Le Syndicat des écrivains de langue française (SELF) est une organisation syndicale qui s'est fixé comme but la défense des créateurs artistiques.

Syndicat professionnel enregistré sous le 937, il est ouvert à tous les auteurs et traducteurs francophones, débutants comme chevronnés, y compris auto-édités. Contrairement aux associations plus spécifiquement orientées vers les acteurs de la seule littérature, le SELF accueille des créateurs de toutes disciplines : livres, audiovisuel, BD, logiciels, conférences.

Histoire du SELF Création Le SELF a été fondé en 1976Article Edition Journal de l'année 1976 - Larousse, à l'initiativeSyndicat professionnel n° 15.937. Membre fondateur de la Fédération internationale des écrivains de langue française (FIDELF) et du CPE. Créé en 1976 par Marie Cardinal, François Coupry, Benoîte Groult, Jean Guenot, Yves Navarre, Suzanne Prou, le SELF accueille auteurs et traducteurs francophones débutants et chevronnés, de toutes disciplines : livres, audiovisuel, BD, logiciels, conférences. Vivant seulement des cotisations de ses membres, il est indépendant et ouvert sans exclusive esthétique ni politique à tous ceux qui veulent œuvrer à la reconnaissance du statut de l'auteur et à la défense de ses droits. Le SELF examine gratuitement les projets de contrat et relevés de compte de ses adhérents et intervient en cas de besoin auprès des éditeurs ou producteurs. Il siège à la commission de professionnalité de la Sécurité sociale des auteurs.Conseil Permanent des Écrivains de Marie Cardinal, François Coupry, Benoîte Groult, Jean Guenot, Yves NavarrePuis Abel revint de voyage, il y eut une fête, un dimanche, les portes claquèrent, les gens se fâchaient, altercations, il était question de la condition de l’écrivain et, le dimanche suivant, assis autour de la table de la salle à manger et du plateau amovible de grand diamètre, fauteuils de camping, papiers, crayons, cendriers, un premier rang, un second rang, deux cercles et du monde partout, assis, debout, chacun essayant de parler plus fort que l'autre, harangues, éclats d'âme, professions de foi, j'avais déjà connu cela mais où et quand et pourquoi, le bel élan premier, on décide de, on s'unit pour, on va se faire respecter, je fus élu Chat d'Honneur du Syndicat des Écrivains de langue française, à l'unanimité moins une voix, celle d'Abel qui était allé chercher des bouteilles d'eau à la cuisine. À cette époque-là, cette semaine-là d'avant la réunion de rédaction d'un Collectif pour un Syndicat, un mounon était venu un soir, revenu le lendemain et le surlendemain.Yves Navarre - Une vie de chat - Albin Michel, 1986, - version électronique disponible sur le site www.yvesnavarre.chLorsque Yves sera un des fondateurs du Syndicat des écrivains de langue française, en 1975, au temps de Rupture , Marie, la présidente, leur dira un soir, après une réunion, dîner improvisé dans l’appartement du quai des Célestins, « ce syndicat, c’est mon mec ». Ce syndicat, aussi, se coupera en deux, en dix, en cent, en autant de fois qu’il y aura d’écrivains désireux de le voir naître et défendre les droits de corporation d’un métier. La fausse idée de politique récupère et divise tout. Seuls les êtres de compromis règnent. Les passionnés ne peuvent être rendus à un dépit de plus en plus coupant. Et la sage indifférence prônée par certains n’est que la pire des trahisons.Yves Navarre - Biographie - Flammarion, 1981- version électronique disponible sur le site www.yvesnavarre.ch et Suzanne Prou. Il est né d'une scission de l'Union des écrivains, ses fondateurs souhaitant privilégier une vision plus pragmatique de la défense des intérêts des écrivainsLe SELF se constitue ainsi début 1976, en se détachant de l'Union, afin de « promouvoir la défense des intérêts matériels et moraux » des écrivains d'une façon qu'il juge plus pragmatique. Il se désigne comme syndicat à proprement parler, qui réunit très vite plusieurs centaines de membres, dont le bureau exécutif est entre autres, alors, animé par Suzanne Prou, Genevière Serreau, Marie Cardinal et J.-P. Faye qui sont aussi membres de l'Union fin 1968. Patrick Combes - Mai 68, les écrivains, la littérature, Éditions L'Harmattan - septembre 2008 - - page 244. Cette création a été précédée, en , de la publication d'un article de Marie Cardinal, Les mangeurs d'écrivains puis d'un appel à la création d'un syndicat des écrivainsOr, en novembre 1975, sous le coup du silence entourant la « livraison» des Dernières Clientes, manuscrits perdus, et sous le coup de la rupture avec le premier éditeur et de la peur, qui se justifiera, de vivre une aventure pire encore chez le second que chez le premier, Yves lit dans Le Quotidien de Paris un article de Marie Cardinal sur Les Mangeurs d'écrivains. Il appelle Marie, la rencontre. Huit jours plus tard, ils seront dix. Chez lui. Quinze jours plus tard, ils seront plus de cent à signer un« collectif », pour la fondation du Syndicat des écrivains de langue française, le S.E.L.F. Le programme du collectif est rude. Il y est même prévu un code de déontologie de la critique. Les réunions auront lieu chez Yves pendant sept mois. Et ce sera la même histoire de groupe. C'est toujours la même histoire de groupe. Un bel élan, puis la routine, les querelles intérieures, les crachats venus de l'extérieur, une infirmité: ensemble n'existe plus. Tel écrivain de renom dira à Yves « pourquoi vous être embarqué dans cette affaire-là ? Moi, ça ne m'intéresse pas. Je n'ai pas besoin de mes droits d'auteur pour vivre ». Tel autre « j'ai opté de faire des dettes chez tous mes éditeurs ». Et telle troisième « j'ai renoncé à vivre sur mes droits d'auteur en France. Je me suis réservé mes droits étrangers. Je ne vis que de ces droits ¬là ». Yves, pendant sept mois, collera des enveloppes, tapera des circulaires, tiendra le fichier, et videra les cendriers après chaque réunion. Tiffauges, toujours au milieu de la table, a été élu, à l'unanimité, président d'honneur du Syndicat. Et Yves, plus que jamais auparavant, passe pour un activiste. Surtout aux réunions de la section des écrivains du P.S., alors que le syndicat, par sa présence, est accusé d'être une «manœuvre »de ce parti. Fou. Faux. Les écrivains sont les premiers à ne pas vouloir se défendre. Le SELF existe toujours. Son frère, en Turquie, a plus de cent ans, et en Grande-Bretagne plus de cent cinquante ans. La France aime son début du . Elle y tient. Elle use, comme les éditeurs, de ce « droit de passe » qui leur permet encore, en 1980, de retenir 10 % sur les exemplaires vendus pour« risques d'imprimerie et livres défectueux ». Or techniquement, depuis Vigny, Stendhal ou Balzac, il n'y a plus de défauts de fabrication, ou si peu. 0,1%? Alors Yves, qui s'était juré de ne plus jamais revivre l'histoire de Pastoral, la revécut, un hiver durant : il porta le bidon.Yves Navarre - Biographie - Flammarion, 1981- version électronique disponible sur le site yvesnavarre.ch signé par un collectif de plumes prestigieuses ou en devenirUn code des usages entre auteurs et éditeurs - Collectif pour un syndicat des écrivains de langue française sur le site erudit.org. Le syndicat a été créé dans le contexte des poursuites judiciaires contre l'écrivain Jack Thieuloy, qui avait défrayé la chronique en octobre 1975 car il était accusé d'avoir monté des attentats contre plusieurs personnalités de l'édition et des prix littéraires : sa première mission a été d'apporter une aide à cet auteurJack Thieuloy contre les«tontons bâfreurs», Le Temps 13 juillet 2013..

Un des objectifs communs visés par les membres de ce collectif était que l'écrivain devienne acteur de l'économie du livreMais, ma révolution, il fallait bien que je l’épuise : avec Jean-Edern Hallier, que les contradictions n’effrayaient pas, je créai les Éditions Hallier, sorte de coopérative où les auteurs participaient et que je théorisai - car pour moi il faut donc que les idées priment - contre l’édition paternaliste et capitaliste. Il fallait ici et maintenant que les écrivains agissent dans l’économie du livre : avec Marie Cardinal, Yves Navarre, François Châtelet, on institua le Syndicat des Écrivains de Langue Française ; et je fus le compagnon du “bras armé” de Jack Thieuloy. François Coupry, Biographie - Troisième vie (1973-1979).

Dans un premier temps, le SELF est un partenaire reconnu du Syndicat des Éditeurs (SNE) lors des négociations, apportant une rééquilibrage au poids de la Société des Gens de Lettres (SGDL)Le SELF devient rapidement l’interlocuteur principal, sinon privilégié, des éditeurs, s'efforçant d'équilibrer la prédominance, l'influence, de la SGDL, qui demeure l'instance de référence. Même si certaines analyses politiques ne sont pas étrangères à sa démarche, l'objectif du SELF est strictement professionnel ; celui-ci complète donc, systématise, élargit aussi (des courants de pensée divers cohabitent dans le syndicat), un temps du moins, la lutte conduite depuis 1968 par l.U.E. sur ce terrain. Patrick Combes - Mai 68, les écrivains, la littérature (op. cité) - page 244. Toutefois, les relations entre le SELF et les éditeurs vont rapidement se dégrader. La volonté du syndicat d'apporter un autre regard sur la relation entre écrivain et maison d'édition, telle qu'elle est affirmée par Marie Cardinal lors du congrès de Berlin en 1977Marie Cardinal qui, au nom du SELF, a exposé devant le congrès de Berlin les difficultés auxquelles se heurtent les écrivains français, a expliqué en même temps comment les écrivains pourraient se soustraire à l'influence des grandes maisons d'édition en faisant eux-mêmes connaître au public les manuscrits refusés, par exemple dans le cadre d'une « bourse des manuscrits ». Il est regrettable que l'on puisse faire à ce sujet un rapprochement avec le Samizdat (mot signifiant littéralement « autopublié ») en URSS ainsi qu'avec la situation en Tchécoslovaquie Conseil de l'Europe / Assemblée parlementaire / vingt-neuvième session ordinaire / Documents 3984-4014 / Rapport sur la liberté d'expression et le rôle de l'écrivain en Europe (Rapporteur M. SCHWENCKE) - Doc. 4012 - 13 septembre 1977 - page 11 ne permet pas le maintien de ces relations. Finalement, le choix du SNE de limiter ses négociations à la SGDL en ne tenant pas compte du SELFOlivier Bessard-Banquy, La vie du livre contemporain : étude sur l'édition littéraire, 1975-2005, Presses universitaires de Bordeaux, 2009, , page 36. conduit ce dernier à rompre ses relations avec les représentants des éditeursLe Syndicat des écrivains rompt ses relations avec le Syndicat national de l'édition (Le Monde - 17 février 1977).

Activités Le SELF a pu prendre part à de nombreuses actions dès lors que les intérêts de ses membres, et plus largement des écrivains, lui semblent devoir être défendus : conférence sur les relations entre écrivains et éditeursM. Guénot (Syndicat des écrivains de langue française) a ensuite analysé les difficultés que connaissent les écrivains en proie au système de l'édition qui doit avant tout demeurer un appareil rentable : la floraison des « livres d'élevage » et des livres « de commande », « profilés » après étude de marché, et la misère de l'écrivain que la loi d'un système commercial où l'idéal est « une rotation rapide des stocks » contraint à des besognes ingrates et peu lucratives, ont été dénoncés avec un « lyrisme glacé », selon l'expression de M. Bouvaist, qui a souligné les similitudes entre la vente du livre et la vente d'un produit commercial quelconque (yaourt, camembert) et conclut en déplorant l'exiguïté du chiffre de l'édition consacré à la recherche : 6 %. Écrit et document : Conférence organisée par la Bibliothèque publique d'information, Paris, 13 mai 1981 - Compte-rendu dans le Bulletin de Bibliothèque de France - bbf 1981 - t. 26,