Michel Couchat, né le à Courbevoie et mort le à Paris Relevé des fichiers de l'Insee, est un peintre français.

Biographie

Michel Couchat naît le , à Courbevoie. Ses parents sont horlogers bijoutiers au Vésinet, à l’ouest de Paris. Il est l’aîné d’une fratrie de trois enfants. Après de brèves études au lycée de Saint-Germain-en-Laye, il entre comme soliste soprano dans la manécanterie des Petits Chanteurs à la Croix de Bois de l’abbé Maillet. Il découvre le monde  : l’Amérique latine, les États-Unis et le Canada.

En 1951, il enregistre le rôle d’Ingold dans Pelléas et Mélisande, sous la direction d’Ingelbrecht. La même année, Léo Ferré lui confie un rôle dans un de ses oratorios.

Vers l'âge de quinze ans, il suit l’enseignement du sculpteur Joseph Rivière, entre à l’académie Julian puis aux Beaux-Arts de Paris en 1953. Mais très vite, il préfère peindre sur le motif : les berges de la Seine, les écluses de Bougival ou le parc de Marly. À Auvers-sur-Oise, il rencontre le fils du docteur Gachet ; ils iront ensemble fleurir la tombe de Van Gogh. Aux Beaux-Arts, son condisciple M'hamed Issiakhem lui présente l’écrivain algérien Kateb Yacine avec qui il nouera une relation durable. À , il vend sa première toile, Le Parc de Marly, à Margherita Sarfatti, de la galerie Valori-Plastici.

Les débuts en peinture, premières expositions En 1954, le peintre écrivain Giulio Cesare Silvagni présente la première exposition personnelle de Michel Couchat au public parisien à sa «  Galerie de l’Odéon ». Les critiques sont encourageantes : Henri Héraut, L’Amateur d’art. Il y exposera plusieurs fois de 1956 à 1958.

Le peintre Roger Chastel le conseille et l’invite à participer à l’exposition collective Confrontations à l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Germain-en-Laye. S’ensuit une exposition à la galerie « Le Hérisson » en 1955. Un an plus tard, Henri Héraut l’inscrit à l’exposition Jeunes peintres de qualité.

Amateur de jazz, il devient membre d'un Hot club. Il présente la toile Orchestre de jazz au salon de la Jeune peinture, au musée d’art moderne de Paris.

Fayence, les rencontres Au cours de l'été 57, il part à la recherche d'une maison dans le sud de la France et, en 1958, s'installe à Fayence dans le pays Varois. Là, dans une maison achetée par son père, il entraîne sa sœur Anne-Marie, son frère Jean, son beau-frère Jean-Jacques Condom, peintre aussi, et le potier Raymond Thomas. Ensemble ils créent un atelier de poterie,  La Poterie de l’Évêché  où passeront de nombreux artistes.

Dans la région, il rencontre de nombreux artistes dont Albert Diato qui lui présentera le photographe André Villers, avec qui ils noueront une amitié durable. En 1958 à Vence, il rencontre le galeriste Alphonse Chave qui expose ses  Petits gras, paysages semi-abstraits aux tons ocre et terre, des huiles peintes sur « papier boucherie ». Entre mer et montagne, il peint. La vie de village lui inspire les thèmes de la fanfare, des bals champêtres et des joueurs de boules. C'est une année de fête propice aux rencontres : Jean-Pierre Azéma, historien, et ses frères, Jean-Loup et Jacques, Pierre Vidal-Naquet, historien, Jean-Claude Penchenat, cofondateur du théâtre du Soleil, le comédien Philippe Léotard, Iris Barry, premier conservateur du département de cinéma du M.O.M.A. de New York ainsi que le jazzman Claude Luter.

De retour à Paris en 1959, il s’interroge sur la direction que doit prendre sa peinture  : abstraction ou figuration  ?

Les années 1960 À paris en 1960, il s'installe à la Villa des Arts dans l'atelier des Philippart-Quinet, grands parents de sa future femme, Agnès Kempf. Eugène Carrière avait peint dans cet atelier.

Cette même année, il reçoit le prix de Biarritz décerné par Michel Ragon, Bernard Dorival, Roger Chastel et Georges Pillement.

L'influence d'Hélion Une toile de Jean Hélion Le Grand Brabant, exposée à la galerie Zervos, va fortement influencer sa peinture. Hélion lui présente le sculpteur William Chattaway, le peintre Isaac Celnikier et l’écrivain critique d’art, collectionneur et mécène, Pierre-Georges Bruguière, qui suivra avec intérêt le travail de Couchat.

En 1962, naissent ses filles Fanny et Domitille.

La palette du peintre change. Ses toiles dynamiques aux couleurs vives encore abstraites laissent entrevoir une approche plus figurative : Les flamboyants.

Jean-Jacques Lévêque, auteur et historien d'art, l’accueille à l’exposition L’Art actuel une première fois en 1962 puis de 1972 à 1974.

En 1963 il reçoit le prix Fénéon décerné par Louis Aragon, Jean Paulhan, Michel Butor, Jean Fautrier, Roger Chastel et André Berne-Joffroy.

À la galerie de Denise Riquelme, il rencontre , fils du photographe Erwin Blumenfeld, et sa femme Hélène, sculptrice. Il se rendra plusieurs fois chez eux à Cambridge notamment en 1989 en qualité d'invité d'honneur pour le bicentenaire de la Révolution française.

Il participe à une exposition chez Alphonse Chave, placée sous le sigle SIC (Sénile, Inculte, Crétin). En 1964, Chave présente sa propre collection sous l'intitulé Collection privée d'un marchand de tableaux à la galerie Henriette-Le Gendre à Paris. Ce sera leur dernière collaboration.

Les paysages urbains Michel Couchat peint Les Troncs d’olivier et déjà de nouveaux thèmes surgissent, ses paysages se font plus urbains et rendent compte de préoccupations plus sociales  : sites industriels, bidonvilles, buildings… Jean Rolin, conservateur du Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis, acquiert la grande toile Fabrique à Saint-Denis. La ville de Courbevoie achète la toile La Tour Nobel en construction, le conservateur du musée Albertina de Vienne remarque son œuvre au salon de Saint-Denis et acquiert une lithographie sur le thème Ferrailles et Fumées .

Il quitte la Villa des Art en 1967 pour un atelier plus spacieux dans la même rue. À l’occasion des événements de Mai 68, Ferrailles et Fumées  sera réimprimée avec le titre Requiem pour le Général Moteur et figurera ensuite dans le livre de Louis F. Peters, Kunst und Revolt. Les affiches de Mai seront présentées à la galerie du Dragon à Paris. Parallèlement le musée Albertina de Vienne l’invite à présenter ses œuvres. Il y rencontre le peintre .

Il poursuit le thème des paysages urbains, banlieue, carcasses de voitures et objets de rebuts et parallèlement peint les Nus roses et bleus aux parapluies en clin d’œil à Jean Hélion.

À contre-courant des tendances de son temps En 1969, Patrick Waldberg, rencontré à Seillans, l’invite à participer à l'exposition Dessins 1900 - 1969 à la galerie Messine à Paris. Il y fait connaissance des peintres André Queffurus et Max Papart.

Patrick Waldberg salue l'initiative de Michel Allongue et Loïc Chauvin qui organisent l'exposition L’art Contemporain dans les Collections du Haut Var à la galerie La Pégère à Fayence. Il préfacera également l’exposition Dessins récents sur le thème  des ferrailles à la galerie « l’Échelle 30 » à Paris. À la galerie, Couchat se lie d’amitié avec Raymond Mason, Gaston-Louis Roux et Miklos Bokor. L’année 1969 se termine par une exposition à la galerie Jacques-Casanova à Paris.

Les lavis à l'encre L'actrice Bernadette Lafont propose à Couchat une figuration dans l’un des trois films du réalisateur d’origine libanaise Jacques Bral, Une baleine qui avait mal aux dents.

En 1971 la ville de Fayence lui commande une fresque pour le collège ; il réalise une scène de fête de village.

La galerie  « La Pégère » présente la même année à la Chapelle de Seillans ses paysages panoramiques, grands lavis à l’encre de chine évoquant la semi-abstraction des calligraphes paysagistes d’Extrême-Orient. Max Ernst et sa femme Dorothea Tanning, Seillanais d’adoption, présents au vernissage, saluent le talent de Couchat. L’année suivante, ce travail est montré à la maison des jeunes et de la culture de Sceaux. Le poète surréaliste Jacques Baron préface le catalogue. Ces lavis sont ensuite présentés à la galerie Remarque chez Hélène Bondil, c'est leur première collaboration. Sur le carton d’invitation, Couchat cite un passage du texte d’Alexander Cozens paru en 1785 sur sa nouvelle méthode pour assister l’invention dans la composition du paysage  :

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Des lavis de Michel Couchat illustrent le recueil de poésies de Kenneth White Travels in the Drifting Dawn.

Il expose en 1973 au CREP (Centre régional d’éducation populaire) à Paris puis à la maison des jeunes et de la culture à Le Blanc-Mesnil. Fabrice Hélion lui écrit le texte Symphonie pour bidonvilles et boîtes de conserves. Cette année 1973, contraint par son propriétaire de quitter son atelier, il retourne à Fayence à La Poterie avec sa famille.

Les dessins Il revient à Paris en 1975 et s'installe dans un petit studio où il ne peut plus peindre. La période est difficile, il se consacre au dessin par l’exercice quotidien de l’autoportrait. Enfin, il retrouve un atelier à Pantin.

Ses dessins sont montrés pour la première fois en 1975 à « La Bouquinerie », galerie d’Alain Schrotter à Avallon. Pierre-Georges Bruguière signe la présentation de l’exposition.

En 1976, Couchat expose pour la deuxième fois à la galerie « Remarque » à Trans-en-Provence, puis présente ses autoportraits à la galerie Charley-Chevalier à Paris. L'exposition est saluée par la critique, notamment par Jean-Marie Dunoyer dans Le Monde et Marie-Claude Volfin dans Les Nouvelles littéraires. La préface du catalogue de l’exposition réunit les signatures de Patrick Waldberg, Jacques Baron, Emmanuel Saulnier, Jean Marcenac, André Berne-Joffroy et Pierre-Georges Bruguière. Il sympathise avec Henri Cartier-Bresson que ses dessins ne laissent pas indifférent.

Durant l'année 1976, les quatre peintres Jacques Bollo, Thérése , Maurice et Michel Couchat confrontent leurs points de vue sur le dessin. Une exposition collective de leurs dessins est présentée à Paris puis à Avallon, et aboutit à une publication.

Il renoue avec la peinture au cours de l’été 1978 lors d'un séjour dans le Cotentin où il participe aux moissons.

Le retour à la peinture En 1981, au cours d'un séjour chez Yorick et à Cambridge, il fait la connaissance de Sophia Reitman qui devient son élève pendant un an.

En 1983, Martine Heuze, sa nouvelle compagne, lui donne une troisième fille, Aliénor. Il découvre la Belgique, pays natal de Martine. Invité de nouveau à Cambridge, il peint les cèdres de Grandchester et des champs de coquelicots.

En 1985, pour célébrer son retour à la peinture, son ami, le poète Kenneth White, écrit Retrouvailles et Pierre-Georges Bruguière avec Les Amis de La Rue de Bourgogne l’invitent à exposer.

Pierre-André Boutang et le peintre André Queffurus le présentent à la galerie Diane Manière, où il expose plusieurs fois. Gérard Xuriguera le convie à Confrontations. Pierre Vidal-Naquet signe le texte de présentation de l'exposition à la maison de la musique de Fayence.

Au nom des Artistes pour la paix, il participe à L’appel des 100 à Pantin. Sur le thème de la figuration, Gérard Xuriguera organise une exposition à la maison des jeunes et de la culture des Hauts de Belleville. Michel Couchat participe au débat avec Lucien Curzi.

Dans Le Quotidien de Paris, Jean-Jacques Lévêque soutient l’exposition à la galerie Diane Manière des dessins de , et Michel Couchat. Il retrouve les photographes André Villers et François Goalec à la rencontre des artistes contemporains au palais de la Croisette à Cannes, aux côtés de César, , Arman et d’autres.

Le décès de Jean Hélion en 1987 l’affecte profondément ; il perd son père spirituel.

Le fleuriste de Vallauris Jean-Louis Iperti, ami des artistes, remarque chez André Villers une toile de Michel Couchat. Intéressé, il lui propose une exposition dans sa fondation Sicard-Iperti. La rencontre entre Jean Marais et Michel Couchat à cette occasion est pérennisée par le photographe fayençois Jean-Jacques Molinengo. André Villers, Pierre Vidal-Naquet et Jean Clair préfacent le catalogue  :

. (Jean Clair)