En lexicologie, la francisation est la transformation de mots d'une langue étrangère, par exemple les toponymes, pour qu'ils aient une consonance ou une morphologie plus conforme aux règles du françaishttps://sites.google.com/site/famillesdemots/franc .

La francisation englobe les changements d'orthographe, de morphologie et de grammaire d'emprunts, l'usage préférentiel de calques, voire de néologismes originaux, afin d'obtenir un lemme qui respecte les traditions et règles de la langue française, d'ordre phonétique ou grammatical.

La francisation est généralement validée puis recommandée par les organismes officiels de terminologie de la langue française dans les pays francophones, comme la Délégation générale à la langue française et aux langues de France et l'Office québécois de la langue française Dispositif d'enrichissement de la langue française en France..

Usage institutionnel en France Contrairement à d'autres pays, la France a instauré beaucoup d'organismes chargés de créer une terminologie française et d'assurer « la défense et l'expansion de la langue », comme l'Académie française, qui avalise certains mots nouveaux, ou l'Association française de terminologie., qui travaille en collaboration avec l'Office québécois de la langue française (OQLF) et la Direction de la langue française de la Communauté française de Belgique, la délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), ou l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui est chargée de protéger la francophonie et de participer à son expansion (la France en est l'un des ).

Loi Toubon Une date importante pour la francisation en France est la loi du ou « Loi Toubon », première loi en France, à l'instar de la « loi 101 » au Québec, à imposer clairement le français comme seule langue de la République française.

Son but est de défendre la langue française en France, non pas contre les patois, mais principalement contre l'américanisation du français. Elle s'appuie sur une disposition introduite en 1992 dans la Constitution :

Le décret d'application du 3 juillet 1996 a mis en place un dispositif d'enrichissement de la langue française. Il impose l'usage des termes en français dans les services et établissements publics de l'État (articles 11 et 12 du décret) :

En 2004, le sénateur Philippe Marini (UMP) fait une proposition de loi destinée à renforcer la loi Toubon. En 2005, cette proposition est finalement adoptée à l'unanimité par le Sénat. Elle comporte des dispositions visant les entreprises : .

Cette proposition de loi vise également les techniques de l'information et de la communication, concernant les messages d'erreur par exemple.

En 2006, à la suite de l'application de la loi Toubon, des entreprises sont condamnées en France pour usage illégal de l'anglais. Par exemple la société américaine GEMS est condamnée à d'amende pour avoir transmis des documents en anglais sans traduction à ses salariés français.. Les sociétés NextiraOne et Europ Assistance sont elles condamnées pour avoir voulu imposer à leurs salariés des logiciels en anglais sans traduction..

Toponymie

Lorsqu'un nouveau territoire entrait dans le giron français, l'administration, surtout par le passé, a régulièrement francisé certains noms de lieux, de fleuves, de montagnes… pour mieux intégrer cette région. Cela concerne plutôt les régions périphériques, voire uniquement celles appartenant à une sphère linguistique (Alsace, Bretagne, Flandre, Roussillon (Pyrénées-Orientales), Occitanie, Pays basque, Savoie, Corse).

Cette francisation peut prendre plusieurs formes :

Adaptation On cherche à donner une simple allure française sans trop défigurer la graphie originelle, mais sans se préoccuper du sens initial Sengeirac est devenue Saint-Geyrac (pourtant le nom occitan originel n'avait aucun lien avec un saint particulier) d'innombrables Kroaz-hent bretons (croix de chemins, carrefours) sont devenus des Croissant Traduction On traduit mot pour mot le nom originel, ce qui permet de conserver l'origine du nom ; toutefois, on rencontre fréquemment des méprises (étymologies fantaisistes), voire des erreurs, de traduction Sent Trían (Saint Trojan) est devenu Sainte-Trie comme Sant Sev (Saint Sev) est devenu Sainte-Sève (avec changement de genre) Hybridation On ne traduit qu'une partie du nom, soit le suffixe, soit le préfixe, en conservant intact le reste du nom originel ; cela donne parfois lieu à des tautologies La Balme est devenue La Balme-les-Grottes (« Balme » et « Grotte » ont tous les deux le même sens) Col de Porte vient de Porta (« col étroit »), et donc veut dire « col du col » le Tuchenn Gador (butte du trône) est devenu Signal de Toussaines (donc signe ou sommet de butte) Transcription Il ne s'agit pas de francisation à proprement parler puisque la graphie initiale est conservée ; seule la prononciation est alors réellement francisée Chamonix est prononcé « Tsamoni » en savoyard, mais en français on a tendance à dire « Chamoni », voire « Chamonixe ». Ar Faou (la hêtraie), dont la graphie était phonétique, est resté Le Faou, mais prononcé « le fou » Cacographie Des erreurs de copies ont pu subvenir, particulièrement lorsque des envoyés francophones pénétraient des régions parlant d'autres langues et que ceux-ci comprenaient mal les habitants de la région. Capbreton provient du nom originel en occitan Cap Berton (prononciation « cabertoun »). La francisation Cap-Breton dénote une inversion du e et du r, puis ultérieurement les deux termes ont fusionné.

Exemples Exemples de transformation orthographique : « Banque », de l'italien banca « Bogie », de l'anglais boggie « Bifteck » de l'anglais beefsteak « Bouledogue », de l'anglais bulldog « Café », de l'arabe (qahwa) « Conteneur », de l'anglais container « Cédérom », de l'anglais CD-ROM « Challengeur », de l'anglais challenger (qui reprend une étymologie de l'ancien français) « Crooneur », de l'anglais crooner « Customisé », de l'anglais customised « Dealeur », de l'anglais dealer « Finisheur », de l'anglais finisher « Fioul » de l'anglais fuel « Followeur », de l'anglais follower « Gazole », de l'anglais gas-oil (« diesel », son synonyme, obtenu par antonomase de l'inventeur Rudolph Diesel, est parfois aussi transformé en « diésel ») « Hurdleur », de l'anglais hurdler « Looseur » et « winneur » de l'anglais looser et winner « Matelas », de l'arabe (matrah) « Musli », de l'alémanique müesli « Overbooké » ou « surbooké », de l'anglais overbooked « Paélia », de l'espagnol paella « Paquebot », de l'anglais packet boat « Pédigrée », de l'anglais pedigree « Pouding », de l'anglais pudding « Redingote », de l'anglais riding coat « Rosbif » de l'anglais roastbeef « Taliatelle », de l'italien tagliatelle

Calque : « Lune de miel » pour honeymoon Henriette Walter, Dictionnaire des mots d'origine étrangère, Larousse, 1991, : lune de miel n.f., traduction de l'anglais honeymoon, première lunaison qui suit le mariage, de honey, « miel », et de moon, « lune »; . Le Webster's New World Dictionary of American English , College Edition, donne aussi comme origine possible le vieux norois (Old Norse) hjūnōttsmānathr, lit. wedding-night month.. « Disque compact » pour compact disc « Gratte-ciel » pour skyscraper « Disque numérique polyvalent » pour digital versatile disc (DVD)

Néologisme original : Courriel pour e-mail (usage popularisé au Québec et rendu officiel en France à partir de 2003 ). Pourriel pour spam numéro d’urgence () ou aide en ligne () ou téléassistance () au lieu de hotline Biodégradable

Francisation par reproduction de sigles : FAQ, de l'anglais Frequently Asked Questions (questions fréquemment posées), francisé en « foire aux questions » GPS, de l'anglais Global Positioning System (système de positionnement global), francisé en « guidage par satellite » ou « géolocalisation par satellite »

Références

Liens internes Francisation des termes en latin scientifique

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