Caroline Aupick, née Dufaÿs à Londres, le et morte à Honfleur (Calvados) le , est la mère du poète français Charles Baudelaire (1821-1867).
Biographie Famille Caroline Dufaÿs naît le à Londres (paroisse Saint-Pancras, aujourd'hui Camden), d'émigrés français. Son père, Charles Dufaÿs, officier ou soldatRaphaël Belaïche, « Baudelaire, le Grand-Crevard : Histoire poétique d'un fêlé » (p. 67), Éditions BoD, 7 mai 2020, 628 pages., sera tué en 1795 pendant le débarquement de l’armée royaliste à Quiberon. Sa mère, Julie Foyot, est fille de Didier François Foyot, procureur au parlement de Paris de 1768 à 1785, mort à Neuvy en 1797, et de Madeleine Pauline CampagnacArchives départementales de la Marne, registre d’état-civil des naissances, mariages, décès de Neuvy 1793-an X, vues 126-127/ 152, 23 vendémaire an VI (12 octobre 1797), décès en son domicile à Neuvy de Didier François Foyot natif de Barges [ le 8 janvier 1733] près Hussey, département de la Haute-Saône, propriétaire, à l'âge de 66 ans; le décès est déclaré par sa veuve Madeleine Pauline de Campagnac et un voisin.. Elle décède à Paris en 1800.
Orpheline à sept ans, Caroline Dufaÿs est recueillie par l’avocat et futur député de l'Aisne Pierre Pérignon et son épouse Louise Coudougnan. Elle vit chez eux, à l'hôtel Véron, 16 rue d'Auteuil, alors dans la banlieue ouest de ParisJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de Minuit, septième édition, 1963, (« A-K »), « Rue d'Auteuil », ..
Madame Baudelaire En 1819, à 26 ans, elle épouse un ami de ses protecteurs, Joseph-François Baudelaire, âgé de 60 ans. En naît Charles Baudelaire, dont M. et Pérignon sont les parrain et marraine.. François Baudelaire meurt à Paris le .
Madame Aupick Le , Caroline Dufaÿs se remarie à Paris avec le commandant Jacques Aupick. En 1830, il participe à la prise d'Alger puis est envoyé à Lyon pour réprimer la révolte des canuts. La famille revient à Paris en 1836. En 1839, Jacques Aupick devient général de brigade et commandant du département de la Seine et de la Place de Paris. Il est nommé général de division et commandant de l’École polytechnique en 1847. Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire à Constantinople sous la Seconde République, ambassadeur à Madrid en 1851, sénateur en 1853, il meurt à Paris le , quelques semaines avant la parution des Fleurs du mal.
Veuve une deuxième fois, Aupick vit à Honfleur, sur la Côte de Grâce.
Elle y décède le Voir l'acte de décès sur le site des Archives départementales du Calvados - Honfleur - Décès de 1871 - Acte n° 234 - Vue 171/429..
Relations avec Charles Baudelaire Toute sa vie, Baudelaire aimera passionnément sa mère. Enfant et adolescent, il s'entend mal avec son beau-père. Les relations familiales se dégradent quand, après son baccalauréat, Baudelaire accumule les dettes et décide d'être poète. À sa majorité, il reçoit l'héritage de son père, mais, .
Vers 1846, le général Aupick et son beau-fils rompent toute relation. Pendant une douzaine d’années, les relations entre Baudelaire et sa mère sont très conflictuelles. Mais Baudelaire ne renonce pas à intéresser sa mère à son œuvre.
À partir de 1858, Aupick espère que son fils s’installera définitivement auprès d’elle à Honfleur. Baudelaire y séjourne en 1859. Il y écrit Le Salon de 1859 et plusieurs poèmes, dont Le Voyage. Il affirme son intention de vivre avec sa mère, mais, en 1864, part pour Bruxelles. En , une attaque cérébrale le frappe de paralysie et d'aphasie. Aupick ramène son fils à Paris, où elle l'installe dans une maison de santé. Il y meurt le .
À Honfleur, le poète surnommait la demeure de sa mère la . Achetée par le général Aupick, celui-ci y avait ajouté un jardin d'hiver. Baudelaire attendit sa mort pour s'y rendre et y travailler de façon studieuse. Il y envoya Le Voyage à son éditeur, y commença son étude sur Théophile Gautier et acheva la deuxième édition des Fleurs du mal. Après la mort de Caroline Aupick, la demeure est acquise par le principal du collège de la ville, louée par Alphonse Allais de 1898 à 1900 puis détruite, remplacée par un bâtiment hospitalier et finalement, en 1977, par un pavillon privé. La voie qui la borde est d'ailleurs la rue Alphonse-Allais, la rue Baudelaire, plus petite, inaugurée en 1923, étant située à l'une de ses intersections. Au croisement, une plaque commémorative présente une photo de la ..
Caroline Aupick et l’œuvre de Baudelaire
Aupick favorise l’édition des Œuvres complètes de son fils chez Michel Lévy (1868-1870), préparée par le poète Théodore de Banville et l’écrivain Charles Asselineau.
Deux poèmes des Fleurs du mal la concernent. Ils rappellent l’époque où elle était veuve de François Baudelaire : Je n’ai pas oublié, voisine de la ville évoque l’atmosphère paisible d’une petite maison de campagne, à Neuilly-sur-Seine, où sa mère et lui avaient vécu en 1827 ; La servante au grand cœur dont vous étiez jalouse où Baudelaire reproche à sa mère, ainsi qu'à lui-même, leur ingratitude envers la mémoire d'une domestique défunte.
L'essai en partie autobiographique Morale du joujou évoque la mère du poète. Aupick est parfois mentionnée dans des textes regroupés sous le titre général de Journaux intimes (Fusées, Hygiène, Mon cœur mis à nu).
Notes et références
Bibliographie
Baudelaire, Correspondance, édition de Claude Pichois et Jean Ziegler, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2 vol., 1973. Baudelaire, Lettres à sa mère, correspondance établie, présentée et annotée par Catherine Delons, Manucius, 2017. Baudelaire, Œuvres complètes, édition de Claude Pichois, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2 vol., 1975-1976. Catherine Delons, L’Idée si douce d’une mère, Charles Baudelaire et Caroline Aupick, Les Belles Lettres, 2011. Catherine Delons, Narcisse Ancelle, persécuteur ou protecteur de Baudelaire, Du Lérot, 2002. Claude Pichois et Jean Ziegler, Baudelaire, Paris, Julliard, 1987, rééd. Paris, Fayard, 2005. Claude Pichois et Jean-Paul Avice, Dictionnaire Baudelaire, Du Lérot, 2002. Cosimo Trono, L’Or du diable, Baudelaire et Caroline Dufays, Fiction analytique, Paris, L’Harmattan/Penta Éditions, 2003. Franca Zanelli Quarantini, Storia di madame Aupick gia' vedova Baudelaire, Roma, Castelvecchi, 2016. Franca Zanelli Quarantini, Caroline, mère de Baudelaire. Un livre perpétuel, Monaco, LiberFaber, 2018. « L'autre muse de Charles Baudelaire », 50-50 Magazine | « Les péripéties de l'égalité femmes/hommes ».
Liens externes
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