Jean-Paul Etienne Dreyfus, dit Jean-Paul Le Chanois, né le à Paris et mort le à Passy en Haute-SavoieRelevé des fichiers de l'Insee, est un cinéaste et homme de théâtre français.

Il est également connu pour son engagement politique au sein du Parti communiste français, son syndicalisme dans le milieu de cinéma et ses activités dans la Résistance sous l'Occupation allemande de la France.

Il est également auteur-compositeur de chansons, telle que Un monsieur me suit dans la rue (interprétée par Édith Piaf et Barbara).

Biographie Jean-Paul Etienne Dreyfus, fils de Raphaël Benjamin Henri Dreyfus, docteur en médecine, et de Charlotte Lucie Lelion, est né le , dans la maison familiale, au 1, rue Ballu dans le 9e arrondissement de Paris Acte de naissance, 9N 158, page 2/31, 1er acte page de droite

Licencié en droit et en philosophie, il poursuit un temps des études de médecine qu'il abandonne pour exercer divers métiers : marin, manœuvre, ouvrier typographe.

En 1930, il entre à La Revue du Cinéma puis joue dans les films de la société Pathé avant de devenir attaché de direction de la société. Il travaille ensuite comme assistant de Julien Duvivier, Alexander Korda, Maurice Tourneur et Jean Renoir avant d'exercer le métier de monteur. Il habite toujours 1 rue Ballu.

Dans les années 1930, il est l'un des animateurs du Groupe Octobre, groupe artistique lié au Front populaire. Jean-Paul Le Chanois réalise ses premiers films avant la guerre (Le Temps des cerises en 1938 et L'Irrésistible rebelle en 1940).

Communiste, et d'origine juiveJean-Paul Le Chanois obtint néanmoins un « certificat de non-appartenance à la race juive », grâce à un baptême catholique secret par sa grand-mère lors de son enfance., il travaille, pendant l'occupation allemande, comme scénariste, sous un prête-nom, pour la Continental-Films, société de production de films français dirigée par les Allemands sous l'OccupationAlfred Greven, le patron de la Continental, aurait déclaré : « pour le cinéma, les Juifs sont les plus forts […] J'ai un juif chez moi, mais il ne sait pas que je le sais » (cf. Roger Richebé, Au-delà de l'écran, Pastorelly, 1977, ).. Jean-Paul Le Chanois a dirigé le Comité de libération du cinéma français, organisme de résistance sous l'Occupation, sous le pseudonyme de Marceau et signé un film: Au cœur de l'orage (1944). Réalisé à partir de séquences filmées dans le Maquis du Vercors, c'est le seul film sur la résistance tourné sous l'Occupation.

Après la guerre, il écrit quelques scénarios et dialogues pour d'autres cinéastes avant de réaliser en 1945 Messieurs Ludovic. En 1948, L’École buissonnière (Grand Prix du Festival de Knokke-le-Zoute), film assorti d'un beau succès commercial. Après La Belle que voilà (1949), il allie le populisme traditionnel du cinéma français au néoréalisme italien d'après-guerre avec Sans laisser d'adresse (1950, Ours d'or au Festival de Berlin en 1951).

Jean-Paul Le Chanois se tourne ensuite vers un cinéma moins élaboré, exploitant une veine souriante et comique. C'est, en 1953, Le Village magique avec Robert Lamoureux et Lucia Bosè, et en 1954, l'un de ses plus grands succès, Papa, Maman, la Bonne et moi, une comédie de mœurs sur la famille française type. Cinéaste engagé, ses films portent un regard sur les avatars contemporains : la crise du logement pour Papa, Maman, la Bonne et moi, l'accouchement sans douleur pour Le Cas du docteur Laurent (1956) ou l'éducation permissive des enfants avec Par-dessus le mur (1961).

Puis il tourne Les Misérables (1958), une des productions les plus coûteuses du cinéma français, avec Jean Gabin dans le rôle de Jean Valjean, Bourvil dans celui de Thénardier et Bernard Blier en inspecteur Javert. En 1964 et 1966 il réalise encore deux films avec Jean Gabin, devenu son acteur fétiche, Monsieur et Le Jardinier d'Argenteuil, avant de mettre un terme à sa carrière cinématographique. Pour l'ORTF, il réalise Madame, êtes vous libre ? (1969).

À la fin des années 1970, il crée une association, L'Image et la Mémoire, « destinée à recueillir les témoignages filmés de tous les vétérans qui avaient fait le cinéma françaisClaude Beylie et Philippe d'Hugues, Les Oubliés du cinéma français, préface de Jean-Charles Tacchella, Éditions du Cerf, 1999, p. 49. ».

Il écrit quelques chansons pour Édith Piaf et Yves Montand et met en scène au théâtre plusieurs pièces dont Phèdre et Don Quichotte. Jean-Paul Le Chanois est élu en 1972 vice-président du Syndicat national des auteurs et des compositeurs CGT.

Il a travaillé comme assistant aux côtés de Julien Duvivier, Alexander Korda, Maurice Tourneur et Jean Renoir, avant d'exercer le métier de monteur.

Dans le film Laissez-passer, son rôle est interprété par Ged Marlon.

Vie privée Son père, Raphaël Benjamin Henri Dreyfus, était docteur en médecine.

Le à , il épouse Naomi Newman, fille d'écrivain, dont il divorce le .

Par application du décret du , il est autorisé à porter le nom de « Le Chanois » . Il se remarie, le à , avec Micheline Germaine Fontaine.

Il aurait également été marié à Emma Le Chanois née Levin (1911-2006), monteuse et assistante réalisatrice.

Il meurt le à Passy, en Haute-Savoie. Incinéré, ses cendres sont dispersées au cimetière parisien de Thiais, dans le Val-de-Marne.

Filmographie sélective Réalisateur Cinéma 1936 : La vie est à nous, coréalisation et coscénario avec Jean Renoir, Jacques Becker, André Zwobada, Pierre Unik, Henri Cartier-Bresson, Paul Vaillant-Couturier, Jacques-Bernard Brunius 1936 : Le Souvenir - Espagne 36 - Documentaire 1937 : Au secours du peuple catholique basque - L'ABC de la liberté - Documentaire 1937 : La Vie d'un homme - Documentaire 1938 : Le Temps des cerises 1939 : Un peuple attend (Au pays du vin) - Documentaire 1940 : Une idée à l'eau (L'Irrésitible Rebelle) 1946 : Messieurs Ludovic 1948 : Au cœur de l'orage - Documentaire 1949 : L'École buissonnière avec Bernard Blier, Édouard Delmont 1950 : La Belle que voilà avec Michèle Morgan, Henri Vidal 1951 : Sans laisser d'adresse avec Bernard Blier, Danièle Delorme 1952 : Agence matrimoniale avec Bernard Blier, Louis de Funès 1954 : Papa, Maman, la Bonne et moi avec Robert Lamoureux, Gaby Morlay, Fernand Ledoux, Nicole Courcel 1955 : Le Village magique avec Robert Lamoureux, Lucia Bosè 1955 : Les Évadés avec Pierre Fresnay, François Périer, Michel André 1955 : Papa, maman, ma femme et moi avec Robert Lamoureux, Gaby Morlay, Fernand Ledoux, Nicole Courcel 1957 : Le Cas du docteur Laurent avec Jean Gabin, Nicole Courcel, Silvia Monfort 1958 : Les Misérables avec Jean Gabin, Bourvil, Bernard Blier 1960 : La Française et l'Amour, sketch La Femme seule avec Robert Lamoureux, Martine Carol, Silvia Monfort 1961 : Par-dessus le mur avec Silvia Monfort, François Guérin 1962 : Mandrin, bandit gentilhomme avec Georges Rivière, Silvia Monfort, Georges Wilson 1964 : Monsieur avec Jean Gabin, Mireille Darc, Philippe Noiret, Liselotte Pulver 1966 : Le Jardinier d'Argenteuil avec Jean Gabin, Liselotte Pulver 1973 : Terres des Baux en péril, court métrage (réalisation)

Télévision 1969-1970 : Madame êtes-vous libre ?, série télévisée (réalisation), avec Denise Fabre, Coluche 1972 : La Paroi, téléfilm avec Michel Vitold, Pierre Brice (réalisation) 1976 : Cinéma 16 - téléfilm : Le Berger des abeilles (réalisation)

Scénariste Cinéma 1942 : Le Moussaillon de Jean Gourguet (adaptation) 1943 : La Main du diable, de Maurice Tourneur 1944 : Cécile est morte, de Maurice Tourneur 1948 : L'Idole d'Alexander Esway (dialogues) 1948 : Impasse des Deux-Anges, de Maurice Tourneur 1949 : Marlène de Pierre de Hérain 1949 : Fandango d'Emil-Edwin Reinert (adaptation et dialogues)

Télévision 1971 : La Mère, téléfilm (scénario)

Assistant réalisateur 1935 : L'Équipage d'Anatole Litvak 1935 : Kœnigsmark de Maurice Tourneur 1938 : La Marseillaise de Jean Renoir 1940 : De Mayerling à Sarajevo de Max Ophuls

Acteur 1932 : L'affaire est dans le sac moyen métrage de Pierre Prévert 1940 : De Mayerling à Sarajevo de Max Ophuls 1962 : Mandrin de lui-même : Le curé de la baronne d'Escourt.

Théâtre Metteur en scène 1960 : Phèdre de Racine, Théâtre royal du Gymnase, Théâtre du Vieux-Colombier 1965 : Don Quichotte d'Yves Jamiaque d'après Miguel de Cervantès, Théâtre des Célestins

Distinctions Honneurs (1984)

Récompenses Berlinale 1951 : Ours d'or pour Sans laisser d'adresse. Grand prix du cinéma français 1955 pour Les Évadés. 1960 : Prix du Festival du Jeune Théâtre pour sa mise en scène de Phèdre de Jean Racine avec Silvia Monfort, Théâtre du Vieux-Colombier (Paris). 1960 : Grand Prix du Festival du Cycle Latin pour sa mise en scène de Phèdre de Jean Racine avec Silvia Monfort, Théâtre du Vieux-Colombier (Paris). Prix SACD 1984 : Médaille Beaumarchais.

Bibliographie Biographie Philippe Renard (préface de Gérard Oury), Un cinéaste des années 50 : Jean-Paul Le Chanois, Dreamland Éditeur, Paris, 2000,

Essai Philippe Esnault (entretiens avec Jean-Paul Le Chanois), Le Temps des cerises, Éditions Institut Lumière/Actes Sud, 1996

Notes et références

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