L’abbaye Notre-Dame de Ham fut une abbaye de chanoines réguliers fondée au à Ham, au sud-est du département de la Somme et supprimée à la Révolution française.

Histoire Une abbaye de chanoines réguliers

Il existait à Ham, depuis la période carolingienne vraisemblablement, des chanoinesUn chanoine était, avant 1789, un prêtre ou un diacre vivant dans une communauté religieuse et se distinguant des moines par le fait qu’il assume une charge pastorale, souvent au sein d’une église paroissiale. séculiers (Ordo antiquus). En 1108, participant au grand mouvement de réforme canoniale, les chanoines de Ham devinrent des chanoines réguliers (Ordo novus).

Le seigneur de Ham, Odon IIAppelé également Odon Pied de Loup. (1060-1089), et son épouse Louise renoncèrent à leurs droits sur l’église Notre-Dame de Ham en faveur de Baudry, évêque de Noyon, afin de créer à Ham un établissement de chanoines réguliers. Cette donation fut approuvée par le comte de Vermandois et par le roi de France Philippe .

Le pape Pascal II érigea la communauté de chanoines en abbaye. Les chanoines réguliers suivaient la règle de saint Augustin (regula tertia), et en tant que prêtres exerçaient des missions paroissiales. Les chanoines de Ham s’affilièrent à l’abbaye Saint-Victor de Paris.

L’abbaye de Ham abrita les reliques de saint Waneng avant 1199.

Les chanoines revêtaient une robe blanche dans l'abbaye mais devaient revêtir une robe noire quand il sortaient de leur monastère.

En 1469, les abbés de Ham obtinrent du pape Paul II le droit de porter la mitre et les ornements pontificaux.

Adhésion à la Congrégation de France À partir de 1532, les abbayes françaises passèrent sous le régime de la commende. Les abbés n’étaient plus élus par les chanoines, le roi avait obtenu du pape par le oncordat de Bologne, le pouvoir de les nommer. Les abbés commendataires ne résidaient plus dans leur abbaye. Ce fut le déclin de l’abbaye de Ham.

En 1641, Les chanoines de Ham participèrent au mouvement de réforme canoniale impulsé par Charles Faure et se placèrent sous l’autorité de l’abbaye Sainte-Geneviève de Paris d’où leur nom de chanoines génovéfains et adhérèrent à la Congrégation de France.

Louis XIV logea à plusieurs reprises à l'abbaye entre 1663 à 1676 alors qu'il se rendait en Flandre. On trouvait donc à l'abbaye la Salle du Roi, la Salle du Dauphin, une salle de billard et un oratoire.

L’abbaye fut reconstruite au et au début du . Elle possédait une bibliothèque de plus de volumes dont plusieurs manuscrits et évangéliaires qui furent vendus, transférés au district de Péronne ou brûlés le 20 brumaire an II.

Les revenus de la mense abbatiale s’élevaient à livresLouis-Paul Colliette, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique, civile et militaire de la province de Vermandois, pouillé de tous les bénéfices du diocèse de Noyon, 1771. La déclaration des biens du indique que l’abbaye possédait des terres dans plus de quarante-cinq paroisses qui rapportaient livres et setiers de blé et 288 setiers d’avoine.

Disparition de l'abbaye

La loi du supprima le clergé régulier. L’abbaye de Ham fut déclarée Bien national et l’église abbatiale Notre-Dame reconstruite en 1760 devint la seule église paroissiale de la ville. Le mobilier fut vendu le et les bâtiments furent convertis en hôpital militaire. Puis le 10 thermidor an IV, les bâtiments conventuels furent vendus à un particulier pour la somme de livres.

L'église et les bâtiments conventuels furent en grande partie détruits le lors du repli allemand sur la ligne Hindenburg. Destruction amplifiée lors de la reprise de Ham par les Alliés le . Ils furent restaurés dans l'entre-deux-guerres.

Ce qu’il reste des bâtiments abbatiaux accueille, depuis 1937, un établissement scolaire privé catholique.

Liste des abbés Abbés conventuels

Abbés commendataires

Pour approfondir Bibliographie

Florence Charpentier et Xavier Daugy, Sur le chemin des abbayes de Picardie, histoire des abbayes picardes des origines à nos jours, Amiens, Encrage Edition, 2008 Louis-Paul Colliette, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique, civile et militaire de la province de Vermandois, pouillé de tous les bénéfices du diocèse de Noyon, 1771.

Jacques Levasseur, docteur en théologie, doyen du chapitre cathédral de Noyon, Annales de l'église cathédrale de Noyon, Paris, Robert Sara, 1633. Philippe Seydoux, Abbayes de la Somme, Paris Nouvelles Editions latines, 1975

Articles connexes

Ham Église Notre-Dame de Ham Liste des seigneurs de Ham Chanoines réguliers de Saint Victor Liste d'abbayes augustiniennes de France

Liens externes

Fondation du patrimoine : abbaye Notre-Dame de Ham

Abbaye Notre-Dame de Ham (diocèse de Noyon) dans le Catalogue en ligne des archives et des manuscrits de l'enseignement supérieur (Calames), sur le site de l'Abes L' abbaye - Institution Notre-⁷Dame de Ham

Notes et références

Notes

Références

Abbaye Catégorie:Abbaye dans la Somme Ham Catégorie:Abbaye dédiée à Notre-Dame Ham