vignette|250px|Le palais de l'Îsle au milieu du Thiou. vignette|250px|Les armoiries de la ville d'Annecy se blasonnent ainsi : De gueules à une truite d'argent posée en bande.Ornement extérieur : Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de bronze. Historique : Les armoiries d’Annecy qui figuraient déjà dans un registre de délibérations de 1511 ont été officialisées, le 26 janvier 1988, par le conseil municipal, leur origine remonte au Moyen Âge..

Annecy possède une longue histoire depuis son origine comme bourgade gallo-romaine (essor du vicus de Boutae au ) dans la plaine des Fins, suivie par son implantation sur la colline d'Annecy-le-Vieux au , puis au pied du Semnoz au (Annecy-le-Neuf). Son rôle dans la Réforme catholique, dite Contre-Réforme, aux s fait d'elle la « Rome des Alpes ». Résidence des comtes de Genève au ; capitale du comté de Genevois, puis de l'apanage de Genevois, Faucigny et Beaufort, ensuite de Genevois-Nemours dans les États de Savoie ; capitale de la province de Genevois, puis siège de l'une des deux intendances de Savoie dans les États sardes, la ville devient brièvement française de 1792 à 1815 à la suite d'une invasion militaire, puis de nouveau le , date de l'annexion du duché de Savoie par la France.

Histoire chronologique

La préhistoire

Le lac d'Annecy possède plusieurs exemples de cités lacustres ou palafittes, villages préhistoriques du Néolithique et de l'Âge du bronze final. Certains sont connus depuis 1856 et d'autres ont été révélés par les recherches récentes du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (ministère de la Culture). Ils étaient implantés sur le territoire d'Annecy au bord du Thiou et tout autour du lac (à Sevrier, Saint-Jorioz, Talloires, Annecy-le-Vieux, etc.). Le niveau du lac était plus bas à l'époque et les pilotis que l'on a retrouvés, notamment non loin de l'île des Cygnes (édifiée au par des chômeurs), étaient des pieux enfoncés dans le sol servant d'armature verticale aux cabanes construites au bord de l'eau. Cette hypothèse a été confirmée par la découverte à Sevrier d'un four de potier encore en place au fond du lac.

Ces vestiges montrent que des populations occupaient déjà le bord du lac depuis le début du Néolithique. Dès le , des chasseurs-cueilleurs sont présents, puis entre -4000 et , ils ont été rejoints par des cultivateurs, des pêcheurs, des artisans bronziers et des potiers. Une salle entière du musée-château d'Annecy leur est consacrée.

L'époque gauloise

vignette|Carte de 1541 représentant la Gaule au temps de Ptolémée.

Les tribus gauloises des Allobroges occupent très tôt les Préalpes de Savoie et les rives des grands lacs, certainement dès le début du avant notre ère et peut-être même avant. Ces guerriers ont laissé assez peu de témoignages de leur présence ; cependant, ils ont eu très vite des contacts commerciaux avec les territoires du Piémont.

En , à l'occasion du passage des Alpes par Hannibal, Polybe au avant notre ère évoque pour la première fois le peuple des Allobroges.

En -121, les Allobroges sont vaincus par le consul Quintus Fabius Maximus « allobrogique ». Puis, malgré une forte résistance et des rébellions contre les lourds impôts romains, les Allobroges sont définitivement battus par les légions romaines en -62, ce qui ouvre leurs terres à la colonisation romaine et donne aux Romains le contrôle du passage stratégique au nord des Alpes. Avec l'arrivée des Romains la région se romanise entièrement.

Dans la première moitié du selon Charles Marteaux (1861-1956) de l'Académie florimontane, dans la seconde selon A. DerocHistoire d'Annecy, sous la direction de Paul Guichonnet (Editions Privat, 1987), page 43., un village allobroge (cabanes) apparaît dans la plaine des Fins au nord du lac. "Selon une hypothèse non confirmée par l'archéologie", ce village aurait succédé à un oppidum juché sur le roc du Semnoz.

L'époque romaine

vignette|L'Empire romain à son apogée

C'est seulement sous le règne d'Auguste, soit à partir de , que l'on a la certitude d'un établissement romain à cet endroit : le vicus de Boutae, qui se développe, entre les actuelles avenues de Genève et des Iles, et l'actuelle rue du Bel-Air, surtout après l'ouverture de la voie transalpineHistoire d'Annecy, sous la direction de Paul Guichonnet (Editions Privat, 1987), pages 42 et 43.. Centre artisanal et commercial très actif, il couvrira 25 hectares sous le Haut-Empire et dispose entre autres d'un grand et d'un petit forum, d'une basilique (édifice civil), de temples, de thermes, d'un théâtre et de divers entrepôts de marchandises, mais pas d'un aqueduc, car les puits sont nombreuxHistoire d'Annecy, sous la direction de Paul Guichonnet (Editions Privat, 1987), pages 44 et 46.. Les activités économiques sont très diverses et Boutae commerce avec la Gaule, mais aussi avec l'Italie (céramique de Toscane) et l'Espagne (amphores d'Andalousie), et même la Maurétanie (lampes)Histoire d'Annecy, sous la direction de Paul Guichonnet (Editions Privat, 1987), pages 50 et 51.. La cité occupe une position stratégique au carrefour de trois voies romaines : au nord, la voie menant à Genua (Genève) ; au sud, la voie menant à Casuaria (Faverges) ; au sud-ouest, la voie menant à Aquae (Aix-les-Bains). Boutae se trouve aussi sur la voie impériale menant au col du Petit Saint-Bernard qui relie la Gaule et l'Italie, voie attestée par l'Itinéraire d'Antonin, et également non loin de l'axe stratégique permettant de relier Genève à Lyon et à VienneHistoire d'Annecy, sous la direction de Paul Guichonnet (Editions Privat, 1987), page 59.. À la chute de l'Empire romain, les grandes invasions engendrent une telle insécurité que la ville dépérit complètement..

Les grandes invasions

Avec l'affaiblissement de l'Empire romain, de nombreux peuples barbares déferlent sur la Gaule. L’époque des Grandes Migrations — on disait naguère en France les « Grandes Invasions », voire les « Invasions barbares » — coïncide avec la fin du monde antique. En 259, le vicus subit une importante attaque, est rasé et sa population massacrée. Les survivants se réfugient dans les grottes du mont Veyrier. Restauré, Boutae connaît un nouvel essor au siècle suivant, mais, lors des grandes invasions du début du , le vicus est définitivement détruit. Les Burgondes occupent la région qui est annexée par les Francs au . L'insécurité grandissante contraint les habitants à abandonner la plaine pour les collines voisines, comme l'atteste le domaine agricole de la villa « Anniciaca » (colline d'Annecy-le-Vieux) au , qui devient un domaine royal au siècle suivant. A l'ouest du vicus de Boutae, deux opérations de fouille conduites par l'Inrap ont permis de mettre au jour les vestiges d'une importante nécropole. La chronologie (), la nature du mobilier et les caractéristiques des tombes tendent à indiquer la présence précoce d’une population burgonde. Cependant, le mobilier découvert appartient le plus souvent à un assemblage régional de tradition alamane, comme c'est le cas autour du Lac Léman et dans la vallée rhénane autour de Bâle..

Annecy et les comtes de Genève vignette|300px|Une carte postale ancienne montrant la vieille ville et le château.

Il faut attendre le pour voir la ville renaître au pied d'une tour de défense édifiée sur le dernier contrefort du Semnoz. Un texte de 1107 confirme la naissance d'Annecy-le-Neuf sur les rives du Thiou et fait une première mention d'une église Saint-Maurice sous le château. Ce dernier et la bourgade d'Annecy-le-Neuf se développent sous le comte Amédée de Genève. Elle a alors l'apparence d'un gros village avec de nombreuses étables, mais dispose de précieux atouts : le lac pour la pêche et la navigation, le transport des produits pondéreux (pierres et bois) ; la chaux, la molasse, le sable, les graviers, les pierres de Cran, le tuf de Vieugy, le calcaire, les bancs d'argile et le minerai de fer du Semnoz ; les vastes forêts de Chevêne et du Semnoz pour le bois et le gibier ; la fertile plaine des Fins pour l'agriculture ; les pâquiers (pâturages) autour de la ville ; le canal du Thiou avec sa force motrice permettant d'installer des artifices hydrauliques (moulins, meules, pilons, battoirs, tours, martinets, soufflets, scies mécaniques...) ; une élite de maîtres artisans, de marchands de textile et de fer, d'hommes de loi et d'officiers...

En 1132, une maison forte est édifiée sur l'île au milieu du Thiou. En lutte permanente avec les évêques de Genève, les comtes de Genève finissent, à la fin du , par se réfugier à Annecy où ils occupent le manoir de Novel au fond de la plaine des Fins, puis le château qu'ils agrandissent au . La ville devient alors capitale du comté. Le est marqué par le long règne du comte Amédée III de Genève de 1320 à 1367, date à laquelle les franchises d'Annecy sont confirmées. La comtesse Mahaut de Boulogne, épouse du comte, donne naissance au dernier des comtes de Genève, Robert, au château d'Annecy. Celui-ci provoque le Grand Schisme d'Occident en devenant le pape Clément VII, en résidence en Avignon. En 1394, Robert de Genève fait ériger l'église Notre-Dame-de-Liesse, nécropole des comtes de Genève, en une collégiale qui, devenant le centre d'un pèlerinage très populaire, confère à Annecy un immense prestige.

Annecy et la maison de Savoie vignette|Le duché de Savoie et les autres États italiens en 1494.

Rattachement au comté de Savoie : 1401 L'ancienne dynastie des comtes de Genève s'éteint au décès de Clément VII, anti-pape et comte de Genève ,survenu en 1394. Son héritier, Odon de Villars vend le comté en 1401 à Amédée VIII de Savoie pour la somme de 45 000 florins d'or. Cette vente comprend le comté de Genevois et sa capitale, Annecy, à l'exclusion de Genève qui reste sous le gouvernement des évêques.

Le Genevois fera désormais partie intégrante du comté de Savoie dont la capitale est Chambéry. Toutefois, de nombreuses variations vont avoir lieu au cours des siècles et rendront par intermittences à Annecy son rôle de capitale du Genevois. Il en est question dans les chapitres suivants.

Amédée VIII de Savoie aide la ville d'Annecy à se reconstruire après le terrible incendie du 3 février 1412 qui la détruit entièrement et au cours duquel même le château est touché. En 1422, le cardinal de Brogny, originaire du comté, fait édifier la grande église Saint-Dominique qui deviendra l'église Saint-Maurice.

Premier apanage : 1434-1444 Pour rallier les habitants, qui ne voient pas d'un bon œil leur rattachement à la maison de Savoie, Amédée VIII (fait duc en 1416) crée en 1434 l'apanage de Genevois et Faucigny qu'il confie à son fils cadet, Philippe de Savoie. Cet apanage disparaît à la mort sans postérité de ce dernier en 1444.

Second apanage : 1460-1491 Mais l'apanage est reconstitué de 1460 à 1491 au profit de Janus de Savoie, fils de Louis Ier de Savoie, qui fait d'Annecy sa résidence officielle alors qu'il est comte de Genevois, baron de Faucigny, seigneur de Beaufort-Ugine-Faverges-Gourdans. Un deuxième incendie ravage la ville le 13 mai 1448, causant des dommages importants aux maisons et aux deux églisesP. Duparc, La formation d'une ville : Annecy, jusqu'au début du , page 44. De nouveau capitale d'apanage, Annecy bénéficie de la sage administration de Janus de Savoie et des fastes de sa cour. C'est à ce moment-là que sont établis les principaux organes du gouvernement du comté : conseil comtal, chambre des comptes, procureur fiscal, juge mage.

À la mort de Janus, Annecy est de nouveau rattaché au duché Savoie de 1491 à 1514.

Troisième apanage : 1514-1665