Louis-Antoine Beaunier (1779-1835) est un ingénieur des mines français, fondateur de l'école des mineurs de Saint-Étienne, aujourd’hui école nationale supérieure des mines de Saint-Étienne. Il fut également entrepreneur et l'un des pionniers de l'industrie métallurgique et des chemins de fer.

Il est le créateur de la première ligne de chemin de fer en France et d’Europe continentale, de Saint-Étienne à Andrézieux.

Jeunesse et origine Louis-Antoine Beaunier est né sur la paroisse de Saint-Aspais de Melun le Plancke (bibliographie), 27 dans une famille bourgeoise et lettrée. Avec son frère cadet Firmin-Hippolyte (1782-1867), il est l’aîné d’une fratrie de deux enfants issus d'Antoine-Louis Beaunier (1754-1811) et Clémentine Sourdeau (1756-1850).

Son grand-père Antoine Beaunier fut échevin de Melun de 1744 à 1751. Son père, Antoine-Louis, homme de lettres apprécié de ses concitoyens, obtient en 1791 d’exercer des fonctions dans l'administration du département avant d'être proscrit sous le régime de la Terreur. Il se cache alors à Paris avant de retrouver une vie plus paisible après avoir obtenu, avec l'aide d'amis, de Bonnard (bibliographie). par le comité de salut public. Libre de ses mouvements, il se consacre à l’éducation de ses enfants, notamment par l'étude du dessin et de la peinture , formation qui permettra à Firmin-Hippolyte d’entamer une carrière d’artiste peintreBase Joconde (Portail des collections des musées de France) : tableau de, Firmin Hippolyte Beaunier, Duguesclin recevant des envoyés de Charles V, l'épée de Connetable, Rennes musée des beaux-arts . Antoine-Louis est successivement chef de bureau au ministère de l'intérieur puis chef de division à la direction générale des ponts et chaussées. Il meurt en 1811.

Parcours professionnel

École des Mines de Paris

Louis-Antoine Beaumier a 16 ans lorsqu'il se présente au concours de l’école des Mines de ParisL’école des Mines de Paris et le Corps des Mines sont les composantes de l’Agence des Mines, créée par la loi du 24 août 1794 (27 messidor). L’Agence devient Conseil des Mines par la loi du 30 vendémiaire an IV (22 octobre 1795) qui institue également le recrutement des ingénieurs des Mines parmi les anciens élèves de l’Ecole polytechnique (Thepot (bibliographie), pages 27 et 28).. Il est reçu élève des Mines le (19 ventôse an III), mais la loi du (30 vendémiaire an IV) ayant réduit de moitié le nombre de places (40 à 20), un nouveau concours est organisé entre les élèves déjà reçus. À nouveau lauréat, il est définitivement admis et intègre l’école des Mines de Paris.

Pendant ses années de formation, il effectue deux voyages d'études ; en 1795, avec Picot la Peyrouse et Duhamel dans les Pyrénées et le Languedoc ; en 1797 avec Dolomieu dans les Alpes italiennes et dauphinoises.

En , il est nommé ingénieur des mines. Ses qualités intellectuelles le firent remarquer par Vauquelin qui le prend sous ses ordres dans le laboratoire de l’école des Mines de Paris.

En 1800, il visite les montagnes et les mines d’Auvergne et du Lyonnais et l’année suivante, avec son collègue de Gallois, il séjourne plusieurs mois sur les mines de plomb de Poullaouen et d’Huelgoat,

Parcours professionnel

Ingénieur du Corps des mines

Rapidement remarqué pour les qualités de ses travaux en minéralogie, il accède rapidement à des responsabilitésDe Bonnard (bibliographie) et Thepot (bibliographie) pages 223-224.. En 1802, il prend la direction de l’arrondissement minéralogique composé des départements des Ardennes, des Forêts, de la Meuse, de la Marne et de Seine-et-Marne, réduit, en 1805 à la demande des préfets concernés eu égard à la charge de travail nécessaire à la bonne conduite de la mission de l’ingénieur, aux départements de la Moselle et des Forêts avec résidence à Metz. Beaunier y réalisa l’atlas minéralogique de Saint-Pancré.

En 1807, il est chargé d’une mission pour la régularisation de l’exploitation des mines de houille aux environs d’Alais, dont il s’acquitte avec succès. De retour en Moselle, il réalise jusqu'à fin 1809, avec son collègue Calmelet, les opérations de délimitation des concessions du bassin houiller des environs de Sarrebrück,

Il est nommé ingénieur en chef le pour l’arrondissement minéralogique comprenant huit départements du Midi, dont les Bouches-du-Rhône et le Gard, avec résidence à Nîmes.

Des contestations s’étant faites jour dans les Bouches-du-Rhône sur le prix de la houille dans ce département, Beaunier est chargé d’une nouvelle mission en 1810 à l’issue de laquelle il montre que le prix élevé constaté est lié à une surconsommation du combustible consécutivement au trop grand nombre de fabriques de soude et non à une volonté des concessionnaires des mines.

En 1812, avec Cordier, il se voit confier une mission ponctuelle sur les accidents survenus dans les mines de Liège (département de l’Ourthe). Tout en étant toujours affecté à Nîmes, il entreprend, de la fin 1812 jusqu’au début 1813, avec Guenyveau, une topographie souterraine et extérieure du territoire houiller de Saint-Étienne et de Rive-de-Gier afin de permettre à l’administration de régulariser l’exploitation des mines dans le cadre de la loi du sur les mines, les minières et les carrières.

Fin 1813, il est nommé directeur de l’école de GeislauternLe titre exact est « École pratique des mines de la Sarre » (Garçon (bibliographie), chapitre 2).L’école pratique de Geislautern, qui n’eut guère le temps de se mettre sur pied, est le pendant de l’autre école pratique, celle de Pesey (Mont-Blanc), toutes deux succédant à la première école des mines de Paris qui fut supprimée par l’arrêté du 13 pluviôse an IX (12 février 1802). La fin de l’expérience de l’école de Pesey et son retour à Paris en décembre 1816, consacra l’installation définitive d’une Ecole des mines de Paris (ordonnance du 5 décembre 1816, relative à l'organisation et à l'administration de l'École des mines) (Thepot (bibliographie), pages 75 à 77). dans la SarreL’arrondissement minéralogique de la Sarre comprenait les départements de Mont-Tonnerre, de la Moselle, de Rhin-et-Moselle et du Bas-Rhin (Garçon (bibliographie), Chapitre 2, note 24)., en remplacement de son prédécesseur Duhamel. Alors que jusqu’alors, ses missions avaient eu pour objet la conciliation, Beaunier est désormais directement dans l’action, obligé d’agir en entrepreneur responsable d’un lieu de production. En effet, l’école pratique de Geislautern a été conçue comme une usine-pilote pour la mise au point de nouveaux procédés métallurgiques selon les procédés anglais (fonte au coke et forge avec laminoir) et leur diffusion par l’enseignementGarçon (bibliographie), chapitre 2.. Les traités de Paris en 1814 et 1815 mettent fin à cette expérience inachevée.

Nommé ingénieur en chef de classe en 1816, il prend la direction de l’arrondissement minéralogique de la Nièvre, du Cher, de l’Allier et de la Saône-et-Loire, ainsi que du département de la Loire conjointement avec de Gallois pour participer à la Commission temporaire des mines de la LoireLa commission est composée de Beaunier, Moisson-Desroches (pour le district de Rive-de-Gier), de Gallois (pour Saint-Étienne) et, en 1819 en renfort, Rozières (professeur à l’école des mineurs) (THEPOT (bibliographie), page 168). chargée de déterminer définitivement les concessions houillères de Saint-Étienne. Les longues et délicates négociations de Beaunier pour arbitrer entre, d’une part, la multiplicité des intérêts et des prétentions des acteurs locaux et leur hostilité à l’encontre d’une intervention de l’administration et, d’autre part, les rigueurs de la loi de 1810 et la nécessité de régler l’exploitation des mines dans un but d’utilité générale, permirent de sortir d’une situation inextricable en adaptant la portée de la loi par des dispositions spéciales à la situation de Saint-Étienne.

Il est à l’origine de l’école des mineurs de Saint-Étienne créée en 1816. Dans la de l'École, il eut comme élève Jean-Baptiste Boussingault qui le décrit dans ses Mémoires comme un excellent pédagogue et géologue.

En 1822, il est chargé d’une tournée d’inspection dans les départements de l’Auvergne, du Dauphiné et de la Provence.

En 1824, il est nommé dans le grade d’inspecteur divisionnaire. Tout en restant directeur de l’école de Saint-Étienne, il se rend périodiquement à Paris pour assister aux séances du Conseil général des Mines.

Il est appelé à donner son avis, en 1828, à la commission instituée pour enquêter sur les fers et à celle de 1832 sur les houilles.

En , Beaunier est appelé en service extraordinaire au Conseil d’État.

En , il est nommé inspecteur général des Mines.

Le , il est élevé au grade d'officier de la Légion d'honneur.

Souffrant depuis plusieurs années d’une vue déclinante, ainsi que de douleurs rhumatismales et gastriques aggravées par une intense activité professionnelle, son état de santé se détériore rapidement en 1835 jusqu’à son décès, à Paris, le de cette année. Il est inhumé le au cimetière de Montmartre.

À la suite du décès de Baunier, Delsière est nommé à la tête de l’arrondissement de Saint-ÉtienneThepot (bibliographie), page 101..

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