Les Songhaïs sont un peuple de la vallée du fleuve Niger partagé entre le Sahel et le Sahara vivant principalement d'activités agricoles et pastorales mais aussi de l'artisanat. Ils cultivent le riz paddy sur les bords du fleuve Niger, le blé et le mil sur les plateaux et dans les vallées et élèvent aussi du gros bétail : dromadaires, bovins, caprins, ovins, asins, chevaux et aussi de la volaille. Les Songhaï ont une longue tradition équestre et caravanière. Ils constituent un groupe ethnique important du Mali, du Niger, du Nord du Bénin, du Nord du Nigeria dans les État de Kebbi, de Sokoto et de Zamfara, dans la Région du Sahel au Burkina Faso et de façon minoritaire dans les régions Est et Nord du Soudan dans la corne de l'Afrique avec d'autres groupes sahéliens comme les Haoussas et les Peul.
Les Songhaïs sont un peuple de l'Afrique sahélienne dont l'habitat s'étend de la boucle du Niger à la Mer rouge et du Sahara au Nord de la savane sahélo-soudanienne. L'Empire songhaï a connu un rayonnement important à la fin du , s'étendant de l'Atlantique à l'ouest et au bassin du lac Tchad à l'est.
Ethnonymie Selon les sources, on observe de multiples variantes dans l'orthographe : Songai, Songay, Songhaïs, Songhay, Songhays, Songhoi, Songhoy, Songhrai, Songhray, Songoi, Sonhrai, Sonhray, Sonrai, Sonray, Sonrhai, SonrhaySource Répertoire d’autorité matière encyclopédique et alphabétique unifié, BnF [Bibliothèque nationale de France]..
On trouve également le terme Hombori.
Le mot Songhaï désigne le territoire d'habitat des populations plutôt que leur nom ethnique. Pour se désigner, les populations dites Songhaï utilisent le terme ayneha, signifiant « j'ai dit » en langue Songhaï. Elles utilisent le même terme pour se désigner en tant que locuteurs de la langue songhaï.
Les populations Songhaï établies sur tout le long de la boucle du Niger entre le Sahel et le Sahara sont réparties en divers groupes selon leurs noms propres. les Songhaï du nord du Mali utilisent en général le terme koyraboro, « gens des cités », « habitants des villes » pour se désigner ; parce qu'ils occupent des villes millénaires comme Tombouctou, Gao, Djenné, la qualification de citadins leur revient ; Les Songhaï habitant le Niger, le Nord du Nigeria, le Soudan l'extrême Nord du Bénin sont appelés Zarmas dérivés selon certaines sources de l'expression za Hamay les descendants de za el-Ayamen ou zabarkhane ancêtres mythiques des populations songhaï ; les Songhaï déplacés à la suite de l'effondrement de l'Empire Songhaï et ayant migré vers le sud en suivant le fleuve sont appelés Dendi qui signifie couler en langue songhaï et occupe le nord du Bénin et l'extrême sud du Niger dans le département de Gaya ; les populations Songhaï ayant migré du Hombori vers la région de l'Oudalan et du Sahel au Burkina sont appelés Marensés ; les descendants de l'Union entre les soldats marocains et andalous du pacha Djouder ayant fait la conquête du Songhaï et les femmes Songhaï autochtones sont appelés Arma terme signifiant frère ; les populations établies dans l'ouest de l'actuelle Algérie à Tabelbelas sont appelées Belbalis et utilisent le terme Korandjé qui signifie 'citadins' comme koroboro pour se désigner ; les populations peulh établies en pays songhaï depuis des siècles ont adopté pour plusieurs groupes la langue songhaï comme langue maternelle après s'être unis par le biais du mariage avec les Songhaï, le groupe appelé Gabeero faisant partie des Koyraboro et établis dans la rive gourma du fleuve, le groupe kourtey aujourd'hui reconnu comme sous-groupe onghaï et plusieurs autres établis le long du fleuve descendent de ces populations ; les locuteurs nomades du songhaï appartiennent ethniquement au peuple Touareg mais ont gardé de forts liens avec les Songhaï du fleuve, ces populations nomades locuteurs du songhaï appartiennent au groupe Daoussahak, répartis entre le Niger et le Mali où ils nomadisent. Les Isawaghan, les Igadalan occupent les régions d'Agadez, et de Tahoua au Niger et sont centrés sur la ville d'Ingal d'où ils sont natifs et y constituent la population majoritaire.
Histoire
Origine
Données linguistiques et migrations du Néolithique (Holocène) au Le proto-soudanique à l'origine des langues nilo-sahariennes est parlé au IXe millénaire av.J-C dans le désert lybique dans l'actuelle Égypte (site de Napta playa) par des populations de chasseurs-cueilleurs et pêcheurs qui pratiquaient la chasse aux hippopotames, antilopes et autres gros mammifères aux abords du Nil qui était alors à cette époque un immense marécages hostile à l'habitation, c'est à cette époque qu'ils commencèrent la domestication des bovidés. Au millénaire av.J-C le groupe à l'origine de la branche sahélienne se différencie des autres pour former à son tour le groupe Est-sahélien à l'origine du méroïtique ou koushite, ancêtre des langues nubiennes et le groupe ouest sahélien (saharo-sahélien) qui a donné les langues sahariennes parlées par les Toubous, les Zaghawa, les Kanouris du Sahara central et qui a aussi contribué à la formation des langues songhaï, le groupe ouest-sahélien se fixe dans les massifs montagneux ( Aïr, Tassili des Ajjers, Tibesti, Hoggar) après le départ des groupes nigéro-congolais plus au sud en raison des conditions climatiques qui était devenues hostiles pour eux. Ils ont amené avec eux les caprins et les bovins autrefois absents de la région, ce sont les Kiffiens dont les ossements furent découverts au Sahara et qui mesuraient plus d'1,80 m.
La deuxième migration qui a contribué à la formation des Songhaïs et de plusieurs autres groupes sahéliens est celle des locuteurs des langues afro-asiatiques qui parallèlement au nilo-saharien viennent aussi du Nord-Est du continent africain où sa racine mère, l'afrasien était parlé par des populations qui cultivaient le sorgho sur les plaines de l'Atbaya au Soudan en 8000 av J-C. L'afrasien voit sa branche à l'origine des langues berbères, langues sémitiques et égyptienne se séparer d'elle à cette époque-là pour aller plus au nord ; la branche des langues tchadiques en fait de même en 4000 avec J-C en se séparant du couchitique pour se diriger vers le Sahel où les populations se fixent à côté des groupes nilo-sahariens les ayant devancés de 3000 ans. Ils sont à la base de la Culture ténéréenne du site de Gobero au Sahara, leurs ossements font penser aux populations méditerranéennes actuelles. Ces populations sont en partie à l'origine des gravures rupestres pastorales et autres du Sahara. les deux populations voisines se métissent pour donner de nouveaux clans qui garderont pour certains les langues nilo-sahariennes et afro-asiatiques pour d'autres. Ce métissages contribue à l'origine de plusieurs groupes ethniques du Sahel dont les Songhaïs, les Haoussas, les Kanouri, les Toubou... Les conditions climatiques de plus en plus difficiles au Sahara ont engendré pour ces populations des difficultés à se nourrir eux-mêmes et à nourrir leur bétail, des crises découlant de l'intention de chacun de chercher à contrôler les maigres ressources encore disponibles. La situation ne s'améliorant pas plusieurs groupes décident de suivre les traces des gros mammifères et de l'herbe plus au sud. Le groupe ayant rejoint le lac Tchad est à l'origine de la civilisation sao, ceux ayant rejoint le Nord du Nigeria s'installent près des berom nigéro-congolaises et constituent le socle de formation des États haoussas, le groupe ayant rejoint le fleuve Niger s'établit près de populations de pêcheurs vraisemblablement Mandingues appelées Sorkos où Bozo et une autre de chasseurs proches des groupes Gour actuels. Les nouveaux arrivants sahariens prennent aussitôt possession des terres bordant le fleuve entre Tillaberi et Gao où ils s'imposent en tant que maîtres de la terre "laabukoy" aux populations nigéro-congolaises autochtones. Des reines, les "kandake" y règnent jusqu'à l'arrivée des Berbères Lemtouna. Quelques clans resteront au Sahara où il seront absorbés par les Berbères venus de la Méditerranée. Les Berbères arriveront dans la région avec l'invasion arabe et se métisseront aussi à des degrés diverses aux populations déjà formées pour parachever l'unité culturelle et ethnique des populations sahéliennes dont les Songhaïs.
Au , les Songhaïs animistes se sont installés dans la région de Koukia, puis plus tard, à Gao. Jean Rouch distingue quatre groupes de Songhaï : les maîtres de la terre (Kadoli), les maîtres des eaux (Dô), les maîtres de brousse (chasseurs gow) et les descendants des Sonni et des Askia, auxquels s'ajoutent plusieurs groupes assimilés.. Les différents groupes de Songhaïs entretenaient de mauvais rapports. Au des Berbères lemtouna, lemta venus du Nord, fuyant les persécutions des Arabes, se fixèrent chez les Songhaïs, en particulier chez les « Maîtres de la terre ». Ils se métissèrent à eux jusqu'à ne plus se démarquer d'eux, et fondèrent la dynastie des dias où za, zuwa, zaghe selon les sources. Les dias devenus plus puissants chassèrent les Songhaïs sorkos, ceux-ci remontèrent le fleuve Niger à la recherche de nouvelles terres. Ils se fixèrent et fondèrent la ville de Gao. Les Sorkos fondateurs de la ville de Gao, durent de nouveau l'abandonner aux Songhaïs dias. Les Sorkos se réfugièrent alors vers le lac Débo.
Royaume de Gao Les rois za occupent le site de Gao l'ancienne . Au début du , les Dia kossoiou, Zakosoi, issus de la dynastie Dia où Za fixent la capitale des songhay sur le site de Gao saney à Gao où règnent des rois portant le titre arabe de « Malek » écrivent sur des artefacts du palais royal de Saney retrouvés, la ville de Gao est attestée dans les écrits des voyageurs arabes d'avant l'an 1000 comme Al-Khwârizmî, Al-Yaqubi, Ibn al-Faqih sous les noms de Gawgaw, Guwguw, Kawkaw et comme l'une des plus grandes du pays des Noirs, son roi comme le plus puissant. En l'an 1009 le za kussoy dare dans le Tarikh es-Soudan, kotso Dare dans le Tarikh el-fettach, Abu Abd'Allah Mohamed sur les stèles de gao saney adoptent l'islam comme religion d'État. Les Songhaïs za, firent de Gao un royaume puissant et prospère, qui rivalisait avec l'empire du Ghana qui rayonnait à l'ouest. Un groupe de princes de la dynastie za mécontents quittent avec leur soutien Gao et s'installent dans le dirma région du lac Débo dans la marge occidentale du royaume. Au cours de l'an 1300 l'Empire du Mali en pleine expansion fait la conquête du pays songhaï, les rois de Gao abandonnent leurs noms dynastiques za pour celui de sunni qui veut dire remplaçant, régent. L'empereur du Mali mansa Moussa étant en pèlerinage à la Mecque le roi de Gao en profite pour se révolter mais la rébellion est vite matée par le général de l'Empire du Mali sagamandia . Mansa Moussa de retour en 1325 de son pèlerinage passe par Gao et punit son roi yasiboy de sa rébellion, prend en otage ses deux fils Souleymane Nar et Ali Kolen qu'il amène à Niani sa capitale et les fait éduquer à sa cour.
Empire songhaï
En 1464 le Songhaï fait sécession de l'Empire du Mali en plein déclin, le pays songhaï retrouve son indépendance totale . L'empereur sonni Ali Ber dit si Ali où Ali le grand accède au pouvoir en 1464, fondant la dynastie des « Si », il ordonne la construction d'une flotte de plus de 400 navires pour qui il crée le poste d'amiral,le hi koy, la marine songhaï a pour équipage principalement des pêcheurs sorkos recrutés, elle est la pièce maîtresse de ces conquêtes, transportant plus facilement sur des kilomètres de voies navigables une armée avec un gros effectif. Il révolutionne également l'armée sur terre en créant de nouveaux postes de fantassin, de cavalier et de méharistes avec des tenues de mailles en fer et des armes améliorées. C'est donc préparé que le si se lance à la conquête des royaumes voisins.