L’oléoduc Énergie Est était un projet de TransCanada visant à acheminer du pétrole de l'Alberta, de la Saskatchewan et du Dakota du Nord. à un terminal maritime situé à Saint-Jean (Nouveau-Brunswick) tout en desservant les trois raffineries de l'est du Canada. Un second terminal maritime qui devait être situé sur le fleuve Saint-Laurent a été abandonné. Cet oléoduc de de long aurait eu une capacité de . Il transporterait soit du pétrole léger conventionnel soit du pétrole brut de synthèse, provenant du pré-raffinage du bitume extrait des sables bitumineux de l'Athabasca Financial Post, 13 juillet 2013, Economics of TransCanada’s West-to-East pipeline plan ‘compelling’, says analyst. Son coût est évalué à 12 milliards $ CA.. Évoqué dès 2012, ce projet est annoncé officiellement le . Selon le calendrier initial de TransCanada, l'oléoduc devait entrer en service à Québec en 2017 et à Saint-Jean en 2018.. En , TransCanada annonce que son projet de port pétrolier à Gros-Cacouna est annulé et que la mise en service du pipeline ne se fera qu'au début de 2020, soit un an plus tard que prévu The Globe and Mail, 2 avril 2015, TransCanada delays Energy East, won’t build Quebec oil terminal ..

La Communauté métropolitaine de Montréal (Montréal, Laval)., la ville de Gatineau., les municipalités régionales de comté (MRC) de L'Islet et d'Autray, les villes de Saint-Augustin-de-Desmaures, Lavaltrie et L'Assomption., l'Union des producteurs agricoles du Québec (UPA). et le Caucus Iroquois. se sont prononcés officiellement contre le projet.

Le , TransCanada annonce qu'en raison des nouvelles normes environnementales du gouvernement Trudeau, elle met fin au projet de l'oléoduc Énergie Est...

Le tracé L'oléoduc aurait été alimenté à partir d'un nouveau terminal de réservoirs situé à Hardisty (Alberta) et d'un autre qui aurait été construit en SaskatchewanTransCanada, Le projet. Il aurait acheminé le pétrole au Canaport Energy East Marine Terminal à Saint-Jean (Nouveau-Brunswick), construit par Irving Oil, en partenariat avec TransCanada, à un coût unitaire de 300 millions $ Global News, août 2013, Irving Oil to build new terminal for Energy East Pipeline project et possiblement à un autre terminal maritime sur le fleuve Saint-Laurent, lequel était prévu originellement dans la région de Québec., et plus tard relocalisé à Cacouna puis abandonné.

Au passage, des extensions de l'oléoduc auraient alimenté aussi les raffineries de Sarnia (Imperial Oil), Montréal (Suncor), Québec (Valero) et Saint-Jean (Irving). Seule la raffinerie de Sarnia est équipée d'un coker unit permettant de transformer le bitume en un pétrole brut de synthèse raffinable. Selon certains, l'analyse du marché indique que le bitume aurait été exporté tel quel vers les méga-raffineries asiatiques plutôt que raffiné sur place The Globe and Mail, Markets hunger for Canadian bitumen, not refined oil.

D'une longueur totale de , l'oléoduc aurait été constitué de sections neuves se greffant à des sections existantes: Une section d'oléoduc de aurait été construite depuis le terminal de réservoirs de Hardisty (Alberta) jusqu'à Burstall (Saskatchewan) pour s'y connecter au gazoduc de TransCanada, qui achemine le gaz de l'Ouest vers l'Ontario. Une canalisation de la ligne principale de ce gazoduc aurait été convertie en oléoduc sur une distance de The Globe and Mail, 6 septembre 2012, TransCanada looks east as Gateway pipeline gets bogged down. En effet, ce gazoduc n'est utilisé qu'à 50 % de sa capacité, en raison de la concurrence du gaz de schiste des États-Unis, dont la production a connu une expansion rapide. De nouvelles sections d'oléoduc auraient été construites: Cornwall - Montréal, où il aurait alimenté la raffinerie Suncor, dont la capacité est de ; Montréal - Québec, où il aurait alimenté la raffinerie Valero, dont la capacité est de ; le tracé longera le gazoduc TQM sur la rive nord du Saint-Laurent et passera sous le fleuve à Saint-Augustin-de-Desmaures, pour se rendre jusqu'à Saint-Nicolas; Québec - Cacouna, pour être exporté par pétrolier (projet annulé le ); Québec - Saint-Jean (Nouveau-Brunswick), où il aurait alimenté la raffinerie Irving, dont la capacité est de The Globe and Mail, 6 août 2013, TransCanada's pipeline from Alberta to Eastern Canada. Au total, 68 réservoirs d'entreposage de pétrole brut auraient été construits le long du pipeline The Globe and Mail, 11 septembre 2013, TransCanada touts national benefits of Energy East plan.

Stratégie de TransCanada Devant les difficultés d'Enbridge à faire accepter son projet d'oléoduc du Northern Gateway, et la forte opposition à laquelle se heurte son projet Keystone XL aux États-Unis, TransCanada a pris les devants afin de se gagner l'opinion publique. Elle s'était engagé à : procéder à « une étude environnementale et socioéconomique complète »; préserver les ressources environnementales par le rétablissement des caractéristiques biophysiques de l’environnement à un niveau équivalant à celui d’avant le projet; maintenir une servitude pour le droit de passage durant toute la durée de vie de l'oléoduc et de collaborer avec les propriétaires fonciers afin de résoudre tout problème qui découlerait de ses activités; procéder, avant le démarrage du projet, à des évaluations des ressources du patrimoine, de la végétation, des zones humides, des sols, de la faune, y compris des espèces en péril, ainsi que des habitats aquatiquesTransCanada, Oléoduc Énergie Est, Respect de l'environnement.

TransCanada avait lancé également une importante opération de relations publiques avec l'aide de la firme EdelmanVoir l'article en anglais :en:Edelman (firm), en saturant les réseaux sociaux afin de créer un mouvement d'opinion en faveur du projet. En même temps, cette campagne prévoyait attaquer les groupes d'opposants en colligeant toutes les informations financières ou judiciaires susceptibles de leur nuireRadio-Canada, 18 novembre 2014, Fuite majeure de la stratégie de TransCanada.

Aspects économiques Cet oléoduc aurait été bénéfique pour le secteur de la construction et alimenterait en pétrole les raffineries de Montréal et de Saint-Romuald, augmentant ainsi la compétitivité d'un secteur de l'économie québécoise.. Selon Le Devoir,

Le coût d'acheminement du pétrole, depuis l'Alberta jusqu'à Saint-Jean, revient à environ le baril par oléoduc, contre le baril par train The Globe and Mail, 31 août 2013, Where oil meets water: The final stop for the Energy East pipeline. Selon un économiste, le Québec devrait exiger en compensation

Ce projet de TransCanada entrait en concurrence avec celui d'Enbridge, qui a inversé la direction de sa Ligne 9B à la fin de l'année 2016 et de l'oléoduc Portland-Montréal, construit en 1941, de façon à acheminer le pétrole de l'Ouest vers Montréal, puis vers le terminal pétrolier américain plutôt que vers ceux de Québec et Saint-Jean.

Le projet aurait eu pour conséquence que Gaz Métro, actuellement approvisionné en gaz de l'Ouest par le gazoduc de TransCanada, aurait été obligé de se fournir en gaz de schiste aux États-Unis ou, à tout le moins, de se trouver une nouvelle source d'approvisionnement en gaz naturel. TransCanada s'était déclaré prêt à fournir le gaz aux compagnies distributrices, notamment Gaz Métro et Union Gas en Ontario, à condition que celles-ci s'engagent pour une durée de 10 ans ou plus, ce qui revient à leur faire assumer le coût et les risques de la construction d'un nouveau gazoduc The Globe and Mail, 13 août 2013, Battle between TransCanada and customers reflects changing market.

Enjeux environnementaux Lors de l'annonce du projet, la compagnie a souligné l'intérêt pour le pays de cet oléoduc, qui réunit les provinces de l'Est et de l'Ouest, comme jadis le chemin de fer transcanadien. À quoi, le représentant de Greenpeace répondit qu'on ne pouvait bâtir un pays « autour d'un projet qui empoisonne l'eau, viole les traités et accélère une crise climatique The Globe and Mail, août 2013, The promise and the perils of a pipe to Saint John». L'association québécoise Équiterre est opposée au projet parce que ce dernier entraînerait une augmentation de l'exploitation des sables bitumineux, et par conséquent une croissance des effets néfastes de celle-ci sur le plan environnementalSe sortir la tête des sables, Equiterre, 11 juillet 2013.

En , un rapport du bureau du Vérificateur général du Canada dénonce un certain laxisme dans la surveillance des pipelines par l'Office national de l'énergieRapport 2 — La surveillance des pipelines de compétence fédérale.

Hausse majeure des gaz à effet de serre Selon une étude d’impact effectuée par l’Institut Pembina Pembina institute report: Energy-east-climate-implications.pdf, la production de sable bitumineux nécessaire pour l’oléoduc aurait généré de 30 à 32 millions de tonnes de GES, ce qui surpasse le total des GES générés par les véhicules routiers du Québec. En comparaison, l'agrandissement de l’oléoduc Keystone XL, un autre projet de TransCanada, augmenterait les émissions de 22 millions de tonnes ..

Type de pétrole Les impacts environnementaux de ce projet auraient été dépendants de la nature du pétrole qui aurait circulé dans ce pipeline. L'Alberta produit du pétrole léger provenant de puits conventionnels, mais en trop faible quantité pour alimenter un oléoduc d'une telle capacité, car la production était en 2012 de Source : Alberta Oil Sands Industry. Quarterly Update. Summer 2013. Par contre, le volume de bitume produit était, cette même année, de () et devrait doubler en 2022, pour atteindre , soit 221 millions de /an. Or, le bitume ne coule pas dans un oléoduc en raison de sa viscosité très élevée. Il doit donc : (a) soit être mélangé à des composants légers, pour produire du dilbit (bitume dilué), dont le brut lourd Western Canadian Select (WCS) est la variété la plus standardisée parmi quelque 25 autresCenovus, Western Canadian Select (WCS) fact sheet; (b) soit être transformé sur place, dans une pré-raffinerie ou un coqueur, en pétrole brut de synthèse —en anglais synthetic crude oil (SCO), assimilable au pétrole léger. En 2011, l'Alberta transformait ainsi dans ses cinq pré-raffineries 57 % de sa production totale de bitumeWatershed Sentinel, nov-dec 2012, Line 9 - Shipping Tar Sands Crude East. Comme les projets de nouvelles pré-raffineries ont été abandonnés pour des raisons économiques, le pourcentage de SCO devrait baisser, la production de bitume augmentant régulièrement.