et sont des termes désignant une vidéo ou un long-métrage mettant en scène la torture, le meurtre, le suicide ou le viol d'une ou plusieurs personnes. Dans ces films clandestins, la victime est censée ne pas être un acteur mais une personne véritablement tuée ou torturée. Le thème du est devenu un élément de la culture populaire, et un certain nombre de films abordent ce thème, également retrouvé dans la littérature et le jeu vidéo.
Histoire Scandales Dans les années 1970, un certain courant cinématographique était à la recherche d'un réalisme le plus cru possible dans la violence et la mort. Entre autres, plusieurs réalisateurs italiens ont mis en scène des récits de cannibalisme, de torture ou de viol dans quelques films relativement célèbres : , Le Dernier Monde cannibale, Cette chienne de vie, Salò ou les 120 Journées de Sodome
Ces films font scandale, des rumeurs accusant certains réalisateurs d'avoir été trop loin en filmant des mises à mort réelles d'animaux ou d'êtres humains ou même en les provoquant. Ces derniers s'en sont défendus, évoquant la seule qualité de leurs effets spéciaux. En 1976, Carter Stevens décide de rajouter une scène choc au film de , The Slaughter, que Stevens renomme . Cette scène avait pour but de faire croire au spectateur que le pseudo-scénariste du film violait une des actrices du film avant de la tuer de manière très barbare.. Cette scène crée une polémique qui débouche sur des enquêtes policières.
(1980) de Ruggero Deodato présente des scènes de meurtres d'animaux et humains d'une rare violence, mais également le viol d'une femme que l'on verra par la suite empalée. Seule la barbarie animale fut cependant avérée, les acteurs ayant affirmé au procès de Deodato que le reste était faux.
La série de films japonais de Hideshi Hino, notamment le premier opus () et le second (), crée la polémique en embrouillant volontairement le spectateur. L'aspect du film est si réaliste qu'il laisse croire au spectateur qu'il regarde d'authentiques , bien que tout soit factice.
Phénomènes affiliés
Si le tel que représenté par l'imaginaire collectif semble plus appartenir à la légende qu'à une réalité tangible, les agressions et les meurtres filmés existent effectivement. Face à la mort (en anglais Faces of Death) est encore un autre genre : c'est un film qui se veut documentaire sur les différentes formes que peut revêtir la mort. Il mélange des morts réelles (d'animaux et d'humains) avec des mises en scène évidentes (exécution d'un condamné sur la chaise électrique).
Avec Internet, la tendance est au développement de la diffusion de ce genre de films.Les « Red Rooms » du deep web: du mythe à la réalité, 7 juin 2018, par Valentine Leroy. Sur la toile circulent des vidéos montrant des mises à mort ou tortures en temps de guerre ou de guérilla, des lynchages, des morts violentes par accident En 2004 et 2005, certains de ces films ont beaucoup fait parler d'eux car ils ont fait écho à l'actualité : il s'agit des vidéos diffusées par des groupuscules extrémistes et montrant la décapitation d'otages, notamment américains, après la seconde guerre d'Irak. Si les raisons de la consommation de tels films ou images ont quelques ressemblances avec celles qu'on prête aux consommateurs de snuff movies (fascination pour la violence et la mort, pulsion de destruction, voire de perversion dans certains cas), leur production n'obéit pas à la même logique. Dans le snuff movie tel qu'il est défini, la mise à mort elle-même n'a pour objectif que l'excitation morbide voire sexuelle qu'elle peut engendrer et donc, en arrière-plan, le profit financier que peut apporter un tel matériel. Dans ces autres types de films, les mises à mort ont d'autres raisons incluant notamment guerre, idéologie, extrémisme religieux, haine et colère d'une foule, et leur captation est souvent fortuite ou bien effectuée également pour des raisons idéologiques (frapper l'opinion publique).
En 2007, des meurtres atroces commis en Ukraine par deux personnes connues sous le nom de fous de Dniepropetrovsk pourraient s'apparenter au phénomène puisqu'au moins un des crimes a été filmé par ses auteurs, celui de Sergueï Yatzenko, avant d'être diffusé sur Internet.
Le meurtre de Lin Jun par Luka Rocco Magnotta aussi. Lin Jun était un Chinois installé à Montréal au Canada. Le ., une vidéo montée de près de 11 minutes. est mise en ligne sur le site Internet Bestgore.com. Un homme ligoté – non identifié – apparaît. Nous pouvons voir ensuite Jun Lin se faire égorger avec un tournevis peint pour ressembler à un pique à glace. Magnotta coupe ensuite une fesse avec un couteau et une fourchette, sans que l’on sache s’il s’agit d’un véritable acte de cannibalismeStéphane Bourgoin, Le dépeceur de Montréal, émission L'heure du crime sur RTL, 27 août 2012. La mise à mort n’a pas été filmée. Le cadavre de la victime est ensuite mutilé, démembré et violé.... La vidéo a comme fond sonore la chanson du groupe New Order et bande originale du film American Psycho, True Faith.. Dès le , sous différents pseudonymes, Magnotta a publié sur des forums des commentaires annonçant la publication dans le web profond d’une vidéo : 1 Lunatic 1 Ice Pick. Il est arrêté à Berlin le . Lors de son procès, il reconnaît les faits, mais plaide la démence passagère ; il est reconnu coupable et condamné à la prison à vie.
En 2021, le collectif StopFisha, qui lutte contre les violences sexistes diffusées sur le web, alerte les plate-formes de diffusion de contenus sur la présence de vidéos de meurtres de femmes sur ces dernières et pointe leur absence de réaction face au phénomène malgré leur large diffusion et les nombreux signalements.
En 2025, plusieurs médias français, dont Libérationhttps://www.liberation.fr/societe/police-justice/torture-de-chats-en-ligne-plongee-dans-les-reseaux-de-la-cruaute-20250828_MTPFTSQ5C5FNPITAZJYBVO6N3A/, L'Humanitéhttps://www.humanite.fr/societe/liberation/chats-amputes-demembres-brules-attaches-etrangles-sans-peau-pendus-crucifies-et-toujours-vivants-liberation-revele-un-nouveau-pan-de-la-t, Le Pointhttps://www.lepoint.fr/societe/pattes-brisees-corps-brules-le-commerce-macabre-des-videos-de-torture-de-chats-28-08-2025-2597207_23.php et Géo dénoncent la circulation de vidéos diffusées sur les réseaux sociaux mettant en scène la torture et la mise à mort de chats et chatons, vidéos sans doute originaires de Chine. Ces vidéos seraient réalisées à la demande de "clients", payant jusqu'à 1000 dollars pour les visionner.
Caractéristiques Le , du terme anglais , . et du mot snuffen ou snuppen Wycliffe's Bible in Wycliffe tr. (i.e. 1384) Exodus xxv.38 where the snoffes ben quenchid; cf. xxxvii.23., est une vidéo dans laquelle un ou plusieurs individus sont torturés et/ou tués, avec ou sans consentement. Dans un tel film, il est suggéré que ce ne soit pas un acteur qui mime la mort mais une personne qui est véritablement assassinée. Ce genre de film circulerait ensuite dans un circuit fermé de riches amateurs de crimes où les cassettes s'achèteraient à prix d’or.
Les rumeurs sur l'existence des existent depuis les années 1970, mais ces films restent toutefois considérés comme une légende urbaine.. La première utilisation du terme est dans un livre publié en 1971 par Ed Sanders, . Dans le livre, un membre anonyme de la Famille Manson allègue que la Famille était impliquée dans la fabrication d'un tel film en Californie pour enregistrer leurs meurtres. Toutefois, il admet qu'il n'a jamais vu la vidéo en question et que cette information n'était qu'une rumeur qui circulait. L'usage métaphorique du terme pour désigner le meurtre semble être dérivé d'un verbe signifiant « moucher une bougie ». Le mot a été utilisé comme tel dans l'argot anglais autrefois.
Le débat sur les pose aussi la question de la fascination des humains pour la violence réelle..
Les archives historiques montrant des images violentes, par exemple les vidéos de massacre de juifs par peloton d'exécution, ne sont pas considérés comme des snuff movie et peuvent donc être légalement visionnés et diffusés.
Polémiques sur son existence En 2001, la journaliste française Sarah Finger publie un ouvrage relatant son enquête de deux années sur le phénomène des snuff movies, notamment auprès d'Interpol et du FBISarah Finger. La Mort en direct, Snuff movies, Le Cherche midi éditeur, Paris.. Elle y explique pourquoi elle met en doute à ce jour l'existence de ces films et semble les ranger dans le domaine des légendes urbaines et des rumeurs circulant sur Internet. Le sociologue Jean-Bruno Renard estime également que les snuff movies sont sans doute une légendeVéronique Campion-Vincent et Jean-Bruno Renard, Légendes urbaines - Rumeurs d'aujourd'hui, éditions Payot, Paris, 2002.Véronique Campion-Vincent et Jean-Bruno Renard, De source sûre : nouvelles rumeurs d'aujourd'hui, éditions Payot, Paris, 2002, 383 p..
Cependant, d'après un article du journal britannique , les autorités russes ont en l'an 2000 procédé à l'arrestation de Dmitri Vladimirovitch Kouznetsov, 30 ans, réalisateur russe de vidéos de type snuff contenant du viol, de la torture et le meurtre réels d'enfants. Toujours d'après l'article, l'enquête montre que l'individu écoulait à prix d'or sa production dans des pays comme la Grande-Bretagne ou l'Italie à destination d'une clientèle sadique et pédophile.. Toutefois, en définitive, la justice russe ne semble pas avoir retenu contre lui la qualification de meurtre : Kouznetov semble avoir été condamné à 3 ans de prison pour production et distribution de pornographie infantile. For example, Moscow’s Dorogomilovsky district court reviewed a criminal case against citizen, Kuznetsov, for distribution of child pornography, including sexual acts with children, on the internet network. Kuznetsov was sentenced to three years imprisonment. (UNICEF), HUMAN TRAFFICKING IN THE RUSSIAN FEDERATION report (consulté le 13 novembre 2012)..
Cas notable En , Peter Scully est arrêté pour avoir prétendument transféré, sous forme de flux continu dans le Dark web., des vidéos pay-per-view de lui-même abusant sexuellement, torturant et tuant des jeunes filles. Les vidéos de ces actes furent vendues et circulèrent aussi sur divers sites torrent. L'une de ces vidéos est Daisy's Destruction. On y voit une complice de Peter Scully, Liezyl Margallo, torturer, violer et, au moins dans un cas, tuer des petites filles âgées de 18 mois à 12 ans. Alors qu'ils cherchaient Scully aux Philippines, les enquêteurs ont réussi à découvrir le sort des trois principales victimes de la vidéo. Liza a été retrouvée en vie, tout comme Daisy, bien que son traitement ait été si vicieux qu'elle souffre de blessures physiques durables. Cindy, onze ans, a été assassinée par Scully. Avant d'être étranglée à mort avec une corde, la jeune fille a été victime de viols et de tortures et a été forcée de creuser sa propre tombe. Scully s'est filmé en train de tuer Cindy.
Culture populaire Cinéma De nombreux films se sont inspirés de la légende du .. Dès 1960, Le Voyeur de Michael Powell raconte l'histoire d'un homme qui assassine de jeunes femmes tout en les filmant avec une caméra portable. À la suite du succès de Snuff qui popularise le mythe des snuff movies dans les années 1970, d'autres films se mettent à aborder ce thème. En 1979, Hardcore de Paul Schrader est le premier film hollywoodien à s'intéresser au phénomène et à parler des liens entre le milieu pornographique et le .. En 1976, le film érotique Black Emmanuelle en Amérique de Joe D'Amato fait d'ailleurs parler de lui avec une scène très réaliste de ..