Pippin est une comédie musicale avec paroles et musiques de Stephen Schwartz et un livret de Roger O. Hirson. Bob Fosse, qui a mis en scène la production originale de Broadway, a également contribué au livret.

Argument

Acte 1 gauche|vignette|The Leading Player et sa troupe lors du numéro d'ouverture. La comédie musicale débute par l'intervention du Leading Player, une figure flamboyante mais ambiguë à la tête d'une troupe itinérante. La bande invite le public à assister à la représentation et brise ouvertement le quatrième mur (Magic to Do).

Ils commencent à narrer les tribulations d'un soi-disant acteur débutant, fils aîné et héritier du roi Charlemagne (dit Charles) : Pippin.

Le jeune homme arrive sur scène. Profondément idéaliste, voire candide, Pippin conte sa volonté de s’accomplir en tant que personne et d'enfin trouver un sens à sa vie (Corner of the Sky).

Après sa chanson, Pippin regagne le château de son père. Charles et Pippin peinent à s'entendre, d'autant qu'ils ont peu d'occasion de communiquer. Le fils et son géniteur sont constamment interrompus par des nobles, des soldats et des courtisans. Tous rivalisent pour attirer l'attention du roi (Welcome Home). Pippin croise également sa belle-mère Fastrada. Cette dernière, une marâtre rongée par l'ambition, tente d'imposer son fils Lewis. De fait, l'intéressé se révèle stupide et incompétent.

Charles et Lewis envisagent de se lancer prochainement dans la bataille contre les Wisigoths. Désireux de faire ses preuves, Pippin supplie son père de l'emmener comme soldat. Charles accepte à contrecœur et explique sa stratégie à ses hommes (War Is a Science). Mais Pippin, trop enthousiaste, l'interrompt à plusieurs reprises.

La bande du Leading Player narre la bataille à travers le chant et la danse (Manson Trio) ; en arrière-plan des images violentes défilent, incluant des démembrements (Glory). Finalement, Charles remporte la victoire. Avide de gloire, le roi mène son armée vers la prochaine bataille. Pour Pippin, ce succès est amer. Désillusionné, il discute cyniquement avec la tête tranchée d'un soldat ennemi. Il comprend le caractère vain de la guerre.

Le jeune homme prend alors la fuite à travers la campagne. Le Leading Player accompagne son voyage en vantant les plaisirs d'une vie libre et facile (Simple Joys). Le prince retrouve Berthe, sa grand-mère paternelle exilée par Fastrada. Berthe recommande à Pippin de ne pas s'inquiéter pour son avenir. Pour elle, son petit-fils doit profiter des plaisirs et du confort offerts par le moment présent (No Time at All). gauche|vignette|Pippin s'essaie au sexe sans amour, ce qui s’avérera un échec. Pippin s'emploie à suivre les conseils de sa grand-mère au pied de la lettre. Il s'adonne à des passe-temps plus légers, surtout charnels. Mais là encore, c'est un échec. Le jeune prince s'abîme dans des passades vides de sens et se lasse très vite de ces rencontres sans amour. Finalement, la chair le laisse sur un sentiment de profonde vacuité. Écœuré, il décide de congédier toutes ses maîtresses (With You).

Le Leading Player s'entretient alors avec Pippin, épuisé par ces multiples revers : il suggère au jeune prince de trouver un sens à son existence en luttant contre la tyrannie de son père. Pippin accepte et est ainsi érigé en chef des révolutionnaires.

De son côté, Fastrada apprend les ambitions de Pippin et en profite pour mettre à exécution ses sombres desseins. Dans tous les cas, la belle-mère est gagnante : si Pippin réussit à tuer Charlemagne, Lewis finira par devenir roi tôt ou tard et s'il échoue, son fils sera promu prince héritier. À ses yeux, Lewis héritera du trône quoi qu'il advienne.

Elle manipule Charlemagne pour qu'il se rende tôt à sa prière annuelle ; après quoi, elle informe Pippin que son père sera à la chapelle, sans arme (Spread a Little Sunshine). À la chapelle royale d'Arles, Pippin confronte le roi. Ce dernier justifie sa cruauté en affirmant que la paix et à la prospérité du royaume ne peuvent être obtenues qu'à ce prix. Face au mépris de son père, Pippin l'assassine. Le peuple s'incline devant son nouveau souverain, se réjouissant de la fin de la tyrannie (Morning Glow).

Le Leading Player annonce l'entracte et demande au public de se préparer à un final des plus passionnants.

Acte 2 Les débuts de Pippin en tant que monarque s'avèrent bénéfiques pour tous : il apporte la paix dans le pays en secourant les pauvres, en éliminant les impôts, en mettant l'armée au rebut et en réglant pacifiquement les différends avec les puissances étrangères. Cependant, sa vision bienveillante s'effondre rapidement. Très vite confronté à la réalité, Pippin est obligé de revenir sur ses idées idéalistes. Il s'impose alors via un règne tyrannique et réalise avec horreur qu'il devient comme son père.

À la demande de Pippin, le Leading Player fait revivre Charlemagne. Ce dernier reprend le trône et Pippin s'exile. Découragé, le jeune homme comprend qu'il n'a toujours pas trouvé un but à son existence.

Suivant les conseils du Leading Player (On the Right Track), il expérimente l'Art puis la religion. Mais ses quêtes s'avèrent toujours vaines. À bout, Pippin est terrassée par la dépression et s'effondre au sol.

La veuve propriétaire d'une ferme avoisinante, Catherine, le découvre dans la rue (And There He Was). Quand Pippin revient à lui, elle se présente (Kind of Woman). Le Leading Player assiste à leur rencontre : si Catherine est en réalité un membre de sa troupe, il est préoccupé par l'attirance réelle qu'éprouve la jeune femme pour Pippin. En effet, il considère chaque être comme l'un de ses protagonistes et refuse qu'on nuise à ses plans.

Catherine emploie Pippin sur son domaine. Ce nouveau travail est difficile. Le jeune prince se juge supérieur à de telles besognes (Extraordinary) mais finit par sincèrement se lier aux gens de la ferme. Un jour, il réconforte Theo, le fils de Catherine, très éprouvé par la maladie et la mort imminente de son animal de compagnie, un canard (Prayer for a Duck). Peu après, Pippin trouve lui-même du soutien auprès de Catherine et comprend qu'il n'est pas indifférent à la veuve (Love Song).

Cependant, au fil du temps, Pippin s'aperçoit qu'il se complaît dans cette monotonie et n'a toujours pas trouvé un sens à son quotidien. Il quitte le domaine pour poursuivre sa quête existentielle. Catherine a le cœur brisé et entonne spontanément une chanson qui n'était pas prévue dans le scénario (I Guess I'll Miss the Man). À la grande colère et à la surprise du Leading Player, ce dernier comprend que le personnage lui échappe.

Plus isolé que jamais, Pippin se retrouve assailli par le Leading Player et ses acolytes. La troupe est en quête d'un final éblouissant. À leur sens, le suicide de Pippin par le feu serait l'issue parfaite : ils le comparent au soleil, lui expliquent qu'il ne fera plus qu'un avec la flamme et finissent par le convaincre de sacrifier sa vie pour un bref instant de gloire. vignette|246x246px|Pippin finit par contrer le Leading Player. Juste au moment où il s'apprête à obtempérer, Pippin se rebiffe. Il se rend compte qu'il doit y avoir un autre choix que la mort. Catherine et Theo entrent, défiant la trame du Leading Player, et viennent se placer du côté de Pippin. Ce dernier chante pour Catherine, réalisant que son but n'a jamais été la magie ou le spectacle, mais plutôt de connaître enfin la joie d'une existence simple (Finale / Magic Shows and Miracles).

Le Leading Player est exaspéré par cette fin inattendue. Furieux, il annule le spectacle puis ordonne aux siens et à l'orchestre de faire leurs valises. Il ne reste finalement que Pippin, Catherine et Theo sur les planches. La scène, totalement vide, est dépouillée de ses décors, lumières et costumes. Abandonnée par la troupe, Catherine demande à Pippin ce qu'il ressent. Le prince déchu répond alors : .

Fin étendue Ignoré par la troupe et ne voulant pas se contenter d'une vie tranquille aux côtés de sa mère et Pippin, Theo reste seul sur scène. L'adolescent chante alors un couplet de Corner of the Sky. En entendant cette mélodie, le Leading Player et ses sbires reviennent (Magic to Do, reprise). Tous sont prêts à recommencer la pièce, Theo succédant à Pippin.

Note : La fin étendue de Pippin est surnommée The Theo Ending. Ce final implique que la crise existentielle au cœur de la pièce fait partie d'un cycle et qu'elle se poursuivra toujours. Ici, Theo prend symboliquement la place de Pippin dans les plans du Leading Player. The Theo Ending a été élaborée en 1998 par le metteur en scène et chorégraphe Mitch Sebastian. Elle figure depuis dans toutes les productions officielles, y compris lors de la reprise de Broadway courant 2013. Schwartz lui-même a exprimé sa préférence pour ce dénouement. Les moutures actuelles varient entre ces deux fins possibles.

Fiche technique Titre original : Pippin Livret : Roger O. Hirson et Bob Fosse Musiques et paroles : Stephen Schwartz Mise en scène : Bob Fosse Chorégraphie : Bob Fosse Nombre de représentations consécutives : Date de la première : à l'Imperial Theater Date de la dernière :

Numéros musicaux

Magic to Do – The Leading Player et l'Ensemble Corner of the Sky – Pippin Welcome Home – Charlemagne, Pippin War Is a Science – Charlemagne, Pippin et les soldats Glory – The Leading Player et l'Ensemble Simple Joys – The Leading Player et l'Ensemble No Time at All – Berthe et l'Ensemble With You – Pippin Spread a Little Sunshine – Fastrada et l'Ensemble Morning Glow – Pippin et l'Ensemble

On the Right Track – The Leading Player et Pippin And There He Was – Catherine Kind of Woman – Catherine et l'Ensemble Extraordinary – Pippin Prayer for a Duck – Pippin et Theo Love Song – Pippin et Catherine I Guess I'll Miss the Man – Catherine Finale/Magic Shows et Miracles – The Leading Player, Fastrada, Pippin et l'Ensemble Corner of the Sky (Reprise) – Theo

Conception

Genèse et inspirations Stephen Schwartz compose l'œuvre à la fin des années 1960 alors qu'il est encore étudiant à Pittsburgh. Après le succès de Godspell, il parvient à monter le projet sur Broadway. Roger O. Hirson rédige la trame. La mise en scène et la chorégraphie sont signées Bob Fosse, lequel a également influé sur le livret.

Le protagoniste Pippin et son père Charles sont inspirés de véritables figures du début du Moyen Âge : Pépin le Bossu est le fils illégitime de l'empereur Charlemagne. Fastrada, quatrième conjointe du roi des francs réputée pour sa cruauté, est également présente. La mère de Charlemagne, Berthe de Laon, figure aussi à la distribution. La conspiration de Pépin contre son père constitue l'un des rebondissements de l'intrigue. Toutefois, l'intrigue ne présente que très peu d'exactitudes historiques. Contrairement à son homologue historique, le Pippin fictif connaît un sort relativement clément (comme il le souligne lui-même lors du dénouement).

Thématiques Pippin est avant tout un conte philosophique et un récit d'apprentissage dans la veine de Candide.

La comédie musicale se déroule dans l'univers fantasmé d'une troupe de spectacle vivant, menée par l'énigmatique Leading Player. Elle suit l'histoire de Pippin, un jeune prince entreprenant un dangereux voyage pour trouver un sens à sa vie. Tour à tour, il découvre la guerre, la sexualité, la politique, le pouvoir, l'amour et, enfin, la valeur d'une existence ordinaire.vignette|336x336px|L'affiche vénézuélienne de Pippin met l'accent sur The Leading Player et son interprète, Ruthsy Fuentes.

Spécificités de la comédie musicale Pippin se distingue par sa forme très singulière : découpé en chapitres, chaque tableau évoque un spectacle de cirque victorien, associé à une touche de surréalisme et des effets de prestidigitation.