L'accident de Beaune est un accident de la route survenu le sur l'autoroute A6 à Merceuil, près de Beaune, en Côte-d'Or. Accident routier le plus meurtrier en France, il a fait dont et adolescents. âgés de . La plupart des victimes se trouvaient à bord d'un autocar qui a pris feu à la suite de l'accident et étaient originaires de la commune de Crépy-en-Valois dans l'Oise. ; ils partaient en colonie de vacances en direction d'Aussois en Savoie.
Circonstances À , le , deux autocars appartenant à une société de transport savoyarde, partent de Crépy-en-Valois, ville située à une soixantaine de kilomètres au nord de Paris.. Ils transportent des enfants et adolescents et leurs moniteurs vers une colonie de vacances organisée par l'assistance sociale de la caisse d'allocations familiales de l'Oise, à Aussois en Savoie.
Au milieu de la nuit, les deux autocars, un Mercedes-Benz O 303 et un Setra-Kässbohrer S140, qui se suivent sur l'autoroute A6 en direction de Lyon, passent Beaune. Il pleut et la circulation est dense en ce temps de « chassé-croisé » des vacances d'été. Selon les témoins, les autocars roulaient à plus de ; la vitesse exacte ne peut pas être connue car les chronotachygraphes sont détruits lors de l'accident.. Les autocars circulent sur la voie centrale et se suivent à faible distance.
Vers , un véhicule tractant une caravane crée un ralentissement dans l'« entonnoir » de Beaune, une zone dangereuse où l'autoroute passe de trois à deux voies. Une Citroën GS se trouvant sur la troisième voie se rabat précipitamment vers la droite, devant une qui se trouvait déjà entre les deux cars. L'autocar de tête doit freiner car un autocar allemand situé devant lui freine lui-même. Il percute l'autocar allemand, mais sans conséquence dramatique. Le deuxième car freine à son tour, mais cela s'avère inefficace : il effectue un freinage dit asymétrique, qui le fait se déporter sur la voie de gauche, où il percute deux véhicules, puis parvient à revenir sur la voie centrale et vient finir sa course sur la , qui elle-même percute la GS, la projetant sur le car de tête. Ces collisions provoquent un carambolage. Les réservoirs de la et de la GS, éventrés, se vident sur la chaussée. L'essence s'embrase presque immédiatement. Sur cette chaussée mouillée, le carburant enflammé s'étend très vite vers l'arrière du premier autocar et l'avant du second. Le Setra étant un vieux modèle, l'intérieur prend rapidement feu, piégeant inexorablement ses occupants.
Le premier autocar est évacué par les conducteurs et les moniteurs. Dans le second, l'issue latérale avant est bloquée par la encastrée. Deux moniteurs parviennent tout de même à faire sortir une quinzaine d'enfants par la porte arrière du véhicule, mais 44 restent bloqués à l'intérieur, avec les deux conducteurs et deux moniteurs. Cinq autres personnes, dont deux enfants, meurent dans les deux voitures. Il n'y a pas de survivant dans les deux voitures impliquées.
Les secours mettent du temps pour arriver puisqu'ils doivent zigzaguer au milieu des nombreux véhicules arrêtés derrière l'accident. Quand ils arrivent enfin sur les lieux du drame, ils sont impuissants face à l'ampleur du sinistre, les flammes dévorant les deux cars et les quatre véhicules légers impliqués. Pour ne rien arranger à une situation déjà catastrophique, le vent souffle cette nuit-là, renforçant l'intensité du feu. Les pompiers feront leur maximum pour éteindre le sinistre à la seule lumière des véhicules présents sur cette portion de l'autoroute. L'accident se déroulant en pleine nuit, sous très mauvais temps, le travail est très difficile pour eux. Les rescapés des deux cars sont d'abord pris en charge par les conducteurs du car allemand. Ils sont par la suite rapidement transportés vers un lieu plus sûr. Ce n'est qu'au lever du jour que les équipes de secours et les différentes personnes sur place mesurent l'ampleur de la catastrophe.
Les premières images de l'accident sont terribles : un enchevêtrement de tôle tordue, brûlée, est tout ce qu'il reste des deux autocars et quatre voitures impliqués. Rapidement, il paraît évident que cet accident a fait de nombreuses victimes.
Obsèques Les familles sont informées de l'accident à du matin. Le nom des enfants morts est communiqué par Michel Dupuy, maire de Crépy-en-Valois vers , suivant l'ordre alphabétique. Peu de corps sont identifiésSix corps sont identifiés selon ..
Les obsèques ont lieu dans cette même commune le en présence du président de la République, François Mitterrand, du Premier ministre, Pierre Mauroy, et de plusieurs officiels..
Procès Des associations de familles de victimes, ainsi que l'Unaf et l'Udaf de l'Oise se portent parties civiles.. À la suite du procès, le transporteur est condamné à dix-huit mois de prison avec sursis. et à d'amende : le véhicule présentait en effet un système de freinage gravement défectueux sur la roue droite. Un des conducteurs est condamné à six mois de prison avec sursis, un an de suspension de permis et d'amende. La compagnie d'assurances doit verser de francs aux familles des victimes.
Commémorations Chaque année depuis plus de quarante ans, à la date anniversaire, la ville de Crépy-en-Valois commémore l'accident au cimetière de la commune où reposent les victimes. Les familles de celles-ci, le maire et les élus de la commune se rendent également sur les lieux de l'accident pour une cérémonie de recueillement.
Marie-Andrée Martin, mère de trois victimes (un de ses enfants a survécu à l'accident) a créé l'Association des victimes de Beaune, qui rejoint la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs..
Cimetière de Crépy-en-Valois .
Les corps des victimes n'ayant pu être identifiés sont enterrés ensemble sous une grande stèle dans le cimetière d'Hazemont de Crépy-en-Valois« Accident de Beaune : l'émotion, après », Journal de , TF1, .. Sur les plaques on peut lire les noms des enfants.
Plaque commémorative au .
En contrebas du lieu de l'accident, au , sur le territoire de la commune de Merceuil, une plaque commémorative a été posée dans un petit parc arboré qui borde l'autoroute. L'épitaphe est ainsi formulée, « Quelques épitaphes », . :
Mémorial pour l'Avenir .
Un mémorial est érigé en sur l'aire de repos du Curney, à une dizaine de kilomètres au sud du lieu de l'accident, sur le territoire de la commune de Fontaines. Il est baptisé Mémorial pour l'Avenir ou Jardin onirique..
Le monument est financé par une souscription publique de l'Association du mémorial national des victimes de la route, association présidée par la comédienne Nicole Courcel. dont l'objet est d'Annonce du , JOAFE, , , ..
En , le projet de l'architecte et de la sculptrice remporte le concours d'architecture ouvert pour l'occasion.. Le mémorial est inauguré le suivant..
Conséquences sur la réglementation Le ministre des Transports d'alors, Charles Fiterman, décide de prendre des mesures strictes.
La vitesse maximale autorisée et les temps de conduite pour les autocars sont réduits, la vitesse par temps de pluie pour tous les véhicules est réduite à sur autoroute et à sur route. Les transports collectifs d'enfants sont interdits pendant les périodes de chassé-croisé fin juillet et début août. Tous les véhicules lourds (camions, autocars...) doivent désormais être équipés d'un dispositif de limitation de vitesse, sur lequel toute modification par l'utilisateur est rigoureusement interdite..
De plus, les constructeurs de véhicules destinés aux transports en commun doivent utiliser des matériaux incombustibles et non toxiques et poser des pare-brise en verre feuilleté.
Victimes
Les victimes de l'accident sont les suivantes.. :
+ Liste des victimes Nom Date de naissance Âge Origine Véhicule 13 Oise (Baron) Autocar (enfant) 10 12 Oise (Crépy-en-Valois) 7 10 9 11 8 6 9 8 11 10 9 7 7 8 5 7 10 8 12 9 11 8 11 9 6 8 8 7 12 9 10 11 10 Oise (Chèvreville) 8 9 Oise (Duvy) 14 5 Oise (Gilocourt) 9 Oise (Nanteuil-le-Haudouin) 11 9 Oise (Néry) 6 17 Autocar (moniteur) 19 41 Autocar (conducteur) 36 23 Marne (Witry-lès-Reims) Citroën GS 25 39 Yvelines Citroën 2 CV 8 6
Les enfants morts dans l'autocar sont originaires de Crépy-en-Valois ou des communes environnantes. Plusieurs d'entre eux sont issus de familles nombreuses.
Les passagers de la Citroën GS sont un couple venant de Witry-lès-Reims, dans la Marne. Les passagers de la Citroën sont une mère et ses deux enfants venus des Yvelines, qui rejoignaient leur mari et père à Avignon.
Notes et références Notes
Références
Dans les archives de l'Institut national de l'audiovisuel (INA), sur ina.fr :
Sur OpenStreetMap :
Voir aussi Bibliographie . .
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