L’église Saint-Julien de Vimenet est une église romane au clocher à peigne du Moyen Âge, sise à Vimenet, dans le territoire de Rodez, en Aveyron.

Histoire

Les visites pastorales successives et quelques correspondances des curés nous donnent des informations sur son état et sur les réparations à prévoir.

Moyen Âge Des restes d’un premier édifice dateraient du . Elle fut remaniée au cours des siècles. En 1357, elle est reconnue par Huc de Gambares pour le luminaire de l’Église puis, en 1387 .

En 1447, l’église n’est pas en bon état. Le mur inférieur est en partie écroulé et elle menace ruine.

Renaissance En 1526 : l’église menace ruine et doit être reconstruite. En 1548 est fondée par Pierre Costy d’Aguès (famille ancienne de bourgeois, juge, consul…) une chapelle dévolue à saint Pierre (à droite en regardant le chœur) et d’un obit dans l’église.

La quittance de noble de Garceval pour le bassin des âmes du Purgatoire apparaît en 1556.

Époque moderne L’église est réparée en 1610 par un maître maçon de Vimenet à la suite des pillages des guerres de Religion (voir les extraits).

Il y a en 1668 six autels dans l’église dont trois sont inconnusvoir extraits. L’église est jugée trop petite en 1721 et il conviendrait ainsi de l’agrandir.

Il y avait en 1738 cinq chapelles et détail des objets dans l’église. En 1742, des travaux d’agrandissement sont effectués dans l’église mais en 1748, le mauvais état de l’église et de ses ornements est constaté.

En 1771, il est constaté que l’église est en bon état, mais très mal bâtie.

Époque contemporaine Le , il est notifié dans une délibération de la communauté de Vimenet : .

En 1866, la paroisse de Vimenet comptait plus de fidèles. L’église vétuste ne pouvant accueillir que 500 personnes, fut agrandie. De 1866 à 1869, l’ensemble de la nef fut reconstruit avec adjonction de bas-côtés. En 1967, une dernière restauration intérieure a été effectuée.

Contexte topographique

L’église se trouve au cœur d’un ensemble fortifié.

Sur l'œuvre La vue figurée du Sévéraguès créée en 1504 sur parchemin, est représentée l’enceinte du « fort » de Vimenet avec les deux portes fortifiées et ses tours d’angle ; à gauche, on aperçoit le quartier de la « Gardette », et à droite quelques maisons en direction de « Peyrelevade ». L’église est représentée au centre avec son clocher et trois travées ainsi qu’un puissant clocher avec son porche tourné vers la rue menant à la porte fortifiée.

Le plan cadastral de 1826 montre encore le quadrilatère bien marqué du fort et ses deux tours d’angle. Il existait, peut-être avant le milieu du , un ancien espace fortifié plus réduit au sein de l’enceinte actuelle. En effet, sur ce plan, l’église est rattachée par la sacristie à une série de corps de bâtiments aujourd’hui disparus.

Contexte religieux

En 1408, Estienne Costy fait reconnaissance au chapitre des revenus du prieuré. En 1447 et en 1463, Pierre Costy est operarii (marguillier) de l’église.

L’église menace ruine en 1526, une refonte de l’une des cloches (18 quintaux) est effectuée par Ambec Gely fondeur et « campanhier ».

Entre 1546 et 1560, Jean Costy est prêtre de la fraternité des prêtres de la paroisse. En 1548 un obit est fondé par Pierre Costy , pour 100 livres tournois.

Barthélémy Blanchet est prêtre recteur du lieu avec François Argentier, prêtre de 1608 à 1610. En 1636, le curé Julien Tassier de l’église Saint-Julien du lieu de Vimenet perçoit une pension de 16 cestiers de froment, .

En 1638-1639, Anthoine Jouany, prêtre et recteur de Vimenet, perçoit le droit de dîme et de . Le , le recteur fait part à la communauté de .

Extraits de textes

L’église du 14 mai 1610 Le prix fait de l’église du L’église en 1610, selon les extraits selon : ADA : 3 G 551 F :

Visite pastorale de 1668 Visite pastorale de Vimenet par l’évêque Gabriel de Paulmy, évêque de Rodez en 1668 (Selon ADA : G 108 ; fol 44).

Visite du 14 septembre 1748 Visite par M. Alexis Sigaud de Saint Amans de Varès, vicaire forain le (extraits).

Retable

Documents évoquant le retable La visite pastorale de 1778 nous indique qu’il y avait 1212 habitants à Vimenet. Elle nous apprend que la paroisse comptait trois confréries : celle du Saint-Sacrement; celle du Saint-Rosaire ; celle du Sacré-Cœur. Plus trois autres dont on ignorait la date de l’établissement : celle de Saint-Eutrope, celle du Tiers-Ordre et celle de Saint-Dominique.

Après la Révolution, l’inventaire des biens nationaux effectué le 28 floréal an X () ne fait ni mention de ce retable, ni des autres mobiliers. Il concernait les effets, vases, ornements, cloches et autres meubles présents dans l’église.

Lors de la reconstruction de l’église, des retables sont mentionnés en 1869 par l’abbé de la paroisse J.-F.-R. Gral.

L’inventaire du , à la suite de la loi de 1905, stipulant la laïcité et la séparation de l’Église et de l’État, mentionne tous les objets présents dans l’église. Cet état répertorie quatre retables. Le seul qui nous soit parvenu est désigné comme suit : .

Il a été inscrit en 1995 sur l’inventaire supplémentaire à la liste des objets mobiliers classés parmi les monuments historiques.

Descriptif Ce retable est un tableau d’autel, en bois, avec des décors sculptés et peints en polychromies et dorés. Il est un réemploi d’un retable plus grand, datant vraisemblablement du . Les éléments ont été coupés et ajustés pour recréer un ensemble cohérent. Il se compose de quatre éléments : la prédelle, le panneau central, les ailerons latéraux et le couronnement. La partie principale, le panneau central, représente à gauche saint Eutrope et à droite saint Roch.

Saint Eutrope, en habit épiscopal, premier évêque et martyr de Saintes vers le , patron des tisserands avec, sous ses pieds une navette, montre l’importance de cet artisanat dans le village.

Saint Roch en habit de pèlerin, personnage né à Montpellier vers 1340, et qui mourut en Italie vers 1376-1379 ; celui-ci est invoqué contre la peste. À ses pieds un angelot montre le bubon, symptôme caractéristique de la peste bubonique. Il est aussi le patron des maçons et sous ses pieds sont représentés leurs attributs : le compas et l’équerre. Un dais surplombe les deux saints

La prédelle : frise inférieure du tableau du retable, sert de support au panneau principal. Elle est divisée en petits panneaux. Sur les côtés deux niches, qui devaient abriter des statuettes et au centre un tabernacle, réemploi du . De part et d’autre du tableau central, les ailerons. Les ailerons et le couronnement jouent un rôle important dans l’équilibre de l’ensemble et dans la mise en perspective.

Interprétation Aux la filière textile était bien présente à Vimenet. Un recensement de 1771 indique que la paroisse comprenait environ 90 tisserands ou maîtres tisserands, chefs de famille (près de 450 personnes). La filière textile comptait aussi dès 1685, de multiples tisserands, fileuses, cardeurs et peigneurs de laine, des tailleurs (d’habits), avant que les draps ne soient parés au moulin Parayre, puis transportés par des voituriers ou de nombreux muletiers (dits coutals) dans la cité textile de Saint-Geniez-d’Olt. La confrérie de Saint-Eutrope, liée à la filière textile, existait encore en 1914.

À la Révolution, la municipalité demande de faire construire un pont à Saint-Martin-de-Lenne car .

On trouve aussi dans les archives de nombreux maçons et maîtres maçons de Vimenet fort réputés, ainsi que des artisans et apprentis du bâtiment en relation avec les grands travaux de construction du château de Sévérac du puissant seigneur Louis d’Arpajon, mais aussi la prestigieuse restauration de l’évêché de Rodez en 1622 sous la direction d’un Vimenetois.

Ce retable, sûrement un don de l’action commune des confréries de tisserands et de maçons, est caractéristique de la vie et de l’artisanat du village, comme témoignage de leurs engagements professionnel et religieux. Il est donc le seul et unique vestige du patrimoine artisanal de Vimenet avant la Révolution. Son histoire et celle du village sont liées. De par sa symbolique, il raconte, telle une bande dessinée, une partie de la rude vie de nos ancêtres.

Bibliographie

, réédité en 1921 par imprimerie Carrière

Documents

Archives du château de Vezins Vimenet : archives paroissiales : Registre des baptêmes, mariages et sépultures de Vimenet (vers 1684 -1688), (retrouvé dernièrement au presbytère ; en voie de numérisation). 20 registres de baptêmes mariages et sépultures (1856 à 1956). Livre de paroisse de 1869 à 1963 (avec lacunes). Registre de la fabrique. Liber status Animarum et registre de paroisse à partir de 1932. Mairie : plan de l’église.

Notes et références

Liens externes

Saint-Julien, Vimenet Vimenet