet dès . À cette date, des terrains privés furent réquisitionnés par les autorités militaires allemandes d'occupationSur les terrains au nord du château (Geoportail, photographies aériennes de 1950 à 1965). Voir aussi l'image renversée nord-sud, de 1946, sur le site de la ville de Quimper., soit plus de à l'emplacement actuel du bois au sud du château de PoulguinanÀ propos du château de Poulguinan, voir le site de patrimoine.region-bretagne.fr, de l'orangerie et du camping de Laniron (à l'ouest du golf). Au début du mois de , le château de Lanniron fut également réquisitionné et mis à disposition des officiers commandant le camp de prisonniers, dirigé par l'Hauptmann Queish du bataillon de sécurité Landesschutzen 388.

À partir de la fin de l'année 1940, et jusqu'en , le site sera le lieu de l'emprisonnement de Français, principalement des militaires issus des colonies d'Afrique française du Nord, d'Indochine française, d'Afrique-Équatoriale française et d'Afrique-Occidentale française, dites des « troupes coloniales ». Ceux-ci ont été jugés indésirables par le régime national-socialiste sur le sol allemand.

Selon un rapport de la Croix-Rouge, il y avait « , de couleur, 31 noirs, (dont une centaine de civils), soit un total de » en à Lanniron et à l'annexe du camp, localisée à l'école Saint-CharlesVoir un extrait du rapport à la suite de la visite du 28 mai 1941 par le CICR, et aussi « À Saint-Charles, l'école est devenue une prison », ouest-france.fr, 27 mai2014.. L'historienne Armelle Mabon estime cependant que le nombre de prisonniers issus des colonies fut supérieur de plusieurs centaines.. Dix soldats coloniaux décèderont dans le camp. Un des bâtiments du camp fait office de mosquée, un autre de bibliothèque..

À partir d', et jusqu'en , le camp deviendra un camp de prisonniers de guerre allemands. En , le CICR recensait . On dénombra allemands. Le camp de prisonniers fut fermé le car les autorités militaires françaises levèrent la réquisition des terrains qui furent alors restitués à leur propriétaire. Aujourd'hui, aucune trace du camp n'est visible puisqu'il fut entièrement démoli..

Une stèle à la mémoire des prisonniers de guerre a été inaugurée le , allée de LanironVoir kilroytrip.fr. Sur la plaque, il est écrit que « plus de 2000 soldats métropolitains et 7746 soldats issus des colonies françaises d’Afrique et d’Asie » ainsi que « 3853 prisonniers de guerre allemands y furent internés ».

Après guerre Pendant la Tempête de 1987 le parc perd plus de 400 arbres, la propriété est dévastée. Il s'ensuit un vaste programme de restauration débuté dans les années 1990 et qui devra s'achever par la restitution des jardins tels que dessinés au .

Les allées ont été replantées, l'orangerie a été réaménagée, le canal du fut recreusé et réalimenté, de murs ont été restaurés, le bassin du Neptune enfoui dans la vase à l'ouest des terrasses a été reconstruit sur ses fondations, 3 des 5 bassins ornant les terrasses ont été restitués en 2005. Il reste à refaire aujourd'hui, pour achever le projet, 2 bassins ainsi que le tracé et la plantation des parterres.

Dans un souci de restauration soignée, les jardins ont fait l'objet de fouilles en sous la direction d'Anne Alliment-Verdillon., formée à la Villa Médicis.

Activité actuelle C'est pour soutenir la restauration des jardins et la conservation du site qu'une activité touristique a vu le jour. Aujourd'hui le domaine abrite un camping Sunélia , des gîtes, un golf, un restaurant, des salles de réceptions, des locations de bureaux, et le parc est ouvert à la visite. Depuis 2020, le domaine accueille aussi des spectacles de fauconnerie ainsi qu'un parcours d'accrobranche.

Le golf de Lanniron est un parcours neuf trous de agréé par la Fédération française de golf. et membre du réseau Golfy.. Le golf est aussi équipé d'un espace d'entraînement avec practice, putting green et bunkers. Une école de golf existe également avec des cours enseignés par Bertrand Coathalem. professionnel et champion de golf..

Le restaurant a notamment accueilli le vernissage du peintre Yann Queffelec à l'occasion de la publication de son œuvre avec le poète Henry Le Bal, «L'Ile nue»..

Depuis de nombreuses années, l'Orangerie accueille les Semaines musicales et plusieurs artistes tels que : François-Frédéric Guy., Ophélie Gaillard., Zhu Xiao-Mei., Anne Queffélec, Daishin Kashimoto., Claire-Marie Le Guay., Éric Le Sage, Shiho Narushima. sont passés dans ses murs.

Chaque année, le parc est également ouvert dans le cadre de la campagne Neurodon, des Rendez-vous aux jardins et des Journées européennes du patrimoine.

Architecture Architecture néo-classique d'inspiration palladienne reconnaissable à ses frontons et ses colonnades. Armorial des propriétaires {| class="wikitable" width="100%" ! width="110" | Image ! Armoiries du propriétaire |- valign=top |align=center | |1290-1320 : Alain Rivelen, dit Morel, de Riec |- valign=top |align=center | 100 px | 1320-1322 : Thomas d'Anast, ancien doyen du chapitre d'Angers d'or à la croix engrêlée de sable, cantonnée de quatre étoiles de même. |- valign=top |align=center | 100 px | 1322-1324 : Bernard du Plouget, franciscain, nommé par le pape le , transféré à Nîmes, sans être jamais venu à Quimper |- valign=top |align=center | 100 px | 1324-1326 : Guy de Laval, transféré au Mans |- valign=top |align=center | | 1326-1330 : Jacques de Corvo, transféré à Toulon |- valign=top |align=center | 100 px | 1330-1333 : Yves Le Prévôt de Bois Boëssel, transféré à Tréguier, puis à Saint-Malo en janvier 1333 |- valign=top |align=center | | 1333-1335 : Alain Gontier, ancien principal du collège de Navarre, ancien évêque de Saint-Malo Ses armoiries dont on ignore les couleurs sont: écartelé 1/4 d'une fasce 2/3 un sautoir |- valign=top |align=center | | 1335-1352 : Alain Le Gall, de Riec |- valign=top |align=center | | 1352-1357 : Geoffroy de Coëtmoisan , précédemment abbé de la Couture au Mans, transféré à Dol une croix cantonnée de quatre hures de sanglier. |- valign=top |align=center | | 1357-1383 : Geoffroy Le Marhec d'argent au lion de gueules chargé d'une fasce de sable à trois molettes d'argent. |- valign=top |align=center | 100 px | 1384-1408 : Thebaud de Malestroit, ancien évêque de Tréguier |- valign=top |align=center | | 1408-1416 : Gatien de Monceaux, nantais, il fit voûter le chœur de la cathédrale d'azur à la fasce d'argent, accompagné de trois étriers d'or |- valign=top |align=center | 100 px | 1416-1444 : Bertrand de Rosmadec, se démit en août 1444, mort en 1445, il entreprit en 1424 la réfection de la nef de la cathédrale |- valign=top |align=center | 100 px | 1444-1451 : Alain de Lespervez, franciscain, transféré de Tréguier, nommé archevêque in partibus de Césarée-en-Palestine le 16 janvier 1451, † 1455 |- valign=top |align=center | 100 px | 1451-1472 : Jean de Lespervez, neveu du précédent et son coadjuteur depuis le 23 décembre 1449 écartelé aux 1 et 4 : de sable à trois jumelles d’or, (Lespervez) ; au 2 d’or à deux fasces d’azur accompagnées de huit merlettes de gueules (Briquebec) ; au 3 : d’or au lion de sinople armé, lampassé et couronné de gueules (Painel-Hambye). |- valign=top |align=center | 100 px | 1472-1479 : Thibaut ou Thébaud de Rieux |- valign=top |align=center | 100 px | 1479-1484 : Guy du Boschet ou Bouchet, vice-chancelier de Bretagne |- valign=top |align=center | 100 px | 1484-1493 : Alain Le Maout, du Faouët, transféré de Léon |- valign=top |align=center | 100 px | 1493-1501 : Raoul Le Moël |- valign=top |align=center | 100 px