Guershom ben Yehouda de Mayence, dit (hébreu : , « notre maître Guershom, luminaire de l’exil ») est un rabbin, talmudiste et décisionnaire rhénan des (MetzNé à Metz pour la et le Dictionnaire encyclopédique du judaïsme, « apparemment » né à Metz pour Avraham Grossman (), Simon Schwarzfuchs (Rachi), probablement né à Metz pour l'Encyclopédie Universalis, né à Metz pour Esther Benbassa ([ ])., ~960 - Mayence, 1028).

Auteur d’une œuvre abondante, bien que quelque peu éclipsée par celle de son successeur Rachi, il est considéré comme le père du judaïsme ashkénaze.

Le rabbin Guerchom fut au service du roi Basile II à Constantinople, et fit preuve de grandes capacités à son service, notamment la guérison de la nièce du roi, Théodora. Et la confection du trône au Roi, identique en forme à celui du roi Salomon. Il fut condamné à la prison dans la tour de la Famine, d’où il échappa miraculeusement et put terminer sa vie à Mayence avec sa femme Deborah, qui lui donna plusieurs enfants finalement malgré son impossibilité d’enfanter auparavant. Les détails de ce récit se trouvent dans « Les cinq récits » du ..

Biographie On ne sait rien de ses parents, et peu de sa vie. Possiblement né à Metz, Guershom ben Yehouda a surtout vécu à Mayence, où il dirige une . Marié une première fois, il perd son fils, qui, contraint à la conversion lors d’une persécution locale, meurt en apostat. En 1013, il épouse à Mayence sa seconde femme, Bonne, fille de David, qui était déjà veuve. Machir, le frère de Gershom, est l'auteur de l’Alphabet de R. Machir, un dictionnaire des mots difficiles de la Bible et du Talmud qui n'a pas été conservé mais dont des extraits sont cités par les tossafistes. ..

Ce qu’on sait par contre, c’est qu’il est un jalon primordial de l’histoire du judaïsme ashkénaze, à une époque où les ashkénazes ne représentent que 3 % de la population juive mondiale. D’aucuns affirment même que ledit judaïsme ashkénaze n’aurait jamais existé sans lui. Ashkenaz désigne originellement l’Allemagne. C’est parce que l’enseignement de Guershom en provenait et rayonna dans l’Europe chrétienne du Nord que le terme s’est généralisé au judaïsme nord et est-européen.

Les communautés juives établies en Europe avant son époque manifestent un attachement farouche à la foi ancestrale, ainsi que les missionnaires chrétiens ne manquent pas d’en faire l’expérience, mais elles sont peu liées au centre culturel du judaïsme, qui se trouve à Babylone. Lorsque celui-ci commence à décliner, le centre culturel du judaïsme se déplace vers l'Espagne. C'est probablement Charlemagne qui prie la famille Kalonymos de Lucques de l’accompagner en pays mosan, ce qui explique la présence de grands maîtres, dont Meshoullam ben Kalonymos et Juda ben Meir haCohen, dit Léon, Leoni ou Leontin, à Mayence, qui devient sous leur impulsion le centre le plus important du judaïsme d’Occident.

Disciple de Juda ben Meir haCohen, Guershom manifesta probablement des dons précoces pour l’étude, et devint rapidement la plus grande figure de Mayence, maître incontesté de sa grande , l’une des seules académies collégiales de l’époque (toutes les autres n’étaient souvent que le domicile d’un maître dont des disciples plus ou moins nombreux venaient recueillir l’enseignement). Cette se distinguait également des autres par l’extrême ouverture d’esprit et de parole qui y régnait : bien que le dernier mot revienne toujours à Guershom, toute décision législative était discutée, voire remise en question, par tout un chacun, du plus grand maître, comme les Jacob ben Yakar et Isaac ben Juda, au plus insignifiant étudiant. Les étudiants affluent de toute l’Europe pour recueillir l’enseignement qu'ils propagent dans toute l’Allemagne, la France du Nord et l’Europe de l’Est. Moins d’un siècle après sa mort, Rachi dit que « tous les membres de la diaspora ashkénaze sont ses étudiants ».

Deux accomplissements majeurs vaudront à Guershom le surnom de sous lequel il sera connu par la postérité, à savoir la et le commentaire du .

Il mourut à Mayence en 1028., et non en 1040 d'après la légende rapportée par Salomon Louria et visant à faire coïncider sa mort avec la naissance de Rachi.

Fixation de la Son prestige en la matière est tel qu’on eut tendance à lui attribuer toutes les décisions dont l’auteur était inconnu. Au , Asher ben Yehiel (le ) écrit que les édits de Guershom fixent la de manière si permanente qu’ils pourraient bien provenir directement du Sinaï !

Néanmoins, seule une (ou ) lui est nommément attribuée : l’interdiction de rappeler au pénitent sa faute, ce qui inclut l’interdiction de rappeler à un converti qu’il fut autrefois Gentil, et à un Juif converti sous la contrainte qu’il fut autrefois converti (s’il est toutefois revenu au judaïsme). Trois autres décrets célèbres lui sont attribués, et il en fut probablement l’initiateur, mais ils furent édictés au nom des communautés de Spire, Worms et Mayence. : l’excommunication () en cas de polygamie. Cette interdiction avait deux limites : elle ne s’appliquait à l’origine que dans les zones où elle avait été édictée, et il était théoriquement possible d’y déroger avec l’accord de de trois « pays » (en fait, les trois régions citées ci-dessus). La règle a fini par s’appliquer à toutes les communautés ashkénazes. ; l’excommunication en cas de répudiation de la femme sans son accord ; l’excommunication de cas de violation du courrier privé.

Ces trois interdits sont considérés comme le ciment du judaïsme ashkénaze jusqu’à nos jours.

Le Guershom aurait, selon la tradition, recopié des traités de la et du , dans un souci d’en établir un texte correct (souci qu’il partageait avec des savants chrétiens du haut Moyen Âge, ceux-ci voulant établir un texte indiscutable de la Vulgate). Or, pour en établir la cohérence, la comparaison de différentes versions était insuffisante, il fallait pouvoir l’expliquer. Guershom initia donc le premier commentaire suivi du Talmud, dénommé (Commentaire de Mayence), qui fut complété par ses disciples et successeurs, jusqu’à devenir le « Guershom » dans les éditions modernes du d’après l’édition de Vilna. Il en explique les termes et se livre à une interprétation du texte.

Voir aussi

Histoire des Juifs en Allemagne

Notes et références Notes

Références

Annexes Liens externes

Bibliographie Avraham Grossman, Les Premiers Sages d'Allemagne, , université hébraïque, Jérusalem. .

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