369x369px|vignette|droite|Figure 1: Un clavier utilisant la disposition CAN/CSA Z243.200, niveau de conformité B (groupes 1 et 2a). Le standard SGQRI-001 comprend également la ligature Œ avec la lettre E.

La norme nationale canadienne de disposition des touches des claviers informatiques pour l’anglais et le français CAN/CSA Z243.200, intitulée Claviers canadiens pour le français et l'anglais, a été publiée en 1992 par l’Association canadienne de normalisation. Elle définit une disposition de type QWERTY destinée à faciliter la saisie de l’ensemble des caractères couramment requis pour l'écriture du français et de l'anglais, notamment les lettres diacritées.

Les claviers utilisant cette disposition sont désignés par divers appellations, notamment clavier CSA, clavier ACNOR, clavier canadien multilingue ou clavier canadien standard. La variante utilisée dans la fonction publique québécoise (SGQRI-001) est également appelée clavier normalisé, clavier québécois ou clavier LaBonté..

Objet et portée de la norme La norme s'intéresse à la disposition des caractères sur la partie alphanumérique du clavier à 48 touches et à 47 touches, dans la deuxième édition de 1992. Elle est l'aboutissement d'expérimentations ayant eu cours durant deux ans, afin de réviser la norme préliminaire de 1988. La norme canadienne CAN CSA Z243.200-92 énonce un certain nombre d'exigences relatives aux claviers d'ordinateur au Canada. Elle est composée d'une disposition de base, facilitant la saisie de caractères fréquemment utilisés au Canada et permettant d'écrire dans les deux langues officielles. Une disposition complémentaire est également normalisée. Celle-ci, combinée à la disposition de base, permet d'étendre le support aux caractères de l'Alphabet latin défini par la norme d'encodage à 1 octet ISO/CEI 8859-1, en incluant les caractères du groupe 2a ou de l'Alphabet latin défini par la norme d'encodage ISO/CEI 6937, par l'ajout des caractères du groupe 2a et 2b. Elle est en outre conforme aux parties 1, 2 et 3 et 7 de la norme ISO/CEI 9995.

La norme ne vise pas à déterminer ou choisir un jeu de caractères codés ou un quelconque protocole de communication particulier. De plus, elle ne traite pas des éléments suivants :

a) méthode ou mécanisme d'affichage;

b) les aspects techniques fonctionnels de sa mise en œuvre;

c) les fontes et polices de caractère;

d) l'emplacement et la représentation des symboles graphiques sur les touches;

e) la forme, la dimension et la couleur des touches de saisie sur le clavier

f) le mécanisme de saisie des caractères de commande.

Principes généraux du clavier normalisé La norme a subi quelques évolutions, mais demeure axée sur le principe de l’élimination des touches mortes dans la mesure du possible; par exemple, le signe diacritique cédille des claviers français canadiens (IBM ID-058) a été remplacée dans le groupe primaire par une touche permettant de taper directement un c cédille , puisque c’est la seule lettre en français avec ce signe diacritique. On peut se passer complètement de l'accent grave puisque les trois seules lettres françaises qui les utilisent sont le À/à, le È/è et le Ù/ù, accessibles directement en minuscule et en majuscule avec ce clavier. Le signe diacritique accent grave demeure cependant présent dans la disposition de base (groupe primaire), afin de taper les caractères Ù/ù sur un clavier 47 touches qui ne contient pas de touche à gauche de la touche Z (B01). La lettre majuscule latine e accent aigu ‹ É › et la lettre minuscule latine e accent aigu ‹ é › présents dans la disposition IBM ID-058, par une saisie directe, sans recourir au signe diacritique accent aigu, sont reconduits dans le clavier normalisé.alt=Clavier normalisé pour le français et l'anglais (Canada)|vignette|517x517px|Figure 2 : Disposition des touches du clavier informatique canadien pour le français et l’anglais (CAN/CSA Z243.200-92). Les caractères au niveau 3 sont représentés en rouge et les caractères du groupe secondaire (2a et 2b) sont étiquetés en bleu. Les caractères du niveau 1 et 2 présents dans le groupe primaire sont représentés en noir. Dans la norme canadienne, il y a 3 niveaux dans le groupe primaire et 2 niveaux dans le groupe secondaire.La Figure 2 permet de mieux visualiser les caractères qui peuvent être activés dans le groupe primaire avec la touche de sélection du niveau 3 , représentée en rouge avec deux flèches superposées, à la manière d'un sapin de Noël. La saisie du chevron droit sur la touche B09 est un exemple de caractère. Le caractère (point milieu), situé dans le groupe secondaire, au premier niveau, s'active par la touche de sélection du groupe 2 , représentée par une flèche bleue pointant vers la droite. La combinaison de la touche de sélection du groupe 2 avec celle de sélection du niveau 2 , représentée par une flèche noire, permet la saisie du symbole division . L'activation de la touche de sélection du niveau 2 permet la saisie du guillemet double droit dans le groupe primaire. Finalement, pour saisir directement un caractère dans le groupe primaire (groupe 1) au niveau 1, il suffit de taper directement la touche, par exemple (point), toujours sur la touche B09. +Représentation du niveau et du groupe sur un clavier normalisé CAN/CSA Z243.200:92 sur la touche B09Groupe 1Groupe 2 Niveau 2 (Shift) "÷Niveau 1. (point)· (point médian)Niveau 3 (AltGr) >Notes : Le groupe primaire est composé de trois niveaux alors que le groupe secondaire en contient deux seulement, pour une possibilité maximale de cinq (5) combinaisons par touche. Historique et contexte CAN/CSA Z243.200:F92 succède à une norme préliminaire publiée en 1988. Cette dernière repose sur les travaux ayant mené à l'élaboration de la norme CSA/CAN3-Z243.19-85 sur la disposition des touches des machines à écrire utilisées pour le français et l'anglais. La conception de ce clavier est l’œuvre d’Alain LaBonté, informaticien-conseil au gouvernement du Québec, aussi auteur de différents ouvrages qui ont contribué à faciliter l’usage international du français en informatique.

D'après Alain LaBonté, certains choix d'emplacement de caractères sur les touches, non optimaux, ne respectent pas le concept original. Par exemple, dans la version définitive de la norme, le gouvernement du Canada avait négocié un compromis à huis clos avec le gouvernement du Québec, pour que certaines touches du clavier français canadien IBM ID-058 soient reconduites dans la norme canadienne , ce qui est un inconvénient remarquable en français, inconvénient que toutes les dispositions de claviers francophones implantées au Canada ont en commun. En contrepartie, il a été convenu que l’on ne toucherait pas au concept général élaboré par . On a également fait la promesse que ce clavier deviendrait une exigence dans les appels d'offres publics canadiens.

Au début des années 1990, on a sondé des francophones au Québec et ailleurs au Canada et 71 % mentionnaient une préférence marquée pour un clavier utilisant moins de touches mortes qu'on doit presser en combinaison d'un second caractère ( pour le par exemple), donnant raison à l'initiative d'Alain LaBonté et confirmant son travail sur les comités de normalisation. Description technique vignette|517x517px|Figure 3 : Norme canadienne CAN/CSA Z243.200-92. Représentation graphique des caractères de saisie du groupe 1 ou primaire (noir). Les caractères du groupe 2a (mauve) et 2b (vert) font partie du groupe secondaire. Le standard canadien définit trois niveaux de conformité explicites et un niveau implicite : Le niveau de conformité A comprend les caractères du groupe 1 (ou groupe primaire) pour l'écriture en français et en anglais, à l'exception des symboles œ Œ Ÿ du groupe 2b qui ne sont pas supportés par la norme ISO/CEI 8859-1 (en noir sur la Figure 3). Le niveau de conformité B doit inclure les caractères du groupe 2a (représenté en mauve sur la Figure 3), en plus de ceux du groupe 1 (en noir), se limitant à l'écriture de l'ensemble des caractères de la norme ISO/CEI 8859-1. Les caractères du groupe 2b vont au-delà du niveau de conformité B de la norme nationale. Le niveau de conformité C correspond à la version intégrale (groupes 1, 2a et 2b), permettant d'étendre le support à l'ensemble des caractères de la norme ISO/CEI 6937, strictement. Le niveau de conformité C de la norme nécessite un pilote personnalisé qui intègre l'ensemble des caractères exigés. Finalement, la norme canadienne avait prévu un niveau de conformité dit qui ne se conforme pas aux niveaux de conformité précédents. Dans une telle situation, la norme prévoit qu'il s'agit du niveau de conformité A. Un clavier normalisé conforme à la norme ISO/CEI 8859-15, par exemple, aurait nécessité d'enlever certains caractères dans le groupe 2a comme les fractions ¼½¾, afin d'inclure les ligatures œ/Œ et le Ÿ (majuscule) qui sont dans le groupe 2b. La version à 47 touches est conforme uniquement au niveau de conformité A de la norme nationale, puisque la barre verticale discontinue, faisant partie du groupe 2a, est absente. En effet, seuls les claviers à 48 touches permettent d'atteindre le niveau de conformité B et C.

La norme québécoise SGQRI-001 inclut également l'e-dans-l’o (la ligature ) depuis 2006, en plus des caractères du groupe 1 et 2a, allant au-delà du niveau de conformité B de la norme canadienne. La présence de ce caractère s'inscrit comme un sous-groupe se conformant à ISO/CEI 9995-3:2010 (groupe secondaire commun périmé). Les caractères en vert (groupe 2b sur la Figure 3) n'étaient pas intégrés à la plupart des claviers et aux pilotes, en partie à cause de la limitation de l'encodage ISO/CEI 8859-1 et de la plus faible disponibilité du jeu de caractères Unicode sur les ordinateurs jusqu'au début des années 2000.

Le rond-en-chef seul , qu'on ne doit pas confondre avec le signe degré et l'indicateur ordinal , fait partie du groupe 2b alors que les caractères Å/å du suédois, produits par la combinaison du rond-en-chef et du A/a sont dans le groupe 2a. Pour le macron , le caractère seul (avec un espacement) fait partie du groupe 2a mais les caractères accentués comme le Ā/ā sont considérés comme des lettres savantes (groupe 2b) qui vont au-delà du niveau de conformité B (groupe 1/2a). Ces caractères sont présents dans la norme ISO/IEC 6937 mais pas dans la norme ISO/CEI 8859-1. En effet, l'utilisation de ce caractère comme signe diacritique permet d'écrire uniquement dans une langue autre que les 14 qui sont officiellement supportées sur les claviers respectant le niveau de conformité B (albanais, allemand, anglais, catalan, danois, espagnol, finnois, français, italien, islandais, néerlandais, norvégien, portugais, suédois). Le caractère du macron seul est intégré dans la norme ISO/CEI 8859-1. Sur la Figure 3, ces deux symboles (le macron et le rond-en-chef) sont colorés en mauve, parce qu'ils permettent d'accéder au moins à un caractère dans le groupe 2a. Le symbole , produit avec la combinaison du tréma (groupe 1) et du Y (groupe 1), est dans le groupe 2b alors que le (minuscule), produit avec la combinaison du tréma (groupe 1) et du (groupe 1) est dans le groupe 1. Pour plus de précisions, le document officiel comprend la liste détaillée des caractères du groupe 1, 2a et 2b.

Sur l'image présentée (Figure 3), les rectangles permettent de repérer un signe diacritique, conformément à la norme ISO/CEI 9995-10 (2012).

Intégration des normes ISO/CEI 8859-1, ISO/CEI 8859-15 et ISO/CEI 6937