Le 10 000 mètres masculin fait partie des épreuves inscrites au programme des premiers championnats du monde d'athlétisme, en 1983, à Helsinki. L'épreuve féminine fait son apparition dès l'édition suivante, en 1987 à Rome.

Avec quatre médailles d'or remportées, les Éthiopiens Haile Gebrselassie et Kenenisa Bekele sont les athlètes les plus titrés dans cette épreuve. Leur compatriote Tirunesh Dibaba, avec trois titres, détient quant à elle le record de victoires féminines.

Les records des championnats du monde appartiennent, chez les hommes à Kenenisa Bekele, auteur de lors des championnats du monde de 2009 à Berlin, et à sa compatriote Berhane Adere chez les femmes, qui établit le temps de lors des mondiaux 2003.

Éditions + Années 83 87 91 93 95 97 99 01 03 05 07 09 11 13 15 17 19 22 2325TotalHommes X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X 20Femmes X X X X X X X X X X X X X X X X X X X 19

Hommes Historique

1983-1995

Lors des championnats du monde de 1983 à Helsinki, l'Italien Alberto Cova réédite se performance des championnats d'Europe de 1982 en devançant de nouveau au finish l'Est-Allemand Werner Schildhauer. Cova l'emporte en , devant Schildhauer () et l'autre Est-allemand Hansjörg Kunze (). Les Portugais Carlos Lopes et Fernando Mamede, qui figuraient parmi les favoris au titre, se classent respectivement et de la finale.

Quatre ans plus tard, aux mondiaux de Rome, le Kényan Paul Kipkoech surclasse ses adversaires en réalisant une deuxième partie de course en pour s'imposer finalement en , nouveau record des championnats du monde. L'Italien Francesco Panetta, médaillé d'argent, termine à près de dix secondes du Kényan, devant Hansjörg Kunze qui obtient sa deuxième médaille de bronze consécutive. Le champion du monde et champion olympique en titre Alberto Cova ne participe pas à ces championnats.

En 1991 à Tokyo, le Kényan Moses Tanui l'emporte dans le temps de , devançant dans les derniers mètres de la course son compatriote Richard Chelimo (), auteur quelques semaines plus tôt de la meilleure performance mondiale de l'année. Le Marocain Khalid Skah, champion du monde de cross-country cette même année, réduit l'écart sur les deux athlètes échappés mais s'adjuge finalement la médaille de bronze en .

Lors des championnats du monde de 1993, à Stuttgart, Richard Chelimo figure parmi les favoris au titre, et ce en l'absence de son compatriote Yobes Ondieki qui lui a ravi le record du monde quelques jours auparavant. Mais c'est finalement le jeune éthiopien Haile Gebrselassie, champion du monde junior du et du en 1992, qui s'impose au sprint en , devant le tenant du titre Moses Tanui (), Richard Chelimo obtenant la médaille de bronze en . À l’entame du dernier tour, Gebrselassie marche sur le talon de Tanui, obligeant le Kényan à courir avec une seule chaussure durant les 400 derniers mètres.

En 1995 à Göteborg, le Kényan Josephat Machuka se distingue lors des séries en établissant un nouveau record des championnats du monde en . Trois jours plus tard, en finale, quatre athlètes sont en tête à de l'arrivée : le tenant du titre Haile Gebrselassie, nouveau détenteur du record du monde, son compatriote Paul Tergat, champion du monde de cross, et les deux Marocains Khalid Skah et Salah Hissou. À de l'arrivée, Gebrselassie lance une nouvelle attaque et s'impose en , signant un nouveau record des championnats du monde et décrochant son deuxième titre mondial consécutif. Khalid Skah est deuxième en et Paul Tergat troisième en , devançant au millième de seconde Salah Hissou. Josephat Machuka termine à la place en .

1997-2005

Haile Gebrselassie, qui a remporté le titre olympique en 1996 et qui a porté le record du monde à quelques jours auparavant à Hengelo, est le grand favori des championnats du monde 1997. À Athènes, l’Éthiopien remporte aisément son troisième titre mondial consécutif en après avoir effectué une accélération et s'être détaché de ses concurrents peu avant le dernier tour. Paul Tergat se classe deuxième en et Salah Hissou troisième en , podium identique à celui des Jeux olympiques de 1996.

Lors des championnats du monde 1999 à Séville, Haile Gebrselassie réussit l'exploit de décrocher un quatrième titre mondial consécutif sur . Figurant parmi les 5 athlètes en tête de la course à l’entame du dernier tour, il porte une accélération dans la ligne opposée et parvient à devancer progressivement tous ses adversaires. Il franchit la ligne dans le temps de , devant Paul Tergat, de nouveau médaillé d'argent en , et son compatriote éthiopien Assefa Mezgebu, troisième en .

Haile Gebrselassie, champion olympique à Sydney un an plus tôt, mais qui revient de blessure après avoir notamment subi une opération du Tendon d'Achille fin 2020, ne figure pas parmi les favoris des championnats du monde 2001. La victoire revient au Kényan Charles Kamathi qui devance de justesse en Assefa Mezgebu (), Gebrselassie devant se contenter de la médaille de bronze en . Charles Kamathi décroche le premier titre kényan sur cette distance depuis Moses Tanui, titré en 1991.

Deux ans plus tard, aux championnats du monde 2003 se déroulant au Stade de France, l'Éthiopien Kenenisa Bekele remporte à 21 ans son premier succès international majeur. A la lutte avec Haile Gebrselassie jusqu'aux dernier mètres de la course, il le devance sur la ligne d'arrivée en établissant un nouveau record des championnats du monde en , devenant le premier athlète à descendre sous les 27 minutes dans cette compétition. Gebrselassie obtient la médaille d'argent en et précède le troisième éthiopien de la finale, Sileshi Sihine, médaillé de bronze en . Le Qatarien Ahmad Hassan Abdullah, qui termine au pied du podium, établit un nouveau record d'Asie en alors que le tenant du titre Charles Kamathi se classe en .

Champion olympique du en 2004 à Athènes, et désormais détenteur du record du monde, Kenenisa Bekele confirme son statut de favori en décrochant son deuxième titre mondial consécutif sur cette distance à l'occasion des mondiaux d'Helsinki de 2005. Après avoir porté une accélération dans les 200 derniers mètres , il établit le temps de et s'impose devant Sileshi Sihine () et le Kényan Moses Mosop (). Haile Gebrselassie ne participe pas à l'épreuve, préférant se consacrer désormais aux courses sur route.

2007-2015

En 2007, lors des championnats du monde d'Osaka, Kenenisa Bekele s'adjuge son troisième titre mondial d'affilée en , devançant de près de quatre secondes Sileshi Sihine () qui obtient sa deuxième médaille d'argent mondiale consécutive, et de près de sept secondes le Kényan Martin Mathathi ()..

Deux ans plus tard, à Berlin à l'occasion des championnats du monde 2009, Kenenisa Bekele confirme son statut de favori après avoir notamment remporté le titre olympique du un an plus tôt à Pékin. Comme à Osaka, il s'impose avec une large avance sur ses adversaires. En , il établit un nouveau record des championnats du monde et devance de près de quatre secondes l'Érythréen Zersenay Tadesse et de près de onze secondes le Kényan Moses Ndiema Masai, qui descendent également sous les 27 minutes en respectivement et . Avec quatre titres mondiaux consécutifs, il rejoint son compatriote Haile Gebrselassie au palmarès des athlètes les plus titrés dans cette épreuve.

Aux Mondiaux 2011 à Daegu, l'Éthiopien Ibrahim Jeilan décroche la médaille d'or en s'imposant au sprint en devant le Britannique Mohamed Farah () et un l'autre éthiopien Imane Merga () . Kenenisa Bekele, quadruple champion du monde en titre, abandonne peu avant le kilomètre.

En 2013, lors des championnats du monde de Moscou, Mohamed Farah remporte le titre mondial du 10 000 m en établissant son meilleur temps de l'année . Il devance au sprint Ibrahim Jeilan () qui l'avait dominé sur cette même distance deux ans plus tôt à Daegu, et le Kényan Paul Tanui, troisième en .

Lors des championnats du monde 2015, à Pékin, Mohamed Farah remporte son deuxième titre mondial consécutif sur 10 000 m en s'imposant dans le temps de , devant les Kényans Geoffrey Kipsang Kamworor () et Paul Tanui (), après avoir été bousculé deux fois dans la course .

Depuis 2017

Mohamed Farah, champion olympique l'année précédente à Rio de Janeiro, remporte un titre mondial consécutif sur 10 000 m lors des championnats du monde 2017 de Londres, devant son public, où il signe au passage la meilleure performance mondiale de la saison, en . Il devance l'Ougandais Joshua Cheptegei () et Paul Tanui () qui décroche sa troisième médaille de bronze consécutive dans cette épreuve . Il s'agit de la dernière participation du Britannique aux mondiaux d'athlétisme sur piste, Mo Farah préférant se consacrer désormais aux épreuves sur route.

En 2019, Joshua Cheptegei devient champion du monde du 10 000 mètres à Doha en (meilleure performance mondiale de l'année) en devançant l'Éthiopien Yomif Kejelcha (, record personnel) et le Kényan Rhonex Kipruto () dans une course très rapide où six athlètes descendent sous la barre des 27 minutes . Le Canadien Mohammed Ahmed, sixième, établit un nouveau record national, tout comme l'Italien Yemaneberhan Crippa, .

Pour sa deuxième course de la saison, Joshua Cheptegei, détenteur du record du monde depuis 2020, remporte le 10 000 mètres masculin des championnats du monde 2022 à Eugene, décrochant ainsi son deuxième titre mondial consécutif sur cette distance en . Il devance devant le Kényan Stanley Waithaka Mburu () et l'autre ougandais Jacob Kiplimo (), détenteur du record du monde du semi-marathon, tandis que l’Éthiopien Selemon Barega, champion olympique du un an plus tôt à Tokyo, se classe de la finale .

Lors des championnats du monde 2023 à Budapest, Joshua Cheptegei remporte pour la troisième fois consécutive le titre du , devant Daniel Ebenyo et Selemon Barega. Il rejoint Mohamed Farah au palmarès de l'épreuve, se situant désormais à une marche des Éthiopiens Haile Gebrselassie et Kenenisa Bekele, titrés à quatre reprises.

Lors des championnats du monde 2025 à Tokyo, Jimmy Gressier, qui n'avait jamais remporté de titre international sur la distance, devient le premier champion du monde français sur la distance, le premier européen depuis Mo Farah en 2017, et le premier athlète né en Europe depuis Alberto Cova en 1983. Avec Andreas Almgren médaillé de bronze, c'est la première fois depuis 1987 que deux athlètes non-africains sont sur le podium.

Palmarès 1983 Alberto Cova Werner Schildhauer Hansjörg Kunze 1987 Paul Kipkoech Francesco Panetta Hansjörg Kunze 1991 Moses Tanui Richard Chelimo Khalid Skah 1993 Haile Gebrselassie Moses Tanui Richard Chelimo 1995 Haile Gebrselassie Khalid Skah Paul Tergat 1997 Haile Gebrselassie Paul Tergat Salah Hissou 1999 Haile Gebrselassie Paul Tergat Assefa Mezgebu 2001 Charles Kamathi Assefa Mezgebu Haile Gebrselassie 2003 Kenenisa Bekele Haile Gebrselassie Sileshi Sihine 2005 Kenenisa Bekele Sileshi Sihine Moses Mosop 2007 Kenenisa Bekele Sileshi Sihine Martin Mathathi 2009 Kenenisa Bekele Zersenay Tadese Moses Ndiema Masai 2011 Ibrahim Jeilan Mohamed Farah Imane Merga 2013 Mohamed Farah Ibrahim Jeilan Paul Tanui 2015 Mohamed Farah Geoffrey Kipsang Kamworor Paul Tanui 2017 Mohamed Farah Joshua Cheptegei Paul Tanui 2019 Joshua Cheptegei Yomif Kejelcha Rhonex Kipruto 2022 Joshua Cheptegei Stanley Waithaka Mburu Jacob Kiplimo 2023 Joshua Cheptegei Daniel Ebenyo Selemon Barega 2025 Jimmy Gressier Yomif Kejelcha Andreas Almgren

Multiples médaillés