Résistance romaine est un terme qui définit la période historique qui va du (Mancata difesa di Roma de la part du Regio Esercito et bataille de Porta San Paolo) au , date de la libération de Rome par les troupes alliées, pendant laquelle un grand nombre de citoyens romains se sont opposés ouvertement ou clandestinement à l'occupation allemande de Rome.

À Rome, la résistance à la conscription a été de 15-20 % supérieure à la moyenne. Selon les données des services secrets américains, seulement 2 % des citoyens romains se présentaient spontanément aux appels proposés par le commandement du Reich. et aux diverses milices de la République sociale italienne (RSI). vignette|Premier bombardement de Rome

L'occupation allemande Après l'armistice de Cassibile et la fuite du roi Victor-Emmanuel III, le territoire italien fut envahi par les troupes allemandes.

Le contrôle de Rome fut rapidement pris par les Allemands, qui au moment de l'annonce de l'armistice par voie radiophonique étaient déjà prêts pour mener une attaque, tandis que les troupes italiennes restées fidèles à la maison de Savoie furent prises par surprise. L'attaque allemande se développa depuis la mer, dès le , et par l'intermédiaire d'une division de parachutistes. La première unité à avoir été défaite fut la division , qui à l'aube du avait été mise hors de combat, pratiquement sans lutter.

vignette|Tiger I en face de l'Autel de la patrie à Rome en février 1944

L'ordonnance « Memoria OP 44 » promulguée entre 2 et le , signée par le général Mario Roatta et destinée aux commandants d'armée, ordonna et d', mais ces directives devaient être suivies d'autres ordres qui ne furent jamais donnés ou contradictoires, voire d'éviter tout affrontement avec les troupes allemandes.

Le à , le commandant général des forces armées, le général Vittorio Ambrosio, fit une annonce radio par laquelle il ordonnait aux forces armées de ne pas ouvrir le feu sur les troupes allemandes, à moins que ces dernières n'attaquent, et de permettre leurs mouvements sans obstacle. Dès le , certains corps de l'armée, des carabiniers et de la police, renforcés par des citoyens volontaires qui s'étaient armés spontanément, tentèrent en vain de s'opposer à l'attaque des troupes allemandes.

Néanmoins, l'unité Granatieri di Sardegna réagit promptement à une tentative de désarmement et engagea de violents combats : les affrontements les plus acharnés eurent lieu dans la journée du dans la zone , de l'E42 (actuelle EUR) et du fort Ostiense et le entre la porte San Paolo et la porte Capène.

Malgré la résistance des Granatieri di Sardegna, sous le commandement du général Gioacchino Solinas et épaulés par d'autres corps d'armée comme les Lancieri di Montebello, et des groupes civils, la progression allemande ne put être contenue. Les divisions italiennes installées au nord de la ville reçurent des ordres contradictoires et quand elles commencèrent à se diriger vers les lieux des principaux combats, il était déjà trop tard, en effet dans l'après-midi du , les parachutistes allemands avaient déjà rejoint le centre-ville.

L'affrontement de qui provoqua la mort de 597 personnes : 414 militaires et 183 civilsRésumé de notice statistique publié en : Albo d'oro dei caduti nella difesa di Roma del settembre 1943, a cura dell'Associazione fra i Romani, Roma, 1968, pag. 79, constitue le premier épisode de la Résistance italienne.

À ce moment, le commandement italien accepta la proposition allemande d'un cessez-le-feu et de transformer Rome en ville ouverte, sous l'autorité des quelques soldats italiens, mais les Allemands dénoncèrent aussitôt l'accord conclu et prirent le contrôle des points névralgiques. Quelques jours plus tard, la toute nouvelle République sociale italienne (RSI) proclamée par Mussolini fit désarmer les dernières troupes italiennes restées à Rome, permettant ainsi aux Allemands de prendre le contrôle total de la ville.

Par la suite, les responsables politiques et militaires italiens furent inculpés de graves négligences et manquements dans la défense de Rome ().

La ville éternelle, officiellement ville ouverte fut le théâtre d'exactions en tous genres parmi lesquelles la déportation vers les lager nazis, le massacre des fosses Ardéatines (335 martyrs) et le martyre de Martiri di Forte Bravetta : 66 patriotes fusillés à .

La ville fut libérée par les troupes alliées le .

Pendant la fuite, sur la via Cassia, près de la localité La Storta eut lieu le massacre de La Storta : les troupes allemandes fusillèrent 14 partisans, précédemment emprisonnés au siège de la , Via Tasso. Parmi les morts, on trouve le syndicaliste Bruno Buozzi.

Faits marquants Le à , la bataille encore en cours, naît à Rome, via Carlo Poma, le CLN - , en la présence de Pietro Nenni représentant le PSIUP, Giorgio Amendola pour le PCI, Ugo La Malfa pour le Parti d'action, Alcide De Gasperi pour la Démocratie chrétienne, Meuccio Ruini pour Democrazia del Lavoro et Alessandro Casati pour le Parti libéral.

La Résistance romaine est caractérisée par le nombre de courants idéologiques des groupes qui la composaient : monarchie, actionistes, socialistes, communistes, les militaires du Front militaire clandestin ainsi que d'autres formations mineures antifascistes dont l'objectif était d'être reconnus comme ayant combattu les Allemands au moment de l'arrivée des Alliés à Rome. Cette arrivée était imminente surtout après le débarquement de Anzio ().

Ce fut qu'après la « svolta di Salerno » () qu'une organisation efficace fut mise en place afin d'instaurer et de coordonner les activités des différents groupes de partisans qui, jusque-là, agissaient chacun pour soi, parfois même à leur détriment.

La rafle au Portico di Ottavia

Le , dans diverses zones de Rome, mais principalement via du portique d'Octavie et dans les rues adjacentes, les troupes allemandes de la Gestapo effectuèrent une rafle de dont appartenant à la communauté juive. Après avoir libéré des personnes d'origine mixte ou étrangères, furent envoyés à Auschwitz ; seulement 16 d'entre eux survécurent (15 hommes et une femme). Le nombre total des déportés juifs pendant les huit mois d'occupation allemande de Rome est de Stèle commémorative in Largo 16 octobre 1943 (Portique d'Octavia).

Le lieutenant colonel de la SS Herbert Kappler, commandant de la SD et Gestapo à Rome, rapporta ce qui suit : . Le professeur Giovanni Borromeo, prieur de l'hôpital San Giovanni Calibita (Fatebenefratelli) à l'Isola Tiberina, hospitalisa une centaine de juifs romains pour une maladie fictive qu'il dénomma (Syndrome de Kesselring), réussissant à leur sauver la vie.

Le clergé exerça aussi une certaine forme de résistance passive avec l'accueil clandestin dans les couvents et dans les structures religieuses de . Cette forme d'accueil était aussi utilisée par de simples citoyens.

La libération de Pertini et Saragat Le se déroula une des principales actions de la résistance romaine. En effet, en , Sandro Pertini et Giuseppe Saragat avaient été capturés par les SS et condamnés à mort pour leur activité comme partisans. La sentence ne fut pas appliquée grâce aux résistants socialistes qui permirent leur évasion alors qu'ils étaient en détention dans la prison de Regina Cœli. L'action, de facture rocambolesque, fut organisée par Giuliano Vassalli, qui se trouvait au tribunal militaire italien, avec l'aide d'autres partisans des Brigades Matteotti, parmi lesquels Giuseppe Gracceva, Massimo Severo Giannini, Filippo Lupis, Ugo Gala ainsi que du médecin de la prison Alfredo Monaco - .

L'organisation partisane réussit à faire passer Saragat et Pertini du territoire occupé à celui italien en produisant un faux ordre de libération rédigé par Vassalli, confirmé par un faux appel téléphonique de la préfecture par Marcella Ficca Monaco, épouse d'Alfredo Monaco). Quatre officiers du Fronte militare clandestino ont aussi été libérés par des partisans habillés en habits militaires.

Via Rasella

Le a eu lieu la plus importante attaque partisane contre les troupes allemandes I :

Les Groupes d'action patriotique sous les ordres de Carlo Salinari (Spartacus) et Franco Calamandrei (Cola) étaient Via Rasella, pendant le passage d'une compagnie du bataillon Polizeiregiment Bozen des SS, composé de 156 unités.

L'action débuta par l'explosion d'une bombe déposée par Rosario Bentivegna. Onze autres partisans participèrent via del Boccaccio : Franco Calamandrei, placé à l'angle de la rue, Carlo Salira près du tunnel et Silvio Serra ; via Rasella: Carla Capponi, Raul Falcioni, Fernando Vitagliano, Pasquale Balsamo, Francesco Curreli, Guglielmo Blasi, Mario Fiorentini et Marisa Musu qui effectuèrent aussi un feu de couverture à l'aide d'obus de mortier.

Les autres composants du groupe étaient absents pour diverses raisons : Lucia Ottobrini, malade, et Maria Teresa Regard, opposée au choix du lieu de l'attentat.

L’attaque vit l'anéantissement de la compagnie allemande et provoqua la mort de 32 SS et environ 110 blessés ainsi que deux civils, les partisans ne subissant aucune perte. En représailles, les troupes allemandes tuèrent 335 personnes, prisonniers et personnes raflées, pratiquement toutes civiles dans le massacre des fosses Ardéatines.

En plus des 335 victimes des fosses Ardéatines et aux juifs déportés au portique Octavie, Rome compta pendant l'occupation nazie : 947 déportés dus à la rafle du Quadraro, 66 patriotes fusillés à Forte Bravetta, dix fusillés à Pietralata, dix femmes au pont de l'Industrie quatorze ex-détenus à , massacrés à La Storta, le jour même de la libération ().

Chronologie Juillet 1943

9 et Les troupes alliées débarquées en Sicile font face aux troupes allemandes et italiennes qui les retardent dans leur marche vers le Nord.

Un bombardement intensif sur Rome détruit le quartier San Lorenzo au niveau de la gare, faisant de nombreuses victimes civiles.

vignette|Résultat du vote concernant l'« Ordine del Giorno Grandi » vignette|Pietro Badoglio Nuit du 24 au Le Grand Conseil du fascismeLa réunion a débuté le 24 juillet à le vote a eu lieu à du 25 juillet. Il n'existe aucun compte rendu de la séance, approuve l'« ordre du jour Grandi » qui rend au roi le pouvoir de diriger le forces armées italiennes, mettant en minorité Mussolini.

Le matin du dimanche , après s'être rendu comme d'habitude à son bureau de Palazzo Venezia afin d'expédier les affaires courantes Mussolini demande au souverain d'avancer l'habituel entretien du lundi et obtient un entretien à à Villa Savoia (actuelle Villa Ada). Victor Emmanuel III communique à Mussolini son remplacement par Pietro Badoglio, lui garantissant néanmoins sa sécurité. À la sortie de Villa Savoia Mussolini est arrêté par les carabiniers sur ordre du roi. À Pietro Badoglio diffuse par radio l'information de sa nomination de chef du gouvernement en précisant que « la guerre continue et que l'Italie reste fidèle à la parole donnée ». Les citoyens romains manifestent aussitôt de joie pour la chute du fascisme. Les ouvriers de Poligrafico dello Stato, in via Gino Capponi, à lAlberone et ceux de l'établissement Manzolini quittent le travail et vont manifester au centre-ville. Les cartes d'affiliation au PNF sont brûlées par les employés du Ministère des communications à Porta Pia; les sièges de la GIL, surtout en périphérie, sont dévastées et les symboles du régime ôtés. Près du palais du Viminal, Via Agostino Depretis, la milice fasciste tire depuis le siège de la milice de la défense antiaérienne (Dicat) sur les manifestants faisant deux morts et quatre blessés. La fusillade se termine avec l'arrivée de la police et de l'armée qui désarme les miliciens. Au « Palazzaccio », le palais de justice, une manifestation d'avocats antifascistes se transforme en attaque contre la prison de Regina Coeli et 1000 hommes et 500 femmes sont libérées. Le gouvernement :