Le siège de Maubeuge se déroule du au . L'armée autrichienne aux ordres du prince de Saxe-Cobourg met le siège devant la place défendue par les généraux français Desjardin et Mayer. Son objectif est d'élargir le couloir lui permettant de marcher sur Paris. Les Autrichiens lèvent le siège après leur défaite à la bataille de Wattignies face à l'armée de la Moselle venue au secours de la place.
Contexte À la fin de l'été 1793, les armées françaises viennent de secourir la place de Dunkerque mais la situation sur la frontière nord reste délicate. En effet, les places fortes de Condé, du Quesnoy et de Valenciennes sont aux mains des coalisés.
D'après le plan arrêté par les puissances coalisées, la prise de Maubeuge devait s'assurer la route vers Paris et terminer les opérations de la campagne. Bornant leurs succès à ce qui devait en être la conséquence les alliés, ait lieu de marcher en avant, et d'empêcher la république de recruter et de réorganiser ses armées semblaient n'avoir en vue que de prendre quelques places. Cependant tout justifiait leurs desseins sur Maubeuge. Sous les rapports de la guerre, la possession de cette ville achevait d'appuyer et d'étendre la ligne des armées ennemies, les rendait maîtresses de nombreux débouchés, et les mettait d'autant plus à même de pousser plus loin leurs opérations ultérieures, que, Maubeuge rendu, Avesnes et Landrecies ne pouvaient plus résister. Sous le rapport des ressources, Maubeuge, qui commandait à un pays riche, abondant et fertile, offrait des moyens immenses aux coalisés. Maubeuge, situé à la pointe de l'angle saillant que la Sambre forme dans cette partie de son cours était à l'époque de la bataille de Hondschoote, aux trois quarts enclavé dans les positions occupées par l'ennemi, qui n'avait qu'à fermer le triangle pour le bloquer.
Depuis la bataille de Hondschoote, les circonstances étaient devenues encore plus favorables. Le général Houchard ayant, rassemblé toutes ses forces disponibles pour marcher au secours de Dunkerque menacé par le duc d'York, Frederick, avait, pour ainsi dire dégarni entièrement les parties de la frontière qui avoisinent la ville de Maubeuge. Pendant que, d'une part, Houchard se portait sur Dunkerque, et que, de l'autre, le duc d'York manœuvrait sur la ligne droite des alliés pour s'emparer de cette ville, le prince de Cobourg s'était renforcé à la gauche et profitant de l'absence des troupes françaises, il avait obtenu les plus grands avantages. Le Quesnoy s'était rendu Landrecies cerné, avait perdu toutes ses communications et Maubeuge, entièrement investi se voit promptement bloqué par des forces importantes.
Outre la garnison renfermée dans ses murs, vingt mille hommes de troupes régulières occupent un camp retranché en avant de la ville, mais l'ennemi, résolu à bloquer ces vingt mille hommes eux-mêmes n'ignorait pas qu'aucune précaution n'avait été prise pour approvisionner la place, et que les vivres et les munitions y manquaient également. Le grand nombre même des défenseurs de Maubeuge, qui, dans toute autre circonstance, aurait été pour les alliés un obstacle invincible, devenait pour eux, par le fait même, une nouvelle cause de succès.En effet, faute de subsistances, plus la garnison était forte et moins la résistance devait être prolongée. Telle est pourtant la confiance naturelle aux Français, qu'entourés de dangers et sans moyens pour les repousser, les soldats de la garnison et du camp se croyaient dans une sécurité parfaite, lorsque, le , le prince de Cobourg, qui avait passé la nuit à jeter des ponts sur la Sambre, vint tout à coup les attaquer dans toutes leurs positions.
La place de Maubeuge Plan de Maubeuge en janvier 1794 dispose d'une forte garnison de et de généraux expérimentés, mais manque d'approvisionnements. L'armée autrichienne est forte de .
Déroulement Ses colonnes de droite passent la rivière près Berlaimont. Les cantonnement français de Baschamps, de Lantinée, de Saint-Remy accourus pour s'opposer à ce mouvement sont vigoureusement repoussés. Le premier perdit ses deux pièces de canon, et ne put se réunir aux autres, que dans le bois de Beaufort, sur lequel ils se replient, pendant que les troupes cantonnées à Hautmont prennent position au bois du Quesnoy. Les colonnes de gauche de l'armée de Cobourg exécutent le passage de la Sambre et de la Thure, près Marpent, Jeumont, Solre l'abbaye de Bersilliers et Cousolre, surprennent et culbutent les troupes qui défendaient où observaient ces différais points. La déroute des Français est complète et c'est à peine s'ils peuvent parvenir à sauver une partie de leurs bagages et de leur artillerie. Au premier coup de canon, le 24e bataillon d'infanterie légère, cantonné à Cerfontaine avait pris les armes. Son chef ne recevant aucun ordre se porta en avant et se réunit d'abord aux troupes qui résistaient encore. Bientôt il couvrit seul cette désastreuse retraite et, se reployant avec ordre et à petits pas, se remettant en bataille, de distance eh distance il ne s'arrêta qu'au ruisseau qui traverse Ferrière-la-Grande ruisseau derrière lequel il prit position.
Ainsi les avant-postes français avaient été repoussés sur toute la ligne sans que les troupes renfermées dans le camp retranché eussent fait un mouvement pour les soutenir. Avertis cependant par quelques fuyards qui s'y étaient retirés, les généraux voyant que l'attaque était sérieuse, résolurent de faire quelques efforts pour repousser les Autrichiens. Vers neuf heures, une colonne de sept à huit mille hommes débouche du camp par la lunette de Philippeville Maubeuge, des remparts signés Vauban, et se dirige sur Cerfontaine. Les et couvraient sa droite pendant que le 24e bataillon d'infanterie légère, flanquait fort à propos sa gauche, en s'emparant, sans ordre, des bois de Bompaire (bois des Bons-Pères), situés sur la commune Rousies Bois de Bompaire en 1608, où l'ennemi avait déjà établi des postes.
Aussitôt, les , les dragons de Cobourg, et deux batteries d'artillerie légère traversant rapidement Cerfontaine, se portent la rencontre de cette colonne avant même qu'elle fût rangée en bataille. Les deux batteries ennemies font sur le front une décharge terrible. Celles des Français y répondent à mesure qu'elles arrivent à leur place de bataille. La canonnade devint très vive. Un seul boulet ayant frappé dans un peloton français, au moment de sa conversion, tua onze hommes. L'ennemi s'aperçut d'un moment de fluctuation et voulant en profiter et ne pas rester sous un feu qui, pour lui-même, devenait meurtrier, chargea la ligne française qui achevait de se former. Cette charge fut digne des deux régiments qui l'exécutèrent et la manière dont elle fut reçue, digne des troupes françaises. Elle fut faite à fond et soutenue avec intrépidité les chevaux arrivèrent jusque sur les baïonnettes et n'ébranlèrent personne. Arrêté par cette ligne de fer l'ennemi reçut à bout portant une décharge qui abattit le cinquième de ses cavaliers. Les cavaliers français sabrèrent la cavalerie autrichienne jusqu'au-delà de Cerfontaine et lui firent éprouver une perte énorme. Ce fait d'armes fut brillant, mais il ne pouvait changer la position de l'armée française. Maître des hauteurs qui entouraient le camp, l'ennemi s'occupa tout de suite à les couvrir d'ouvrages. La nuit même n'interrompit point ses travaux et, sans doute, il eût encore employé la journée du lendemain à les avancer, sans une circonstance aussi extraordinaire qu'elle devint fatale aux Français.. Mus par un mouvement d'ardeur inconsidéré, quatre cents grenadiers, de différents corps, se réunirent dans le camp vers cinq heures du soir forcèrent tout a coup les gardes et les consignes, et allèrent attaquer les postes que l'ennemi avait dans le bois de Seru. Aussitôt, une forte colonne, marchant avec des canons, sortit de Cerfontaine, et repoussa ces tirailleurs qu'aucun corps ne soutenait. Mais elle ne s'en tint pas là, renforcée par d'autres troupes qui, bientôt, se joignirent à elle et s'avança sur Ferrière-la-Grande et sur le poste de la manufacture, les attaqua avec vigueur, chassa les troupes qui les occupaient, mit le feu la manufacture, qui était un des magasins de grains et de fourrages des Français, et brûla, toutes les fermes environnantes. Ce spectacle de destruction était épouvantable et bientôt il le devint davantage, lorsqu'on vit les habitants de ces lieux dévastés venir chercher dans le camp un asile en poussant des cris lamentables, et donnant tous les signes du plus affreux désespoir. L'impression que cette scène faisait sur les soldats était sérieuse. Les généraux craignirent qu'elle n'eût des suites funestes et ne favorisât l'ennemi, si, profitant de ce moment de désordre, de l'obscurité de la nuit et du grand nombre de forces dont il pouvait disposer, il venait tout à coup tenter d'enlever le camp d'assaut. Toutes les troupes eurent donc ordre de prendre les armes, on garnit les banquettes on couvrit extérieurement les points les plus importants. On forma et on plaça des réserves, et chaque barrière fut gardée par plusieurs bataillons serrés en masse. Heureusement, l'ennemi ne crut pas devoir s'exposer à une attaque de nuit, et resta dans ses lignes.
C'est à dater de ce moment que la ville et le camp de Maubeuge se virent étroitement bloqués et resserrés par les Autrichiens, et perdirent toutes les communications avec l'intérieur. L'ennemi passa plusieurs jours à se fortifier dans ses positions. Sur que les Français, manquaient de vivres et ne voyant à la proximité aucun corps d'armée capable de l'inquiéter, Cobourg semblait se restreindre à réduire Maubeuge par famine et ne faisait aucun mouvement offensif. Mais les Français le forcèrent de combattre. Un des ouvrages les plus importans du camp de Maubeuge était la « redoute du Loup », construite sur la route de Landrecies mais elle n'était pas achevée, et la tranchée qui devait la lier aux autres ouvrages du camp, n'était pas faite. A peu de distance de cette redoute était une cense ou ferme, nommée la « Cense du Château ». L'ennemi y avait établi un poste nombreux et cette circonstance était d'autant plus sérieuse, que, d'une part, il incommodait fortement, de cette position, les travailleurs, et que, de l'autre, il pouvait en déboucher à l'improviste, pour enlever la « redoute du Loup ». La résolution de raser cette cense fut donc prise.Le , elle est attaquée, et fut prise. Mais les murs en étaient si durs et si épais qu'il ne fut pas possible de les abattre avec les moyens ordinaires. On s'apprêtait à employer la mine pour les faire sauter, lorsque l'ennemi vint en nombre attaquer les Français, et les força de l'abandonner. Le lendemain, on voulut recommencer l'attaque de la cense du château. Munis de ce qu'il fallait pour couper les arbres qui l'entourent, la brûler et en faire sauter la maçonnerie, les Français s'y présentèrent à l'improviste. L'ennemi y avait placé un bataillon de grenadiers hongrois et trois pièces de canon mais le mouvement des assaillants fut si brusque et si rapide, qu'en un instant les pièces furent enlevées. Déjà le bataillon de grenadiers hongrois allait mettre bas les armes, lorsqu'une terreur panique s'empara d'un bataillon de volontaires de l'Eure et fournit à ces grenadiers le moyen de s'échapper. Néanmoins la cense fut prise une seconde fois on abattit même une partie des arbres qui la couvraient, mais l'ennemi ayant marché sur les Français avec des forces considérables et plusieurs pièces de canon, les empêcha encore de miner les murs, et tout ce qu'on put faire fut de mettre le feu à cette ferme.
Mais déjà le manque de subsistances se faisait sentir d'une manière effrayante. Dès le , on fut obligé de réduire au quart les rations de vivres et de fourrages. Les officiers généraux d'état-major et les chefs de corps furent eux-mêmes obligés de se soumettre à cette réduction.