Jean Marie Noël Godefroy Calès, né le à Saint-Denis et mort le à Villefranche-de-Lauragais, est un médecin et homme politique français.

Biographie Godefroy Calès naît le à Saint-Denis dans une famille du sud-ouest de la France de tradition républicaine. Son père, Jean Calès (né à Caraman le , décédé à Mazamet le et marié à Marianne Louise Victorine Fournier, décédée le à Villefranche-de-Lauragais), est un médecin et un administrateur de la Haute-Garonne entre 1793 et 1794. Il est nommé plus tard, en 1799, médecin en chef de l’hôpital militaire de Saint-Denis (appelé alors hôpital militaire de Franciade) qui est placé à la révolution au sein de l'Abbatiale de Saint-Denis, où naît son fils Godefroy. Jean Calès remplit ensuite, de 1800 à 1804, les fonctions d'inspecteur-général des hôpitaux militairesvoir « Godefroi Calès », Biographie nationale des contemporains rédigée par une société de gens de lettres », sous la direction de M. Ernest Glaeser, Éditeurs: Glaeser et Cie, Paris (1878). . Domaine public. Identifier: ark:/12148/bpt6k5861239f. Source: Bibliothèque nationale de France, département Collections numérisées, 2008-232271. Disponible sur le site de Gallica: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5861239f/f91.item.r=Cales. Il était le frère cadetLa fratrie Calès était composée de:

1) Jean-Marie (16/10/1757-Cessales, † 13/04/1834-Liège), médecin et député. Sans descendance.

2) Jean (08/11/1764-Caraman, † 11/10/1840-Mazamet), médecin et inspecteur général des hôpitaux militaires, marié à Marianne Louise Victorine Fournier († 09/02/1744-Villefranche). Père de Godefroy Calès (1799-1868) et de Louis Denis Godefroy Calès (1800-?)

3) Jean-Louis, dit Figeac (19/12/1766, † 14/01/1850-Cessales), médecin, marié (en 1839, à ) à Paule Bonnet (née le 16/05/1783-Renneville). Sans descendance.

4) Jean-Chrysostôme (27/01/1769-Caraman, † 21/08/1853-Cessales), colonel et baron d’Empire. Sans descendance.

5) Jean Joseph Étienne Victorin (26/04/1772, † 16/06/1853-Cessales), officier militaire. Sans descendance.

6) Jean Joseph

7) Étienne, dit Petit (21/08/1773, † 22/01/1855-Cessales), célibataire sans profession. Sans descendance.

8) Jean

9) Marie Etiennette (?-Caraman, † 08/01/1849-Villefranche), mariée à Jean-Paul Pujol, notaire à Villefranche († 01/02/1840-Villefranche). Mère de Constantin Pujol († 1861) et de Marie Justine Pujol (1796-1894).

10) Marie Justine (?-Toulouse, † 05/09/1873-Villefranche), mariée à Constantin Pujol († 10/06/1844-Villefranche). Sans descendance. de Jean-Marie Calès (1757-1834), également médecin et député de la Haute-Garonne à la Convention Nationale et au Conseil des Cinq-Cents et le frère aîné de Jean-Chrysostôme Calès (1769-1853), colonel de la Grande-Armée, baron d'Empire et député à la Chambre des représentants. Leurs parents (les grands-parents de Godefroy), Jean Calès, échevin de Caraman, et Jeanne Rochas, étaient eux des propriétaires terriens de la région du Lauragais, près de Toulouse, issus de vieilles familles protestantes enracinées dans la région et converties au catholicisme après la révocation de l'édit de Nantes par le roi Louis XIV en 1685« Le Conventionnel Jean-Marie Calés (1757- 1834): du Lauragais à Liège. » par Pierre Arches, Actes des et Congrès nationaux des Soc. savantes, Avignon, 1990 et Chambéry, 1991, Section d'H. moderne et cont., T. II, (1992), ..

Le frère cadet de Godefroy, Louis Denis Godefroy (né en à Etain dans la Meuse), étudiant en médecine à Toulouse en 1821, puis professeur à Castres, se présente à la faculté de théologie protestante de Montauban créée en 1808 par décret impérial de Napoléon . Le consistoire protestant le nomme ensuite, le , pasteur à Viane dans le Tarn, où il officie jusqu'en in « Histoire du protestantisme dans l'Albigeois et le Lauragais, depuis la révocation de l'Edit de Nantes (1685) jusqu'à nos jours, par Camille Rabaud (président honoraire du consistoire de Castres, lauréat de l’académie française) » par Camille Rabaud (1898), Fischbacher, Libraire-éditeur, rue de Seine, 33, Paris. Domaine public. Source: Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-LD175-334. http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34054736v.gauche|vignette|Godefroy Calès (huile sur toile, auteur et date inconnus, collection privée)|314x314pxFidèle aux traditions de sa famille, Godefroy Calès suit à Montpellier les cours de la faculté de médecine et est reçu docteur en 1822. Établi à Villefranche-de-Lauragais, où il acquiert de bonne heure une certaine influence politique dans les milieux républicains, Calès est nommé, après la révolution de 1830, commandant de la garde nationale ; mais voyant que le gouvernement s'engage dans une voie qui n’est pas la sienne, il donne sa démission. Godefroy reste proche en effet, intellectuellement et politiquement, de son oncle Jean-Marie qui se trouve à Liège, car condamné à l'exil par les Bourbons comme régicide lors de la restauration. Une lettre de l'ancien conventionnel et député au conseil des Cinq-cents, adressée en 1833 depuis Liège à son neveu Godefroy, témoigne explicitement de la proximité de leurs convictions républicainesL'extrait de la lettre suivante (adressée de Liège le par Jean-Marie Calès à son neveu Godefroy) donne d’intéressants renseignements sur la vie qu’il mène en exil à Liège. On y voit que l’ancien conventionnel n’a pas, à l’exemple de tant de ses collègues, répudié ses principes démocratiques et républicains. « A Monsieur Calès, docteur en médecine, à Villefranche de Lauragais, par Toulouse, France. Mon cher ami. Ta lettre, pleine d’esprit et pétillante de gaieté, me fait le plus grand plaisir ; tu me rappelles les espiègleries de ma jeunesse dont je ne me repens pas ; elles m’ont fait rire autrefois, pourquoi me feraient- elles pleurer maintenant ? Je n’oublierai jamais qu’elles m’ont fait supporter sans peine la misère qui me talonnait sans cesse, qu’elles ont adouci les amertumes qu’entraîne avec soi l’exercice de la médecine, art divin en lui-même, mais détestable pour celui qui l’exerce. Le public mal instruit, des confrères ignorants, jaloux et envieux, donnent mille dégoûts au praticien instruit, je sais qu’on gagne là-dessus à tout cela ; mais on éprouve quelques angoisses qu’on supporte avec peine. Tu m’apprends qu’un noble vous a véxés [sic] parce que vous étiez mes parents : cela ne m’étonne nullement de sa part ; c’est une caste si basse, si mal instruite, qu’on ne peut attendre d’elle que les fruits de l’ignorance et du préjugé. Je suis sûr que ce drôle qui vous a véxés [sic], s’il a perdu sa place, est aussi plat aujourd’hui qu’il était arrogant alors. J’ai vu des nobles d’une autre volée, tels que les Béthune-Sully, les Lagrange, les Nivernais, les Rohan, s’honorer d’être en sentinelle à ma porte et me prodiguer les témoignages des sentiments les plus adulateurs portés jusqu’à la bassesse. Je te cite cela pour te prouver que ces nobles n’ont aucune noblesse et que tant que cette caste existera elle fera le malheur de la France. Je ne désire pas qu’on l’anéantisse, mais je voudrais qu’on la mit dans l’impuissance de nuire. Voici ma position à Liège. Après avoir habité Munich et Bâle, en Suisse, je suis venu à Liège, il y a quinze ans. Le commissaire de police Wassin m’a pris pour mon frère Chrysostôme [Jean-Chrysostôme Calès, N.D.A], avec lequel il avait servi, et m’a engagé de rester à Liège. Le dessein des Bourbons était de nous pousser en Sibérie et un asile assuré était alors un trésor. Je l’ai trouvé ici. Je me suis d’abord occupé de faire des thèses pour les candidats en médecine, ce qui m’a produit douze cents francs par an. Bientôt quelques cures, qui ont fait du bruit, m’ont attiré un nombre prodigieux de malades, mais n’étant pas médecin belge j’ai pris le parti de donner des consultations chez moi et j’ai refusé d’aller voir des malades que quand je serais appelé en consultation par les médecins, ce qui arrive quelquefois. Il n’y a pas de grands qui n’aient eu recours à moi et le public a suivi leur exemple, ce qui m’a donné de la considération. Comme j’oblige beaucoup de monde, tout le monde cherche à m’obliger. Tout ce que je fais est gratuit ; une vie sobre me met au-dessus du besoin et avec un petit revenu j’ai l’air d’un homme riche. Embrasse pour moi mes sœurs. L’aînée [Marie-Étiennette Pujol, née Calès, N.D.A.] a eu la première le courage de m’écrire avant la fin de mon exil. Je lui en sais gré. Justine [Marie-Justine Pujol, née Calès, N.D.A.], que j’ai laissée enfant, a eu toujours mon amitié. Je te remercie de m’avoir donné de ses nouvelles. [...] Tout à toi. Calés. Mille amitiés à ta femme [Léonie-Alphonsine-Zulmée Calès, née Metgé, N.D.A.], dont tu ne parles pas et à ton petit garçon [Jean-Jules-Godefroy Calès, né en 1828, alors âgé de en 1833. N.D.A]. » (in La Révolution Française, revue Historique dirigée par Auguste Dide, Tome X, janvier-juin 1886, Paris, Charavray frères, éditeurs. Disponible dur le site d'Archive.org, : https://archive.org/details/larvolutionfra10sociuoft. Resté cependant membre du conseil municipal de Villefranche, Godefroy y proclame la république lors de la révolution de février 1848 et prend en main l'administration de la ville.

Un médecin précurseur des études sur la pellagre Le docteur Calès est l’un des premiers médecins qui identifient la pellagre en France, et ce dès 1822« Quelle est l'époque où la pellagre a fait le plus de victimes dans le sud-ouest de la France? Les détails manquaient pour répondre à cette question en 1845. Le plus ancien témoignage que j'eusse recueilli était celui de M. Gaultier de Claubry, qui assurait en avoir observé un cas dans les Landes en 1809. « Ce n'est, disais-je, qu'en 1829, que M. Hameau a signalé le Mal de la Teste, qu'il observait depuis 1818. Ce n'est qu'en 1845 que nous avons été instruits de l'existence du mal dans les départements de la Haute-Garonne et de l'Aude où MM. Calés et Roussilhe l'observent depuis vingt-trois ans [1822, N.D.A.]. » : Chapitre: Étiologie, in Traité de la pellagre et des pseudo-pellagres ("Ouvrage couronné par l'Institut de France, Académie des Sciences, séance du 6 février 1865"), par Théophile Roussel, ed. JB Baillière et fils; 1866. Domaine public. Lire sur le site d'Archive.org; https://archive.org/stream/traitdelapella00rous#page/424/mode/2up, dans le Lauragais, aux côtés des docteurs Jean Hameau (Landes) et Roussilhe (Aude). Cette maladie, devenue rare de nos jours dans les pays développés, est principalement due à la malnutrition et se manifeste par des dermatites, diarrhées et, dans les cas les plus graves, par des démences. En absence de traitement, l'issue est la mort. Elle atteint les populations pauvres dont l'alimentation contient peu de tryptophane et de Vitamine B3 (Niacine, Vitamine PP), comme dans le cas des régimes à base de maïs non nixtamalisé.

Les observations et travaux de Godefroy Calès réalisés à Villefranche-de-Lauragais servent de fondation aux travaux ultérieurs du médecin, philanthrope et homme politique Théophile Roussel (de l’académie de médecine) qui contribuera à faire connaître la maladie en France, par la publication en 1845 de son De la pellagreDe la pellagre Théophile Roussel, [Thèse de Médecine, Paris, 1845], Paris, Imp. Rignoux, 1845., mais surtout par la deuxième édition augmentée du Traité de la pellagre et des pseudo-pellagresTraité de la pellagre et des pseudo-pellagres ("Ouvrage couronné par l'Institut de France, Académie des Sciences séance du 6 février 1865"), par Théophile Roussel, ed. JB Baillière et fils; 1866. Domaine public. Lire sur le site d'Archive.org: https://archive.org/details/traitdelapella00rous publié en 1866. L'importance des travaux de Roussel se trouve également dans l'action continue du philanthrope auprès des autorités sanitaires afin d'éradiquer la pellagre« The History of Tropical Neurology: Nutritional Disorders », G. W. Bruyn, Charles M. Poser, dans Science History Publications/USA, 2003. En anglais..