Loléoduc du Northern Gateway est un projet de construction d'un double oléoduc sur une distance de , allant de Bruderheim (Alberta) à Kitimat (Colombie-Britannique). La section coulant vers l'est servirait au transport de condensat de gaz naturel vers l'Alberta, tandis que la section coulant vers l'ouest transporterait du dilbit — bitume provenant des sables bitumineux de l'Athabasca dilué avec le condensat de gaz naturel — vers le nouveau terminal pétrolier de Kitimat, où il serait chargé dans des pétroliers à destination des marchés asiatiques. Le projet comprendrait aussi des infrastructures maritimes pour le chargement des pétroliers et le déchargement des bateaux-citernes de condensat.. Ce projet proposé en 2006 a été reporté à plusieurs reprises. Il serait réalisé par Enbridge Inc., une société canadienne d'oléoducs pour le transport de pétrole brut et produits liquides.

Selon Enbridge, l'oléoduc et le terminal pétrolier, une fois terminés, fourniraient 104 emplois permanents dans la société et 113 reliés aux services maritimes.. Divers groupes de Premières nations et d'environnementalistes ont dénoncé le projet en raison des risques aux plans environnemental, économique, social et culturel posés par l'oléoduc. Les partisans du projet soulignent, au contraire, que l'oléoduc serait bénéfique pour les autochtones, en leur fournissant une participation économique, de la formation, des emplois et des programmes de développement de la communauté.

Le projet a cependant été sévèrement critiqué par des groupes autochotones. Des groupes comme l'alliance Yinka Dene se sont organisés pour contrer le projet. En , 66 communautés amérindiennes de Colombie-Britannique, dont beaucoup vivent sur des terres que traverserait l'oléoduc, ont signé une déclaration conjointe d'opposition au projet et 40 autres y ont par la suite ajouté leur appui. De nombreuses organisations non-gouvernementales (ONG) s'opposent également au projet en raison des déversements déjà survenus et des inquiétudes que suscitent l'expansion des sables bitumineux et les risques inhérents au transport du pétrole.

Le projet est définitivement abandonné le CBC, Trudeau cabinet approves Trans Mountain, Line 3 pipelines, rejects Northern Gateway, 29 novembre 2016..

Histoire Le projet de Northern Gateway (littéralement, « corridor nordique ») est annoncé en 2006, après la signature d'un accord de coopération avec PetroChina, en 2005, garantissant que l'oléoduc serait utilisé à pleine capacité. PetroChina s'était engagée à acheter () par jour de brut acheminé par l'oléoduc. En 2007, toutefois, PetroChina se retire du projet en raison des retards dans sa mise en place.

Le , l'Office national de l'énergie (ONE) et l'Agence canadienne d'évaluation environnementale (ACEE) publient le cadre de référence pour l'examen environnemental de l'oléoduc du Northern Gateway..

Enbridge soumet sa demande à l'ONE le . Cette demande sera examinée par une Commission d’examen conjoint (CEC) formée par l'ACEE et l'ONE. Le , le CEC demande à Enbridge de fournir un complément d'informations sur la conception du projet et l'évaluation des risques engendrés par la difficulté d'accès et les particularités d'une situation géographique exceptionnelle.

En dépit des pressions et de la longue controverse entourant le projet, le gouvernement Harper approuve en ce projet de 7,9 milliards de dollars, moyennant 209 conditions, garantissant notamment la protection d'espèces menacées et une réserve de 950 millions de dollars pour couvrir les frais éventuels occasionnés par un déversement accidentel The Globe and Mail, 17 juin 2014, Canadian government approves Enbridge's controversial Northern Gateway pipeline. Justin Trudeau et Tom Mulcair, respectivement chefs du Parti libéral du Canada et du Parti Néo démocrate, ainsi qu'Elizabeth May, chef du Parti Vert, s'engagent à renverser cette décision si leur parti est élu à la tête du prochain gouvernement CBC, 17 juin 2014, Northern Gateway pipeline approved with 209 conditions.

Même si la compagnie Enbridge s'empresse d'accepter les conditions, certaines ne pourraient être satisfaites que début 2016. Par ailleurs, la première ministre de Colombie-Britannique signale que quatre des cinq conditions que son gouvernement a posées (voir Aspects politiques) n'ont toujours pas été remplies, notamment au plan de l'environnement, des Premières nations et des redevances économiquesThe Globe and Mail, 18 juin 2014, For oil industry, the next battle over Northern Gateway looms large. Dès le , le président du Conseil de la nation haïda annonce que les Premières Nations de la Colombie-Britannique, surmontant leurs différends et s'unissant pour réclamer une reconnaissance globale de leurs droits, vont contester devant les tribunaux le feu vert donné par le gouvernement fédéral au projet d’oléoducLe Devoir, Les Premières Nations en Colombie-Britannique s’unissent contre Enbridge. Le , la Cour fédéral d'appel invalide l'approbation du projet par le gouvernement Harper au motif que la consultation des Premières Nations avait été «inadéquate»Le Devoir, La Cour fédérale rejette le projet de pipeline Northern Gateway, 30 juin 2016..

Aspects techniques Le projet consiste à construire deux oléoducs parallèles entre un terminal terrestre à Bruderheim (Alberta) et un terminal maritime près de Kitimat (Colombie-Britannique), mesurant chacun de long. Le pétrole en provenance des sables bitumineux coulerait de Bruderheim à Kitimat, tandis que le condensat de gaz naturel importé de Russie coulerait dans l'autre sens. Le condensat serait mélangé au bitume pour servir de diluant afin d'en réduire la viscosité et en faciliter l'acheminement par oléoduc. Il faut typiquement 1 baril de diluant pour 3 barils de bitume. Le diluant est ensuite récupéré à la raffinerie et réexpédié.

Une section d'environ 520 km serait située en Alberta, et une autre de 657 km en Colombie-Britannique. Le tracé prévu, qui prend son origine à Bruderheim et aboutit à Kitimat, passe par des stations de pompage installées à Whitecourt, Smoky River, Tumbler Ridge, Bear Lake, Fort St. James, Burns Lake et Clearwater. Deux tunnels seront nécessaires pour traverser les montagnes de la Chaîne Côtière, l'un de 6,5 km sous le Clore et l'autre de 6,6 km sous le Hoult The Globe and Mail, 18 juin 2014, What's next: Major hurdles face Enname=bridge before digging begins.

L'oléoduc de pétrole aurait un diamètre de et une capacité de () par jour. Celui de condensat aurait un diamètre de et une capacité de () par jour. Enbridge prévoit terminer la construction des pipelines en 2015. Le coût total du projet, incluant le terminal maritime de Kitimat, serait de 5,5 milliards $ CA. Le terminal de Kitimat comprendrait deux quais pour pétroliers, l'un destiné aux pétroliers VLCC et l'autre aux pétroliers transportant des condensats de type Suezmax. Il y aurait aussi des réservoirs et une station de pompage.

Les installations alimenteraient un trafic de 220 pétroliers par an, soit une moyenne de 18 par mois. Les pétroliers emprunteraient le Douglas channel et passeraient par Hartley Bay pour ensuite déboucher dans le détroit d'Hecate et se diriger vers le Pacifique par l'entrée Dixon ou par le bassin de la Reine-Charlotte.

Évaluation environnementale Cet oléoduc, qui doit franchir quelque risque d'avoir un fort impact sur l'environnement, avant même d'atteindre Kitimat<ref> Andrew Nikforuk, Oh, Canada. How America's friendly northern neighbor became a rogue, reckless petrostate, Foreign Policy, juillet-août 2013</ref>.

Un projet d'oléoduc transprovincial nécessite une évaluation par le CEC, qui doit fournir une évaluation environnementale et un cadre réglementaire. La première audience du CEC a eu lieu le à Kitimat.

D'autres types d'études, notamment l'évaluation des retombées économiques, sont aussi nécessaires avant l'approbation du projet. Cependant, selon la loi actuelle, les recommandations de la CEC ne sont pas contraignantes et le projet pourrait être approuvé même s'il comportait d'importantes conséquences aux plans environnemental et économiqueCanadian Environmental Assessment Act, R.S.C. 1999, c. 33, s. 37. Au niveau provincial, le projet peut aussi faire l'objet d'une évaluation par le Bureau d'évaluation environnementale de Colombie-Britannique.

Une décision favorable à la construction est rendue le . La commission attache toutefois à son accord de nombreuses conditions, allant

En , des centaines de scientifiques demandent au gouvernement de rejeter ce rapport. Ils invoquent le fait que ni les risques sur la vie marineLe Devoir, 3 juin 2014, Des scientifiques appellent Harper à rejeter l'oléoduc Northern Gateway.

Opposition

Parti NPD et Parti libéral Le parti NPD, opposition officielle depuis l'élection de 2011, est opposé au projet, ainsi que le Parti libéral du Canada. Selon un observateur commentant le rapport favorable du comité d'évaluation environnementale, le gouvernement Harper n'aurait donc pas, en 2014, de donner le feu vert à ce projet d"oléoduc à la veille d'une élection fédérale The Globe and Mail, 21 décembre 2013, Northern Gateway is a war that Ottawa can’t win.

Parti NPD de Colombie-Britannique Adrian Dix, qui était candidat à l'élection du printemps 2013 en Colombie-Britannique, a fait campagne en promettant de retirer la province du processus d'évaluation fédérale et de contester, en cas de son arrivée au pouvoir, la juridiction du gouvernement fédéral en cette matière, considérant que l'évaluation environnementale relève de sa propre juridictionMurray Rankin, "B.C. pipeline review needed to restore legal powers", Times Colonist, August 31, 2012..

Groupes autochtones vignette|‘Yágis, 2012 (’Nusí, Ian Reid). Installation marquant l’opposition de la nation Heiltsuk à cet oléoduc. Musée d'anthropologie de Vancouver. Les 25 groupes de Premières nations établis le long du parcours proposé sont quasiment unanimes dans leur opposition au projet. C'est le cas notamment de l'alliance Yinka Dene., des Premières nations établies le long de la côte.CBC video: Pipeline Opposition , des Wet'suwet'en, ainsi que des Saik'uz.Mclean, Tanara. (2012-01-28). Pipeline will not cross Dene Nations land, elders vow, Canoe.ca, (Retrieved 2012-09-17) et de 130 autres groupes.

En , les représentants de l'alliance Yinka Dene demandent aux Nations unies de faire enquête sur les permis de travaux exploratoires octroyés par la province à Enbridge, en dépit de l'opposition des peuples autochtones CBC, 30 septembre 2013, B.C. First Nations ask UN to investigate pipeline process.

À la suite de la recommandation favorable du CEC, en , la Première nation de Lac Babine annonce son intention d'en appeler devant les tribunaux au cas où le gouvernement donnerait son accord final au projet The Globe and Mail, 23 décembre 2013, Northern Gateway has Ottawa scrambling to avoid lawsuits.

Groupes environnementaux