Le Champ d'honneur national ( National Field of Honour) est un cimetière militaire destiné aux anciens combattants canadiens et alliés ainsi qu'à leurs personnes à charge admissibles. Il est situé à Pointe-Claire, au Québec, au Canada.
Description vignette|gauche|Pierres tombales.
Fondé en 1930 et agrandi à plusieurs reprises, le Champ d'honneur national a été désigné lieu historique national du Canada en 2007..Le Champ d’honneur était le premier cimetière exclusivement militaire au Canada depuis la fermeture de l’ancien cimetière de l’avenue Papineau en 1869Serge Durflinger, Je me souviens, Montréal, Fonds du Souvenir, 2000, ..
Le cimetière est situé entre Pointe-Claire et Beaconsfield, du côté nord de l'autoroute 20, à la sortie 48. Il est administré par le Fonds du Souvenir et compte une petite équipe chargée de l'administration et de l'entretien du terrain. Des programmes de bénévolat soutiennent les visites éducatives et les cérémonies commémoratives..
Deux fois par année, le Champ d'honneur national accueille d'importantes cérémonies commémoratives publiques : l'une durant la seconde moitié du mois de mai et l'autre à l'occasion du jour du Souvenir, le 11 novembre. Au fil des décennies, le site s'est enrichi de divers artéfacts et monuments commémoratifs. Avec plus de 22 000 inhumations, il constitue le plus grand cimetière militaire du Canada..
À titre de division du Fonds du Souvenir, le cimetière bénéficie du patronage du gouverneur général du Canada, qui agit comme patron en chef du Fonds du SouvenirSerge Durflinger, Je me souviens, Montréal, Fonds du Souvenir, 2000, ....
Histoire
Le Champ d'honneur national a été créé et est entretenu par le Fonds du Souvenir, un organisme de bienfaisance fondé par Arthur Hair en 1909Durflinger, Serge. Je me souviens. Montréal : Fonds du Souvenir, 2000, p. 12..
La mission du Fonds du Souvenir est de veiller à ce qu'aucun ancien combattant ne soit privé de funérailles et d'une sépulture dignes, ni d'une pierre tombale militaire, en raison d'un manque de ressources financières au moment de son décès. Son principal mandat consiste à administrer le Programme pour les funérailles et l'inhumation d'Anciens Combattants Canada, qui offre des prestations pour les funérailles, l'inhumation et le marquage des tombes des vétérans canadiens et alliés admissibles. En plus de ce programme, le Fonds du Souvenir et le Champ d'honneur national appuient diverses initiatives visant à préserver la mémoire des vétérans canadiens et alliés.
Le Champ d'honneur national de Pointe-Claire a été consacré le 21 septembre 1930. En date de 2025, plus de 22 000 inhumations et mises en terre y avaient eu lieu. Le Champ d'honneur national se distingue des autres cimetières militaires canadiens par le fait que toutes les pierres tombales sont encastrées au niveau du sol. Tous les vétérans, qu'ils aient été généraux ou soldat, reposent côte à côte sur un pied d'égalité.
Le cimetière comprend également 16 sépultures de guerre de la Seconde Guerre mondiale, enregistrées par la Commission des sépultures de guerre du CommonwealthRapport du cimetière de la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth.. Le nombre de tombes liées aux principaux conflits outre-mer demeure relativement faible au Canada, puisque les militaires morts au combat étaient généralement inhumés dans des cimetières militaires situés à l'étranger, le transport des dépouilles sur de longues distances étant alors rarement possible.
Aménagement du cimetière
Les plans du Champ d'honneur national s'inspirent du style Art déco, populaire à l'époque de la création du cimetière. Le plan d'origine comprend une allée centrale pavée traversée par trois cercles paysagers situés à égale distance les uns des autres. Chacun de ces cercles est dominé par un monument. À partir de chaque cercle, des sentiers transversaux rejoignent deux allées latérales, créant un motif en forme de croix. Les voies de circulation du cimetière portent les noms de vétérans canadiens distingués ou d'événements militaires.
Les parcelles situées entre les allées sont recouvertes de gazon dans lequel les pierres tombales sont encastrées au niveau du sol. Une haie de cèdres borde le terrain, tandis que des arbres feuillus et conifères disposés de manière informelle servent de points d'intérêt verticaux. D'autres arbres, plantés selon un aménagement plus formel, longent l'allée principale.
Les agrandissements réalisés ultérieurement vers l'ouest, de même que l'ajout de monuments et de bâtiments, ont préservé le concept initial tout en s'éloignant de la symétrie du plan d'origine. En 2005, le cimetière s'est doté d'un columbarium en granit comprenant douze unités. En 2025, le Fonds du Souvenir, avec l'appui de la succession de Doug Ferguson, a aménagé un petit jardin d'eau en mémoire des soldats canadiens inhumés au cimetière de Brookwood, dans le comté de Surrey, en Angleterre.
Origine des noms de rues du Champ d’honneur national alt=Photo d’un panneau au Champ d’honneur national montrant le plan du cimetière|vignette|400x400px|Carte du Champ d’honneur national à Pointe-Claire, Québec
Les rues du Champ d’honneur national portent le nom de personnalités militaires et philanthropiques ainsi que de lieux marquants de l’histoire militaire canadienne. Ces dénominations s’inscrivent dans la mission commémorative du site, géré par le Fonds du Souvenir (Last Post Fund), et visent à honorer les contributions des anciens combattants et des figures associées à leur mémoire. Joseph Paul Émile Bernatchez Joseph Paul Émile Bernatchez (1911-1983) est un officier de l'Armée canadienne et l'un des plus hauts gradés francophones de sa génération. Né à Montmagny, au Québec, il s'enrôle dans la Force permanente avant la Première Guerre mondiale et entreprend une longue carrière militaire marquée par une progression constante dans la hiérarchie. Il atteint ultimement le grade de major-général. En 1943, durant la Campagne d'Italie (Seconde Guerre mondiale), il commande le Royal 22e Régiment. En mars 1944, il est nommé commandant de la 3e Brigade d'infanterie canadienne. Après la guerre, il occupe plusieurs postes de haut niveau, notamment celui de commandant de la mission militaire canadienne au Moyen-Orient en 1951, puis celui de commandant du Commandement du Québec. Sa carrière est souvent citée comme un exemple important de l'avancement de la représentation francophone et du bilinguisme au sein de l'Armée canadienne à une époque où ces possibilités demeuraient limitées. J.P.E. Bernatchez est inhumé au Champ d'honneur national. William Avery « Billy » Bishop, VC Billy Bishop (1894-1956) est un aviateur canadien de la Première Guerre mondiale et l’un des as les plus célèbres du Commonwealth, crédité de 72 victoires aériennes. Il reçoit la Croix de Victoria pour une attaque en solo en 1917 contre un aérodrome allemand, au cours de laquelle il détruit plusieurs appareils ennemis et fait preuve d’un courage exceptionnel ainsi que d’une grande initiative en territoire ennemi. Romuald Bourque Romuald Bourque (1889-1974) est un homme d’affaires, publiciste et homme politique québécois ayant occupé des fonctions municipales, fédérales et sénatoriales. Il est maire d’Outremont de 1949 à 1964, période durant laquelle la municipalité connaît une croissance importante dans le contexte de l’après-guerre. Élu député libéral de la circonscription d’Outremont–Saint-Jean en 1952, il est réélu à quatre reprises avant d’être nommé au Sénat du Canada le 6 juillet 1963 pour la division de De la Vallière (division sénatoriale canadienne), au Québec. Il y siège jusqu’à son décès en 1974. Son parcours illustre une participation prolongée à la vie politique municipale et fédérale du Canada au cours du XXe siècle. J. Bruce Brown James Bruce Brown (1894-1973), est un philanthrope canadien et directeur du Fonds du Souvenir (Last Post Fund) ayant joué un rôle dans le développement du cimetière militaire. Selon sa pierre tombale, il sert durant la Première Guerre mondiale au sein du Corps expéditionnaire canadien comme soldat du rang dans le 18e Bataillon (Western Ontario). Après la guerre, il occupe des fonctions de direction au sein du Fonds du Souvenir, où il contribue au financement et au développement d’infrastructures commémoratives sur le site du Champ d’honneur national, notamment la chapelle œcuménique située dans la tour sud de la Porte du Souvenir, achevée en 1973, ainsi que la résidence du gardien du cimetière. Pour son engagement au service des anciens combattants, il reçoit la Médaille du service méritoire du gouverneur général du Canada. Ses contributions soutiennent l’expansion des infrastructures commémoratives du Champ d’honneur national, renforçant son rôle comme cimetière militaire destiné aux vétérans canadiens et alliés. J. Bruce Brown est inhumé au Champ d'honneur national. Arthur Currie Le général sir Arthur Currie (1875-1933) est un haut gradé de l’Armée canadienne ayant servi durant la Première Guerre mondiale. Il se distingue par un parcours exceptionnel, ayant commencé sa carrière militaire comme simple artilleur dans la milice avant-guerre avant de gravir les échelons jusqu’à devenir le premier Canadien à commander le Corps canadien. Charles-Michel d'Irumberry de Salaberry Charles-Michel d'Irumberry de Salaberry (1778-1829) est un officier militaire canadien-français et chef de milice reconnu pour son rôle durant la guerre de 1812, particulièrement dans la défense du Bas-Canada contre une invasion américaine. Né à Beauport, au Québec, il entre au service de l'armée britannique dès son adolescence et participe à plusieurs campagnes dans les Antilles et en Europe avant de revenir au Canada en 1810. Il organise et commande ensuite les Voltigeurs canadiens, qui jouent un rôle déterminant lors de la bataille de la Châteauguay en 1813 et contribuent à repousser l'offensive américaine vers Montréal. Pour ses services, il est nommé compagnon de l'Ordre du Bain et devient l'une des figures les plus célébrées de l'histoire militaire canadienne. Benjamin d’Urban Sir Benjamin d'Urban (1777 – 25 mai 1849), commandant des forces britanniques en Amérique du Nord, est décédé à Montréal en 1849. Il est principalement connu pour sa politique frontalière comme gouverneur de la colonie du Cap (aujourd’hui en Afrique du Sud, où la ville de Durban porte son nom). Entré dans l’armée en 1793, il participe aux guerres napoléoniennes et se distingue particulièrement pendant la guerre d'indépendance espagnole à titre de quartier-maître général. Benjamin d'Urban est inhumé au Champ d'honneur national. Frederick Fisher, VC Le colonel Frederick Fisher, VC (1895-1915), est le premier militaire servant au sein d'une unité canadienne à recevoir la Croix de Victoria durant la Première Guerre mondiale. Né à St. Catharines, en Ontario, et élevé à Montréal, il étudie à l'Université McGill lorsqu'il s'enrôle au sein du 13e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien en 1914. Lors de la deuxième bataille d'Ypres, le 23 avril 1915, il met à plusieurs reprises sa mitrailleuse en action sous un feu ennemi intense afin de couvrir le retrait de l'artillerie et d'appuyer l'avance de l'infanterie. Pour ces actions, il reçoit la Croix de Victoria à titre posthume.
Arthur Hair Arthur Hair (1873-1947) est un militaire et vétéran canadien d'origine britannique, surtout connu comme fondateur du Fonds du Souvenir (Last Post Fund), organisme créé afin d'assurer des funérailles, une sépulture et une pierre tombale dignes aux anciens combattants démunis. En 1909, il fonde le Fonds du Souvenir à Montréal après avoir constaté la situation précaire de plusieurs anciens combattants sans ressources. Son œuvre est aujourd'hui reconnue comme l'un des fondements du système canadien d'aide funéraire destiné aux anciens combattants. Arthur Hair est inhumé au Champ d'honneur national. Norman Holland