Un ru (n.m. pluriel rusVoir ru sur Wiktionary, également rial, rieu, rio, riots, rui, rau, rupt et plus rarement rûSi l'utilisation de la graphie rû est indéniable (cf. Historique de la Vallée d'Aoste par Jean-Baptiste de Tillier - voir le texte revu et annoté par Sylvain Lucat, Éditeur scientifique, 1887, p. 38), ni les raisons de l'apparition (), ni celles de la disparition (au , cf. Georges Carrel, La vallée de Valtornenche en 1867 (1868), ou encore la Pétition de la ville d'Aoste à la Chambre des Députés sur la péréquation de l'impôt foncier (1864)) de l'accent circonflexe n'ont été documentées du point de vue académique / scientifique.) est la dénomination hydrologique ancienneLa forme riu est la mention écrite la plus ancienne de France : vers 1165 par Chrétien de Troyes, in Guillaume d'Angleterre, éd. M. Wilmotte, 1765; A la même époque, vers 1180-90 ru par Alexandre de Paris, in Alexandre, I, 2395, Elliott Monographs, 37, p. 54); xiiies. voire régionale de petits ruisseaux aménagés par l'homme plus communément qualifiés de canal. Au figuré, il symbolise la modestie rius d'umilitécf https://www.cnrtl.fr/definition/ru .. Le mot ressurgit dans les toponymes.
Étymologie Le mot vient du latin « rivus », terme indiquant un ruisseau, un petit cours d'eau, ruisselet, qui a engendré d'autres termes en latin médiéval, comme « raza » (= fossé, canal), « rubina » (= canal de dérivation)Michel Prodel, Contribution à la toponymie de la Corrèze, 2020 - Les différentes appellations des petits cours d'eau dans la toponymie corrézienne.
Dénomination Ils portent généralement la dénomination plus commune de canaux, notamment dans le Briançonnais ou encore dans le Piémont, mais également des appellations régionales, comme celle de Waale dans le Haut-Adige, de bisses dans le Valais et de Flurbewässerung dans les Grisons.
En France, on trouve l'emploi du terme ru pour désigner un affluent normand de la Seine : le ravine du Hazey ou ru du Canal. De nombreux rus sont par ailleurs décrits en région Île-de-France, comme le ru de Gally, le ru de la Ménagerie ou le ru de Liesse.
Répartition en Vallée d'Aoste En Vallée d'Aoste, les rus ont historiquement alimenté l'économie au sens propre comme au sens figuré. Ils ont été construits entre le et le ayant pour fonction d'amener l'eau des ruisseaux de montagne aux terrains non autrement irrigables, et par conséquent incultivables. À ce titre, leur entretien était assuré par la corvée, contrôlée par un gardien des eaux, ou revé en patois valdôtain. Certains de ces ouvrages sont toujours en fonction de nos jours. Ceux qui ont été abandonnés sont dénommés rus morts, ou encore rus du pain perdu.
• Principaux rus de la Vallée d'Aoste
• Principaux rus abandonnés de la Vallée d'Aoste
Dans le bas Valtournenche, deux sont encore visibles : le premier, sur la droite orographique, pour irriguer les replats de Verrayes, le second, sur la gauche, traverse la colline de Châtillon.
Répartition en France vignette|200px|Signalétique usuelle des cours d'eau en France. Les systèmes hydrologiques de cours d'eau français comportent plusieurs rus, parmi lesquels: • pour la Seine
• pour la Bièvre
• pour le Loing
• pour la Marne
• pour l'Oise
Références
Bibliographie Claudine Remacle, Gestion sociale des risques naturels, Quart, éd. Musumeci, 2007. Claudio Filipponi, Les canaux d'irrigation alpins - Proposition pour un inventaire des rus en Vallée d'Aoste, Mémoire de thèse, Université de Lausanne, 2003. Massimo Florio Corvée versus money: Micro-history of the water infrastructure in the Alps: the Ru Courtaud 1393-2013. Les Rûs de l'Évancon (Val d'Aoste, Italie). Dr Hans R. von Fles: Les Rus de la Vallée d'Aoste.
Liens externes Le ru Courtod Le ru du pain perdu à Antey-Saint-André.
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