de Nevers, mort le , est un comte de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre (1099 ou 1100-1147)., issu de la Maison de Nevers.
Numérotation Guillaume port le numéro [II] en succédant à son grand-père Guillaume de Nevers. Toutefois, il est également numéroté [III] dans la mesure où l'un des fils de Guillaume , Guillaume succède à son frère vers 1099/1100..
Biographie de Nevers est le fils de , comte de Nevers par délégation de son père (1079-1089), et d'Agnès de BeaugencyCharte de 1134 : (« comte de Nevers, qui est né de (Agnès de Beaugency) la fille de Lancelin de Beaugency ») renonce aux pratiques préjudiciables à l'abbaye de Saint-Michel, avec l'approbation de (« comtesse Adélaïde notre femme… et nos fils Rainald et Robert… fils du susdit comte »). Dans . Cité dans ..
À la mort de son père en 1089, il demeure sous la tutelle de son grand-père jusqu'à la mort de celui-ci en 1099 ou 1100..
Participation aux croisades La prise de Jérusalem en 1099 enflamme l'Occident. fait partie de la multitude qui décide de se rendre en Terre sainte en renfort.. Mais la préparation d'une telle expédition n'est pas une mince affaire ; il prend le départ en 1104 seulement selon Challe., plus vraisemblablement en 1101Si de Nevers échappe à un massacre lors d'une des , c'est vraisemblablement la bataille de Ramla de mai 1102 qui fut une catastrophe du point de vue militaire et en pertes humaines, bien qu'une réussite grâce à l'ineptie du commandement adverse. Guillaume a donc dû prendre la route au plus tard fin 1101. Cet argument est à rajouter à la datation d'Albert d'Aix, qui donne août 1101 pour la cuisante défaite de Guillaume à Héraclée (voir ).. Entre-temps il fait nombre donations, concessions et actes de piété. En il renonce, pour lui et pour ses successeurs, au droit de main-morte sur les biens de l'évêché à la mort des évêques.Guillaume suit l'exemple du comte de Blois et de Chartres qui a déjà renoncé à son droit de main-morte en faveur de l'évêque de Chartres, et de même envers l'évêque de Meaux. La coutume de main-morte a été proscrite par le concile de Clermont en 1095 seulement. Voir ..
Il part en compagnie de Eudes Herpin vicomte de Bourges et d'une petite armée de hommes. suivie d'une grande foule de moines, femmes, enfants et hommes désarmés. Tous embarquent à Brindes pour traverser l'Adriatique puis rejoignent Constantinople à pied. Mais l'accès à la ville leur est interdit et ils repartent deux semaines plus tard. Ils ont appris qu'un corps d'armée de hommes, commandé par duc de Bourgogne, comte de Blois, évêque de Milan et Conrad connétable de l'empire germanique, s'est fait massacrer dans les défilés de Paphlagonie vers l'Anatolie, ainsi que la foule qui les suivait ; mais ils décident malgré tout de prendre le même chemin. Ils partent de Nicomédie vers le solstice d'été.
Se dirigeant vers Iconium, ils passent plusieurs semaines à traverser des étendues déjà ravagées et désertées. Rencontrant alors vers Ereğli une armée turque menée par le sultan d'Iconium, ils sont défaits, puis harcelés par la soif, la faim, la fatigue et la maladie autant que par les Turcs qui font fuir leurs guides et achèvent les traînards jusqu'à Héraclée en .
Les chevaliers abandonnent les pèlerins et s'enfuient à Germanicopolis en Cilicie. De là ils gagnent Antioche, où ils arrivent en nombre des plus réduits, dépouillés même de l'essentiel et plus morts que vifs. Quelques mois après ils y sont rejoints par les restes d'une troisième armée commandée par Guillaume comte de Poitou, Guillaume évêque de Clermont, Welf duc de Bavière et la comtesse Ida margrave d'Autriche qui ont subi le même sort. Découragé par ces échecs, Guillaume fait son pèlerinage à Jérusalem, échappe avec beaucoup de chance à la déroute de Ramla en À la deuxième bataille de Ramla, comte de Blois et duc de Bourgogne sont tués et le comte de Bourges fait prisonnier., et revient dans ses États en 1104..
Démêlés avec Hugues de Saint-Vérain Il trouve son château de Cosne occupé par Hugues le Manceau de Saint-Vérain, ainsi que la ville ; et Hugues a fait main basse sur les revenus de l'évêque. L'évêque Humbaud lui fait rendre le tout à l'aide d'une excommunication par ..
Deux fois prisonnier et revanche - Hugues le Manceau est fait deux fois prisonnier au cours de sa vie..
Expédition contre Thomas de Marle
Ce seigneur est le fils d' et d'un caractère frondeur, qui tourne contre lui roi et clergé : il héberge notoirement les assassins de Gaudry évêque de Laon, et harcèle les habitants d'Amiens à qui le roi Louis le Gros a donné une commune, en quoi lesdits habitants d'Amiens sont aussi soutenus par l'évêque d'Amiens Geoffroy. Louis le Gros convoque ses vassaux pour faire plier le rebelle. , s'y rendant, tombe dans une embuscade tendue par Hugues le Manceau sur l'instigation de ; Guillaume pris à Avallon (selon la chronique de Vézelay) ou à Ainay (selon Lebeuf), Hugues le Manceau l'amène au château de Blois. Quelques jours plus tard, le , se tient le concile de Beauvais. sous l'égide de Conon de Préneste. Pages 726-732 : index des conciles (date et page)., légat du pape ; Thomas de Marle est dégradé et dépossédé de ses fiefs, et sont excommuniés tous les participants à quelque degré que ce soit à l'agression contre , pour motif de violation de la trêve de Dieu. Le légat du pape envoie la sentence à Yves évêque de Chartres avec mission pour lui de la communiquer à Thibaut de Blois. La réponse de Thibaut de Blois (par le biais de son défenseur Yves) enjoint aux accusateurs de travailler au rétablissement de la paix entre le comte de Blois et le roi Louis le Gros ; c'est un refus, une déclaration de guerre contre le roi et une histoire dans laquelle n'est qu'un pion. D'autant que de Blois doit être aidé par le roi d'Angleterre , son oncle, pour faire face à Louis le Gros. Henri Beauclerc envoie des troupes à Thibaut de Blois, ce qui ajoute un grief de plus à la liste que tient Louis le Gros envers son alter ego anglais. C'est la guerre de succession de Normandie, qui dure trois longues années pour Guillaume qui en attend l'issue en prison à Blois. Il n'est pas oublié puisqu'au concile de Reims mené en 1119 par en personne, Louis le Gros le cite. : Ce concile n'apporte pas de solution immédiate pour Guillaume mais la médiation du pape (facilitée par la grosse défaite française à la bataille de Brémule du ) amène un traité de paix signé en 1120 (favorable aux Anglais). Thibaut de Blois relâche Guillaume de Nevers cette année-là, car on trouve ce dernier assistant à la signature d'une charte en faveur de Pontigny le à Clamecy..
Vengeance ratée contre Hugues le Manceau garde une profonde rancune contre Hugues le Manceau et, vers 1130, croit avoir trouvé le moyen de l'assouvir. Il s'agit pour lui de revendiquer le château de Cosne que son ennemi a repris, et d'arriver à ses fins pour une histoire de fief non nommé mais qui relève du comte de Blois ; or Guillaume ne fait pas confiance à la partialité du comte et pense que les armes, face à un adversaire moins équipé que lui-même, peuvent résoudre la question sans passer par la cour comtale. Il en appelle à Louis le Gros et à l'évêque d'Autun, et tous trois viennent assiéger Hugues le Manceau dans Cosne et entourent la ville d'un fossé pour mieux l'isoler. Mais ce dernier envoie des émissaires au comte de Blois, qui convoque ses vassaux et arrive à la rescousse, accompagné notamment de , comte d'Anjou, et des 440 soldats et chevaliers de ce dernier. Apprenant l'arrivée imminente de ces renforts, Louis le Gros plie sagement bagage ; poussé par sa rancune, reste devant Cosne. Thibaut de Blois et Geoffroy d'Anjou arrivent, Guillaume fait retraite mais trop tard : Geoffroy d'Anjou le capture. de Nevers doit payer une forte rançon pour sa libération. Il est libre en 1131, année où il est témoin d'une donation de l'usage de bois par Hugues le Manceau à l'abbaye de Villegondon que ce dernier vient de fonder entre Cosne et Saint-Vérain..
Guillaume a sa revanche Louis le Gros se venge ultérieurement du comte de Blois ; il fait brûler le château de Bonneval, détruire celui de Château-Renard et ruiner celui de Saint-Brisson. C'est peut-être une de ces expéditions qui donne à l'occasion de prendre sa revanche sur Hugues le Manceau : il le fait prisonnier et l'incarcère à Decize, où Hugues meurt en 1139..
Autres Ayant à régler de nombreux points conflictuels avec l'évêque d'Auxerre Hugues de Mâcon, entre 1137 et 1145Lebeuf ne donne pas de date pour la charte établie par saint Bernard entre Hugues de Mâcon et . Cette date ne peut pas être antérieure à l'installation de Hugues de Mâcon comme évêque d'Auxerre en 1137 ; et elle est donnée par Lebeuf comme postérieure à une charte de 1146 mentionnant . Voir . tous deux acceptent l'arbitrage de saint Bernard..
Résignation de ses titres, mort Il donne ses biens à ses enfants en 1147 et entre à la Grande Chartreuse où il termine ses jours en 1147 ou début 1148 (son fils lui succède en 1148).
Donations, fondations Vers 1117, il fonde l'hôpital de Panthénor à Clamecy ; cet établissement, légué par à l'église de Bethléem en Palestine, devient le siège du diocèse de Bethléem quand les Sarrasins reprennent Bethléem de Palestine.. Il se situe sur la rive droite de l'Yonne, face à Clamecy qui est sur la rive gaucheBethléem près de Clamecy, carte IGN interactive sur geoportail.gouv.fr..
En 1134 il est au monastère de Crisenon, où il se joint à Hugues de Montaigu évêque d'Auxerre (1115-1136) et l'abbé de Molesme Ébrard, pour s'accorder sur des litiges concernant le premier état des religieuses de l'abbaye de Jully venues à Crisenon et des biens du monastère de Crisenon. Il est décidé que Molesme cède les terres et bâtiments de Crisenon aux religieuses qui l'habitent, s'en réservant toutefois la direction spirituelle et le droit d'y placer trois ou quatre moines en cas de surpopulation à l'abbaye de Molesme ; et que pour compenser cette cession, Hugues de Montaigu donne à l'abbaye de Molesme l'église Saint-Gervais d'AuxerreL'église Saint-Gervais, aujourd'hui disparue, se trouvait à Auxerre sur la rive droite de l'Yonne, à peu près en face de l'abbaye Saint-Julien sur la rive gauche. À cette occasion, , Ermengarde, sa mère, et Étienne, son frère, confirment leurs donations en faveur de Crisenon..
Il contribue avec son épouse en 1144 à la fondation du prieuré Notre-Dame de La Fermeté à La Fermeté (Nièvre).
Famille Il épouse Adélaïde, avec laquelle il a quatre enfants connus : (1110-1161), comte de Nervers et d'Auxerre ; Renaud (), à Laodicea, comte de Tonnerre ; Robert () ; Anne, mariée à (Guillaume le Vieux).
Voir aussi Bibliographie . . .
Articles connexes Comté d'Auxerre Comté de Nevers Comté de Tonnerre
Liens externes
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Notes et références Notes
Références
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