Le féminisme en Chine a débuté au et est étroitement lié au socialisme et problèmes de divisions des classes sociales. Il y a désaccord quant aux conséquences de ceci sur le féminisme chinois. Les féministes agissant hors cadre officiel font l'objet de plusieurs vagues de répression en 2015.
Histoire
Le I Ching énonce que « L'homme et la femme doivent occuper leur propre place ; les positions relatives du Ciel et de la Terre »Traduit d'une citation dans .. Les femmes devaient soumission et obéissance aux hommes. Elles ne pouvaient pas participer au gouvernement ou aux institutions communautaires. Nombre de femmes, de même que certains hommes, se sont exprimés contre ces conditions au début du , mais sans résultat notable.
Dynastie Tang
vignette|L'impératrice Wu Zetian. L'historiographie chinoise, peu disposée à l'égard des femmes, a laissé une image sombre de Wu Zetian, seule impératrice de l'histoire chinoise. Elle lui attribue de nombreuses atrocités et immoralités : assassinat de son propre fils pour se débarrasser d'une rivale, nombreuses exécutions, nombreuses liaisons sexuelles, pratique de magie et nécromancie, etc. Elle fut une fervente bouddhiste, mais ne semble pas s'être laissée dominer politiquement par les moines, et ne délaissa pas le taoïsme. S'il faut envisager de nombreuses exagérations à son propos, il est indéniable que son règne fut marqué par des mesures brutales qui ont suscité une grande animosité contre elle. Elle régna depuis Luoyang, de façon à échapper à l'emprise de l’aristocratie de Chang'an, et bouleversa la composition de la haute administration de l'empire en se débarrassant de la plupart des ministres importants et en créant de nouveaux postes de premier ordre qu'elle confia à des hommes nouveaux. Il est souvent admis qu'elle s'appuya également sur des lettrés promus via le système des examens, ce qui en ferait une partisane d'un système plus méritocratique, moins autocratique, se reposant plus sur la bureaucratie. Mais il semble aussi que Wu Zetian gouverna avec l'aide d'un groupe de lettrés utilisés pour contourner l'administration officielle, les « Lettrés de la Porte du Nord ». Certains estiment, contre l'opinion couramment admise, que son règne fut plutôt un tournant plus autocratique.
Dynastie Song
À l'époque de la dynastie Song, la médecine chinoise pour les femmes atteint une maturitéAngela Ki Che Leung, Medicine for Women in Imperial China, Brill Academic Pub, 2006 - 212 pages.. Les femmes étaient exclues du mode d'enseignement maître-disciple, mais elles pouvaient étudier à l'intérieur de leur famille ou de leur clan, de telle sorte que vers la fin de la dynastie Ming, des familles de femmes médecins se distinguent par leur érudition et leurs ouvrages sur des sujets médicauxTJ Hinrichs,Linda L Barnes, [Chinese Medicine and Healing: An Illustrated History https://books.google.fr/books?id=dtsYe0ZFORcC], Harvard University Press, 2013-01-01 - 464 pages, ..
Dynastie Qing Au XVIII siècle, (~1763-1830) est l'auteur d'un roman célèbre, Fleurs dans un miroir. Ce roman se passe au siècle, sous la dynastie Tang, et décrit les aventures de cent femmes de talent dans des royaumes imaginaires dont la description est l'occasion d'une critique acide de la Chine de la dynastie mandchoue. Dans ces royaumes, les femmes ont le droit de se présenter aux examens publics, elles étudient, elles se marient librement, elles échappent aux servitudes des pieds bandés et du concubinage..
Émergence du féminisme thumb|right|He Zhen (sans date).
Au milieu du XIX siècle, dans le cadre de révolte des Taiping, l'égalité des sexes est promue, les mariages arrangés interdits, de même que le concubinage et le bandage des pieds des femmesSerge Berstein et Pierre Milza, Histoire du XIX siècle, Hatier, Initial, 1996, édition de 2011, chapitre 24 « La Chine et le Japon face aux Occidentaux », p. 439..
L'émergence du féminisme en Chine, à la fin de la dynastie Qing, est étroitement liée au nationalisme, en particulier anti-mandchou. L'idée est que la Chine a besoin de ses femmes autant que de ses hommes pour se régénérer. Les réformistes Kang Youwei et son disciple Liang Qichao condamnent ainsi la place traditionnellement dévolue à la femme. Jusque dans les premières années du , de nombreuses associations féministes sont créées dans cette optique, et la patriote et féministe Qiu Jin meurt en martyre du mouvement anti-mandchou en 1907.
Entre 1906 et 1911 émerge un courant anarcha-féministe qui, en la reliant au problème plus large de l'oppression et de la liberté, contribue à détacher la question féminine du nationalisme. He Zhen est une figure marquante de ce mouvement.
Pour He Zhen, la dépendance dans laquelle se trouvent les femmes a son origine dans la nécessité de se nourrir, liée à l'inégale répartition des richesses. Les domestiques, les ouvrières et les prostituées, mais aussi les épouses et les concubines, en subissent tout particulièrement les effets. Elle constate notamment que prétendre que la prostitution serait un métier comme les autres tendrait à faire oublier les conditions particulières dans lesquelles il se réaliseFrancis Dupuis-Déri, Les anarchistes et la prostitution : perspectives historiques, Genres, sexualité & société, , printemps 2013, texte intégral. L'indépendance des femmes va de pair avec une révolution sociale dans les domaines de l'économie, de la politique ou en matière de classes. Si l'ancienne société faisait des femmes des jouets, le capitalisme venu d'Occident en fait aussi des outils. Dans le domaine de la culture, elle s'oppose au confucianisme, porteur des valeurs patriarcales.
Condition des femmes depuis le Alors que l'égalité entre hommes et femmes est inscrite dans la constitution, la perception de leur sort par les femmes est ressentie de façon très différente.
Relations au travail et à l'économie Sous la collectivisation maoïste En Chine, comme dans les autres pays socialistes, une collectivisation du secteur agricole est supposée modifier la position des femmes paysannes, . En Chine, alors que hormis dans quelques provinces les femmes ne travaillaient pas dans les champs, jusqu'à 90 % des paysannes valides deviennent rémunérées, avec des fluctuations temporelles en fonction des besoins. Toutefois, malgré le principe de « à travail égal, salaire égal », , et les collectivisations n'ont finalement que peu d'influence sur la division sexuelle du travail. De plus, l'engagement dans le travail salarié peut signifier, recevoir un salaire et obtenir une indépendance financière, mais pas nécessairement, le salaire pouvant être remis au chef du ménage. Cela permettrait toutefois au sein du couple D'autre part, le gouvernement chinois a prévu une socialisation des tâches domestiques (création de crèches, garderie, usines de préparation d'aliments et de restaurants publics), et a fait un gros effort dans ce sens lors du Grand bond en avant dans les années 1950. En raison du coût élevé de ces services publics, ils déclinent rapidement alors que : au total, le degré attendu de travail des femmes a augmenté, et leur impose le « double fardeau ». Les tentatives faites par le gouvernement pour rééquilibrer la balance, par exemple avec des exigences moindres en termes de jours travaillés, se sont soldées par des discriminations tout en étant financièrement pénalisantes. Les seules réponses trouvées par les femmes restent donc des réponses sollicitant l'environnement proche, avec la mise en place du partage informel des activités domestiques. Prenant conscience du problème, le gouvernement chinois a conclu que la cause de ce déséquilibre était idéologique et a introduit des programmes critiques visant à éradiquer les croyances et habitudes qui maintiennent la division traditionnelle du travail au sein du ménage. Dans le même temps, les femmes qui sont entrées dans le système productif n'ont que rarement participé aux prises de décisions formelles concernant leurs collectivité, et . Lors de la constitution de la fédération des femmes de Chine, le gouvernement suggère qu'elle est . Dans les faits, il y a un large fossé entre la théorie de l'égalité et l'expérience concrètement vécue ce qui a donné lieu à l'éclosion de mouvements de femmes à la fin des années 1960.
Depuis les années 1980 Avec l'ouverture à l'économie de marché qui a lieu au début des années 1980, les femmes de plus de 40 ans, moins remuantes, légitimes ou revendicatives que les hommes plus jeunes, sont les premières victimes des licenciements dans les grandes entreprises publiques d'où l'État se désengage. Le discours dominant présente de façon générale le travail des femmes comme étant de moindre qualité par rapport à celui des hommes, ce qui justifie des salaires plus faibles dans une société où la division sexuelle du travail se retrouve jusque dans la définition des profils de poste et des offres de recrutement. Ces inégalités de salaires n'ont cessé de se creuser, entre 1995 et 2007.
Le sort des femmes n'est toutefois pas homogène, et si les migrantes et les femmes de plus de quarante ans issues du monde rural sont les premières victimes de ces modifications économiques, d'autres, urbaines, et s'appuyant sur leur réseau social tirent mieux leur épingle du jeu. Des 10 femmes entrepreneurs les plus riches au monde, sept sont Chinoises.. La propriétaire immobilière Zhang Xin en est un exemple.
Mariage Le sort des femmes mariées apparaît peu enviable à celles qui ont réussi à acquérir une autonomie financière. Dans le district de Sun Tak, dans la province de Kwangtung, les jeunes filles salariées des industries de la soie, économiquement indépendantes, refusent le mariage traditionnel, et pour y échapper, organisent une cérémonie virtuelle de mariage où elles relèvent leurs cheveux en chignon comme les femmes mariées. Elles paient une compensation financière élevée à la famille du garçon auquel elles ont été antérieurement promises, afin de laver l'affront. Les reproches sont toutefois tels que 190.000 d'elles émigrent en Malaisie ou à Singapour, entre 1934 et 1938Genre et économie: un premier éclairage, dir Jeanne isilliat et Christine Verschur, Cahiers genre et développement , afed-efi Paris-Genève, 2001, .
Une pierre angulaire de la révolution culturelle, la Loi sur le mariage de 1950 accorde aux femmes le droit à la propriété commune du domicile conjugal. Cette disposition est abrogée en 2011 par un amendement à cette loi qui stipule qu'à moins de contestation, la propriété acquise durant le mariage revient à la personne dont le nom est sur l'acte de propriété de la maison, donc, en général, à l'homme. En 2012, un sondage de Horizon Research et ifeng.com fait apparaître que 30 % des foyers mariés sont tels que l'acte de propriété de la maison mentionne le nom de la femme. Des organisations féministes s'opposent à cette nouvelle interprétation de la Loi sur le mariage, tandis que ses partisans argumentent qu'elle ne discrimine pas puisqu'elle est de nature neutre par rapport au genreLeta Hong Fincher, Women’s Rights at Risk, Dissent, printemps 2013..
Dès 2007, la Fédération des femmes de Chine a relevé l'existence d'une campagne médiatique stigmatisant les femmes célibataires vivant dans des milieux urbains et ayant plus de 27 ans comme des « femmes restantes », en référence aux restants de table inconsommablesKristie Lu Stout, Chinese women fight to shake off 'leftover' label, CNN, 21 août 2013..
Violences conjugales Selon les chiffres officiels, 25 % des chinoises mariées ont été victimes de violences conjugales. Le facteur d'insécurité matérielle que représente la perte de leurs droits de copropriété sur le domicile conjugal est jugé comme un facteur aggravant leurs risques, les femmes quittant plus difficilement leur domicile dans de telles conditions.
Politique de l'enfant unique