Lavr Gueorguievitch Kornilov (en ), né le à Oust-Kamenogorsk (Kazakhstan) et mort le à Ekaterinodar (Russie), est un général russe d'origine cosaque.
Promu général en 1916, il devient commandant en chef de l'armée russe en juillet 1917, alors que la Russie devenue une république (révolution de Février) est dirigée par le socialiste révolutionnaire Alexandre Kerenski. Considérant que le pays et l'armée sont en marche vers le chaos, Kornilov lance le 27 août 1917 un corps de cavalerie pour prendre le contrôle de Petrograd. Mais Kerenski réussit à redresser la situation avec l'appui du soviet de Petrograd (bolchevique) et Kornilov est arrêté.
Lorsque les bolcheviks s'emparent du pouvoir lors de la révolution d'Octobre, Kornilov s'évade et rejoint le général AlekseIev à Novotcherkassk (près de Rostov), où ils créent l'Armée des volontaires, une des premières armées blanches. Kornilov meurt en avril 1918 durant la première campagne du Kouban, menée contre l'Armée rouge de Trotski.
Biographie Origines familiales et formation Kornilov est un cosaque originaire du Kazakhstan ; son père étant officier de carrière dans l’armée impériale russe, il poursuit donc ses études au corps des cadets d'Omsk.
Carrière initiale : explorations en Asie centrale (1890-1904) Entre 1890 et 1904, il mène plusieurs missions d’exploration au Turkestan oriental, en Afghanistan et en Perse. Il apprend alors plusieurs langues d’Asie centrale.
Durant la guerre russo-japonaise (1904-1905) En , le lieutenant-colonel Kornilov est nommé à l’état-major général de Saint-Pétersbourg mais obtient rapidement sa mutation dans l’armée d’active. De à il sert en tant qu’officier (par la suite chef) d’état-major de la de fusiliers. Son baptême du feu a lieu lors de la bataille de Sandepu. En il couvre avec sa brigade la retraite des troupes russes de Moukden.
Encerclé par les Japonais dans le village de Vazye, Kornilov parvint par une attaque à la baïonnette à percer les lignes ennemies et à rejoindre en ordre, avec blessés et étendards, l’armée russe.
Il reçoit pour ses actions l’ordre de Saint-Georges, une arme de Saint-Georges, ainsi que le grade de colonel.
Il sert ensuite en Chine de 1907 à 1911.
Durant la Première Guerre mondiale vignette|Le général Kornilov et son état-major.
Au commencement de la Première Guerre mondiale, il est général-major dans la en Galicie sous les ordres d'Alexeï Broussilov. Dans ses mémoires, Broussilov le décrit comme fougueux et indiscipliné, notamment en , où une action intempestive de Kornilov conduit à la perte de et d'un matériel important face à une division de honveds austro-hongroise, soit le démantèlement d'une grosse partie de sa division. Il n'évite des sanctions importantes que sur intervention de son chef direct, le général Tsourikov, qui plaide sa cause auprès de Broussilov.
Rattaché à la , sa division est encerclée par les Austro-Hongrois qui le font prisonnier en .
S'évadant en , il est promu général d’infanterie, rejoint la et participe à l'offensive Broussilov.
Après la révolution de février 1917 Lors de la révolution de Février (calendrier julien, mars dans le calendrier grégorien), le tsar Nicolas II est renversée et la Russie devient une république.
Kornilov commande la zone militaire de Petrograd (la capitale) en .
Le , il autorise la création d’un régiment de volontaires, nommé par la suite le régiment d'assaut de Kornilov. Ce dernier s’illustre d’abord face aux Austro-Hongrois (et par la suite au côté des armées blanches durant la guerre civile russe).
En , après l'échec de l'offensive Kerenski, le gouvernement provisoire désigne Kornilov pour commander le front du Sud-Ouest puis pour succéder à Broussilov comme général en chef de l'armée russe.
Kornilov tente de restaurer la discipline dans l'armée. Mais il ne peut empêcher les Austro-Allemands de reprendre la Galicie orientale lors de l' ().
L'intervention du 27 août 1917 et l'arrestation de Kornilov
Kornilov décide alors d’intervenir dans la situation plus que chaotique de la Russie, persuadé que la défaite militaire et la révolution de Février entraînent la Russie dans le chaos.
Le chef du gouvernement provisoire, qui est alors Kerenski, semble le soutenir dans son action. Lorsqu’il se rend compte qu’il ne maîtrise plus la situation, Kerenski change de stratégie et s’adresse aussi aux gardes rouges bolcheviques.
Le 27 août, Kornilov, croyant à tort que le gouvernement provisoire est tombé sous le contrôle des bolcheviks, ordonne au du général Alexandre Krymov de marcher sur Petrograd pour y rétablir l'ordre en cas de coup de force bolchevique, ..
Mais Kerenski et le soviet de Petrograd réussissent à neutraliser les soldats envoyés par Kornilov, qui est démis de ses fonctions et arrêté, tandis que le général Krymov se suicide.
Avec ses partisans, notamment Anton Dénikine, Sergueï Markov et Ivan Romanovski, il est assigné à résidence à Bykhov (actuelle Biélorussie, oblast de Moguilev), sous la protection de sa garde personnelle turkmène.
Après la révolution d'octobre 1917 : chef de l'Armée des volontaires Lors de la révolution d'Octobre (novembre dans le calendrier grégorien), les bolcheviks (Lénine, Trotski) s'emparent du pouvoir à Petrograd, puis dans la plus grande partie de la Russie centrale (de Petrograd à Moscou).
Dans cette situation, les prisonniers décident de fuir en direction du Don. Ayant , Kornilov parvient à rejoindre le général Mikhail Alekseïev à Novotcherkassk (près de Rostov-sur-le-Don).
Ensemble, ils forment dès la fin de 1917 l’Armée des volontaires, Kornilov prenant les responsabilités militaires, Alekseïev s’occupant des affaires civiles. Il donne notamment l'ordre à ses troupes de ne pas faire de prisonniers.
En , l’armée, composée de quelques milliers d’anciens officiers de l’armée impériale, est forcée par l’Armée rouge à se retirer de Novotcherkassk et Rostov-sur-le-Don et entame alors sa première campagne du Kouban visant à rallier Ekaterinodar. La ville étant entretemps tombée aux mains de l'Armée rouge (créée en février 1918 par Trotski), les volontaires et leurs alliés cosaques tentent de la prendre d’assaut.
Mort (13 avril 1918) et funérailles Au cours de l’attaque de la ville, Lavr Kornilov est tué par un éclat d’obus dans son quartier général de campagne le .
.
Notes et références
Bibliographie Marina Grey et Jean Bourdier, Les Armées blanches, Paris, Éditions Stock, 1968.
Liens externes
Catégorie:Général russe Catégorie:Chef militaire de la Première Guerre mondiale Catégorie:Militaire russe de la Première Guerre mondiale Catégorie:Personnalité de la révolution russe Catégorie:Militaire blanc de la guerre civile russe Catégorie:Russe blanc Catégorie:Récipiendaire de l'ordre de Saint-Georges de 3e classe Catégorie:Récipiendaire de l'ordre de Saint-Georges de 4e classe Catégorie:Récipiendaire de l'ordre de Saint-Vladimir de 3e classe Catégorie:Récipiendaire de l'ordre de Sainte-Anne Catégorie:Récipiendaire de l'ordre de Saint-Stanislas (russe) Catégorie:Récipiendaire de la médaille de la première campagne du Kouban Catégorie:Naissance en août 1870 Catégorie:Naissance dans l'oblast de Semipalatinsk Catégorie:Naissance à Öskemen Catégorie:Décès en avril 1918 Catégorie:Décès à Ekaterinodar Catégorie:Décès à 47 ans Catégorie:Militaire russe mort au combat Catégorie:Militaire russe de la guerre russo-japonaise Catégorie:Exécution posthume