Stoneham-et-Tewkesbury est une municipalité de cantons unis de la province de Québec située dans la municipalité régionale de comté de La Jacques-Cartier, région administrative de la Capitale-Nationale, en périphérie de Québec. Elle est située à la porte de la réserve faunique des Laurentides et sur la route qui relie Québec à la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Toponymie Stoneham tire son nom de Stonham Aspal, localité du Suffolk en Angleterre, d'où est parti le pasteur anglican Philip Toosey pour venir s'établir en 1785 dans la province de Québec et plus tard fonder le canton. Littéralement, le nom Stonham (*Stānhām en vieil anglais) signifie « village bâti en pierre » ou « hameau établi près des rochers ». Sur la carte de Gale et Duberger de 1795, apparaît déjà la graphie Stonham..

Tewkesbury quant à lui est un nom emprunté à une localité du Gloucestershire en Angleterre, lieu d'origine de Kenelm Chandler qui s'est fait concéder les terres de la région en 1764. Le nom Tewkesbury est attesté au Moyen Âge sous les formes Teodecesburg, puis Teodekesberie. Il s'agit d'un toponyme basé sur l'élément vieil anglais burg, burh « ville fortifiée, fort, château », devenu -borough et -bury dans les noms de lieux britanniques modernes. Il est vraisemblablement précédé d'un anthroponyme anglo-saxon en Ðēōd- cf. Ðēōd-rēd, évêque anglo-saxon, et Ðēōd-rīc, nom anglo-saxon équivalent de Théodoric. On identifie le nom de personne contenu dans Tewkesbury avec un ermite nommé Theoc ou Theocalius, alors que manifestement ce nom est incompatible avec la nature des formes anciennes qui postulent en faveur d'un nom de personne *Ðēōdec > *Teodec..

Saint-Adolphe tire son nom de l'abbé Ignace-Irénée-Adolphe Légaré, procureur du Séminaire de Québec qui fonda en 1862 une mission sur un territoire qui faisait autrefois partie de la seigneurie de la Côte-de-Beaupré. Cette mission deviendra plus tard le village de Saint-Adolphe et constitue depuis son annexion un quartier de Stoneham-et-Tewkesbury..

Histoire Avant 1790 : l'ère des premières nations et des Jésuites

Origines vignette|gauche|La passe du Cheval est un col reliant Stoneham et Tewkesbury.

Le territoire de Stoneham-et-Tewkesbury fut longtemps parcouru par les peuples Montagnais (aujourd'hui les Innus) qui y exerçaient des activités de chasse et de pêche. De façon sporadique, il était visité pour les mêmes raisons par les Iroquois et Algonquins car ces 2 peuples peuplaient le territoire adjacent de la ville de Québec, respectivement aux Article Wiki sur Québec(ville) et son histoire. Puis arrivèrent un groupe de réfugiés Hurons qui fin se mirent sous la protection de la colonie française naissante et s'établirent à l'ouest du territoire, à La Jeune-Lorette (Wendake). Ils commencèrent alors à partir du lac Huron (aujourd'hui le lac Saint-Charles) à utiliser la rivière des Hurons (d'où le nom) comme accès aux différents territoires de la région, dans le but d'y exercer les activités de chasse, de trappe et de pêche..

Le sentier des Jésuites

vignette|gauche|upright=0.8|Un chasseur huron de la région appelant l'orignal (peint par Cornelius Krieghoff)

Au , le territoire fut aussi l'hôte du sentier des Jésuites qui permettait aux pères Jésuites d'avoir accès au Saguenay-Lac-Saint-Jean en empruntant des sentiers qui longeaient de petits cours d'eau, tout en pratiquant du canotage, des portages, et en faisant de la cordelle.. Le sentier sillonnait le territoire de la municipalité du sud au nord en commençant son parcours au lac Saint-Charles et avec l'aide de guides Hurons, on empruntait la rivière des Hurons et on remontait un affluent, le ruisseau Durand jusqu'aux Trois-Petits-Lacs, puis on atteignait le lac Lagon à Tewkesbury. right|thumb|upright=0.9|La grosse roche sur le chemin Tewkesbury. Rendu à la grosse roche, point de repère géographique et relais-camping des Amérindiens, les accompagnateurs Montagnais prenaient alors la relève des HuronsAllocution du président de la Société d’histoire de Stoneham-Tewkesbury pour le . De là on portait jusqu'à la rivière Jacques-Cartier, qu'on remontait jusqu'à l'estuaire de la rivière Cook. On suivait alors celle-ci jusqu'au lac du même nom. De là, on atteignait le Petit Lac Jacques-Cartier et un dernier et très long portage se faisait jusqu'au lac aux Rognons qui donnait accès à la rivière Métabetchouane qui avec ses permettait un accès direct au lac Saint-Jean. En été, on mettait 3 jours à parcourir l'itinéraire, le trajet d'hiver étant beaucoup plus long car effectué en raquette à neigeOuvrage : De Québec au Lac Saint-Jean : ou, Sentiers des Laurentides, Sentiers des Amérindiens, Sentiers des Jésuites, 1678-1703 et cartes.

Fouilles archéologiques Depuis quelques années, on procède à des inventaires et des fouilles archéologiques dans le parc naturel des Marais du Nord, situé à l'embouchure de la rivière des Hurons dans le lac Saint-Charles. Ces recherches ont permis de découvrir de nombreux indices de présences amérindiennes datant des années 500 à aujourd’hui et démontrent que l'endroit fut durant cette période un site de camping pour les Amérindiens transitant dans la régionParc naturel des Marais du Nord : Archéologie. Certains artéfacts dateraient même de plus de 4000 ansArticle Wiki sur les Marais du Nord.

1790-1871 : l'ère des fondateurs et des défricheurs

Le canton de Tewkesbury left|thumb|upright=1.0|La rivière des Hurons était la seule voie d'accès à la Stonham Lodge avant la construction de la première route vers 1815.

C'est en 1764 que Kenelm Chandler s'établit au Québec et se fera bientôt concéder de terrain dans la région de Tewkesbury. Il n'occupera jamais ces lieux car son but était de les utiliser pour fins de spéculation. Bien vite il décèdera et ces terres se retrouveront entre les mains de sa veuve, puis d'un autre spéculateur ce qui retardera le peuplement de Tewkesbury durant de nombreuses années. right|thumb|upright=1.0|On érigera en 1839 l'église St. Peter sur ce site où Philip Toosey avait établi en 1794 la première ferme des cantons

Le canton de Stoneham En 1790, on attribua à un autre Anglais, le révérend Philip Toosey, une vaste terre sise dans l'actuel territoire de Stoneham. En 1791, celui-ci entreprit le défrichement de 2833 ha de cette terre, son matériel et ses gens étant amenés sur place par canotage sur la rivière des Hurons qui était alors la seule voie de communication. C'est l'année suivante que le canton de Stoneham et celui de Tewkesbury virent leurs mandats d'arpentage attribués. Selon l'arpenteur Jeremiah MacCarthy qui avait parcouru les lieux, les 2 cantons ne pouvaient accueillir plus de 20 colons pour fins d'agriculture, la plupart des terres étant incultes et montagneusesLe petit Rapporteur- juin 2010. Néanmoins, Philip Toosey construisit en 1794 la première ferme de la région qui possédait selon ses dires la plus grande étable au Canada et qu'il baptisa la Stonham Lodge. Les manœuvres amenés d'Angleterre pour défricher s'y installèrent dans des cabanes en bois rond mais le révérend Toosey mourut subitement en 1797. Kenelm Chandler (Voir plus haut) se retrouve alors administrateur de la succession. Il fait construire en 1802 un pont reliant la ferme à une route récemment ouverte depuis Charlesbourg. Malheureusement, Chandler meurt à son tour en 1803. Le développement du canton se retrouve donc retardé lui aussi. Ce ne sera vraiment qu'entre 1815 et 1825 avec l'avènement d'une récession importante touchant les îles Britanniques que des familles irlandaises, anglaises et écossaises viendront à s'établir dans le canton de Stoneham.

left|thumb|upright=0.9|Chapelle presbytérienne Campbell Hall

Les protestants La première église anglicane verra le jour à Stoneham en 1830. Le recensement de 1831 fait état de 175 habitants dans les cantons : 32 familles originaires des îles Britanniques habitent à Stoneham dont les familles souches : Craig, McKee, Dunn, Mackeown et Murphy. En 1839, on érige l'église anglicane actuelle, l'église St. Peter. En 1860 on construit la chapelle presbytérienne Campbell Hall. right|thumb|upright=1.0|Le vieux Tewkesbury à l'approche de l'emplacement de la première chapelle qui fut érigée en 1854 et démolie dans les années 1980.

Les catholiques Du côté des francophones, les quelques populations présentes sur le territoire lors du recensement de 1831 sont à l'époque regroupées à Tewkesbury dont plusieurs dans des fermes au lac des Ventres-Rouges. À Stoneham, la première chapelle catholique ne sera érigée qu'en 1842 mais en 1850, à la suite de l'arrivée de nombreux colons canadiens-français et la présence de plusieurs Irlandais catholiques, on fonde la paroisse catholique Saint-Edmond-de-Stoneham en l'honneur du saint : Edmund Rich de Canterbury en Angleterre, celui-ci ayant été ironiquement choisi parce que les lieux avaient été colonisés par des Anglais..

Institutions L'année 1854 verra l'ouverture du bureau de poste de Stoneham et l'année suivante l'érection de la première chapelle de Tewkesbury. Finalement, c'est en 1855 avec une population de 300 personnes que la municipalité prendra la dénomination de cantons unis de Stoneham-et-TewkesburyDocument : Stoneham et ses communautés chrétiennes au fil des ans (United township municipality of Stoneham-and-Tewkesbury).

Saint-Adolphe

À la fin de cette ère, le village de Saint-Adolphe qui sera annexé un siècle plus tard par les cantons-unis, compte déjà 500 habitants qui vivent principalement d'agriculture. Ce chiffre qui était à l'époque équivalent à celui de la population des cantons-unis, sera vite dépassé par celui-ci car il plafonnera pendant les 150 années suivantes, les terres agricoles étant toutes occupées dès 1854. Les familles souches fondatrices de Saint-Adolphe seront les Cloutier, Lafond et Brindamour.

1871-1951 : l'ère de l'industrie forestière left|thumb|upright=1.0|Flottage de bois sur la rivière Jacques-Cartier.

La drave Au début de cette ère, le principal moteur économique est déjà l'exploitation forestière. Au tournant du siècle, dans le secteur de Tewkesbury, on exerce la drave sur la rivière Jacques-Cartier afin d'expédier par les eaux le bois coupé en direction du moulin à scie de DonnaconaParc National de la Jacques-Cartier : histoire mais la situation est plus difficile à Stoneham car la rivière des Hurons qu'on tente d'utiliser à cette fin a un débit plutôt faible, aléatoire et son parcours est passablement sinueux. right|thumb|upright=1.0|La rivière des Hurons vue du pont du chemin Crawford.

Le chemin de fer L'avènement d'une ligne de chemin de fer en 1912 reliant le village de Stoneham à Loretteville constitue l'amorce d'une première exploitation intensive de la forêt. Un barrage est alors érigé sur la rivière Huron à la hauteur de ce qui est aujourd'hui l'entrée du club de golf, afin de recevoir le bois flottant provenant de Saint-Adolphe et ainsi de l'expédier par chemin de fer en direction de Québec. Les compagnies forestières Price Brothers and Company, Brown Corporation, Donnacona Paper et Domtar prospèreront dans la région et certaines laisseront leur empreinte dans le paysage urbain de Stoneham en érigeant maisons (pour leurs employés), bureaux, entrepôts et même un petit hôtel au village. Plus tard, grâce au transport ferroviaire, on entreprendra aussi l'extraction de pierre de gravier brut. En plus de ces industries, plusieurs habitants s'adonneront à une agriculture de subsistance et on exploitera pendant un temps une usine de potasse. L'apogée de cette ère forestière verra l'exploitation de 20 moulins à scie dans l'ensemble du territoire.. left|thumb|upright=0.9|L'église St-Edmond construite en 1911

Institutions et services