La est une rivière japonaise située dans la préfecture de Kyoto, dans la région du Kansai.

Le niveau de l'eau est généralement assez bas (moins d'un mètre), sauf durant la saison des pluies, si bien que des pierres forment des passages aménagés permettant de traverser à pied à plusieurs endroits.

Géographie La source de la rivière Kamo se situe dans les montagnes aux environs du mont Sajikigatake, près de la limite entre les anciennes communes de Kumogahata et Keihoku, de nos jours les arrondissements de Ukyō-ku et Kita-ku à Kyoto. Elle descend dans le bassin de Kyoto en direction du sud-est et traverse le centre de Kyoto ; elle est rejoint par la rivière Takano puis par la Shira-kawa près du pont de Shijō. Un peu plus au sud du centre-ville, les rivières Hori et Takase la rejoignent également. Finalement, elle rencontre la rivière Katsura dans l'arrondissement de Fushimi-ku (dans la zone de Shimotoba) pour se jeter dans le fleuve Yodo (rivière Yodo, ou rivière Uji)Article « Kamogawa » (鴨川) de l'encyclopédie Kyoto daijiten (密教大辭典, Encyclopédie de kyoto), Tankosha, 1984, ..

Une hypothèse avance qu'à l'origine, la rivière Kamo coulait le long de la rivière Hori-kawa sur environ un kilomètre et aurait été détournée de son lit principal lors de l'établissement de la capitale impériale Heian-kyō (de nos jours Kyoto) à la fin du . D'après H. E. Plutschow : Herbert E. Plutschow (avant-propos de Donald Keene), Introducing Kyoto, Kodansha International Ltd., 1989, p. 34.

Les berges où les rivières Kamo et Takano se rejoignent sont connues sous le nom de ; à cet endroit formant un triangle se trouve le Shimogamo-jinja (sanctuaire shinto) en bordure de la forêt sacrée Tadasu no Mori.

Onomastique vignette|Les terrasses des restaurants de Ponto-chō qui surplombent la rivière au centre de Kyoto.

En kanji japonais, le nom de la rivière s'écrit (Kamo-gawa) : le premier kanji (kamo) signifie « canard sauvage », et le second (gawa) « rivière ». : et . Le premier document historique mentionnant la graphie est le Yamashiro no kuni fudoki (). Le Nihonkiryaku (日本記略), dans une entrée datée du du de l'an 815, emploie la graphie . De nos jours, la partie nord de la rivière jusqu'à la confluence avec la rivière Takano est souvent distinguée par la graphie , tandis que la partie au sud porte la graphie .

La zone nommée Kamigamo, proche de l'embouchure de la vallée menant au bassin de Kyoto, était le cœur du territoire du clan Kamo () dans l'ancien temps. Le nom géographique associé à la région puis à la rivière en dérive.

Au nord de Kyoto, entre les ponts Deai et Iwara, la rivière s'appelle aussi Kumogahata-gawa () du nom du village Kumogahata qu'elle traverse. Depuis la source jusqu'au pont Iwara, la rivière est connue sous le nom d'Ojitani-gawa ().

Histoire Lors de l'établissement de la capitale Heian (Kyoto de nos jours) au , le lit de la rivière a été détournée pour couler à l'est du palaisEntrée « Kamogawa » de la Kodansha Encyclopedia of Japan, Kodansha Ltd., 1983..

Les inondations causées par la rivière menaçaient régulièrement la capitale. L'empereur Shirakawa disait que seules trois choses étaient imprévisibles : les sōhei (moines guerriers de l'Enryaku-ji), les dés et les eaux de la rivière Kamo. De nos jours, ses rives sont renforcées par du béton et les systèmes de drainage ont été améliorés. Au début du , le marchand Suminokura Ryōi fit aménager le canal Takase parallèlement à la rivière Kamo pour le transport et le commerce.

La fameuse légende de la rencontre entre Minamoto no Yoshitsune et Benkei sur le pont Gojō (pas l'actuel pont portant ce nom, peut-être plutôt le pont Matsubara) est rapportée depuis la fin de l'époque de Heian. Le pont de Sanjō (Sanjō Ōhashi) était considéré comme la fin de la route du Tōkaidō à l'époque d'Edo.

Avifaune Une avifaune diverse est présente ; elle agrémente les promenades sur les berges de la rivière. Outre la présence de nombreux canards (pillet, siffleurs colvert, harle bièvre...), le milan brun (sous-espèce de milan noir) est très présent et concurrence les corbeaux à gros becs. On peut aussi observer mouettes rieuses, chevaliers, grands gravelots, hérons et aigrettes ...

Arts vignette|Le pont de Sanjō enjambant la rivière Kamo. Estampe 55, Les Cinquante-trois Stations du Tōkaidō, Hiroshige (1833-1834).

La rivière Kamo, en particulier le pont de Sanjō qui l’enjambe et qui constitue la fin du Tōkaidō, sont le sujet de peintures et d'estampes, par exemple la Biographie illustrée du moine itinérant Ippen (rouleau VII) Shigemi Komatsu (dir.), 一遍聖人絵伝, vol. 20, Chūō Kōronsha, coll. « Nihon no emaki », 1988 , p. 184-189. ou Les Cinquante-trois Stations du Tōkaidō (estampe 55)Ando Hiroshige : Tokaido, Hoeido Edition, http://www.hiroshige.org.uk.

Notes et références

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