thumb|Moisson à Mount Barton, des jeunes femmes de la Women's Land Army (Land Girls) aident un fermier à transporter des gerbes d'avoine, Devon, Angleterre, 1942 |alt= vignette|Femmes burkinabés portant des bottes.

Une botte est un assemblage de produits de l'agriculture réunis au moyen d'un ou plusieurs liens. Toute plante ou élément d'une plante est susceptible d'être réuni en une botte tels la paille, le foin, les oignons, asperges C'est un type de conditionnement utilisé pour la récolte, la manutention et la vente, notamment en ce qui concerne les plantes aromatiques fraîches, les carottes, oignons La gerbe est un type de bottes particulier. La botte constitue une unité de mesure ancienne pour certains matériaux.

Balle et ballot peuvent désigner le même type de conditionnement dans le domaine de l'agriculture actuelle. Dans ce contexte un ballotin est une petite botte.

Terminologie

Une botte désigne un assemblage de végétaux de même nature serrés et liés ensemble (Larousse, Littré). Ce sens principal a parfois été étendu à d'autres matériaux non agricoles.

Pour du menu bois, on utilise plutôt le terme de « fagot » et pour des branchages, de fascines.

Le mot « botte » vient peut-être du latin (boudin, Gaffiot) qui désignait un assemblage de choses diversesDictionnaire de la conversation et de la lecture. Belin-Mandar, 1833. Consulter en ligne.

Une balle était généralement empaquetée sur plusieurs côtés avant d'être liée ; un ballot était une petite balle (Dictionnaire encyclopédique Quillet, 1946). La balle peut être cylindrique (round ball ou rouleau) ou parallélépipédique.

En agriculture on employait donc le mot « botte » pour les produits rangés et liés mais non empaquetés et « balle » pour des produits empaquetés ou semi-empaquetés cependant aujourd'hui l'emploi de « balle » est revenu en force dans le domaine du foin et de la paille, peut-être par contamination par l'anglais bale qui est aussi parfois employé en français dans la littérature technique.

Gerbe, javelle et botte On parle de gerbe de fleurs, de blé, de céréales, de roseaux mais de botte de paille, de foin, ou d'oignons. La javelle est une gerbe sans le lien et n'est donc pas une botte.

Le terme « gerbe » suggère que l'on s'intéresse à la partie non liée des objets (par exemple : l'épi et non le chaume, la fleur et non sa tige). Les gerbes de céréales portent encore le grain. On bat les gerbes pour séparer le grain de la paille dont on peut faire des bottes (mais non plus des gerbes).

Vente à la botte

La vente à la botte était très courante autrefois. Les normes étaient rares. Dans quelques cantons toutefois, la taille des bottes pouvait être fixée par des règlements de police. À Paris par exemple, en 1814, la botte de paille doit peser dix livres, celle de foin dix livres

En général la taille des bottes diminue à mesure que la denrée devient rareNouveau cours complet d'agriculture théorique et pratique Deterville. Paris 1814..

La disposition en botte peut favoriser la fraude. Par exemple, on peut trouver des asperges très petites au milieu d'une botte alors que celles du tour sont fort belles.

La qualité était évidemment variable :

La botte était l'unité de mesure de certains matériaux. On la retrouve en treillage où la botte est la réunion d'un certain nombre d'échalasEncyclopédie méthodique. Arts et métiers mécaniques. Tome quatrième.Panckoucke 1785., en charpenterie où elle est la réunion de lattes pour la pose des tuiles ou des ardoises ou en serrurerie où elle est la réunion de produits longs en fers.

Maraichage

De la botte à la balle Ancien métier Selon le Nouveau cours complet d'agriculture théorique et pratique de 1814 :

Et selon Mémoires de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts du Département de l'Aube de 1823Mémoires de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts du Département de l'Aube, 1823 Société d'Agriculture, Sciences et Arts du Département de l'Aube. Troyes 1823. Consulter en ligne :

Mécanisation vignette|Sergueï Prokoudine-Gorski. Presse à bottes manuelle vers 1915, Russie. À partir du la mécanisation et à partir du milieu du , la motorisation allègent considérablement le travail manuel et modifient les habitudes agricoles.

Vers 1860 les faucheuses-javeleuses produisent des javelles (faisceaux non liés) que l'on lie à la main au moyen d'un toron de paille de seigle pour faire des gerbes.

Ensuite, les moissonneuses-lieuses, d'abord tirées par des chevaux, fauchent les céréales et les mettent en gerbes liées automatiquement par un noueur mécanique. Le gain de temps est remarquable.

Lors des battages, la batteuse étant à poste fixe, elle est éventuellement complétée par une presse à poste fixe, d'abord manuelle puis entrainée par la batteuse. Après l'invention de la moissonneuse-batteuse, on fixe parfois des presses à pistons oscillants sur l'arrière de la moissonneuse. Cette solution sera abandonnée avec les presses à moyenne densité trop lourdes et susceptibles de ralentir les moissonneuses. La moissonneuse dépose alors l'andain au sol.

Pour le foin ou la paille, les machines destinées à faire des bottes au champ sont les ramasseuses-presses. Les enrubanneusesRécolte des fourrages à travers les âges. Jean Renaud. France Agricole Éditions, 2002. Consulter en ligne emballent les grosses bottes de foin préalablement ficelées dans du plastique.

La mise en bottes de la paille est souvent présentée lors des populaires fêtes des moissons consacrées aux battages traditionnels.

Diversité des balles Pour la densité et le liage des bottes voir Foin#Confection et liage des bottes

La balle est le conditionnement historique du coton, ou du chanvre.

Les ramasseuses-presses, appelée aussi botteleuses permettant de réaliser des ballots dimensionnés furent de plusieurs types. La ramasseuse-presse à piston oscillant, basse densité a été en vogue dans les années 1950, 1960. Elle produisait une petite balle rectangulaire assez lâche dont la densité faible permettait de réaliser encore un séchage a posteriori, en dressant simplement les balles les unes contre les autres dans le champ (meulons). La récolte pouvait donc se faire sur du fourrage légèrement humide. La régularité des bottes dépend de la régularité des andains. Les ramasseuses-presses moyenne densité à piston horizontal fournissaient des bottes plus régulières que les ramasseuses-presses basse densitéJean Renaud. Récolte des fourrages à travers les âges. France Agricole Éditions, 2002. Consulter en ligne.

La ramasseuse-presse enrouleuse, produite à partir de 1970, produit des balles cylindriques de moyenne à haute densité. Les ramasseuses-presses pour grosses balles parallélépipédiques apparaissent à partir des années 1980 et produisent des balles à haute densité.

Les petites bottes étaient chargées souvent à la fourche sur les charrettes. Pour les grosses balles, le chargement est réalisé à l'aide de machines sur des remorques-plateaux ou des camions.

Les balles diffèrent par leur forme (parallélépipédique ou cylindrique). Une balle est également appréciée sur la qualité de ses contours, ou sur la manière dont est ordonnée la paille. La densité est le rapport entre le poids et le volume du fourrage après son passage et sa compression dans la machine (en kilos par mètre cube). La densité peut diminuer après pressage car les balles continuent souvent à sécher. Le volume occupé pour le stockage dépend de la densité et de la forme des balles (cylindriques ou parallélépipédiques).

La densité s'échelonne de pour les balles à basse densité à pour les balles à haute densité. Pour comparaison, le foin en vrac pèse de .

La balle ou ballot est soit : parallélépipédique, pesant pour les balles de foins petite taille et basse densité ; parallélépipédique, pesant pour les balles de foins petite taille et moyenne densité (10 à 20 pour la paille). La densité est de ; parallélépipédique, pesant ; parallélépipédique, pesant et plus ; cylindrique (round ball ou rouleau) et peut peser et plus.

Pour continuer à sécher ou éviter qu'elles ne reprennent de l'humidité avant d'être rentrées, les bottes sont disposées en meulons (monts, sitiaux, dizeaux…).

Les bottes peuvent être stockées définitivement à l'extérieur en meules ou à l'abri en fenil.

Utilisations agricoles Les bottes sont très utilisées en agriculture :

pour l'alimentation des animaux : bottes de foin, bottes de fanes, en sec ou enrubannées. Elles sont placées dans des rateliers adaptés, déroulées ou distribuées à la demande pour leur litière : bottes de paille… Selon leur taille et leur poids, leur transport et leur distribution peuvent être manuels ou mécaniques (dérouleuse, pailleuse-broyeuse, dérouleuse-pailleuse) pour la réalisation de paillis naturels en maraîchage, viticulture, arboriculture, en agriculture biodynamique. Par exemple des bottes de pailles ou de miscanthus peuvent être épandues sur les surfaces à amender, manuellement ou au moyen d'épandeurs spécialisés. Pour les surfaces importantes, on préfère généralement l'utilisation de vrac.

Matériau de construction Matériau de couverture

Le toit de chaume est un mode de couverture, constitué de paille de blé, de seigle ou de tiges de roseaux (ou sagne).

À Paris, on utilisait la paille de seigle non battue montée en botte, posée sur des lattis refendus. Les bottes de chaume passées dans les liteaux étaient accrochées avec des ronces passées à l'eau chaudeYves-Marie Froidevaux. Techniques de l'architecture ancienne : construction et restauration. Éditions Mardaga, 2001..

Les couvertures végétales se retrouvent partout dans le monde.

Matériau de remplissage thumb|Édification d'une maison en botte de paille. France

Les bottes de paille parallélépipédiques sont utilisées comme matériau de remplissage, souvent associées à une structure bois.

Dans l'art

Héraldique

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Construction en botte de paille Gerbe (agriculture) Battage (agriculture) Paille (matériau) Anciennes unités de mesure françaises

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