Un ardèche, appelé vin de pays de l'Ardèche de 1968 jusqu'en 2009, est un vin français d'indication géographique protégée (le nouveau nom des vins de pays). Cette production de vin était labellisée vin de pays par décret depuis le . Au nom de l'IGP peut être rajouté le nom de l'unité géographique « coteaux de l'Ardèche ».
Histoire Origines du vignoble La vigne existe en Ardèche depuis la fin du Tertiaire, avec des variétés indigènes, puisque ses feuilles fossilisées dans des dépôts de diatomées ont été trouvées dans des couches du Pliocène aux environs de Privas. Elles proviennent d'une vigne identifiée comme vitis previnifera Sap.La vigne et son importance mondiale. Selon Louis Levadoux, ce type de vigne marque le passage entre les vignes asiatiques et la vigne européenne apte à faire du vinLouis Levadoux, Les populations sauvages et cultivées de vitis vinifera l..
Sous l'Antiquité, et en particulier au cours de la colonisation romaine, la vigne fut prospère comme le prouve le nom de Valvignères. Sa plus ancienne graphie est in Vallevinaria (attesté en 892), un toponyme d'origine latine signifiant la « vallée productrice de vins ». Et dans son Histoire naturelle, Pline l'Ancien relate l'existence d'un cépage sélectionné par les Helviens
Vins ordinaires Au , Olivier de Serres, apprécie les vins d’Ardèche
vignette|gauche|Transport du vin en Ardèche. Les routes muletières, très utilisées jusqu'à la fin du , sont au nombre de quatre. Les mules étaient alors le seul moyen sûr de transports dans la montagne ardéchoise et permettaient de passer de la marchandise du Vivarais au Velay. Elles étaient toujours tracées sur les crêtes et servaient aux muletiers à transporter le vin des vallées ardéchoises en montagne. Il était d'ailleurs affirmé que le vin se bonifiait en altitude. Le voyage de retour permettait de redescendre des grains, principalement de la lentille du PuySur les pas des muletiers en Ardèche méridionale. Muletier était un titre : un porteur de vin, pour pouvoir y avoir droit, devait posséder six mulets ou plus, équipés de toutes pièces. Maître de ses bêtes, comme le vigneron l'était de sa terre, les muletiers, comme les marins, avaient un sentiment religieux profond. Un des lieux de leur dévotion était la cathédrale du Puy-en-Velay et sa vierge noire.. Le vin était transporté dans des outres de peau (bœuf ou chèvre) d'une contenance de huit setiers soit de vin. Ces outres servaient à contenir le grain du retour. Sèches, on les faisait tremper pour leur redonner leur souplesse ; définitivement hors d’usage, elles étaient rétrocédées aux savetiers qui s'en servaient pour faire des semelles de chaussures. Comme l'activité viticole était importante dans la partie sud de l’Ardèche (production supérieure des 2/3 à la consommation), le vin fut longtemps objet d'exportation vers les régions ardéchoises du haut-plateau..
vignette|Chabrot en Ardèche. vignette|Cave coopérative des vignerons de Saint-Just-d'Ardèche lors des vendanges en 1924. Au début du , le vignoble s'étend sur plus de et les vignerons se regroupent en caves coopératives qui, un siècle plus tard, vinifient près de 90 % de la récolte. Au cours de ce siècle, le vignoble ardéchois a fortement évolué. Des hybrides ont été plantés pour reconstituer le vignoble après le phylloxéra. Jusqu'aux années 1950, dans le sud du département, la production vinicole était à 99,5 % composée de vins ordinaires (des « vins de table », VDT, les actuels VSIG). Le travail de la vigne en était facilité car les cépages hybrides résistaient à la maladie (donc peu de traitements) et au gel. C'est ce breuvage que découvrit Jean Ferrat quand il s'installa en Ardèche et qui était déjà en voie de disparition : Le vin ne sera plus tiré C'était une horrible piquette Mais il faisait des centenaires À ne plus que savoir en faire S'il ne vous tournait pas la tête..
Vin de pays, puis IGP Car le pari d'un peu plus de qualité avait été lancé afin d'en finir avec la vente en vrac et se diriger vers la vente en bouteilles sur le lieu de production par les vignerons eux-mêmes. La reconversion du vignoble devint une nécessité et fut entreprise au cours des années 1970. Les hybrides furent arrachés et on replanta des cépages jugés plus nobles tel que grenache, cinsault, syrah, gamay, cabernet sauvignon ou merlot. Les premiers débouchés commerciaux de ces vins furent liés au tourisme. C'est dans ce cadre que, dans les Cévennes ardéchoises, a été redécouvert, au cours des années 1990, le chatus noir, un cépage autochtone, dont la culture avait été anéantie par le phylloxéra en 1880. Elle a été relancée avec succès. Tout comme le tourisme, la viticulture ardéchoise est un des moteurs du développement économique du département. Par son importance, c'est la première production agricole départementale et le troisième vignoble de la région Rhône-Alpes.
Le vignoble exempt de cépages hybrides put produire du vin revendiqué sous le nom « vin de pays de l'Ardèche » : les pouvoirs publics créent en 1968 le label « vin de pays » (VDP), publié au JORF du .. En 1974, est défini une aire de production (plus restreinte) du « vin de pays des coteaux de l'Ardèche », publié au JORF du . ; en 1981, quelques critères sont fixés par décret pour encadrer sa production (aire de , autorisés et rendement maximum à ), publié au JORF du numéro complémentaire..
vignette|gauche|IGP ardèche syrah. Dans le cadre de la réforme de la filière viti-vinicole et de l'harmonisation européenne, les vins de pays changent de nom en 2009 pour devenir des indications géographiques protégées (IGP), publié au Journal officiel de l'Union européenne du . et dépendent désormais pour leur contrôle de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO). ; les vin de pays de l'Ardèche et vin de pays des coteaux de l'Ardèche deviennent donc le respectivement l'IGP et l'IGP , publié au Journal officiel de l'Union européenne C 187 du .. Le cahier des charges est publié en (regroupement des deux IGP, le nom « coteaux de l'Ardèche » pouvant être rajouté à la suite du nom « ardèche » ; extension de l'aire à onze commune du Gard ; autorisés ; possibilité de faire du mousseux ; rendement maximum à ), publié au JORF du ., puis modifié en (ajout du chapitre « Lien causal entre la spécificité de la zone géographique et la spécificité du produit »), publié au JORF du ., en (abandon du mousseux ; ajout du cépage couston ; rendement maximum pour les rosés qui passe de 90 à ), modifié par l'arrêté du publié au JORF du ., en (contrôle organoleptique), modifié par l'arrêté du publié au JORF du . et en (ajout de onze VIFA), homologué par l'arrêté du publié au JORF du ..
Vignoble Aire de production
vignette|Vignoble de Saint-André-de-Roquepertuis. Coincé entre la vallée du Rhône à l’est, sur une longueur de 140 kilomètres, et les hauts-plateaux volcaniques du Massif central à l’ouest, le département de l'Ardèche correspondant à l'ancienne province du Vivarais. Sa zone de production couvre hectares et s'étend sur .. L'IGP (indication géographique protégée) déborde dans une petite partie du Gard, sur les communes d'Issirac, Laval-Saint-Roman, Le Garn, Montclus, Saint-André-de-Roquepertuis, Saint-Privat-de-Champclos, Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan, Barjac, Rochegude, Rivières et Saint-Denis.
Dans la région de la vallée du Rhône, l'IGP jouxte territorialement les grands crus des côtes-du-rhône (côte-rôtie, saint-joseph, cornas, saint-péray). C'est en limite de ces aires délimitées en AOC, que se trouvent les parcelles aptes à pouvoir revendiquer la labellisation de leurs vins en indication géographique protégée. Leurs cépages sont soit identiques à leurs grands voisins (syrah N, viognier B) ou des cépages nobles venus d'autres grandes régions viticoles (merlot N, cabernet sauvignon N, caladoc N, etc.).
Dans la zone du Coiron, qui se trouve en limite avec le Bas-Vivarais, s'est développée une viticulture importante en dépit des aléas climatiques. Les vignes sont en effet soumises à des amplitudes thermiques liées essentiellement à l’altitude. Les viticulteurs, pour pallier cet inconvénient, ont choisi des cépages précoces qui souffrent moins de ces variations. De plus ces variétés permettent d'élaborer, surtout en rosé, des vins typés et à forte personnalité.
Par contre, en Bas-Vivarais, les meilleurs vins sont produits à partir des vignes implantées sur des coteaux et des plateaux secs et arides. Le grenache N se complait en coteaux alors que la syrah N préfère les sols un peu plus riches. Dans cette zone, sévit la sécheresse estivale et la végétation endémique est de type méditerranéen. On y rencontre le thym, la sarriette, le fenouil, l'aspic et la lavande dont les senteurs se retrouveront dans les arômes des vins.
Dans les Cévennes, la vigne s'est très bien adaptée dans un terroir dont l'altitude moyenne se situe entre 200 et d’altitude. Les vignobles sont installés sur des faïsses - terrasses soutenues par des murets de pierres sèches - soigneusement entretenues par les viticulteurs. Ces emplacements, exposés plein sud, offrent aux raisins d'excellentes conditions de maturité phénolique. Les cépages les plus utilisés sont le gamay N, implanté en moyenne altitude, en partie basse des Cévennes méridionales, tandis que les syrah N, cinsault N, grenache N et chatus N occupent les coteaux.
Coteaux de l'Ardèche Le nom de l'IGP , un nom complémentaire limité à une vaste zone dans la partie méridionale de l'aire de production, concernant : 149 communes du département de l'Ardèche : Ailhon, Aizac, Alba-la-Romaine, Les Assions, Astet, Aubenas, Aubignas, Baix, Balazuc, Banne, Barnas, Beaulieu, Beaumont, Berrias-et-Casteljau, Berzème, Bessas, Bidon, Bourg-Saint-Andéol, Chambonas, Chandolas, Chassiers, Chauzon, Chazeaux, Chirols, Chomérac, Cruas, Darbres, Dompnac, Fabras, Faugères, Fons, Genestelle, Gras, Gravières, Grospierres, Jaujac, Joannas, Joyeuse, Juvinas, Labastide-de-Virac, Labastide-sur-Bésorgues, Labeaume, Labégude, Lablachère, Laboule, Lachamp-Raphaël, Lachapelle-sous-Aubenas, Lagorce, Lalevade-d'Ardèche, Lanas, Largentière, Larnas, Laurac-en-Vivarais, Lavilledieu, Laviolle, Lentillères, Loubaresse, Lussas, Malarce-sur-la-Thines, Malbosc, Mayres, Mercuer, Meyras, Meysse, Mézilhac, Mirabel, Montréal, Montselgues, Orgnac-l'Aven, Payzac, Planzolles, Pont-de-Labeaume, Le Pouzin, Prades, Pradons, Prunet, Ribes, Rochecolombe, Rochemaure, Rocher, Rochessauve, Rocles, Rosières, Ruoms, Sablières, Saint-Alban-Auriolles, Saint-Andéol-de-Berg, Saint-Andéol-de-Vals, Saint-André-de-Cruzières, Saint-André-Lachamp, Saint-Bauzile, Saint-Cirgues-de-Prades, Saint-Didier-sous-Aubenas, Sainte-Marguerite-Lafigère, Saint-Étienne-de-Boulogne, Saint-Étienne-de-Fontbellon, Saint-Genest-de-Beauzon, Saint-Germain, Saint-Gineis-en-Coiron, Saint-Jean-le-Centenier, Saint-Joseph-des-Bancs, Saint-Julien-du-Serre, Saint-Julien-en-Saint-Alban, Saint-Just-d'Ardèche, Saint-Lager-Bressac, Saint-Laurent-sous-Coiron, Saint-Marcel-d'Ardèche, Saint-Martin-d'Ardèche, Saint-Martin-sur-Lavezon, Saint-Maurice-d'Ardèche, Saint-Maurice-d'Ibie, Saint-Mélany, Saint-Michel-de-Boulogne, Saint-Montan, Saint-Paul-le-Jeune, Saint-Pierre-la-Roche, Saint-Pierre-Saint-Jean, Saint-Pons, Saint-Privat, Saint-Remèze, Saint-Sauveur-de-Cruzières, Saint-Sernin, Saint-Symphorien-sous-Chomérac, Saint-Thomé, Saint-Vincent-de-Barrès, Salavas, Les Salelles, Sampzon, Sanilhac, Sceautres, La Souche, Tauriers, Le Teil, Thueyts, Ucel, Uzer, Vagnas, Valgorge, Vallées-d’Antraigues-Asperjoc, Vallon-Pont-d'Arc, Vals-les-Bains, Valvignères, Les Vans, Vernon, Vesseaux, Villeneuve-de-Berg, Vinezac, Viviers et Vogüé ; onze communes du département du Gard : Barjac, Le Garn, Issirac, Laval-Saint-Roman, Montclus, Rivières, Rochegude, Saint-André-de-Roquepertuis, Saint-Denis, Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan et Saint-Privat-de-Champclos.
Orographie et géologie vignette|Vignobles de Chassagnes.