André du Laurens, né le à Tarascon et mort le , fut premier médecin du roi .
Biographie
Enfance et études Son père est Louis du Laurens, né à Puget près de Chambéry, mort le , qui épouse en 1553, « avec fort peu de moyens », Louise de CastellanOn trouve aussi Castellane., née à Riez, sœur d'un médecin qui deviendra celui du roi .
Le père est d'abord médecin à Tarascon, puis à Arles, où il s'établit afin que ses enfants puissent aller au collège. André est d'abord destiné à être moine à Montmajour, mais, grâce à une judicieuse indiscrétion de sa sœur Jeanne, son désir d'être médecin se déclare.
Il fait ses études de médecine à Avignon, il étudie sept ans sous Louis Duret et soutient sa thèse à Montpellier en 1583. Après quoi il exerce la médecine à Carcassonne. Il succède à Laurent Joubert dans sa chaire à Montpellier. À Montpellier il donne, en français, des leçons sur la goutte, sur la lèpre et sur la véroleAstrucOn peut les trouver à la fin de ses œuvres complètes en français..
Médecin des Grands alt=Gravure de Pierre Firens, extraite de l'ouvrage d'André du Laurens, A. Laurentis de strumis earum causis et curae (Paris, 1609). Henri IV est représenté touchant les écrouelles, exerçant le pouvoir de thaumaturgie qui légitimise sa souveraineté.|vignette|Gravure de Pierre Firens, extraite de l'ouvrage d'André du Laurens, A. Laurentis de strumis earum causis et curae (Paris, 1609). est représenté touchant les écrouelles, exerçant le pouvoir de thaumaturgie qui légitime sa souveraineté. En 1600 il est introduit à la cour par la comtesse de Tonnerre. D'abord médecin de Marie de Médicis, il devient médecin ordinaire d'. Son crédit lui permet de faire nommer deux de ses frères archevêques, Gaspard, d'Arles et Honoré, d'Embrun. Il a un autre frère, Jean (en religion Jérôme), supérieur provincial des capucins à trois reprisesArticle d'ÉloyTelle est l'histoire de sa vie comme on la rapporte généralement, et contre laquelle Jean Astruc s'inscrit en faux..
À la mort de Jean Hucher en 1603, du Laurens est nommé chancelier de l'université de Montpellier, mais il reste à Paris et ses fonctions sont remplies des vice-chanceliersJean Saporta, puis Varandé, selon Astruc, ce qui est contraire aux lois et statuts du Parlement de Toulouse et nécessite un arrêt du Conseil-Privé.
Premier Médecin En 1606, il est nommé premier médecin du roi, à la suite de la mort de Michel MarescotMichaud, mais il meurt lui-même en 1609
Famille vignette|180x180px| Gaspard du Laurens, archevêque d'Arles, en roi mage Gaspard Détail de la chapelle des Rois Mages, primatiale St Trophime, par Louis Finson. André du Laurens fait deux de ses frères archevêques, l'un Honoré de Laurens, archevêque d'Embrun, et l'autre Gaspard, archevêque d'Arles et abbé de Saint-André de Vienne. Il a un autre frère qui est général des Capucins. Un de ses frères cadets meurt en 1639, âgé de , laissant deux fils, l'un conseiller au Parlement et l'autre Maître des requêtes.
Contributions vignette|André du Laurens, détail Malgré le nombre de traductions de ses Discours et la grande diffusion de ses Historia, la place de du Laurens dans l'histoire de la médecine est modeste. Voici ce que dit Éloy : Les ouvrages anatomiques de du Laurens sont plus remarquables par la beauté du style, que par l'exactitude des choses […] il est justement accusé de plusieurs fautes dans l'exposition de la structure du corps humain […] on est encore en droit de lui reprocher de s'être attribué beaucoup de découvertes qu'on avait mises au jour avant lui. Ses erreurs, dit Riolan, viennent de ce qu'il s'en est rapporté au témoignage des autres, au lieu d'examiner lui-même les parties anatomiques dont il fait la description.
Michaud fait écho et lui reproche de s'arrêter trop souvent à des questions oiseuses et de défendre Galien contre Fallope et Vésale :
Toutefois, les quatre « discours » réunis dans son ouvrage de 1594 (sur la vue, la mélancolie, les catarrhes, la vieillesse) — exemple, au , de la diffusion de la science en langue française — lui ont valu une place dans l'histoire de l'ophtalmologie et dans celle de la gérontologie. Son discours sur la mélancolie« Des maladies mélancholiques, & du moyen de les guarir », qui, dit Jacques Postel, , suscite un nouvel intérêt et a été réédité avec un substantiel appareil critique en 2012. C'est dans ce Discours que René Descartes a puisé les exemples de cas de mélancolie cités dans la première des Méditations métaphysiquesAnnie Bitbol-Hespériès, « Descartes face à la mélancolie de la princesse Elisabeth », dans Une philosophie dans l'histoire, Hommages à Raymond Klibansky, éditeurs: B. Melkevik et J.-M. Narbonne, Québec, Presses universitaires Laval, 2000, .Annie Bitbol-Hespériès, article sur André Du Laurens, dans L. Foisneau (dir), Dictionary of seventeenth-century French philosophers, Thoemmes Continuum, NY, 2008, traduction française, Dictionnaire des philosophes français, Classiques Garnier, juin 2015..
À la fois prestigieux praticien de sa science et passeur, ou communicateur scientifique, il veut, dit Évelyne Berriot-Salvadore, .
Il influença le médecin Jacques Ferrand qui publia à Toulouse en 1610 un Traicté de l'Essence et Guérison de l'Amour ou de la Mélancholie Érotique.
Œuvres Sélection Admonitio ad Simonem Petræum, 1593Liste d'Éloy Discours de la conservation de la veuë : des maladies melancoliques : des catarrhes, & de la vieillesse, 1594 En français : Sur Gallica : éditions de 1598 et de 1600 Discours des maladies mélancoliques (1594), Paris, Klincksieck, 2012 — Édition moderne avec appareil critique, préparée par Radu SuciuTony Gheeraert, (Recension), dans Astérion, 13, 2015. Traductions : 1599 : traduction anglaise, de Richard SurphletA discourse of the preservation of the sight of melancholike diseases of rheumes and of old age ; 1618, 1620 : traduction latine, de Johann Theodor SchönleinOu Schönlin : http://viaf.org/viaf/34887006 ; 1626 : traduction italienne, de Giovanni GermanoDiscorsi della conservatione della vista, delle malattie melancoliche, delli catarri e della vecchiaiaFiche SUDOC Triumphus verae et Galenicae demonstrationis de vasorum cordis in foetu communione, Tours, 1593 ; ou Apologia pro Galeno et impugnatio novæ ac falsæ demonstrationis de communione vasorum cordis in foetu, 1595 De crisibus libri tres, 1596 Historia anatomica humani corporis, Paris, 1600 Édition de 1602 en ligne sur Google Books L’histoire anatomique en laquelle toutes les parties du corps humain sont amplement déclarées enrichie de controverses et observations nouvelles, trad. Francois Size, Paris, Jean Bertault, 1610. Historia anatomica : controuersiis, obseruationibus et posterioribus curis authoris adornata, édition de 1650 avec additions de Lazare Meyssonnier
Œuvres complètes Toutes les œuvres de Me André Du Laurens, sieur de Ferrières…, trad. Théophile Gelée, Paris, 1621 sur Google livres Guy Patin (dir.), , 1628
Liste de titres Éloy, Liste d'œuvres disponibles en ligne sur Gallica
Bibliographie Jean Astruc, « André du Laurens, d'Arles », dans Mémoires pour servir à l'histoire de la faculté de médecine de Montpellier, Paris, Cavelier, 1767 Évelyne Berriot-Salvadore, « Les œuvres françaises d'André Dulaurens », dans Esculape et Dionysos. Mélanges en l'honneur de Jean Céard, Genève, Droz, 2008, Extraits sur Google livres Nicolas Éloy, « Du Laurens (André) », dans Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne, , Mons, Hoyois, 1778, Marie Gaille, « Qu’est-ce que l’homme ? La réponse de l’anatomiste ou La médecine comme anthropologie chez André du Laurens », dans Le Français préclassique, 1500–1650, , Paris, Champion, 2007, Jeanne du Laurens, , intr. et notes de Charles de Ribbe, , Paris, J. Albanel, 1868 Louis-Gabriel Michaud, « Du Laurens (André) », dans Biographie universelle ancienne et moderne, ,
Article connexe
Liste des familles subsistantes de la noblesse française (L à Z)
Notes et références
Liens externes
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