thumb|Shinzō Abe, le Premier ministre du Japon. Abenomics (« Abenomie ») est un mot-valise formé d'Abe et d'economics (« économie »). Il se réfère à la politique économique prônée par Shinzō Abe, Premier ministre du Japon du Haidar, J.I. and Hoshi, T. (2014). "Implementing Structural Reforms in Abenomics: How to Reduce the Cost of Doing Business in Japan," Stanford University FSI Working Paper, June 2014. au .

Les trois premières flèches (2012-2014)

De retour au pouvoir en 2012, Abe théorise un redressement du Japon au moyen de ce qu'il appelle les trois flèches : une politique monétaire très accommodante et audacieuse, une relance budgétaire et une stratégie de croissance à long terme.

La politique fiscale flexible Un premier plan de relance budgétaire Le , le gouvernement adopte un plan de relance massif élevé à milliards de yens (175 milliards d'euros) en comptant les dépenses prévues par les collectivités locales et les contributions du secteur privé.. Ce plan se distingue des précédents plans de relance mis en place par les autorités japonaises par son importance d'une part et par l'affectation des dépenses d'autre part Japan unveils Y10.3tn stimulus package (Financial Times, 11 janvier 2013, consulté le 14 décembre 2016.. Ainsi, les dépenses de construction ou de réfection de routes et de ponts, voire d'amélioration des installations portuaires dépassent les 5000 milliards de yens, soit environ 59 milliards de dollars. C'est bien plus que pour les précédents plans de relance. De plus, ces ressources seront principalement allouées à la reconstruction des zones sinistrées en , à la prévention des catastrophes et au renforcement de la compétitivité des industriels japonais sur le marché mondial. Le plan prévoit ainsi la création d'un fonds de 150 milliards de yens pour encourager les entreprises à développer de nouvelles technologies. La Banque de Développement du Japon sera chargée de la répartition de ces fonds. Le plan prévoit aussi la création d'un fonds de 200 milliards de yens pour encourager les fusions et acquisitions à l'étranger. Ce fonds sera géré par une autre banque publique, la Japan bank for international cooperation (JBIC). Le plan comporte également pour 83 milliards de yens de garanties de prêts et de prêts à taux avantageux pour les PME. D'autres fonds serviront à créer de nouvelles activités au travers de rapprochements entre différents secteurs.

Le , cette rallonge budgétaire massive est adoptée.. Ce budget supplémentaire vient compléter le collectif initial de milliards de yens (725 milliards d'euros) décidé par le précédent gouvernement démocrate de Yoshihiko Noda pour l'année courant du au . Cette rallonge budgétaire est la deuxième plus importante de l'histoire après celle de milliards de yens adoptée face à la crise de 2008. Cette rallonge visera notamment à soutenir la reconstruction des zones sinistrées dans le Tohoku. De même, les dépenses militaires ont connu une hausse historique et visent à assurer le paiement des coûts du carburant et de maintenance pour les avions d'alerte précoce et de contrôle aérien, permettre la recherche sur la technologie radar capable de détecter des petits avions à longue distance, permettre les préparatifs pour l'introduction au Japon de l'avion de transport MV-22 Osprey de l'armée américaine. Cet avion à décollage vertical peut voler plus loin et plus vite que les hélicoptères actuels du Japon, permettant à ses troupes d'atteindre plus facilement les îles japonaises lointaines. Il s'agit aussi de moderniser quatre avions-chasseurs F-15, acheter de nouveaux systèmes antimissiles PAC-3 et des hélicoptères.. Les effectifs de l'armée seront également augmentés. Le gouvernement a également prévu des dépenses historiques dans la stratégie du Cool Japan afin de soutenir les exportations du secteur culturel japonais.

Le gouvernement a ainsi décidé de réserver 9,5 milliards de yens (97 millions de dollars) du budget national afin de subventionner le doublage et le sous-titrage des œuvres exportées. Il a également alloué 50 milliards de yens du budget de l'année fiscale courant du au afin de mettre en place un fonds en collaboration avec le secteur privé. Ce fonds appuiera la création de « centres commerciaux japonais » qui rassembleront des restaurants, des librairies et des boutiques vendant des vêtements japonais. Le programme vise à fournir un soutien à long terme par le gouvernement afin de financer des activités commerciales que les banques ne sont pas vraiment désireuses de financer parce que les profits à court terme ne peuvent pas être garantis..

Un engagement pris concernant la maitrise des dépenses publiques à moyen terme Le , Shinzo Abe a annoncé vouloir réduire les dépenses publiques de 62 milliards d'euros lors des deux années budgétaires suivantes, jusqu'en .. Le projet annoncé par le gouvernement confirme la volonté des autorités japonaises de réduire de moitié le déficit public entre et – hors paiement du service de la dette. Les autorités prévoient notamment de réduire les dépenses publiques de milliards de yens (62 milliards d'euros) entre et . Cela représente, en moyenne, une réduction des dépenses d'un peu plus de 4 % par an. Le détail des mesures n'a alors pas été annoncé. Le gouvernement a annoncé pour objectif un retour à l'excédent budgétaire hors remboursement des intérêts de la dette en 2020.

Par ailleurs, quelques jours auparavant, le , le Conseil national sur la Réforme de la Sécurité Sociale a remis un rapport au gouvernement proposant d'augmenter les contributions des personnes âgées et des salariés à hauts revenus ainsi que plusieurs autres réformes afin de rendre le système plus soutenable. Le projet vise à augmenter les contributions des patients âgés de 70 à 74 ans dans les hôpitaux à 20 % des couts médicaux totaux contre alors 10 %. Pour les salariés à haut revenu, le projet prévoit une hausse des paiements directs des services de soins infirmiers qui étaient alors fixés à 10 % des couts totaux. Sont également prévus un impôt sur leur revenu de retraite et sur leurs primes d'assurance santé. Le projet propose que les contributions pour les services de soins médicaux couteux soient augmentés pour les hauts revenus et abaissés pour les patients à faibles revenus. De plus, les primes d'assurances santé seront réduites pour les personnes à faible revenu âgées de 65 ans et plus.. Autre axe de mesures présentées dans le rapport du conseil national sur la réforme de la sécurité sociale présidé par le président de l'université de Keio, Atsushi Seike, est comment réformer les systèmes fournissant des services de soins médicaux et infirmiers. La division du travail entre les hôpitaux japonais n'est pas claire et de nombreux lits d'hospitalisés sont réservés aux personnes dans un état critique comme des personnes ayant besoin d'une chirurgie et des traitements après coups. Ils ont quelques lits pour les patients qui ont besoin d'une réadaptation, d'une aide au retour à une vie normale à domicile ou d'autres besoins communs aux personnes âgées. Le Conseil a la tâche d'élaborer des mesures concrètes afin de mieux aligner les fonctions des hôpitaux et des lits d'hospitalisés sur les besoins d'une société de plus en plus âgée et de créer des cadres de coopération afin que les patients âgés qui ne sont plus dans un état critique puissent être transférés chez eux dès que possible.

Le gouvernement avait déjà tenté d'aider les hôpitaux à mieux coordonner l'utilisation de leurs lits d'hospitalisés en contrôlant les frais des services médicaux. Mais environ 80 % des hôpitaux sont privés et ils ont tendance à prendre des décisions axées sur les bénéfices. Ainsi, la situation n'a pas évolué. Le Conseil a conclu que le contrôle des frais des services médicaux a des effets limités. Il a présenté un plan visant à créer un fonds à l'aide de l'augmentation de la TVA afin de verser des subventions aux régions ou l'on s'efforce d'harmoniser l'utilisation des lits d'hôpitaux et ou l'on approfondit la coopération entre les exploitants de soins de services médicaux et infirmiers. Il sera toujours question pour le gouvernement de contrôler les frais des services médicaux.

Le Conseil a également préconisé de transférer la responsabilité du régime national d'assurance maladie aux préfectures et non aux municipalités comme c'était alors le cas afin de couvrir des zones plus larges. Mais les gouvernements préfectoraux se sont montrés plutôt réticents à l'idée de prendre la responsabilité d'un régime qui reste dans le rouge.

Les fonds qui seront financés en augmentant la charge financière sur les associations d'assurance maladie des grandes compagnies afin de venir en aide médicalement aux personnes âgées sont vus comme une source prometteuse permettant de couvrir les déficits. Environ 230 milliards de yens par an devraient être trouvés de cette façon.

En changeant le régime afin que la charge financière soit décidée selon le revenu, le cout pour les petites et moyennes entreprises sera plus faible et les dépenses du gouvernement dans ce domaine pourront être réduites.. Le gouvernement a validé ces mesures le afin de les faire adopter par la Diète..

Finalement, la réforme de la sécurité sociale a été adoptée par le parlement le ..

La hausse de la TVA assortie d'un plan de relance Le , après plusieurs débats quant à sa pertinence en période de sortie de crise, Shinzo Abe a pris la décision historique de valider la hausse de la TVA qui passera en de 5 % à 8 % puis en 2015 à 10 %. Il s'agit de la première hausse de la TVA en 15 ans.. Le Premier ministre a décidé de confirmer cette hausse qui avait été présentée à la Diète par son prédécesseur démocrate Yoshihiko Noda en 2012 à la suite d'une croissance soutenue du PIB japonais depuis le début de l'année ainsi que de la publication de l'indice Tankan montrant que les grandes entreprises n'ont jamais été aussi optimistes depuis six ans. Pour minimiser les risques qu'une hausse de la TVA ne pèse sur la croissance économique, Shinzo Abe a annoncé un plan de relance de (37,6 milliards d'euros) qui comprendra des dépenses publiques en vue de la préparation des Jeux olympiques d'été de 2020 ainsi que des aides fiscales à ceux qui veulent acheter une maison, une baisse temporaire de l'impôt sur le revenu ainsi qu'une légère réduction de l'impôt sur les sociétés. La hausse de la TVA est censée augmenter les recettes fiscales de l'État de 8.000 milliards de yens par anhttp://www.ft.com/intl/cms/s/0/960485b0-2a2f-11e3-bbb8-00144feab7de.html#axzz2hi93rO4m.

Le , le gouvernement a approuvé un plan de relance équivalent à 3 % du PIB soit 18,6 trillions de yens (182 milliards de dollars). Ce plan inclut les annonces faites le . En fait, le complément de 50 milliards d’euros annoncé, soit 1 % du PIB, sera financé par les excédents fiscaux provoqués par le retour de la croissance. Cette somme va être allouée aux efforts de reconstruction post tremblement de terre, à l’infrastructure des prochains Jeux olympiques d'été de 2020 à Tokyo, mais également pour financer des efforts de compétitivité, aides à l’emploi des femmes, ou encore des mesures de soutien des personnes âgées et à la jeunesse..

La relance monétaire Une relance monétaire sans précédent