Georges Mathias, dit Paraf-Javal (pseudonyme Péji), né le à Paris et mort le à MontluçonNotice de la BnF et Le Maitron, est un inspecteur de navigation, professeur de sciences naturelles, artiste graveur et écrivain.
D’abord proche du socialisme, il rallie l'anarchisme individualiste. Il est souvent décrit comme une personnalité « controversée » du mouvement libertaire.
Biographie thumb|upright|Une affiche du journal L’En-dehors pour les milieux libres. Il commence son activité politique lors de l'Affaire Dreyfus. En 1899, ses conférences et ses articles le font connaître plus largement. Il signe alors Péji, des deux premières lettres de son nom composé.
En 1900, il fait la connaissance de Libertad auquel il se lie d'amitié pendant plusieurs années. Il donne, à cette époque, des « Causeries populaires » bimensuelles, notamment sur le thème de « L’organisation du bonheur », où il développe ses théories sur le « transformisme universel ».
En 1902, avec notamment Élisée Reclus, Jehan Rictus, Lucien Descaves, Maurice Donnay, Henri Zisly, E.Armand, Georges Deherme, il est parmi les fondateurs de la Société pour la création et le développement d'un milieu libre en France qui appuiera la création d'une communauté libertaire, La Clairière de Vaux (Essômes-sur-Marne, Aisne), « premier milieu libre » français non éphémère dissout en 1907Léo Campion, Le Drapeau noir, l'Équerre et le Compas : les Maillons libertaires de la Chaîne d'Union, Éditions Alternative libertaire, 1996, .Jean Maitron, Milieux libres in ..
En , il est parmi les fondateurs de la Ligue antimilitariste avec Gaston Dubois-Desaulle, Henri Beylie, Albert Libertad, Émile Janvion, E.Armand et le secrétaire de la Fédération des Bourses du travail, Georges Yvetot. La Ligue a pour but la suppression de toutes les armées et participe, en , au Congrès antimilitariste d'Amsterdam initié par Domela Nieuwenhuis. Ne préconisant comme moyen d'action que la désertion, Libertad et Paraf-Javal refusent de se soumettre aux décisions adoptées et abandonnent la Ligue dès le lendemain de la réunion.
De mars à , dans une série d'articles du Libertaire, il dénonce ce qu'il considère comme l'« absurdité syndicale et coopérative ». On peut y lire : « Les élections contribuent à la fabrique de l’autorité, c’est-à-dire font durer l’autorité ; les syndicats s’efforcent de rendre moins intolérables les rapports entre patrons et ouvriers, c’est-à-dire font durer le patronat ; les coopératives contribuent à faire concurrence au commerce, c’est-à-dire font durer le commerce. »Dictionnaire international des militants anarchistes : notice biographique.
Il collabore à de très nombreuses publications libertaires dont l'hebdomadaire L'Anarchie fondé, en 1905, par Albert Libertad, et il en assume pendant un moment la direction.
En 1907, de graves dissensions l'opposent à Libertad et au groupe des « Causeries populaires ». Il crée alors une nouvelle association « Le Groupe d'Études Scientifiques » avec notamment Maurice Duflou. Pensant résoudre tous les problèmes philosophiques par la science, il apparaît alors comme un scientiste borné et intransigeant, de même qu'un antitabagiste et antialcoolique virulentÉphéméride anarchiste : notice biographique..
Après la première guerre mondiale, il tient une librairie à Paris (celle de son fils aîné mort à la guerre) et poursuit ses conférences.
Il est initié en franc-maçonnerie à la loge « La Montagne » de la Grande Loge de France à Paris, dont il devient le vénérable maître en 1930. En 1935, il fonde la « Grande Loge de la fraternité universelle » en dissidence avec son obédience maçonnique.
En plus d'être l'auteur de très nombreuses brochures politiques, il rédige des cours d'arithmétique physique édités en espagnol pour l'Escuela Moderna de Francisco Ferrer.
Œuvres thumb|upright|La substance universelle, Albert Bloch, Paraf-Javal, 1903. Libre examen, 1901. L'absurdité de la politique, 1902. La substance universelle, 1903. L'argent, 1905. L'absurdité des soi-disant libres-penseurs : les faux libres-penseurs et les vrais, 1905. L'absurdité de la propriété, 1906. Les faux droits de l'homme et les vrais, 1907. Le monopole de l'abrutissement officiel, 1909. L'Humanité, interview de son oncle par ma nièce, 1909. La Bonne méthode, 1909. La Morale transformiste, 1909. La Légende détruite. Indications pour essayer de suivre l'histoire de Jeanne d'Arc dépouillée des mensonges surnaturels et nationalistes et d'une façon générale se libérer de la croyance à la réalité de l'irréel, 1929. Le vrai communisme et le faux, 1935.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Jean Maitron, Le mouvement anarchiste en France: De 1914 à nos jours, François Maspero, 1975, 439 pages, extraits en ligne, réédité par Gallimard, coll. « Tel » en 1992. René Bianco, Une Figure originale de l’anarchisme français, Paraf-Javal, Éditions Culture et Liberté, Marseille, 1980 Sous la direction de Corinne Grenouillet, Maryse Vassevière, Recherches croisées : Aragon / Elsa Triolet , Collection Annales littéraires de l'Université de Franche-Comté, 2001, 308 pages, , extrait en ligne. .
Articles connexes Anarchisme et franc-maçonnerie Communauté libertaire Libertad Libertaire Antimilitarisme
Liens externes
Dictionnaire international des militants anarchistes : notice biographique. L'Éphéméride anarchiste : notice biographique. Centre international de recherches sur l'anarchisme (Lausanne) : notice bibliographique. Catalogue général des éditions et collections anarchistes francophones : notice bibliographique. René Bianco : 100 ans de presse anarchiste - notice bibliographique.
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