La Martinique fait partie des zones non interconnectées au réseau métropolitain continental (ZNI) qui doivent donc produire elles-mêmes l’électricité qu’elles consomment. De ce fait, les ZNI disposent d’une législation spécifique concernant la production et la distribution d’électricité.
Le mix énergétique de la Martinique est marqué par une très forte importance de la production d’énergie thermique. Parallèlement, la consommation électrique de l’île est en légère baisse. Ces résultats sont à attribuer à la fois aux efforts d’information et de sensibilisation des régions, de l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) et des énergéticiens en faveur d’économies d’énergie, mais aussi au contexte de décroissance démographique du territoire. Malgré ces résultats, la maîtrise de la consommation électrique du territoire demeure un enjeu central, étant donné la faiblesse des potentiels énergétiques du territoire. comparés à d'autres territoires d'outre-mer, comme la Guadeloupe. et la Réunion..
La Martinique et ses habitants sont donc confrontés à une double nécessité : continuer de renforcer la maîtrise de la consommation d'électricité tout en développant les énergies renouvelables afin de réduire la pollution environnementale due à la production d’électricité d’origine thermique.
Moyens de production
Énergies non renouvelables
En 2015, la production thermique à partir de combustibles fossiles représente 93 % de l’énergie produite en MartiniqueEn Martinique, la production d’électricité est essentiellement portée par des moyens thermiques. Ceux-ci représentent en effet environ 93 % du mix (2015). Les énergies renouvelables, essentiellement photovoltaïques, représentent quant à elles environ 7 % de la production (2015), sur le site EDF Martinique consulté le 8 décembre 2018.. Elle est issue de centrales diesel et de turbines à combustion :
Centrales Diesel
La Centrale de Pointe des carrières, exploitée par Électricité de France (EDF), dispose de diesels lents, d’une puissance continue nette (PCN) de chacun, pour une puissance totale de la centrale de .
La centrale de Bellefontaine B (ou Bellefontaine 2), également exploitée par EDF, est la plus grosse unité de production électrique de l’île. Équipée de 12 moteurs diesels de chacun, pour une puissance totale installée d’environ , elle a progressivement été mise en route en 2013 pour une mise en fonctionnement complète en 2014. Cette nouvelle installation apporte un gain de rendement de 15 % par rapport à l'ancienne centrale Bellefontaine A (ou Bellefontaine 1) qu'elle remplaceUne nouvelle centrale électrique pour la Martinique, sur le site EDF Martinique consulté le 9 août 2013..
Turbines à combustion
Les deux turbines à combustion (TAC) de la SARA (Société anonyme de la raffinerie des Antilles), situées sur la commune du Lamentin et disposant chacune d’une puissance de , sont destinées à alimenter la raffinerie de pétrole de la SARA. Toutefois, l’électricité excédentaire est livrée sur le réseau d’EDF. Elles injectent dans le réseau martiniquais une puissance effective de pour un productible d’environ . La Centrale de Pointe des Carrières est aussi équipée de 2 TAC de et d’une TAC de Les sites de production d’énergie en Marqtinique. La centrale de Bellefontaine A est également équipée d’une TAC, dont la puissance est de . La centrale Galion 1 d’Albioma, exploitée par la Compagnie de Cogénération du Galion, dispose d’une turbine à combustion depuis 2007. Sa puissance est de .
Énergies renouvelables
L’exploitation des énergies renouvelables en Martinique n'a commencé que tardivement, les caractéristiques de l’ile étant autrefois jugées peu propices à leur développement. Pour autant, les efforts de la population et des énergéticiens vont dans le sens d’une plus grande part d’énergie renouvelable dans l’avenir du mix énergétique de la Martinique.
La loi Grenelle I du de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l'environnement indique à l'article 56 les dispositions relatives à l'outre-mer : pour la Martinique, l'objectif dans le domaine de l'énergie est de parvenir à 50 % d'énergies renouvelables dans la consommation finale en 2020. L'autonomie énergétique est visée à l'horizon 2030..
Le réseau de distribution d'électricité de la Martinique n'étant pas interconnecté avec les îles voisines, et a fortiori au réseau métropolitain continental, l'arrêté du s'applique à la gestion des énergies dites intermittentes : éoliennes, photovoltaïques, marines : toute installation de production d'électricité solaire et éolienne de capacité supérieure à et non équipée d'un système de stockage est susceptible d'être déconnectée du réseau par le gestionnaire de celui-ci une fois le seuil de 30 % de puissance active à caractère aléatoire injectée dans celui-ci.. L'atteinte des objectifs de la loi Grenelle I est ainsi conditionnée soit par le développement de structures de puissance maximale inférieure ou égale à , soit par l'ajout de dispositifs de stockage aux installations de production.
Éolien En , le programme régional de maîtrise de l'énergie a publié le Schéma régional éolien de la Martinique.. Celui-ci prévoyait un développement de la filière éolienne à l'horizon 2007 avec de et 4 éoliennes de réparties sur 48 sites de la côte Est pour une puissance installée totale de . La production annuelle envisagée était alors de ..
Installée en 2004 au Vauclin, la première ferme éolienne a une puissance de .
En , le Schéma régional éolien de la Martinique est mis à jour et propose alors la réalisation de 2 sites conformément à la délibération du ministre chargé de l'énergie du : Projet de Pain de Sucre situé dans la commune de Sainte-Marie, d’une puissance électrique de . Projet de Dehaumont situé dans la commune de Le Marigot, d’une puissance électrique de . En 2017, aucun de ces aérogénérateurs n'a été installé.
Le site du GRESS (Grand'Rivière Eolien Stockage Service) est mis en service le . Le , a lieu l'inauguration officielle du parc éolien avec stockage de Grand'Rivière d’une puissance installée de 14MW grâce à 7 turbines d'une puissance unitaire de 2MW. Ces installations ont commencé à injecter de l'électricité sur le réseau dès le quatrième trimestre 2019. Cette centrale éolienne est couplée à un système de stockage de l'électricité sur batteries (d'une capacité de 5,3 MWh), afin de lisser la production. Les éoliennes ont été dimensionnées pour résister à des rafales de vent de 214km/hInauguration du parc éolien de Grand Rivière - RCI - 22 février 2019Parc Éolien Stockage de Grand’Rivière - DDAE - avril 2015 et un dispositif de sécurité permet de les placer en drapeau face au vent en cas d'alerte cyclonique ou de vent supérieur à 70km/hParc Eolien avec Stockage de Grand-Rivière Dossier de demande d'autorisation d'exploiter DDAE, developpement-durable.gouv.fr, avril 2015.
Le projet GRESS 2&3, repris par Albioma en avril 2026, prévoit l'installation de 6 éoliennes de 4MW chacune sur le territoire de la commune de Macouba, la mise en service, initialement prévue pour l'été 2025DDAE unique pour l'exploitation d'éoliennes avec stockage, developpement-durable.gouv.fr, novembre 2019Le transport contesté des éoliennes vers le Nord de la Martinique a débuté, franceinfo.fr, 12 décembre 2024, est annoncée pour fin novembre 2026Six éoliennes attendues d'ici novembre à Macouba pour alimenter 28 000 foyers, rci.fm, 22 juin 2026.
Solaire
Avec une durée d'ensoleillement moyen de par an et un potentiel solaire moyen de ., la Martinique possède un gisement solaire équivalent à la ville de Perpignan (Pyrénées-Orientales).
Malgré une part encore faible dans le mix énergétique insulaire, l’énergie solaire est celle qui se développe le plus en Martinique et celle qui a le plus important potentiel. Ainsi en 2018, la Martinique disposait de en installations photovoltaïques raccordées au réseau électrique, pour une production annuelle de 76 GWh..
Biomasse Le , Albioma annonce la mise en service industriel de la centrale Galion 2 (100 % bagasse/biomasse)Communiqué de presse d’Albioma du octobre 2018. Cette nouvelle centrale d’une puissance de , est détenue à 80 % par Albioma (ex-Séchilienne-Sidec) et à 20 % par Cofepp, groupe sucrier plus connu par le nom de ses rhums, notamment La Martiniquaise. Un contrat a été conclu avec EDF pour un achat d’électricité garanti pendant trente ans.
La centrale utilise des pellets importés des États-Unis comme combustible pour la production d'électricité et de vapeur pour l’usine du Galion. À terme, la bagasse, résidu fibreux de la canne à sucre, fournira 40 % du combustible nécessaireAlbioma fait le pari de la bagasse dans les îles, Les Échos, 7 mars 2018..
Énergies mixtes L'exploitation de sources d'énergie comprend, ici, l'utilisation de gisements de ressources ne pouvant être considérés, ni comme complètement renouvelables, ni totalement comme énergies fossiles. Elles sont les premières sources qui ont été développées en alternative aux produits pétroliers qui ont totalement porté la production électrique jusqu'en 2002.
Usine d’incinération des ordures ménagères L'une des principales sources d’énergie non fossile de l’île est l'usine d’incinération des ordures ménagères (UIOM)Unité de Traitement et de Valorisation des Déchets sur le site de la CACEM qui produit 2% de l'électricité de l'île, avec près de par an. Seule la part d'énergie provenant des déchets biodégradables est dite renouvelable, elle est fixée réglementairement à 50%Valorisation énergétique des déchets, SER, consulté le 18 janvier 2021.
Deux lignes de combustions des déchets ménagers de nets permettent la production d’une puissance électrique totale de . Mise en route en 2002, ces lignes sont exploitées pour le syndicat martiniquais de traitement et valorisation des déchets (SMTVD), par la Martiniquaise de valorisation. L’UIOM était, jusqu'en 2018, l’unique source d’énergie non fossile et non intermittente de l’île jusqu'à la mise en fonctionnement de la centrale biomasse Galion 2. Avec plus de tonnes de déchets incinérés par an, elle contribue à la gestion des déchets sur l'île mais génère une quantité notable de gaz à effet de serre.
Pile à hydrogène Porté par la Société Anonyme de la Raffinerie des Antilles (SARA) et Hydrogène de France (HDF), le projet Cleargen a été mis en place à proximité du site de la raffinerie des Antilles, au Lamentin. Inaugurée le , cette pile d'une puissance de 1 MW injecte environ 3 GWh d'électricité par an sur le réseau en utilisant l'excédent d'hydrogène produit par la raffinerie. Qualifié de première mondiale, ce projet permettrait d'éviter chaque année la consommation de 850 tonnes de fioul et les émissions de 3000 tonnes de CO2
Production et consommation Le bilan électrique de la Martinique a évolué comme suit : + Bilan Électrique de la Martinique Ministère de la Transition écologique et solidaire, Bilan énergétique de la France pour 2016 (page 127), mars 2018. 2012 2013 2014 2015 2016 Variation (%) GWh GWh GWh GWh GWh % 2016/15 2016/10 Production d'électricité Éolien 2 2 2 2 1 0,1 % -50 % -50 % Photovoltaïque 80 74 82 82 78 4,7 % -5 % -2 % Thermique classique 95,3 % +1 % -0,4 % Production totale brute 100 % +1 % -1 % Consommation branche énergie 286 265 240 247 234 14 % -5 % -18 % Consommation finale d'électricité Résidentiel 606 611 602 610 622 43 % +2 % +3 % Tertiaire 678 631 675 676 689 48 % +2 % +2 % Industrie, agric., transports 112 160 133 125 128 9 % +2 % +14 % Consommation finale 100 % +2 % +3 %
Réseau électrique Le réseau électrique de la Martinique est constitué à fin 2012 deLe réseau électrique en Martinique, sur le site EDF Martinique consulté le 25 août 2013. : de lignes haute tension (HTB : ) dont en souterrain, interconnectant les principales villes, km de lignes moyenne tension (HTA : ) dont km en souterrain et de réseau immergé, km de lignes basse tension (BT : 220 V) dont en souterrain.