Sylvina Boissonnas, née le à Toulouse, est une militante et mécène française. Réalisatrice, elle est à l'origine de nombreuses productions cinématographiques, de la création des éditions Des femmes et du journal L'Idiot international.
Biographie Sylvina Boissonnas naît le à Toulouse, de parents protestants. Descendante de la famille Schlumberger par sa mère (Sylvie Schlumberger, fille de Conrad) et fille d'Éric Boissonnas, Sylvina Boissonnas a une sœur et deux frères. Son enfance est perturbée par de nombreux allers-retours entre la France et les États-Unis, mais la famille s'installe pour de bon en France en 1958 au commencement de son année de Terminale. Elle étudie ensuite l'histoire de l'art, puis la psychanalyse.
Après les événements de mai- où elle subit des coups de matraque de CRS alors qu'elle observait ce qui se passait au quartier latin, elle rompt avec sa famille bourgeoise et devient une figure majeure de la culture underground parisiennePerrine Kervran et Anaïs Kien, Les Années Actuel. Contestations rigolardes et aventures modernes, éd. Le Mot et le reste, coll. « Attitudes », 2010, p. 22.. Engagée dans le militantisme d'extrême gauche, elle décide alors de financer plusieurs projets à caractère artistiqueBibia Pavard, Les Éditions des femmes. Histoire des premières années, L'Harmattan, 2005, p. 66..
À la fin des années 1960, elle produit des films de jeunes réalisateurs dont Philippe Garrel, Daniel Pommereulle et Jackie Raynal, sous le label ZanzibarPhilippe Azoury, « Un zeste de Zanzibar », Libération, 6 juin 2001Sylvina Boissonnas, Unifrance Films International, consulté le 8 juillet 2013.Sylvina Boissonnas, quinzaine-realisateurs.com, consulté le 8 juillet 2013.. Elle apparaît alors comme une « productrice aux méthodes plus qu'atypiques qui ne demande de comptes à personne et laisse une totale liberté de créationZanzibar : les films Zanzibar et les dandys de mai 1968, Bibliothèque du film, consulté le 8 juillet 2013.. »
En 1969, elle finance la création de L'Idiot international, journal dirigé par Jean-Edern HallierCollectif, L'Idiot International. Une anthologie, Albin Michel, 2005, p. 26 ; 109..
En 1970, elle réalise un long-métrage intitulé Un film, sélectionné par la quinzaine des réalisateurs du festival de CannesUn film de Sylvina Boissonnas, quinzaine-realisateurs.com, consulté le 8 juillet 2013., qualifié de « chef-d'œuvre singulier et émotionnel » par Nicole BrenezNicole Brenez, « A propos de Un Film par Sylvina Boissonnas », dans Jeune, dure, et pure. Une histoire du cinéma d'avant-garde et expérimental, sous la direction de Nicole Brenez et de Christian Lebrat, éditions Cinémathèque française, 2000, p. 297., et que la réalisatrice décrit ainsi :
Au début des années 1970, elle renonce à la production cinématographiqueArt press, volumes 264 à 273, 2001, p. 53 et oriente son mécénat vers le mouvement de libération des femmesAnna Alter et Perrine Cherchève, La Gauche & le sexe, éd. Danger public, 2007, p. 84. après avoir rencontré des militants de Vive la révolution, et le collectif Psychanalyse et Politique dans lequel elle milite activement. Aux côtés d'Antoinette Fouque, et en lien avec le MLF, elle participe à la direction des éditions Des femmes, qu'elle finance depuis leur lancement en 1974, et signe le Manifeste des 343.
En mars 1979, à Téhéran, elle coréalise un documentaire intitulé Mouvement de libération des femmes iraniennes, Année ZéroMouvement de libération des femmes iraniennes, Année Zéro, cinemasdiran.fr, consulté le 8 juillet 2013., sur les manifestations des femmes iraniennes contre le port obligatoire du voile imposé en IranKate Millett, Going to Iran, photographies de Sophie Keir, Coward, McCann et Geoghegan, New York, 1982, 334 pages ; En Iran, Des femmes, Paris, 1979, 452 pages.Claudine Mulard, « Téhéran, mars 1979, avec caméra et sans voile, journal de tournage », Les Temps modernes, n° 661, nov-déc 2010, p. 161-177..
En octobre 1979, Sylvina Boissonnas, Antoinette Fouque et Marie-Claude Grumbach déposent à la préfecture de police une association du nom de « Mouvement de libération des femmes - MLF », et enregistrent le MLF et son logo comme marque commerciale à l'Institut national de la propriété industrielle, ce qui suscite la polémiqueChroniques d'une imposture, Du Mouvement de libération des femmes à une marque commerciale, préface de Simone de Beauvoir, AMLF, Paris, 1981.François Picq, « MLF : 1970, année zéro », Libération, 7 octobre 2008..
Elle décide d'étudier l'architecture en 1985, et une fois son diplôme obtenu en 1996, elle passe un DEA en études féminines à Paris 8 avec pour thème « L'architecture de l'hôpital et l'hospitalité du corps maternel ».
Au printemps 1999, Sylvina Boissonnas est, avec Florence Prud'homme, en mission pour l'AFD (Alliance des femmes pour la démocratie) à Tirana pour rencontrer Silvana Miria dont l'association porte secours aux femmes kosovares réfugiées en AlbanieSylvina Boissonnas (dir.), Depuis 30 ans des femmes éditent... (2004), éditions des femmes, 2006, p. 266.. En 2004, Sylvina Boissonnas dirige Depuis 30 ans des femmes éditent... Histoire de femmes 1974-2004, une anthologie historique consacrée aux éditions Des femmes.
Filmographie Réalisatrice 1970 : Un film, long métrage 35 mm, scope, couleur, 60 min. 1979 : Mouvement de libération des femmes iraniennes, année zéro, documentaire 16 mm, couleur, 13 min.
Productrice 1968 : Le Révélateur de Philippe Garrel 1968 : Ici et maintenant de Serge Bard 1968 : Home movie. Autour du lit de la vierge de Frédéric Pardot (court métrage) 1968 : La Concentration de Philippe Garrel 1968 : Fun and Games for Everyone de Serge Bard 1968 : Deux fois de Jackie Raynal 1969 : Vite de Daniel Pommereulle (court métrage) 1969 : Le Lit de la Vierge de Philippe Garrel 1969 : À quoi rêve le fœtus ? de Michel Fournier 1969 : Acéphale de Patrick Deval 1969 : Détruisez-vous de Serge Bard 1970 : Piège de Jacques Baratier 1970 : La Cicatrice intérieure de Philippe Garrel 1971 : No pincha de Tobias Engel (documentaire) 1972 : Faire la déménageuse de José Varela
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Nicole Brenez et Christian Lebrat (dir.), Jeune, dure et pure. Une histoire du cinéma avant-garde et expérimental, Paris, éditions Cinémathèque française, 2000. Christophe Bourseiller et Olivier Penot-Lacassagne (dir.), « Zanzibar » Contre-cultures !, Paris, CNRS Éditions, 2013. Bibia Pavard, Les Éditions des femmes. Histoire des premières années, Paris, L'Harmattan, 2005. Sally Shafto, Zanzibar. Les films Zanzibar et les dandys de mai 68, Paris, Éditions Paris expérimental, coll. « Classique de l'avant-garde », 2006. Sylvina Boissonnas (dir.), Mémoire de femmes 1974-2004, Paris, éditions des femmes, 2006. « Le pari de la maturation », Sylvina Boissonnas, Génération MLF 1968-2008, Paris, éditions des femmes, 2008, p. 68-71.
Articles connexes Mouvement de Libération des Femmes Éditions Des femmes Antoinette Fouque Groupe Zanzibar
Liens externes
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